‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 111 sur 115 · Vessiot, ibid., p · texte numérisé non relu

Vessiot, ibid., p

404 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE

soient pas insensibles aux bons points, afin de mettre raffection que les enfants leur portent au nombre des motifs qui les font agir même à Fécole. M, Vessiot propose un ingénieux moyen de récompenser en développant les sentiments sympathiques plutôt que les égoïstes, et en les développant non seulement chez celui qu'on récompense, mais chez tous ses camarades :

Tout ce qui est de nature à rendre plus vif et plus fort ce sentiment de la solidarité humaine, tout ce qui peut arracher 1 enfant a «ne vie d'isolement, tout ce qui Fidentifie à la famille, à 1 école, me semble avoir une vertu particulièrement moralisatrice Aussi verraiie avec plaisir que lorsque, dans une école, un enfant s est distingué par quelque trait de courage, de charité, de dévoûment, la récom- Lnse s'étendit à l'école ou au moins à la classe entière. Une lecture Intéressante, un spectacle utile, une récréation, une promenade .pourraient associer à la récompense les camarades de lenfant récompensé et les faire profiter tous de la bonne action d un seul. Lui-même verrait son plaisir accru du plaisir des autres et serait plus joyeux d'une joie commune dont il serait l'auteur *.

Ajoutez que tous lui seraient reconnaissants, et que cette reconnaissance leur ferait mieux apprécier des mérites dont ils ne se souciaient guère, en même temps qu'elle serait contre les suggestions de l'envie le meilleur des antidotes.

Mais la récompense par excellence est la joie même de la cons- <^ience, et toute récompense est malsaine qui n'est pas un moyen indirect de faire naître celle-là. Un âge viendra où le maître habituera l'élève à se contenter d'elle. Il laissera avec intention •de bonnes actions attendre indéfiniment même le moindre témoignage. Mais avant de tenter cette épreuve, il aura ramené 4'enfant en lui-même, il lui aura donné le discernement exact de sa bonne action, et enseigné du même coup la jouissance intime qui en résulte ; il aura créé en lui en un mot la vie de la conscience. La turbulence du premier âge est un obstacle à cette vie intérieure. C'est à cause de cela qu'il y a pour les enfants une morale provisoire où d'autres récompenses trouvent place. Au terme de l'éducation, ils n'en doivent pas moins trouver en eux-mêmes la conscience qui récompense et qui châtie <;omme celle qui commande.

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