‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 37 sur 115 · Consulter surtout Lagrange, L'Hygiène de l'e · texte numérisé non relu

Consulter surtout Lagrange, L'Hygiène de l'e

rercice.

lYMNASTIQUE ET JEUX

faire accomplit peu à peu ce miracle de supprimer un mstmct. Les organes moteurs deviennent moins exigeants, mais aussi la circulation plus lente et la respiration plus courte. L'enfant s'étiole. Il se prend quelquefois alors pour les occupations sédentaires, pour la lecture en particulier, d'une passion dont on a le tort de se réjouir. Car il y a un âge pour toutes choses, et il doit y en avoir un pour les muscles, en supposant même, ce qui est faux, que l'adulte n'ait pas lui aussi à les entretenir. Un certain dédain de la force physique a pu être à la mode. De cette mode il n'est plus question. Car on s'est aperçu que la vigueur de l'âme n'était pas nécessairement en raison inverse de celle du corps. Au contraire l'exercice, même violent, n'est pas seulement d'une bonne hygiène physique, mais d'une bonne hygiène morale. Car il y a des qualités morales que la lecture et la réflexion ne développent pas, et ce sont celles qui font l'homme d'action, c'est l'audace, la résistance à la fatigue, le sang-froid devant les difficultés et devant les dangers. Outre qu'une vie physique intense donne plus de ton à l'âme entière, elle aura fourni des occasions aux différentes manifestations de notre énergie, et chacun sait que, sans ces précieuses occasions de se dépenser, une faculté, comme un organe, s'atrophie. Donc ce n'est pas seulement d'éducation du corps, c'est d éducation de la volonté qu'il s'agit ici. Il y a parfois de l'audace à sauter, il y a de l'émulation dans une course, il faut du sang-froid au trapèze. Beaucoup de jeux développent l'esprit de so idan é. quelques-uns même l'esprit de discipline. Tous recubnit les limites au delà desquelles la fatigue s'avoue et la volon é cède. Il ne faut pas le dire trop haut de peur de décourager « les bons élèves », il est cependant vrai que les premiers aux jeux ont autant de chances de réussir dans la vie que les premiers de la classe. Mais pourquoi les bons élèves n'ajouteraient-ils pas ces chances-là à celles qu'ils ont déjà, surtout quand ces chances sont en définitive des vertus. - Allons plus loin, les exercices physiques sont en un autre sens la sauvegarde de la moralité enfantine. En occupant l'activité on prévient les suggestions vicieuses de l'imagination, on tient l'enfant en haleine, et on ne lui laisse pas le temps des rêveries malsaines. II faut réussir à le solliciter assez vivement pour qu'il n'écoute pas les sollici-

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talions encore indécises de ses sens, et pour que l'attrait de ce qui est permis le protège contre Tattrait de ce qui est défendu.

De la g'ymnastîque. — On fera donc et on fera faire de Texercice. Mais quel exercice? Il y a les exercices naturels et les exercices artificiels. Ceux-ci cherchent la difficulté à vaincre. Ils font appel à Feffort. Ils sont des méthodes de perfectionnement. C'est à eux qu'il faudra demander de faire, sinon l'éducation physique de tout le monde, du moins celle des sujets d'élite. La marche, la course, la natation sont des exercices naturels, et aussi les jeux en plein air. La gymnastique avec engins est un système d'exercices artificiels.

La gymnastique eu France a une histoire qui, comme beaucoup d'histoires, se résume en deux mots : grandeur et décadence. Cette histoire est d'hier. La gymnastique était un honneur au commencement du siècle en Suisse, en Allemagne, en Danemark et en Suède. Amoros l'introduisit en France en 1816, et devint bientôt colonel directeur d'un gymnase normal et inspecteur des gymnastiques militaires. C'était en effet de gymnastique militaire qu'il s'agissait d'abord. Mais l'université fut à son tour conquise à la gymnastique. Un décret de 1854 la rendit obligatoire dans l'enseignement secondaire. Un second décret en 1869 lui ouvrit l'enseignement primaire. Une loi enfin, en 1880, assurait l'exécution des décrets précédents. On fondait alors de grandes espérances sur la gymnastique pour la régénération physique de notre pays. On comptait sur elle pour faire des muscles méthodiquement, scientifiquement, et, qui plus est, rapidement. C'était de l'exercice concentré, économe d'un temps si précieux et si disputé. En outre elle devait guérir toutes les déformations. Le premier professeur de gymnastique venu était un orthopédiste. Il y avait aussi une gymnastique esthétique procurant aux jeunes filles la force et la beauté. On l'appelait la callisthénie. Enfin la gymnastique eut, comme on l'a dit, ses pédants qui semblaient avoir entrepris de nous faire croire qu'on ne peut mouvoir les bras et les jambes que d'après des principes.

Cet excès de réglementation nuisit à la gymnastique. Une réaction se fît en faveur des mouvements libres et des exercices oiaturels. Une commission fut nommée en 1887 pour reviser les

GYMNASTIQUE ET JEUX ^OS

..r.mmps de la gymnastique dans l'enseignement primaire, K raZ de ceS comnJssion est en définitive la condamna ion ïela gymnastique, entendons de la gymnastique avec .Tl^s Qu'il nous soit permis de citer les prmcipaux pas- LTs de ce rapport signé par un grand physiologiste contem-

porain, M. Marey * :

Z'tms t "dUrsTnlôl ne modifiant que le système muscuf^i^elf UnTôt transformant rorganisrne tout enU^^^^ ^^^^^

. ^"TaVeT oultTriou^dTfï^^^^^ dlns les lutte^ corps à dans 1 acte de soulever ue i .„„.„. ji développe ses muscles

•^"^P^' t"uV"tltrcrpaSe"dÏK' staîques'd'-une intensité en grosseur et devient capa ^^ pratique de

surprenante, mais ^^^^'^'^l^^ftf'^J.Txm travail soutenu, la vie; elle ne prépare f '"^.^.PJ^f "^';„^iste à faire travailler les Une gymnast.que tou^ d.fferen e consiste ^^ ^^^ ^^^

muscles au mo>^n de mouven enj« ra^^ , ^,, ..^rcices

ment répètes. Elle recouri poui toujours attrayants :

qui peuvent être extrêmement varies, '«a's toujours j ^

.%x, courses escrime canotage «^-^f^ ^^^^ ,o'ngueur aussi S ^erdStr? eTrcqui'enf uo/%titude toujours plus

^Te'^ex'er'^ci^e^o^tr r" e"Sïs"împortant encore : ils in,pri- ,„eni de pofondes modifications aux fonctions organiques, a la Z^Jill à la -rculation du sang au-ecre^ns ^.^.^^^^

Sous leur influence, la '«spira on gagne en proio

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laires des membres inférieurs, ^e sorte que la ce ^^

,es divers jeux athléliquesaux^ue^l^^^^^^^^ ^^.^^ ^^^„,,,,

pla sir sont précisément les meiiieuis nio, le développement complet de ses aptitudes physiques.

Q..un h;mme-astreint-.- u;e- vie s^êniaire s^ingénie à entretemr l'activité de ses muscles au moyen du t ope^e et des ,

se conçoit; mais qu'on ne condamne point a ce régime

. Musée pé'Iaijofjiqiie, fascicule 77.

PSYCHOLOGIE APPLIQUEE

GYMNASTIQUE ET JEUX

Mil

qui, au sortir des classes, ont besoin de grand air, de mouvement

de gaieté et de bruit.

Sur des jeunes gens formés déjà aux exercices du corps, remploi de certains agrès peut rendre des services et compléter les effets de la gymnastique sans appareils en donnant aux membres supérieurs plus d'égalilé d'action, plus de force et un développement musculaire en harmonie avec celui que la course aura fait acquérir aux membres inférieurs.

Du reste il ne faut pas d'appareils bien compliqués pour habituer Tenfant à grimper, à se tenir en équilibre, à vaincre le vertige, à acquérir enfin la force et l'adresse qui lui seront utiles pendant toute

sa vie.

Le système musculaire s'adapte aux conditions spéciales dans lesquelles il travaille et acquiert, par chaque genre d'exercice, l'aptitude à le mieux exécuter. Le coureur, le boxeur, le rameur, chacun a son développement musculaire caractéristique en rapport avec Texercice qui lui est familier et que rien ne peut lui faire acquérir, si ce n'est la course, la boxe ou le maniement de l'aviron.

De môme, la pratique du trapèze, des haltères, des barres parallèles, etc., fait de brillants gymnasiarques, mais ne prépare ni à l'escrime, ni aux longues marches, ni aux sauts. Il faut donc, parmi les exercices auxquels on soumettra les enfants ou les jeunes gens, choisir ceux qui sont directement utiles. Or chacun a besoin de savoir courir, franchir un obstacle, fournir une longue étape, nager, grimper à une échelle, à un arbre, à une corde, et au besoin repousser une agression. Le programme de l'éducation physique est donc tout naturellement tracé.

Dans les campagnes, la leçon de gymnastique aux agrès n'est guère en faveur : le paysan n'en comprend pas l'utilité, Tinstituleur n'y voit qu'un fardeau de plus à ajouter à sa lourde tâche, les enfants eux-mêmes, faisant parfois un long parcours pour se rendre à l'école la plus proche, ayant de plus, pour peu qu'ils aident leurs parents, maintes occasions de dépenser leurs forces, n'ont guère besoin d'un surcroît de travail musculaire. Ce qu'il faut plutôt développer chez eux, c'est l'adresse et l'agilité.

Mais dans les villes, dans les plus populeuses surtout où les logements sont exigus, où les rues sont encombrées, l'école devrait offrir pour les jeux de l'enfance de vastes espaces. Malheureusement les nécessités budgétaires condamnent trop souvent les municipalités à entasser les élèves en des préaux étroits où l'on cherche, au moyen d'agrès do toutes sortes, à rem|)lacer les exercices de gymnastique naturelle.

Quelques enfants robustes, avides d'activité physique, se contentent de ce pis aller, suivent avec ardeur la leçon de gymnastique et y deviennent plus forts et plus agiles. Mais les faibles, les apa-

Ibiques ne trouvant pas au «ymnase un attrait suffisant pour sur-monter leur répugnance inslinclive au mouvement, éludent les ficultés des exercices et n'en tirent aucun protil.

Et l'on a alors ce que l'on a spirituellement appelé les fruits secs de la gymnastique. - Ainsi la gymnastique peu donner Ta force mais une force localisée, et qui n'est pas la santé. t'ee^Zmue, elle n'est pas hygiénique. Elle développe certa nés aptitudes, mais non les essentielles, qu. sont de courir et de sauter Elle ^st un exercice inutile pour les enfants des camnacrnps insuiflsant pour ceux des villes.

"^ D au^r lui font ïn reproche de ce qu'on a longtemps considéré comme un mérite, à savoir qu'elle concentre l'exercice :

V 14 nhsprve le docteur Lagrange ». ce que demande Est-ce bien »«, observe le uoij^j ^^^^^^ ^,.^^,^^^

l'hygiène '■a^'°""«\'^,^%''f exercice qui lui est nécessaire, par approùmat.vement la dose d ex^^^^^^^^ a^dministrer cette dose d'un

exemple pendant u'^®^f'".7„„' ^,,, -ésime alimentaire dans lequel seul coup? Mais que d/;a'^-°"?"^JXrjusieurs jours seraient des rations de """^^"'•«^f ï''*"!^ J°ix pratiques pourtant l'une absorbées en un seul «-X'^^^e lïutre L'ScIce musculaire de n'est pas plus rationnelle que la^tre- Lexe ^^^^^^^ ^t

l'enfant doit être aussi «0'8"^"f,X.„ereuse pour lui que l'indi- ,a fatigue extrême r^^st^pas-omsdanger^^^^^^^ <^ .^

«estion. Avec le 8/^*^""*,^^" . „„ bien le travail sera à chaque gnées, on tombe da"s ce d'iemme ou d ^^^^ ^ . ^^^

leçon irèsénergique, elaors la sani. ^ ^ ^ ^^^^^ l'exercice

IrLbles d|r«r^' °"J'«4l%rnos m^hod^s actuelles est d'exiger sera insufdsant. Le ^'cefc n^Js intervalles; tandis

ment renouvelés.

. • . „. nn'nn croit trop souvent que la fatigue physique Ajoutons q" °" ;;^; [^ P^ En réalité ce sont deux fatirepose <^^'^,^'^£^;„f ^e ta^^^^^ du cerveau est fatigant pour gués q-f;^^f 7,";°' ^^^^^^^^ l'exercice physique, à moins

qu" n^: s^^t ;s éSSre, suppose une certaine tension ne. ;:„« C'est le cas en particulier pour les exercices aux ng ms. De sorte qu'au lieu de remédier au surmenage, on 1 aggrave.

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