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Le Matérialisme et la Science, p

PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE

LA MÉTHODE

à la science, et naissant d'elle. — Aussi la méthode inductive, pratiquée devant un jeune esprit, éveillera-t-elle en lui la notion de loi qui y eût dormi, et par là relèvera d'un degré. Du moins est-ce là l'idéal auquel doit tendre l'éducation scientifique même populaire. Mais c'est une question de savoir si du peu de science qu'on distribue à l'école l'idée même de science peut se dégager pour rayonner sur tout l'esprit.

Procédés annexes. — La méthode inductive comprend certains procédés annexes. La généralisation est l'un d'eux; ou plutôt ce que l'induction est aux faits, la généralisation l'est aux êtres. Car, qu'il s'agisse d'êtres ou de faits, la science consiste à dégager du particulier le général. — A la généralisation se rattachent la définition et la classification. Dégager le type ou l'essence d'un être, c'est définir; grouper les êtres selon leurs ressemblances, c'est classer. — L'hypothèse, dont certains savants ont médit à tort, est le moteur de la science. Même fausse, elle provoque la recherche, la discussion, et sert à coordonner provisoirement les faits inexpliqués. — Analogie, dans son acception stricte, signifie ressemblance de rapports. Les ailes et les nageoires, qui ne sont pas des organes semblables, sont des organes analogues. Mais le mot analogie a un sens plus usité et plus large, celui même de ressemblance, et le raisonnement analogique est alors un raisonnement fondé sur toute espèce de ressemblance. '

L'analyse et la synthèse. — 11 nous reste à parler de

l'analyse et de la synthèse auxquelles certains logiciens ramènent toutes les démarches de l'esprit et qu'ils considèrent comme formant à elles deux une sorte de méthode générale. La fin de la science étant d'expliquer, c'est-à-dire de relier des principes à des conséquences, deux voies sont en effet ouvertes à l'esprit pour y parvenir : partir de la cause ou du principe, et descendre à l'effet ou à la conséquence ; ou bien, inversement, partir de l'effet ou de la conséquence et remonter à la cause, au principe. Le premier procédé, marche vraiment progressive de la pensée, se nomme synthèse. Le second, marche en sens inverse ou régressive y c'est-à-dire qui remonte le cours des choses, se nomme analyse. Cela étant, on comprend que l'enseignement doive être plus souvent synthétique, c'est-à-dire suivre l'ordre même de la

nature, et nous montrer les conséquences sortant, pour ainsi parler, de leurs principes. L'analyse est au contraire la méthode de la recherche et de la découverte.

Mais les mots d'analyse et de synthèse se prennent en d'autres sens. L'analyse chimique est la décomposition d'un tout en ses parties; la synthèse, la composition d'un tout par ses parties. Il existe aussi une analyse grammaticale, une analyse géométrique, etc. Les logiciens n'ont pas de peine à découvrir sous ces apparentes différences une unité de sens; ils démontrent qu'analyse et synthèse désignent dans tous les cas le double trajet de l'esprit des conséquences aux principes et des principes aux conséquences. — Mais, comme tout le monde n'est pas logicien, et que les méthodes sont faites pour supprimer les difficultés et non pour en ajouter de nouvelles, pour simplifier et non pour compliquer, nous nous rangeons à l'opinion de Bain, lorsqu'il écrit : « Se servir des mots analyse ou synthèse pour représenter la méthode à suivre dans une leçon quelconque, c'est faire naître dans l'esprit d'un jeune maître la confusion la plus déplorable *. » Parmi les pédagogues français, M. Compayré prononce avec insistance la même interdiction.

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