LA CONSCIENCE ET LA PERCEPTION EXTÉRIEURE
ner le sens du goût et de l'odorat, et à en changer les sensations en perceptions. Pour le premier de ces sens, on citera l'exemple des dégustateurs, qui doivent arriver à une grande perfection dans l'art de distinguer les saveurs des différents crus de vins, s'ils veulent n'être pas trompés ; pour l'odorat, celui des chimistes, qui se servent des odeurs pour distinguer les différentes espèces de corps.
Perceptions de l'ouïe. — Parmi ces perceptions, les plus intéressantes et les plus riches en nuances distinctes sont les perceptions musicales et les perceptions vocales.
Les perceptions musicales sont celles qui ont rapport à la hauteur du son. Elles arrivent à une grande perfection par l'exercice. Dans notre musique, on se borne aux demi-tons, mais la musique grecque employait les quarts de ton ; et un musicien peut aller facilement jusqu'à percevoir ce degré. On cite des oreilles musicales qui perçoivent la différence entre H49et 1145 vibrations*.
Les perceptions vocales sont les perceptions que nous donne la voix, soit des animaux, soit de l'homme ; les chasseurs, les gardes forestiers arrivent à une grande précision pour distinguer les différents cris ou chants des oiseaux ; mais c'est surtout la voix articulée qui fournit les perceptions les plus distinctes. (Bain, ibid., p. 169.)
Les perceptions de la vue» — Les perceptions de la vue sont les plus riches et les plus complexes de toutes : ce sont elles qui suscitent le plus de questions diverses.
Nous n'insisterons pas sur la perception de la couleur ; nous n'avons qu'à répéter ici ce que nous avons dit pour les autres sens : c'est que par l'habitude on arrive à un discernement de plus en plus fin des couleurs. Du pouvoir de l'habitude et, par suite, de l'éducation, sur les sens, il sera d'ailleurs reparlé dans la seconde partie de cet ouvrage.
Jusqu'ici nulle difficulté. La difficulté commence seulement quand il s'agit d'une autre qualité que la couleur, mais toujours liée avec celle-ci, à savoir l'étendue, et toutes les pro-
U Eàio, i^iSfoss^ i'miér^ement, 1'* part., cb
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priétés qui s'y rattachent : la figure, la distance, le relief, le
mouvement. ,,.••• j'„«..
On a surtout discuté sur la perception de la troisième dimension des corps, la profondeur, la distance, le relief. On croit généralement que pour arriver à cette perception , la vue a besoin d'être aidée du toucher.
Certains philosophes prétendent que la vue ne perçoit par eUe-méme que la lumière et la couleur et que toule notion d'étendue nous vient du toucher. Mais comment l'étendue pourrait-elle être, même un moment, séparée de la couleur? Que serait-ce qu'une couleur inétendue ? Quelle idée pouvons-nous
nous en faire ? . .. j
Non seulement la vue perçoit l'étendue, mais sur une étendue
Diane elle distingue encore la forme et la figure.
En effet la perception d'une surface colorée emporte avec soi la perception de ses limites : or, percevoir la limite de la couleur c'est percevoir la figure. Seulement, U est vrai de dire que Vœil a besoin d'éducation pour cela ; mais U en est de môme
pour tous les sens. ....••
Perceptions du tact. — Les perceptions tactiles se distinguent des sensations tactiles, de la même manière que dans tous les sens la sensation se distingue de la percepUon, c'est-à-dire par l'intervention de l'activité.
One l'on applique sur ma main un corps dont la surface «oit hfrfesée ^aspérités ou polie, d'une chaleur douce ou d'un froid ÏSuaS. T^t que le Contact dure, j'éprouve dans cet organe une tonress on agréable ou douloureuse, qu'il nest pas en mon pou- S Tàugmeater, de diminuer, ni de suspendre en aucime manière.!. C'est à des sensations de ce genre que le tact serait borné «Il n'était pas doué de mobilité *.
• Il en est de même des autres impressions purement passites du toct, par exemple : de la sensation de pression, si sur ma main immobile , posée eUe-même sur une table, on pose un poids très lourd; de traction, si une force quelconque me tire dans un sens latéral ; de poids, si un corps lourd attaché à ma main m'entraîne vers la terre, etc.
L MRlne de BL»aD, Mémoife m Vhahitudi. (Œuvtm, t U h W