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CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

INTRODUCTION A LA PSYCHOLOGIE. — LA MÉTHODE INTUITIVE ET LES LEÇONS DE CHOSES EN PSYCHOLOGIE. — LA .MÉTHODE SOCRATIQUE.

La psychologie est une science d'un caractère abstrait et sévère, à laquelle il faut se préparer par quelques exercices préliminaires analogues à ceux par lesquels on introduit les enfants dans les autres sciences. Les progrès de la méthode en pédagogie ont appris qu'il faut introduire les esprits dans les sciences en développant en eux l'esprit d'observation, en les mettant en présence des choses elles-mêmes, en leur apprenant à voir et à regarder. C'est ce qu on appelle la méthode mtuitive; et ces premières leçons, faites sans l'appareil didactique et systématique de la science, mais selon les circonstances, et en présence des choses elles-mêmes, sont ce qu'on a appelé des leçons de choses *.

N'y aurait-il pas lieu à quelque chose d'analogue en psychologie? Si le monde moral est plus difficile à connaître que le monde physique, s'ensuit-il qu'il faille y entrer avec moins de précautions, moins de préparations graduelles, moins d'intermédiaires? Ne sera-t-il pas utile, ià ^insi, d'introduire la méthode intuitive et la leçon de choses?

1. 11 sera traité explicitement de la méthode intuitive et des leçons de choses dans la seconde partie de ce volume.

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Nous ne pouvons faire autre chose ici que de donner l'exemple de cette méthode, en laissant au maître le soin de l'appliquer et de la varier suivant les circonstances *.

Par exemple, ce qu'il y a de plus difficile à faire saisir en psychologie, c'est la méthode, c'est ce retour de l'esprit ' sur lui-même, que Ton appelle la réflexion et l'observation intérieure; c'est le sens de cet antique adage : connais-toi

toi-même.

Or, nous croyons que cet adage entrera facilement dans l'esprit des jeunes gens si nous commençons par l'entendre dans un sens individuel et tout concret; et c'était d'ailleurs en ce sens que les sages de la Grèce qui l'ont les premiers exprimé l'entendaient véritablement. On demandera par exemple à un jeune homme si avant d'entreprendre une grande route, ou un grand ouvrage, il ne doit pas mesurer ses forces, savoir ce dont il est ou n'est pas capable ; puis, passant du physique au moral, on lui demandera s'il n'en est pas de même pour les facultés de l'intelligence ou du cœur, s'il doit se livrer à la carrière ecclésiastique ou à la carrière de l'enseignement sans s'être demandé s'il est de force àsupporter les épreuves ou les sacrifices que ces états peuvent imposer. Pressant la question de plus près, on lui ferait voir quels sont les devoirs de l'instituteur et combien cet état exige de qualités particulières : c'est donc à lui à voir s'il possède ces qualités. L'instituteur ne doit pas être violent ; il doit être doux, patient , presque impassible ; dans d'autres carrières la colère peut être un défaut , mais chez l'instituteur elle est un vice dangereux , car elle peut Tentraîner à la violence, etc. Il doit donc s'interroger lui-même, se demander quels sont ses défauts, et si ces défauts sont incompatibles avec sa fonction; a doit aussi ne pas craindre de reconnctiire eu lui les qualités donl il aura besoin plus tard, si réellement il les possède. En

1. I^ maître pourra consacrer à cet enseignement libre, familier, intuitif de la psychologie le nombre de leçons qui lui conviendra, suivant les succès obtenus ; mais il nous semble qu'il en faudrait trois ou quatre au minimum. La méthode se continuerait d'ailleurs ultérieurement par le moyen des exercices et des problèmes que nous avons ajoutés à chaque leçon.

un mot, il faut qu'il étudie son caractère, qu'il apprenne à se connaître lui-même.

Mais alors on lui ferait remarquer que ce caractère, nul ne peut le bien connaître réellement que lui-même. Les autres en effet ne voient que les actes extérieurs; lui, au contraire, sait bien ce qui se passe au dedans de lui; lui seul sait ou /peut savoir s'il a une véritable vocation, parce que lui seul connaît le dedans, tandis que nous ne voyons que le dehors Lui seul sait s'il est assez pieux pour être prêtre, assez ami des enfants pour être maître, s'il est capable d'aimer son état s'il est capable de dévouement, etc. '

I II y a donc enluiquelque chose d'intérieur dont nul n'a connaissance que lui-même, et qui est son esprit, son cœur, son âme. Il ne s'agit pas ici seulement de ses forces corporelles de sa santé, de ses qualités physiques, qui sont sans doute aussi des conditions importantes pour le choix de cette carrière* mais il s'agit surtout des qualités morales ; il s^agit de son caractère, de sa volonté; et c'est à lui-même et à lui seul qu'il doit s en rapporter, lors même que les autres, trompés par les actes extérieurs, lui croiraient plus d'aptitude qu'il n'en a.

Cette sorte d'interrogation que chacun de nous est obli4 de faire sur lui-même à l'entrée d'une carrière peut donner quelque idée de ce que l'on appelle l'observation interne le retour de l'esprit sur lui-même, la réflexion qui est 1 essentiel de la méthode en psychologie. Une délibération du même genre peut avoir lieu dans toutes les circonstances importantes de la vie (mariage, changement de carrière éducation des enfants, etc.), c'est-à-dire dans des cas assez 'rares et à des intervalles plus ou moins éloignés. Mais il est une pratique recommandée par la religion, et non moins prèsente par la morale, une pratique qui peut être de tous les instants et qui nous donnera une idée encore plus nette de ce que nous cherchons : c'est ce que l'on appelle ïexamen de conscience.

Toutes les religions, et répétons-le, toutes les doctrines morales recommandent aux hommes, soit dans certaines cir. constances particulièrement solennelles, soit à des époques régulières, soit même à la suite de chaque journée, de revenir

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sur leurs actes, et en notant soit le bien, soit le mal, de reconnaître et de mesurer ainsi leurs progrès ou leurs défaillances. Cet examen ne porte pas seulement sur les actes extérieurs qui ont pu être aperçus par d'autres hommes ' il porte surtout sur les sentiments et les pensées qui les ont accompagnés. A-t-on eu de mauvais désirs, de mauvaises intentions? a-t-on caché ses vraies pensées par des paroles fausses et mensongères? Les autres hommes ne le savent pas; nous le savons seuls; et notre conscience suffît à nous condamner. Quelquefois c'est le contraire; les apparences sont contre nous; nous avons pu faire innocemment des actions nuisibles; nous encourons la haine des hommes sans la mériter : c'est encore notre conscience qui nous dit la vérité, et qui nous rassure. Il y a donc quelque chose en nous qui ne peut être connu que de nous seuls, et qui est connu par nous : il y a unhomme intérieur qui se voit lui-même, qui se connaît lui-même, qui se souvient de lui-môme, qui peut donc être pour lui-même un objet d'études; c'est cet homme intérieur qui sera l'objet de la psychologie, et qui s'observe par une méthode de réflexion, c'est-à-dire de retour sur soi, dont l'examen de conscience peut nous donner quelque idée.

Les exemples précédents empruntés à la vie pratique, à la vie familière de lous, même des enfants, peuvent donc préparer les esprits à comprendre ce que nous appellerons plus tard le moi, c'est-à-dire cet homme intérieur dont nous venons de parler, lequel, lorsqu'il parle de lui-même, s'appelle je ou moi. Et en même temps ils nous font comprendre comment ce moi peut s'étudier lui-même en appliquant à tout ce qui se passe en lui une méthode analogue à ce que nous appelons l'examen de conscience.

Cependant l'examen de conscience ne nous donne encore qu'une idée incomplète de ce que peut être la science que nous appelons psychologie. En effet, cet examen de conscience a pour objet les actions des individus. C'est chacun de nous qui fait pour lui-même son examen de conscience; c'est le sien^ €6 n'est pas celui de son voisin. C'est ainsi que Pierre, Paul» Jacques, apportent chacun un 'examen de conscience différent. Us ne peuvent le faire l'un pour l'autre ; car la vertu et le vice,

les qualités et les défauts, les bonnes ou les mauvaises actions sont essentiellement individuelles : nul ne répond pour autrui. Or la psychologie ne peut avoir pour objet de nous raconter l'histoire de Pierre, de Paul ou de Jacques. L'histoire proprement dite ne s'occupe que des grands hommes et des grands événements. Toutes les sciences d'ailleurs,ne s'occupent jamais que de choses générales, de ce qu'il y a de commun entre les objets : l'histoire naturelle nous parle des chats en général, mais non pas de notre chat; des chiens et des chevaux en général, mais non pas de tel chien et de tel cheval. Il doit en être de même de la psychologie, s'il y a une science de ce nom. 11 faut donc qu'elle s'occupe de ce qu'il ya de commun entre les hommes. C'est ce que Ton peut faire comprendre encore facilement par des exemples familiers et concrets, qui peuvent être variés autant qu'on le voudra.

J'interpelle un des élèves de la classe et je lui dis : Pierre, si je vous donnais congé aujourd'hui, seriez-vous content? — Oui, répondra-t-il. Je passe à un autre, et je lui dis : Paul, si je vous donnais congé aujourd'hui, seriez-vous content? — Même réponse. Je passe à un troisième. — Même réponse. J'interroge les cinquante élèves de la classe : tous me disent de même. Je profite immédiatement de cette unanimité pour leur dire : Vous voyez bien qu'il y a entre vous tous quelque chose de commun, qu'il y a certaines choses que vous sentez tous de lamôme manière, et pour lesquelles il est indifférent que ce soit Pierre, Paul ou Jacques qui parle, puisque tous disent la même chose. Je poursuis l'expérience et je leur dis : Pierre, si l'on vous prenait ce que vous possédez, votre livre, votre habit, votre montre, seriez-vous content? — Non, sans doute.—- Et vous, Paul, si on vous en faisait autant? — Non plus. — Et vous, Jacques? — Pas davantage. — Et si je m'adresse à toute la classe, même réponse. Ne puis-je pas conclure de là que tous vous tenez à ce qui vous appartient? Passons à un autre ordre de faits. Je montre un objet à un élève et je lui dis : Que voyez-vous? — Je vois un chnpeau. — Et vous? — Un chapeau. — E t vous? — La même chose. — Si je vous disais que ce chapeau est un cheval, vous vous mettriez tous à rire. Donc vous voyez tous la même chose devant un même objeL

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Il n'est pas nécessaire de renouveler souvent de telles expériences pour amener les jeunes esprits à distinguer ce que chacun d*eux éprouve comme individu de ce que tous sentent, éprouvent ou perçoivent comme hommes. On pourra faire sentir cette différence en les interrogeant sur leurs goûts individuels, et en leur montrant que même dans la diversité des goûts il y a quelque chose de constant.

Mais pour confirmer ce que nous venons d'acquérir, il faut leur faire franchir les murs de Fécole et leur apprendre à généraliser au delà de leur expérience particulière. Par exemple, vous leur direz : Si Ton offrait aux élèves de Perpignan ou de Saint- Brieuc un jour de congé, croyez-vous qu'ils Taccepteraient avec plaisir. Tous répondraient : oui, sans hésiter. Et cependant, dirions-nous, les avez-vous consultés, les connaissez-vous? En connaissez-vous même un seul? — Non, sans doute. Pourquoi donc affirmez-vous d'eux ce qu'ils ne vous ont pas dit? C'est sans doute que vous jugez qu'ils sont semblables à vous-mêmes ; qu'étant jeunes, ils aiment le repos, le plaisir, la distraction : vous concluez de vous à eux. Vous sentez donc qii'il y a entre tous quelque chose de commun, et qu'il n'est pas nécessaire cependant d'interroger tout le monde, car nous ne doutons pas que tous les jeunes gens ne soient faits de la même manière.

Mais si au lieu de parler aux jeunes gens, nous parlions à des hommes, en serait-il de même? Ici la réponse se ferait attendre peut-être quelque peu ; mais en laissant quelque temps pour la réflexion, il est probable que tous diraient qu'il en est des parents comme des enfants, qu'il en est des vieux comme des jeunes, que tous aiment le repos et le plaisir. Et moi-même, dirait le maîtTe, croyez-vous que j'aurais quelque plaisir, si on m'annonçait tout à coup un jour de congé inattendu ? — Certainement, diront-ils en riant. Donc tous les hommes sans exception aiment le délassement, le loisir, la distraction.

Mais considérons la chose à un autre point de vue. Supposez qu'on dise à votre père qu'il a un jour de congé, mais qu'il ne gagnera pas ce jour-là les cinq francs ou les dix francs dont il a besoin pour nourrir sa famille, croyez-vous qu'il serait content? — Non sans doute. Et vous-mêmes, si l'on disait que vous aurez congé, mais que c'est parce qu'un de vos camarades est mort,

et que vous devez lui rendre les derniers devoirs, serîez-vous satisfaits? — OhL non. — Vous voyez donc qu'il peut y avoir dans l'homme des inclinations qui se comb^lient; il peut même arriver que chez l'un ce soit l'une, chez l'autre, ce soit l'autre qui remporte. De là la diversité des caractères. Mais il y a certaines règles générales qui permettent de prévoir ce qu'éprouveront la plupart des hommes dans les mêmes circonstances.

Ces premières interrogations ou d'autres semblables qu'on pourra renouveler, varier, approprier selon les cas, suffiront pour donner Yidée générale de la psychologie et de la méthode qui lui est propre. Mais avant d'entreprendre ia science elle-même, il faudra familiariser les esprits avec le genre de faits qu'elle doit étudier, et leur faire pratiquer la méthode que nous venons de décrire. Donnons quelques exemples.

Je m'adresse à un élève et je lui dis : Nous venons de parler d'examen de conscience; cet examen doit-il seulement aboutir à récapituler les fautes commises? Ne doit-il pas conduire à quelque chose de plus? — Silence de l'élève. Eh bien, pour vous abréger la recherche, je vous rappellerai ce que vous savez déjà, c'est que l'examen des fautes doit aboutir au repentir. Dites-moi donc ce que c'est que le repentir? En quoi consiste-t-il? — Il consiste à avoir du chagrin d'avoir fait mal. -— Très bien, mais ne pourriez-vous pas remplacer le mot chagrin par un autre mot? car on peut éprouver du chagrin, soit d'un mal présent, soit d'un mal futur. Mais lorsqu'il s'agit d'un mal passé qu'on aurait pu éviter , n'y a-t-il pas là un sentiment particulier qui a un nom distinct? — Oui, c'est le regret.— C'est cela : nous dirons donc que le repentir, c'est le regret d'avoir fait du mal. Mais est-ce assez , est-ce tout? Suffit-il pour éprouver un vrai repentir, de regretter d'avoir malfait?Ne faut-il pas quelque chose de plus ? par exemple, si tout en regrettant la passé, vous êtes tout prêt à recommencer, appellerez-vous cela un vrai repentir? —Non, sans doute.— -Que faut-il donc ajouter au regret pour constituer un vrai repentir? — Il faut le désir de ne pas recommencer. — Fort bien, mais qu'entendez-vous par désir? — Silence de l'élève. — Essayons de trouver ensemble. Désirez-vous les choses que vous n'aimez pas, ou même que vous haïssez ? — Non, sans doute. — Le désir est donc un amour. Main-

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tenant, désirez- vous ce que vous possédez? — Non; nous ne désirons que ce que nous n'avons pas. — Bien; or ce que nous n'avons pas est absent, et tout ce que nous aimons est un bien. Nous pourrons donc dire que le désir est lamour d'un bien absent. Maintenant la privation d'un mal n'est-elle pas un bien? — Oui. Donc nous pouvons aimer la privation d'un mal, nous pouvons par conséquent désirer ne pas faire le mal. Allons maintenant plus loin. Suffit-il pour constituer le repentir d'avoir le désir de ne plus faire mal, et même le désir de faire mieux. Un simple désir est-il tout ce que la morale vous demande? — Non; il faut de plus prendre la résolution de faire mieux. — Très' bien; c'est ce qu'on appelle le fe^me propos. Le désir et la résolutionne sont donc pas la même cbose?— Non; car tant que je ne fais que désirer, je sens très bien que je ne suis pas sûr de ma vertu future. Il ne suffit pas de désirer le bien , il faut le vouloir. — Très bien, vous toucbez là à une des distinctions les plus importantes de la psychologie. Nous attendrons que nous y soyons pour l'approfondir.

Tantôt, on pourra, comme nous venons de le faire, partir du nom d'un sentiment bien connu (le repentir, le désir) pour essayer d'en faire trouver la définition. Tantôt, au contraire, on pourra commencer par décrire un sentiment dans ses principaux caractères, et en faire trouver le nom.

Par exemple, si je désire un objet absent, et que j'aie des raisons de croire que je pourrai l'obtenir, sans en être entièrement sûr, comment appellerez-vous cela? — Silence de l'élève. — Voyons : si vous voulez me dire que vous pensez être reçu à votre examen, comment vous exprimerez-vous? — Je dirai que yespère être reçu. — Très bien; mais si vous voulez me dire que vous pourriez bien ne pas être reçu, comment diriez-vcus?

— Je dirai que je le crains. — Soit, la crainte est donc différente de Vespérancc. Mais nous venons de voir qu'espérer c'est croire à quelque bien; que craindre, c'est croire k quelque mal. L'espérance et la crainte sont donc des croyances! — Oui.

— Soit; mais ne sont-ce que des croyances? Espérer et craindre cest croire; mais peut-on dire aue croire soit toujours craindre et espérer? — Je ne sais pas. — Voyons : si vous dites : je crois quil a plu Fan passé au jour de Pâques; pourriez-vous dire :

je crains OU j'espère qu'il a plu? — Non, sans doute. — Et pourquoi?— C'est que dans ce cas il s'agit d'une chose passée, et que la crainte et l'espérance ne s'adressent qu'à l'avenir. — Bien; mais même dans l'avenir n'y a-t-il pas des croyances qui ne sont ni des espérances ni des craintes? Par exemple, si je dis : Je crois que le chemin de fer changera dans huit jours le service d'hiver en service d'été, il est très possible qu'il ne s'agisse ici ni d'espérance, ni de crainte, car cela peut m'être parfaitement indiffèrent. La croyance alors n'est plus qu'une opinion. Au lieu de prolonger ces exemples de la méthode interrogative appliquée à la psychologie, renvoyons à celui qui en est l'inventeur, à Socrate qui lui a donné son nom : car on appelle méthode socratique, cette méthode qui consiste, comme il le disait lui-même, à accoucher les esprits, et à leur faire trouver en eux-mêmes ce qu'ils savent sans y penser, et sans savoir qu'ils le savent. Il sera parlé ailleurs de cette méthode. Mais c'est en psychologie surtout qu'elle mérite d'être applicjuée. C'est à la psychologie surtout qu'elle est une introduction utile et même indispensable. On en trouvera dans les Mémorables de /lénophon de fréquents exemples qui seront en même temps comme des modèles à imiter.

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