‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 30 sur 115 · Le vrai, le beau et le bien, xvin» leçon · texte numérisé non relu

Le vrai, le beau et le bien, xvin» leçon

î. Œuvres inédites, tome II, p. 77. Voyez la note.

3. Condillac (Traité des sensations, 1. I, ch. m). Leibniz dit anssi qua « le désir n'est qu'une manière de velléité par rapport à une volonté plus complète ». Nouveaux essais, II, xzi« 30»

plus violents désirs seraient les plus volontaires : c'est ce qui n*est pas. Sans doute nous ne voulons pas dire que les passions soient des excuses justifica triées pour les actions commises sous leur influence; mais on sait cependant que les actions commises sous Tempire d'une forte passion ont toujours été considérées, sinon comme involontaires, au moins comme moins volontaiies que les actions faites de sang-froid. Ainsi la volonté est en raison inverse du désir. Dire avec un philosophe (M. Taine) qu'il y a des hommes chez qui « Fidée froide du devoir » est plus forte que la passion, c'est dire précisément en d'autres termes qu'il y a des hommes chez qui le désir est combattu par la volonté, et s'en distingue : quant à la liberté, c'est une autre question que nous examinerons plus tard (2® partie, leçon xxHi).

On ne peut donc confondre la volonté et le désir qu'en donnant arbitrairement au mot désir un sens assez vague pour lui faire tout embrasser ce qui n'est pas lui. Nous n'admettons pas même avec Leibniz que le désir faible est une velléité qui se changera en volonté quand le désir deviendra fort. La velléité n'est pas un désir, ni faible, ni fort : c'est un commencement de volonté ; c'est une demi-volonté qui ne se soutient pas, qui ne va pas à l'acte complet, mais qui dans sa faiblesse même a quelque chose de l'acte volontaire, ce que le désir n'a jamais. 11 y a dans la velléité un commencement d'effort, un demi-effort, une mise en train qui, si faible qu'elle soit, va au réel, à l'actuel , à l'être, tandis que le désir ne va qu'à l'idéal : c'est conmie l'a dit Bain, « une activité imaginaire ». La velléité ou demi-volonté est une activité actuelle. Elle se distingue du désir connue la perception la plus faible et la plus nuageuse se distingue de l'imagination. Il est vrai que de même que l'imagination, dans certaines conditions, finit par simuler la perception, de même le désir, quand il est assez fort pour devenir impulsif et agir par lui-même, peut simuler la volonté : mais ce n'est qu'une fausse volonté, comme lliallucination n'est qu'une fausse perception.

La volonté etramoui% —On peut encore essayer de réduire la volonté à l'inclination en l'assimilant, noc plus au désir, mais à Yamour. Le désir, dirail-on, est un amour

166 PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

impuissant, séparé de son objet; il n'est donc pas étonnant qu'il se distingue de la volonté, dont l'essence propre es* la réalisation de cet objet. Mais Tamour enveloppe le désir et le dépasse ; il est l'acte même par lequel l'âme s'unit à l'objet désiré. Or, n'est-ce paslà la volonté? Qu'est-ce que vouloir, si ce n'est déterminer un mouvement qui nous rapproche de l'objet aimé ou qui nous unit à lui? Vouloir se promener, c'est déterminer le mouvement de son corps de manière à jouir de l'air, du beau temps, de Texercice, etc., et, dans un but plus éloigné, de la santé, par conséquent de la vie elle-même. Vouloir, c'est donc aimer, c'est satisfaire son amour, c'est le faire passer à

l'acte.

Il est certain que l'amour est plus proche de la volonté que ne l'est le désir. Plus on généralise les faits psychologiques, plus on les trouve semblables les uns aux autres: cela est inévitable. Il y a donc cela de commun que l'amour, tout comme la volonté, porte l'âme à se réunir k son objet. Mais l'amour consiste essentiellement dans la tendance à l'union, et la volonté dans l'acte interne par lequel on réalise cette tendance. Faire une chose volontairement, dit-on, c'est la faire avec plaisir: or, faire une chose avec plaisir, c'est l'aimer; vouloir est donc la môme chose qu'aimer. Je le nie : on peut vouloir avec plaisir, mais on peut vouloir sans plaisir, et c'est toujours la volonté; le plaisir n'est qu'un accident qui peut être uni à la volonté, mais qui peut aussi en être séparé. Faire une chose volontiers n'est pas la même chose que la faire volontairement. Sans doute je puis faire une môme chose à la fois volontairement et volontiers; mais je puis aussi la faire volontairement sans la faire volontiers. Ce qu'on appelle la complaisance, le fait de se complaire dans son acte, n'est qu'un complément de la volonté : ce n'est pas la volonté même.

Objection. — On peut dire que la volonté sans plaisir n'estqu'une volonté imparfaite, incomplète, disputée, qui tient aux limites de notre nature et aux obstacles qu'elle rencontre de toutes parts; or, ces obstacles ne sont pas de l'essence de la volonté ; ils n'en sont que la complication. La volonté parfaite serait celle qui atteindrait son objet immédiatement et sans obstacle, et qui n'aurait besoin d'aucun effort pour le posséder.

L ACTIVITÉ ET LA VOLONTE

Elle consiste dans la possession immédiate du bien. Qu'est-ce que vouloir le bien véritablement, si ce n'est le vouloir avec joie? Vouloir le bien malgré soi, comme une chose pénible, ce n'est pas le vouloir; ce n'est pas la vraie volonté; ce n'est qu'une volonté servile mêlée de crainte. Quant à la volonté idéale qui consiste dans la joie du bien, encore une fois n'estelle pas la même chose que l'amour?

Rép. — Nous accordons que la volonté, dans son état idéal, se confondrait en effet avecl'amour. Mais il ne s'agit pas de la volonté idéale, qui est l'objet de la morale ; il s'agit de la volonté réelle etcoficrète, qui est l'objet de la psychologie. Que dans la volonté idéale le vom/oiV et Vaimer soient une seule et môme chose, que le contentement suprême soit accompagné de joie, que Yeffort s'y confonde avec Vabandon, que la résolution, qui est un acte, soit une seule et même chose avec l'amour, qui est un sentiment; en un mot, que, dans un état purement idéal, où il n'y a pas d'obstacle, la faculté qui lutte ne puisse plus se distinguer de la faculté qui jouit : c'est ce que nous ne contestons

pas.

D'un autre côté, si l'on considère non pas la fin, mais l'origine de nos facultés ; si l'on considère cette activité confuse et indistincte par laquelle commence la vie psychologique et où tout est mêlé, nous ne contestons pas davantage que l'on puisse trouver une racine commune à la faculté de vouloir et à la faculté de désirer.

Mais entre cet état confus qui appartient encore à la physiologie et cet état idéal qui est l'objet de la morale, il y a l'état psychologique proprement dit; c'est le développement de l'homme complet dans les conditions actuelles de la vie réelle. La condition fondamentale de cette vie est la difficulté, le passage de l'état présent à un état nouveau à travers beaucoup d'obstacles; ce passage ne peut se faire sans un certain acte qui exige un effort : car la tendance naturelle de l'être est de rester indéfiniment dans le même état. Or, l'amour, pris ea soi, ne contient que deux éléments : la tendance à posséder l'objet s'il en est séparé, et la joie de la possession s'il lui est uni. Entre la tendance à posséder et la joie de la possession il y a un moyen terme, qui est Veffort pour atteindre le but. C'est

Ij

'•il

166 PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

impuissant, séparé de son objet; il n'est donc pas étonnant qu'il se distingue de la volonté, dont l'essence propre es* la réalisation de cet objet. Mais l'amour enveloppe le désir et le dépasse ; il est l'acte même par lequel l'âme s'unit à l'objet désiré. Or, n'est-ce paslà la volonté? Qu'est-ce que vouloir, si ce n'est déterminer un mouvement qui nous rapproche de l'objet aimé ou qui nous unit à lui? Vouloir se promener, c'est déterminer le mouvement de son corps de manière à jouir de l'air, du beau temps, de l'exercice, etc., et, dans un but plus éloigné, de la santé, par conséquent de la vie elle-même. Vouloir, c'est donc aimer, c'est satisfaire son amour, c'est le faire passer à

l'acte.

Il est certain que Tamour est plus proche de la volonté que ne l'est le désir. Plus on généralise les faits psychologiques, plus on les trouve semblables les uns aux autres: cela est inévitable. Il y a donc cela de commun que l'amour, tout comme la volonté, porte l'âme à se réunir à son objet. Mais l'amour consiste essentiellement dans la tendance à l'union, et la volonté dans Vacte interne par lequel on réalise cette tendance. Faire une chose volontairement, dit-on, c'est la faire avec plaisir: or, faire une chose avec plaisir, c'est l'aimer; vouloir est donc la môme chose qu'aimer. Je le nie : on peut vouloir avec plaisir, mais on peut vouloir sans plaisir, et c'est toujours la volonté; le plaisir n'est qu'un accident qui peut être uni à la volonté, mais qui peut aussi en être séparé. Faire une chose volontiers n'est pas la môme chose que la faire volontairement. Sans doute je puis faire une môme chose à la fois volontairement et volontiers; mais je puis aussi la faire volontairement sans la faire volontiers. Ce qu'on appelle la comp/aisance, le fait de se complaire dans son acte, n'est qu'un complément de la volonté : ce n'est pas la volonté même.

Objection. — On peut dire que la volonté sans plaisir n'estqu'une volonté imparfaite, incomplète, disputée, qui tient aux limites de notre nature et aux obstacles qu'elle rencontre de toutes parts; or, ces obstacles ne sont pas de l'essence de la volonté ; ils n'en sont que la complication. La volonté parfaite serait celle qui atteindrait son objet immédiatement et sans obstacle, et qui n'aurait besoin d'aucun effort pour le posséder.

L ACTIVITÉ ET LA VOLONTE

Elle consiste dans la possession immédiate du bien. Qu'est-ce que vouloir le bien véritablement, si ce n'est le vouloir avec joie? Vouloir le bien malgré soi, comme une chose pénible, ce n'est pas le vouloir; ce n'est pas la vraie volonté; ce n'est qu'une volonté servile mêlée de crainte. Quant à la volonté idéale qui consiste dans la joie du bien, encore une fois n'estelle pas la même chose que l'amour?

Rép. — Nous accordons que la volonté, dans son état idéal, se confondrait en effet avec l'amour. Mais il ne s'agit pas de la volonté idéale, qui est l'objet de la morale ; il s'agit de la volonté réelle et concrète, qui est l'objet de la psychologie. Que dans la volonté idéale \e vouloir ei Vaimer soient une seule et môme chose, que le contentement suprême soit accompagné de joie, que Y effort s'y confonde avec Vahandon, que la résolution, qui est un acte, soit une seule et même chose avec l'amour, qui est un sentiment; en un mot, que, dans un état purement idéal, où il n'y a pas d'obstacle, la faculté qui lutte ne puisse plus se distinguer de la faculté qui jouit : c'est ce que nous ne contestons

pas.

D*un autre côté, si l'on considère non pas la fin, mais l'ori* gine de nos facultés; si l'on considère cette activité confuse et indistincte par laquelle commence la vie psychologique et où tout est mêlé, nous ne contestons pas davantage que l'on puisse trouver une racine commune à la faculté de vouloir et à la faculté de désirer.

Mais entre cet état confus qui appartient encore à la physiologie et cet état idéal qui est l'objet de la morale, il y a l'état psychologique proprement dit; c'est le développement de l'homme complet dans les conditions actuelles de la vie réelle. La condition fondamentale de cette vie est la difficulté, le passage de l'état présent à un état nouveau à travers beaucoup d'obstacles; ce passage ne peut se faire sans un certain acte qui exige un effort : car la tendance naturelle de l'être est de rester indéfiniment dans le même état. Or, l'amour, pris ea soi, ne contient que deux éléments : la tendance à posséder l'objet s'il en est séparé, et la joie de la possession s'il lui est uni. Entre la tendance à posséder et la joie de la possession il y a un moyen terme, qui est Veffort pour atteindre le but. C'est

SM 'i

168 PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

•cet eflFort qui n'est pas contenu d'avance dans le désir ou l'amour, pas plus qu'il ne Tétait d'abord dans le jugement et dans l'afflrmation. C'est cet effort qui, lorsqu'il est satisfait, se noie en quelque sorte dans le sentiment de la joie, de telle sorte qu'on ne peut plus le distinguer et qu'on le confond avec l'amour même ; c'est cet effort qui manque souvent à l'amour le plus véhément, incapable de se transformer en volonté; c'est cet effort qui peut au contraire s'unir à un amour faible sous l'empire d'une raison ferme : c'est là l'essence de la volonté.

Problèmes et exercices pratiques*

I. Des degrés de volontés — Qu'entend-on par la force de volonté, ^dîvnnevolonié faible, chancelante, irrésolue y etc. ? La velléité, Vintention, la ténacité, etc.

Du earaetère. — La volonté, principal fondement de ce qu'on appelle le caractère. Qu'est-ce qu'avoir du caractère? Le caractère et les caractères.

IL De la délibération. — Du conflit des motifs. Exemples tirés de la littérature ; les stances du Cid ; les monologues de Racine; une tempête sous un crâne (Vict. Hugo).

III. De la préméditation. — Degrés et circonstances qui caractérisent le plus les actes dits volontaires.

iV. DeTelTort. — i* De l'effort mw^cw/aire: sensation d'efforts, action et réaction ; 2« de l'effort intellectuel : le travail, la recherche; rébellion de la mémoire ; paresse d'esprit; distraction ; difficultés de problèmes, etc. ; 3'» de l'effort moral : lutte contre les désirs et les passions.

V. Hoie de la volonté dans Tintelligenee. — L'attention. La croyance. Le doute; la suspension du jugement. La décision dans l'esprit, etc.

VI. Uôle de la volonté dans le sentiment. — Développement des sentiments, en se mettant volontairement dans les circonstances qui leur donnent naissance ou qui les favorisent.

LEÇON XVII

L*IIAB1TUDC.

fi

SOMMAIRE

Déflnition de Thabitade : Disposition acquise ou contractée par la répétition ou la continuation des impressions ou des actes.

Effets de l'habitude : 1» Pour devenir un commencement d'habitude, un acte n'a pas besoin d'être répété; il suffît qu'il soit prolongé ou continué ;

2o L'habitude commence déjà avec le second acte ;

3© L'habitude produit la répétition aussi souvent que la répétition produit l'habitude ;

40 Par l'habitude, le passé se conserve dans le présent. ;

L'habitude, loi générale de la vie. — L'habitude est un fait général commun à tous les êtres vivants ; on la remarque déjà dans les végétaux. ,

Lois de l'iiabitude. — La loi fondamentale est celle-ci : Lhaoïtude affaiblit la sensibilité et développe Vactivité. Exceptions appa- Fentes qui rentrent dans la loi.

Lliabitude a ses limites. U y a dans toutes nos facultés un point maximum qu'elles peuvent atteindre, mais non dépasser.

Deux espèces d'habitudes: actives et passives.

Les habitudes des sens.

Habitudes actives. Leur triple efifet. !<> Elles augmentent la puissance d'une faculté ; 2» elles la développent sous sa forme spéciale et déterminée ; 3« elles en fout un besoin.

lHeax sortes d'habitudes actives : habitudes de l'intelligence; habitudes de la volonté. Point de contradiction à ce que la volonté elle-même soit soumise à la loi de l'habitude.

Nous avons déjà via plus haut (leçon n) qu'en répétant souven «; le même acte oii a plus de facilité à raccomplir ; « en forgeant

TT

^"^^ PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

on devient forgeron, » dit un proverbe; on finit môme, à force d'exécuter le même acte, par ne plus savoir comment on s'y est pris en commençant. La gymnastique, l'escrime, la danse, la natation , Texécution musicale sont des exemples frappants de cette vérité. Chacun de ces arts se compose d'un ensemble de mouvements très compliqués qu'on a d'abord beaucoup de peine à exécuter, que l'on commence par accomplir séparément et l'un après l'autre, en faisant une grande attention à chacun d'eux , et en ne s'avançant qu'avec précaution de l'un à l'autre. Puis peu à peu ces mouvements se lient, se coordonnent entre eux, résistent de moins en moins à notre volonté, et enfin, tous ne formant plus qu'une seule chaîne, finissent par se reproduire toujours dans le même ordre, avec une telle facilité qu'il semble que nous n'ayons jamais fait autre chose. Même les mouvements qui nous paraissent aujourd'hui les plus naturels, à savoir la marche, la parole, ont été primitivement appris (leç. n, xvii).

Cela n'est pas seulement vrai des mouvements corporels. Il en est de môme des actes de l'esprit. Les plus difficiles deviennent faciles par la répétition. Quoi de plus difficile en apparence que de faire des vers, des bouts-rimés, des calembours, de deviner des énigmes ou des rébus, d'opérer des calculs compliqués, de raisonner sur des matières abstraites? Or, toutes ces opérations finissent par devenir aisées et familières à force d'être répétées.

Enfin, de même que la répétition des mouvements et des actes produit certains effets, la reproduction des émotions, des sensations et des passions produit également des effets qui, pour n'être pas les mêmes que les précédents, sont cependant dus à la môme cause, à savoir la répétition ou prolongation de l'excitation.

En un mot, tout exercice répété d'une faculté ou tout usage d'un organe dans les êtres vivants produit dans cette faculté ou dans cet organe une certaine disposition que l'on appelle habi»^ tude.

En conséquence, l'habitude est la disposition acquise ou contractée par la répétition ou continuation des impressions ou dOB actes.

L'HABITUDE -^ m

EflTels de riiabilude. — Les effets ie l'habitude sont les suivants :

!• Il n'est pas nécessaire que l'acte soit répété, c'est-à-dire qu'il soit reproduit après avoir cessé d'être ; il suffit qv'il se prolonge q}ie\c[aQ temps.

La continuation ou prolongation d'un mouvement, d'une action, d'une impression, d'un état quelconque, est aussi propice que la répétition à engendrer l'habitude. Car entre un acte ou un état répété, et un état ou un acte prolongé il n y a de différence que dans les intervalles qui brisent la continuité dans le temps de cette action ou de cet état. De telle sorte qu'une manière d'être qui ne se serait produite qu'une seule fois, mais qui se serait prolongée pendant une durée d'un jour, équivaut naturellement à" sa production vingt-quatre fois répétée à des intervalles quelconques du même état durant une seule heure. (Alb. Lemo'mey L'habitude, ch. i, p. 2.)

2^ Suivant une autre observation importante du même philosophe, l'habitude commence avec le second acte, le second mouvement : un seul acte, quoi qu'en ait dit Aristote S peut donc déterminer déjà un commencement d'habitude.

Seul, le premier mouvement qu'aucun autre n'a précédé ne doit rien à l'habitude; c'est à lui au contraire que l'habitude doit sa naissance, c'est lui qui possède primitivement la vertu de préparer, de faciliter les suivants. En effet, s'il n'a pas cette vertu, s'il n'est pas, au moins en partie, la raison du second mouvement, celui-ci, étant exclusivement le produit du hasard ou de la volonté et tout à fait indépendant du premier, sera lui-même comme s'il était premier, et le deviendra en réalité ; il sera donc aussi impuissant que le premier l'était lui-même. En vain mille autres succéderont au second sans plus se causer les uns les autres que le second ne sera causé par le premier : ils n'en seront pas moins toujours nouveaux ; et cette longue répétition de mouvements s'écoulera sans jamais engendrer une habitude, (/ôîd.)

Il est donc permis de dire que la répétition et la continuation est plutôt la cause de Vintensité de l'habitude que de Thabilude elle-même, puisque celle-ci a déjà son origine dans une première action.

1. Aritftote disait qu'une « seule hirondelle ne fait pas le printempg ».

I if

PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

3* Non seulement la répétition n'est pas la cause primitiTe de l'habitude (quoiqu'elle en augmente la force), maïs elle en est souvent l'effet. L'habitude engendre aussi souvent la répétition que la répétition l'habitude. L'habitude nous inclina et noua porte à recommencer les actes que nous avons souvent faits. A force de faire une promenade, nous contractons l'habi* tude de la faire, et cette habitude à son tour engendre la promenade. On sait les besoins irrésistibles qui naissent de l'habi* tude. De là cette loi de Malebranche : « Les actes produiseni les habitudes, et les habitudes produisent les actes. » {Morale, ch. IV.)

4® Une des propriétés les plus remarquables de Thabitude, c'est que le passé y est conservé dans le présent. Tout ce que j'ai fail s'accumule en quelque sorte pour augmenter la force de mot activité présente.

Le passé n'est plus, dit Alb. Lemoine ; l'avenir n'est pas encore : le présent seul est réel. Mais qu'est-ce que le présent? C'est, dit-on, an point sans dimension, c'est la limite toujours mobile qui sépare ce qui a été de ce qui sera, de sorte que le présent lui-même est insaisissable et que l'existence échappe sans cesse aux êtres qu' durent. Vivre dans le présent semble donc impossible, et l'est ce effet sans l'habitude. Fixer ce perpétuel devenir, constituer un présen* positif avec ces éléments négatifs, faire demeurer ce présent, d'un point mathématique faire une ligne ou un solide, arrêter le temps que rien n'arrête, telle est l'œuvre de l'heibitude.

Dans l'être vivant le passé n'est pas aboli : il l'emporte en lui dane son présent même, et avec ce passé il anticipe l'avenir. Pour lu* le passé s'accumule et se résume dans le présent. Il l'a, ce passé '■ il le retient et le possède encore sous cette forme concise ; il en • augmenté la substance ; il l'a assimilé à sa propre nature.

Ainsi, l'habitude est une force consei^atrice et accumulatrice. Par là même, elle est nécessaire au perfectionnement et au progrès , car comment acquérir quelque chose de nouveau si on ne conserve pas ce qui est acquis? Cependant, il ne nous semble pas qu'elle soit par elle-même, comme le dit Alb. Le» moine, une force de perfectionnement et de progrès. Car ell€ conserve plutôt qi'elle n'ajoute. Elle n'est pas Vinitiative qui invente; elle est plutôt une force d'inertie qui maintient l'étal acquis. Si on la voit grandir en proportion de l'aptitude dei

L HABITUDE

êtres au progrès, c'est qu'en effet elle en est la condition nécessaire; mais elle n'en est pas Vinslrument *.

L'habitude dans le règne végétal.— L'habitude semanifeste déjà dans le règne végétal. «La culture et Tacclimatation des plantes n'est autre chose que l'art de leur faire cortracter certaines habitudes agréables ou utiles à l'homme. » (Alb. Lemoine.) Les plantes les plus sauvages peuvent être domestiquées.

On sait que les plantes ont un très vif appétit vers la lumière. On peut, à l'aide de cet instinct, les amener à pousser leurs racines en haut et leur tige en bas, contrairement à l'état normal.

La mimosa pudica ferme ses feuilles chaque soir ; si pendant quelque temps on la tient la nuit dans un lieu vivement éclairé et dans une cave pendant le jour, elle continuera pendant quelque temps à veiller le jour pendant l'obscurité et à dormir la nuit malgré la lumière ; mais à la longue elle contracte des habitudes nouvelles et on la voit s'accoutumer peu à peu à fermer ses feuilles pendant le jour et à les ouvrir pendant la nuit. (Léon Dumont, de V Habitude ; Revue philosophique, tome L)

Lois de Thabitude.— C'est surtout chez l'animal et chez l'homme que l'habitude exerce son plus grand empire. Et c'est là qu'il faut en chercher la loi.

La loi fondamentale de l'habitude a été mise en lumière par Maine de Biran, Ravaisson, Hamilton, etc. La voici:

(i L'habitude affaiblit la sensibilité et perfectionne l'activité. »

C'est en vertu d'un corollaire de cette loi fondamentale qu on a soutenu « que la sensation est en raison inverse de la perception ».

Tout le monde sait que, lorsqu'une sensation est répétée souvent ou longtemps prolongée, elle s'émousse, devient de plus en plus faible et finit même par disparaître tout à fait. C'est ainsi que le pharmacien ou le chimiste, dans lem-s aboratoires, deviennent tout à fait insensibles aux mauvaises odeurs au milieu desquelles ils vivent. Les hommes qui vivent en plein air

1. L'habitude rend plus facile chaque effort nouveau ; mais le principe da progrès, ce n'est pas l'habitulo, c'est l'effort.

PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

s'I^bituent au froid et au ch^ud, qui incommodent si fort 1^ gens de la ville. Ceux qui aiment les liqueurs fortes sont forcés d['augmenter sans cesse les doses, et ceux qui sont dirigés dans leur conduite par le goût exclusif du plaisir ne tardent pas à être poussés vers des raffinements destinés à compenser les effets de Taccoutumance sur la sensibilité.

Même au moral, on voit les plaisirs et les douleurs s*user par l'habitude. Dans les temps de contagion ou de terreur, on s'habitue à voir mourir, et Ton perd même la crainte de la mort. Les médecins assistent continuellement aux spectacles les plus cruels sans en souffrir. Les anatomistes se livrent à la dissection sans aucune émotion. On s'habitue même à la torture, on s'habitue à la cruauté.

Mon sachet, disait Montaigne, sert d'abord à mon nez ; après que je m'ensuis servi huit jours, il ne sert plus qu'au nez des assistants.

Ainsi les impressions semblent s'effacer à mesure qu'elles se produisent. Au contraire, on connaît la puissance croissante de l'habitude sur l'activité, soit motrice, soit intellectuelle. Toute action répétée devient plus facile et se fait de mieux en mieux. La vertu elle-même se perfectionne et grandit par l'habitude.

Exceptions apparentes. — Cependant, un certain nombre défaits paraissent contraires à laloi précédente et même pourraient suggérer l'idée d'une loi absolument inverse. En effet, s'il est vrai que l'habitude émousse la sensation, c'est souvent en développant la passion, le désir et, quand il s'agit de sentiments, laffeclion. Or, si l'on entend par sensibilité non seulement la faculté d'éprouver du plaisir et de la douleur, mais encore la faculté des désirs et des impulsions (de quelque nature qu'elles soient), on pourra dire que l'habitude développe la sensibilité. Bien plus, n'est-il pas vrai que l'habitude développe la faculté du plaisir et même celle de la douleur? Ne voit-on pas les personnes malheureusesprêtesà fondre en larmes pour la moindre cause? Ne voit-on pas aussi que, pour goûter certains plaisirs, ceux de la musique, par exemple, il faut les répéter souvent? Aimera-t-on le monde si Ton n'y va pas souvent? Les

II'

L'HABITUDE

foyages, si on n'a jamais voyagé? La lecture, si on n'a pas lu? Réciproquement, on peut se demander s'il est vrai que l'habitude perfectionne et exalte l'activité. On voit, au contraire, que l'activité qui n'est qu'habituelle devient de plus en plus mécanique, automatique : elle dégénère en routine S ce qui est en quelque sorte le retour de l'être vivant à l'inertie de la matière morte : c'est la mort de tout progrès, de toute activité consciente et vraiment humaine. On pourrait dire, à ce qu'il senible, avec autant de raison que tout à l'heure, mais tout à fait en sens inverse : «l'habitude exalte la sensibilité et éteint l'activité. » .. xA n 1 •

Mais en y regardant de près, on voit que cette nouvelle loi n'est nullement le contraire de la loi précédente et qu'elle n'en est qu'une autre expression.

En effet, ce que l'habitude émousse dans la sensibilité, ce n'en est que la partie passive et affective, les émotions (plaisir 8t douleur) : ce n'est pas la partie active et impulsive qui au contraire, comme toute activité, doit être sollicitée, augmentée et exaltée par Fhabitude. Réciproquement, ce que l'habitude perfectionne dans Tactivité, c'est aussi la spontanéité ; de telle sorte que c'est précisément la même puissance que l'habitude développe de part et d'autre, mais qui a toujours besoin d'être entretenu et soutenu par la volonté.

Les faits objectés ne sont qu'en apparence contraires à la loi générale. 11 faut de l'habitude, dit-on, pour goûter certains plaisirs, pour devenir sensible à certaines douleurs. Sans doute, il faut que les facultés susceptibles d'éprouver ces impressions soient nées en nous. Un ignorant n'éprouvera aucun plaisir à entendre une symphonie de Beethoven ou une tragédie de Racine. Un enfant n'éprouvera pas de sensibilité pour des douleurs qu'il ne connaît pas et dont il ne se fait pas d'idée. Au contraire, celui qui les a éprouvées y deviendra sensible : mais ces faits eux-mêmes rentrent dans la loi. Si ces facultés, une fois nées, sont trop souvent, trop con-

1 La routine est-elle, comme le veut Alb. Lemoine (p. 77), « un maurais usage de Vhabitude par la volonté » ? ou n'cst-çlle pas plutôt l'habitude elle-nicnie, •BUntoue relFortoes'y iointplai? Nous penchons vers cette seconde opiuion.

PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

L'HABITUDE

stamment sollicitées, elles s'émousseront à la longue, et auront besoin, pour se réveiller, de certaines intermittences. La sensibilité elle-même est susceptible de devenir un tic, une rou* tine : elle s'appellera alors sensiblerie : c'est Taffectation des formes externes de la sensibilité, lorsque le ton intérieur n'y est plus. A ce point de vue, il est important de ne point abuser des émotions du cœur, de peur d'en tarir la source.

Lîmîtesderhabîtude.— Quelqu3 vertu qu'aitl'habitude pour activer et fortifier l'usage de nos facultés, cette vertu elle-même a une limite. D'une part, nous venons de le voir, elle a besoin de s'alimenter sans cesse à la source de la volonté. D'autre part, elle a dans nos facultés mêmes un point maximiïm qu'elle peut atteindre, mais non dépasser.

Le plus grand ennemi de l'habitude est l'habitude môme. Au delà d*un certain degré, le lutteur et l'athlète ne peuvent plus acquérir de force musculaire. Au delà de certains tours, le gymnaste ne peut plus se surpasser lui-môme. Il y a une certaine hauteur au delà de laquelle, malgré Texercice le plus prolongé, il n'est plus possible de sauter. En effet, plus les changements deviennent considérables, plus ils rencontrent de résistance de la part des autres habitudes accumulées. L'adaptation devient de plus en plus difficile. Dès que le changement devient destructif de certains organes dans la limite de leurs fonctions nécessaires, il devient impossible de le pousser plus loin. (Léon Dumont.)

De là une nouvelle loi remarquée par le môme psychologue : « L'habitude lutte contre l'habitude. »

En effet, les habitudes établies résistent à l'introduction d'habîtudes nouvelles. Chassez le naturel, il revient au galop. La nouvelle habitude est continuellement menacée, attaquée par le retour de son adversaire; et, si elle ne trouve du secours, elle résiste de moins en moins.

Deux espèces d'habitudes. — On distingue deux sortes d'habitudes : les habi tudes pas^ive^ et les habitudes actives. En réalité, on peut contester qu'il y ait des habitudes qui ne soient que passives : car il n'y a pas dans l'homme une seule passion qui ne suppose l'action ; même lorsque nous subissons l'action des causes étrangères, il faut qu'il y ait réaction de notre part : car un êirq moi ! -i inft;-tc ne sent pas. Mais

on convient d'appeler passifs les faits dont la cause principale est hors de nous, et actifs ceux dont la cause principale est en nous-mêmes.

Habitudes passives» — En conséquence, les habitudes passives sont celles qui naissent des sensations continues

et répétées,

i» Les impressions intérieures et organiques tendent à devenir des habitudes du tempérament et à influer sur notre bienêtre ou notre malaise, mais elles cessent d'être senties en elles-mêmes.

2» Le tact passif s'habitue également aux impressions externes, et on n'est plus sensible aux variations de la température ; c'est

ainsi qu'on se fait au climat.

3* Les odeurs s'affaiblissent graduellement. (Voy. plus haut

la citation de Montaigne.)

40 Les saveurs de même s'évanouissent non seulement par la continuité, mais parla répétition. Le goût s'habitue aux irritants factices les plus forts et se paralyse sous leur action.

50 Les sons présentent le même phénomène, si on ne considère que le côté affectif ou sensitif . On s'habitue à tous les bruits : un homme d'études finit par travailler au milieu du bruit le

plus fort.

60 L'habitude ne paraît pas affaiblir l'impression des couleurs, parce que la couleur est plus près de la perception que de la sensation. Cependant, si on fixe longtemps les yeux sur une même couleur, au point de se fatiguer, et qu'ils se portent ensuite sur un mélange de cette couleur avec d'autres, on cessera

de la voir. ^ .

Habitudes actives. — Les habitudes actives sont

celles qui naissent de la répétition des actes. Or, l'habitude produit sur les actes trois effets distincts (Alb.

Lemoine, p. 30) : . ,, r ua

!• Elle augmente absolument la puissance dune lacune.

2« Elle l'accroît sous la forme spéciale et déterminée sous laquelle s'est exercée cette faculté.

30 Elle accroît en elle le besoin de s'exercer de nouveau.

En un mot, accroître le pouvoir, l'accroître dans une direction déterminco, enfin la transformer en besoin : tels sont les trois

hii

478 PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

effets de Thabilude active. On les remarque, soit dans les habitudes de l'intelligence, soit dans les habitudes de la volonté, et même jusqu'à un certain point dans les habitudes de la sensihilité.

Habitudes de rintellig^ence* — Toutes nos facultés intellectuelles se perfectionnent par l'exercice : toutes sont augmentées dans leur puissance, développées dans la direction qu'elles ont prise et transformées en besoin.

Les perceptions, par exemple, se perfectionnent sans aucun doute par l'exercice, puisque TœiJ apprend à voir et l'oreille à entendre; mais elles se perfectionnent dans un sens donné. Le peintre apprendra à voir les formes, s'il est surtout dessinateur, ou les couleurs, s'il est surtout peintre. L'oreillo d'un o- l«vip f emarquera les intonations, celle d'un musicien les modulations, et ainsi de suite. Enfin, ce sera un besoin de voir et d'entendre. Il en sera de même des autres facultés.

De toutes les facultés intellectuelles, celle qui a le plus de rapports avec l'habitude est la mémoire. On a dit que la mémoire est une habitude. D'autres ont dit que l'habitude était une mémoire. La vérité est qu'il y a une part commune entre les deux faits, et que nulle autre de nos facultés intellectuelles ne doit autant à la répétition des actes.

Les lois de l'habitude dans Tintelligence ne sont, au reste, que les lois de l'association des idées (47 et suiv.).

Habitudes de la volonté. — Il faut distinguer les habitudes volontaires et les habitudes de la volonté. Les habitudes volontaires sont celles que ma volonté impose à mes autres facultés; les habitudes de la volonté sont celles qu'elle contracte elle-même. Mais ici une difficulté s'élève :

Si l'habitude est semblable à l'instinct par sa nature et n'en diffère que par son origine, la volonté ne va-t-elle pas en s'amoindrissant jusqu'à disparaître? (Alb. Lemoine, l'Habitude et V Instinct, p. 61.)

Pour répondre à cette difficulté, il faut distinguer encore deux cas : celui où la volonté se modifie sous l'action du dehors, —et dans ce cas les habitudes de la volonté sont en quelque sorte involontaires, — et le cas où la volonté, par laconr

L'HABITUDE

iT9

tinuité de son propre effort, se transforme elle-même en habitude.

Si la volonté elle-même, loin d'échapper à l'habitude, en subît la loi, ne perd-elle pas sa liberté à mesure qu'elle accepte l'habitude?

Or, dans ce dernier cas, la transformation de l'acte volontaire en acte habituel ne détruit en rien le caractère essentiel de l'acte volontaire.

En effet, dit Alb. Lemoine, la répétition d'un même acte n'altère en rien la nature essentielle de la puissance qui l'exécute ; elle renv. seulement l'acte plus facile et l'agent plus apte à le reproduire. La répétition d'une même volition ne transforme pas davantage la nature iutime de la volonté libre : l'habitude de vouloir n'amoindrit pas plus la puissance de vouloir que l'habitude de penser n'amoindrit la puissance de penser. (/6frf.,p. 67.)

Force de l'habitude. — Cette question sera reprise dans la seconde partie de ce volume. Contentons-nous pour le moment de celte citation de Montaigne qui a peint avec une grande vérité la force de l'habitude : « C'est, dit-il, une violente et traistresse maistresse d'eschole que la coutume. Elle establit eii nous peu à peu à la desrobée le pied de son autorité; mais par ce doux et humble commencement, l'ayant rassis et planté avec l'aide du temps, elle nous descouvre tantôt un furieux et tyrannique visage, contre lequel nous n'avons plus la liberté de haulsser seulement les yeux. Nous lui voyons forcer à tous les coups les règles de la nature.... Le principal effet de sa puissance, c'est de nous saisir et empiéter de telle sorte qu'à peine soit-il en nous de nous ravoir de sa prise et de rentrer en nous pour discouru' et raisonner de ses ordonnances. »

Problèmes et exercices pratiques.

I. Les habitudes des sens* — 1 ® Habitudes de la vision. L'enfant; habitudes des formes et des couleurs : le peintre, le dessinateur; l'observation au microscope; 2* habitudes de VouU. Le musicien : les tons, les demi-tons, les quarts de tons, les accords; 3® habitudes du tact, etc. (Voir la perception extérieure.)

180 PSYCHOLOGIE THÉORIQUE

II. Habitades de la mémoire. — - La mémoire des mots; développement de la mémoire par la pratique : mémoire de dates, mémoire des formules, etc. La mémoire n'est qu'une

habitude.

III. — Habitudes de l'imagination. — Habitudes chez le poète; métaphores, antithèses, etc. Habitudes de composition : le poète dramatique, le musicien. Habitude d'entendre l'orchestre par l'imagination : Beethoven sourd. L'imagination géométrique : habitude de voir des choses dans l'espace ; la géométrie descriptive.

lY. Habitudes de l'abstraction et de la g:énérali« sation. — L'algèbre ; la métaphysique.

V. Habitudes de raisonnement* — L'avocat, le iurisconsulte, le philosophe. Habitudes d'induction : les hypothèses, les généralisations rapides. (Exemples empruntés aux

sciences.) VL Habitudes de la voIon(4?. — Les vertus et les

vices.

VIL Les habitudes sociales. — Les moevrs, les modes^ (accent dans les langues; les langues elles-mêixios ; les inslUu' iionêé

LEÇON XVIIl

Page 1