L'ABSTRACTION ET T A GÉNÉRALISATION
LEÇON IX
l'ABSTRACnON IT LA OâNÉRAUlATTOII.
SOMMAIRE î;ï«*fll*" et 1« concret. - Exemples.
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la réflexion. Elles sont en quelque sorte le passage de lu sensibilité à l'entendement. Nous arrivons maintenant à l'entendement proprement dit, qui se compose de trois opérations principales: concevoir, juger et raisonner. (Bossuet, Connaissance de Dieu et de soi-même^ ch. i^ %xu\.)
Concevoir^ c'est se former des idées par le moyen de Yabstraction ei de là généralisation.
Juger ^ c'est lier deux idées par le moyen de Taffirmation.
Baisonner^ c'est lier plusieurs jugements et les tirer les uns des autres.
Concret et abstrait. — Les sens ne nous font connaître que des objets individuels : Pierre, Paul, ma maison, l'église du village, la rivière prochaine. Les idées qui se rapportent ainsi aux objets réels et nous les représentent tels que nous les avons vus sont ce que Ton appelle des notions concrètes.
Mais, en- pensant à ces objets, nous pouvons faire particulièrement attention à telle qualité plutôt qu'à telle autre ; par exemple, remarquer que Pierre est ^rand, que Téglise est haute^ que la rivière est rapide. Nous pouvons ensuite penser ces qualités séparément, et les appliquer à d'autres objets : nous nous faisons ainsi l'idée de grandeur, de hauteur, de rapidité. Cette opération est ce que l'on appelle l'abstraction.
Abstraction* — L'abstraction n'est donc qu'un cas particulier de l'attention. En effet, l'attention n'est autre cbose que la faculté d'appliquer son intelligence à certains objets ou à certaines parties des objets, en négligeant les autres : par là même, Tattenf Ion décompose l'ensemble confus des cboses : elle considère séparément ce qui est uni dans la réalité; elle fait donc toujours et nécessairement des abstractions.
Cependant, il ne faut pas trop étendre le sens du mot abstraction; autrement, il n'y aurait pas^une opération de l'esprit qui ii6 fût abstraction. Ceserait une extension abusive du mot. Ainsi, considérer l'individu hors de la société, l'âme sans le corps, une partie du corps sans une autre, c'est, dit-on, faire des abstractions, parce que tout cela est uni dans la réalité et que tout est lié à tout. Cela est vrai à la rigueur; mais ce que l'on appelle proprement abstraction est une opération différente : elle ne consiste pas seulement à séparer ce qui estunii mais ce qui est
PSYCHOLOGIE THÉORIQUE