METHODES D'ENSEIGNEMENT
été lu que ce qui a été entendu. « L'enseignement de vive voix^ dit Bain*, a le grand avantage de l'intluence qu'exerce la voix humaine, et de la sympathie qu'elle éveille dans l'auditoire. >> Pour exercer cette action, pour éveiller cette sympathie, il n'est pas nécessaire d'être un orateur. Mais le naturel, mais la vie dans la leçon sont des qualités qu'un maître qui aime ses élèves, et qui a sous les yeux de petites têtes attentives y met comme d'instinct. Nos maîtres, à Theure présente, auraient plutôt à se défier de l'abus des leçons et de l'imitation à laquelle ils se laissent entraîner des conférences qu'eux-mêmes ont entendues à l'École normale ou dans les facultés. 11 ne faut pas faire trop de leçons, il ne faut pas les faire trop longues. Il faut toujours se dire qu'on parle à des enfants, s'assurer, par des questions^ posées à brûle-pourpoint, qu'ils écoutent et qu'ils comprennent» Leur attention est vite à bout. Ces interrogations la secouent et la renouvellent.
Ce n'est pas là d'ailleurs tout l'art d'interroger. Cet art est difficile. Savoir interroger n'est pas donné à tous. 11 est aussi multiple. Il y a bien des façons diverses d'entendre cet exercice, sans parler même des habitudes d'esprit personnelles à. chaque maître. On peut vouloir se rendre compte du savoir des élèves. Ont-ils compris ce qu'on vient de leur exposer? ou l'ontils appris dans l'intervalle d'une classe à l'autre? ou ne l'auraient-ils pas oublié une semaine ou un mois après? Car il peut^ il doit y avoir des interrogations de revision. Et ces interrogations peuvent être différemment conduites. Ou bien vous cherchez à surprendre l'élève et faites voyager l'interrogation pour mettre la sûreté de sa mémoire à l'épreuve. Ou vous, reproduisez votre propre leçon sous forme d'interrogation, en repassant par le chemin suivi la veille, au risque de ne pas prendre en défaut celui qui ne sait qu'à moitié, mais au plus grand profit de toute la classe. — Ou vous interrogez un seul élève à la fois, ou vous courez de l'un à l'autre pour les tenir tous en haleine. Encore faut-il laisser à chacun le temps de la. réflexion. A force de se presser et de presser les autres, o» devient brouillon. Il y a des interrogations brouillonnes comme