‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 14 sur 115 · CONSCIENCE ET PERCEPTION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

CONSCIENCE ET PERCEPTION EXTÉRIEURE

L'oreille n'est pas aussi facilement à notre disposition que l'œil ou la main : elle est fixe et non mobile : mais par les mouvements de la tête, nous pouvons diriger nos oreilles du côté où il nous plaît : et il y a même une certaine action directe, quoique faible, exercée sur l'ouverture de l'oreille ^

Mais ce désavantage de l'oreille est compensé par une circonstance heureuse, signalée par Maine de Biran c'est la liaison de l'organe acoustique avec l'organe vocal^: ce qui nous permet de reproduire les sons à mesure que nous les entendons, et ce qui contribue à en rendre la perception plus distincte :

Les sons transmis à l'ouïe, et par elle au centre cérébral, ne déterminant pas seulement Faction de ses muscles propres, mais encore les mouvements de Forgane vocal, qui les répète, les imite, les réfléchit. L'individu est lui-même son propre écho: l'oreille se trouve frappée à la fois, et du son direct externe, et du son interne réfléchi... Ces deux empreintes s'unissent l'une à l'autre... Telle est la cause de l'activité particulière des têtes sonores. {Ibid,, p. 39.)

L'organe du goût et celui de l'odorat sont aussi susceptibles d'une certaine mobilité volontaire qui transforme plus ou moins les sensations en perceptions.

La contre-épreuve de cette théorie est dans les sensations organiques ou internes, qui restent en général à l'état dépures sensations, parce que les organes qui les provoquent échappent

à l'activité motrice.

Éléments de la perception. — La perception est un acte complexe, qui exige l'intervention de plusieurs opérations, dont nous aurons à nous occuper plus tard d'une manière spéciale.

1» Elle suppose en effet, comme nous venons devoir, le mou-

I , « Qu*e8t-ce qu^écouter, sinon déployer une action sur les muscles destinés à communiquer certains degrés de tension à la membrane du tympan? »

(Biran, p. 38.* >

t. Nous empiétons malgré nous ici sur la seconde partie de ce volume et sur Tapplication que peut être faite de cette psychologie des sens pour leur éduca, lion.

PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

ventent : car un corps vivant absolument immobile ne discernerait rien, et ne percevrait par conséquent en aucune manière. î* Avec le mouvement volontaire, elle suppose Vaitentiorty c'est-à-dire l'application de l'esprit aux diverses sensations ; et la comparaison : car il faut au moins deux sensations pour qu'il y ait perception.

30 Elle suppose, en outre, l'habitude. On sait, en effet, que 3*est grâce à la répétition des mêmes actes que Ton arrive à opérer plus facilement les mouvements de l'organe et à en démêler mieux les impressions.

4» Elle suppose encore Vimaginaiion et la mémoire : car c'est par la comparaison des impressions que nous réussissons à les distinguer ; or, cette comparaison serait impossible si les impressions passées ne subsistaient pas dans Tesprit pour être comparées aux impressions présentes. Même dans la percepûon présente dont toutes les parties paraissent simultanées, rimagination a encore sa part.

5® Enfin, elle suppose le jugement^ ou plutôt elle est ellemême un jugement : car elle a lieu lorsque Tesprit, aprèa toutes les opérations précédentes, prenant conscience de la distinction, prononce que telle chose n'est pas telle autre, que la rouge n'est pas le vert, que le rond n'est pas le carré.

Ces éléments généraux de la perception étant distingués, étudions-la dans les différents sens.

Perceptions spéciales. — Il n'est pas exact de dire que certains sens ne donnent que des sensations, d'autres que des perceptions. Tous donnent à la fois des sensations et des perceptions, mais il est vrai que certains sens sont plus sensitifs que perceptifs, et réciproquement. Les sens sont plus ou moins perceptifs, suivant que leurs organes sont plus ou moins à la disposition de notre volonté.

Nous avons étudié plus haut les sensations. (Leçon iv.) Nous n'avons -ci qu'à indiquer les principales perceptions.

Perceptions de l'odorat et du ^oût« — L'odorat

et le goût sont plus propres à donner des sensations que des

perceptions, parce que l'élément affectif (plaisir et douleur)

y prédomine.

Néanmoins, l'intérêt ou un but intellect^' ^ilsuflit à perfection-

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