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Locke, Quelques pensées sur l'éducation, section I

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LEÇON ÏII

lillVELOPPEMENT DES FACULTÉS INTELLECTUELLES AUX DIFFÉRENTS AGES.

SOMMAIRE

Diversité des esprits selon leur nature et selon leur âge.

L.a psychologie de l'enfant. — Hypothèses inutiles. Résultats acquis. Conséquences pratiques à en tirer.

De la progression h suivre dans l'enseignement. — De l'ordre des matières dans le programme et des différentes manières dont chacune peut être enseignée.

Des méthodes bonnes surtout pour l'enfant. — Ne pas forcer l'enfant. Mais ne pas aller jusqu'à l'attarder.

Solidarité des différentes facultés et des diflerents enseignements.

Des trois cours de renseignement primaire. — Difficultés

propres aux écoles à un seul maître.

Diversité des esprits selon leur nature et selon leur âg'e. — Avant de passer en revue nos différentes facultés intellectuelles, celles du moins qui, soit à cause de leur nature propre, soit à cause de Télat de nos connaissances, donnent prise sur e'ies à l'éducateur, il importe de considérer l'esprit tout entier dans sa variété et dans son développement. Ce serait en effet une erreur d'agir comme si Tesprit humain était le même chez tous les individus et à tous les âges de la vie. On reproche volontiers à notre ancienne psychologie d'avoir étudié l'homme en général plutôt que les hommes en particulier. Ce reproche n'est qu'à moitié fondé. Car il est natu-

rel qu'une science s'occupe surtout des généralités, et la littérature, sous toutes ses formes, suffisait à diversifier Thomme trop abstrait des psychologues. Toujours est-il que la psychologie contemporaine ne méritera pas le même reproche. Mais elle aura fait ressortir du même coup les difficultés de l'éducation, surtout de l'éducation publique. Comment former à la fois et par les mêmes méthodes des esprits ayant chacun leur manière originale d'être et de penser? La chose serait impossible si entre les hommes les ressemblances ne l'emportaient en définitive sur les différences. Cela n'empêche pas que le maître doive tenir de ces différences le plus grand compte, et à la leçon commune, qui s'adresse à une sorte d'élève moyen et idéal, ajouter un mot pour celui-ci, un autre pour celui-là, sans que les intéressés même soient toujours prévenus, mais en laissant à chacun le soin de trouver son bien et de prendre la leçon de lui-même par le côté qu'adroitement on lui tend.

Il faut tenir compte aussi de l'âge de l'élève et ne pas croire que les facultés nous soient données tout d'une pièce et toutes à la fois. Notre siècle épris d'histoire, et aimant à étudier les êtres dans leur devenir autant que dans leur forme définitive, a appliqué la même méthode à fâme humaine. Le devancier en cette voie avait été Rousseau. Lui le premier, au lieu de poser des règles abstraites et de déterminer au loin le but à atteindre, imagina ie suivre pas à pas l'enfant grandissant, épiant l'éveil de chaque fatuité, et donnant à chaque âge sa tâche. On sait que cette idée fit dans la pédagogie suisse et dans la pédagogie allemande une révolution à laquelle le nom de Pestalozzi est attaché. Un peu pli^ tard un livre français d'une morale chagrine, mais d'une admirable psychologie, puisée dans de maternelles expériences, panut sous ce titre significatif : Éducation progressive *.

La psychologie de l'enfant. — Enfin de nos jours une véritable science s'est constituée dont l'objet est l'âme de l'enfant, ses transîormations et, comme on dit, son évolution. Beaucoup de travaux de détail ont été publiés, et ua contemporain, M. Bernard Ferez, a, entre tous, fait de cette science

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