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Xêiiophon, Mémorahleft, liv. IV, ch

MÉTHODES d'enseignement

Mais cette restriction même en indique le caractère élevé, car ce qu'il y a de plus éducatif dans l'éducation est de son domaine. Si donc un maître ne doit pas se croire obligé d'imiter Socrate à tout propos, ce qu'il ferait maladoitement, il est bon qu'il s'efforce de l'imiter quelquefois, et qu'il enseigne aux enfants à faire l'inventaire de leurs idées comme l'examen de leurs

actes.

La méthode catcchétique est juste l'opposé de la méthode socratique, il ne s'agit plus de découvrir, mais de répéter mot pour mot une réponse toute faite. H n'y a là de l'interrogation que l'apparence et la forme. C'est la méthode de nos catéchismes religieux. Il ne faut pas en médire. Elle est excellente pour fixer dans Tesprit des formules, là où on ne pourrait changer les mots sans changer les idées, et elle empêche que les problèmes ne se confondent, en isolant chacun d'eux dans une demande et une réponse qui forment un tout indissoluble.

Parmi les fonctions essentielles du maître, après les leçons et les interrogations, vient la correction des devoirs. Il y a la correction des devoirs collective, au tableau noir, par exemple. Il y a aussi la correction des devoirs individuelle. La première règle est qu'il faut faire en effet cette correction individuelle. La seconde est qu'il faut la faire avec bienveillance. Le vrai mérite du maître consiste à découvrir ce qu'il y a de bon en chacun tant au point de vue intellectuel qu'au point de vue moral. Dans l'une comme dans l'autre forme d'éducation, il faut faire porter l'effort moins sur les défauts que sur les qualités. Le développement de celles-ci suffira à étouffer ceux-là. « Il est souvent possible de transformer une copie faible en copie passable en montrant à félève comment, dans son propre plan, et avec ses propres idées, si faibles qu'elles soient, il serait possible de faire quelque chose de meilleur. Rien n'encourage mieux un esprit médiocre et qui voudrait travailler que de lui persuader que son travail n'est pas mal, même lorsqu'il ne s'en faut pas de

beaucoup *. »

Leçons, interrogations, devoirs à corriger, ces différents exercices, outre leur valeur propre, ont cet avantage de rompre, en

1, Instructions, programmes et rrglemenfs de Venseùjnement secondaire, T^. 150,

PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE

MÉTHODES d'enseignement

se succédant, ]a monotonie de la classe. Passer de Tun à l'autre est déjà un répit pour l'élève, et même pour le maître. Cette loi de ralternance des exercices a été fort bien étabie par Bain K Le véritable repos pour lui est le changement dans le mode d'activité. Une récréation n'est pas nécessairement oisive. Mais le jeu des muscles succède au travail de l'esprit. Pendant la classe, passer d'une étude abstraite à la vue d'un objet concret produit une rémission et un soulagement de même genre. Mais il y a des changements même moins radicaux d'attitude intellectuelle qui suffisent à délasser l'esprit. Sans doute aller de la botanique à la zoologie serait changer l'objet, mais non la forme du travail. Des mathématiques à une leçon d'histoire, la distance intellectuelle est plus grande; partant les deux genres d'efforts qui correspondent à ces deux études, en se succédant, ne s'additionnent pas tout à fait. Enfin, dans l'enseignement d'une même matière, la variété des procédés dont use le maître anime et repose tout à la fois.

On ne saurait d'ailleurs énumérer tous ces procédés, ce qui supposerait que le nombre en est limité. Même les procédés usuels revêtent le tour d'esprit particulier de chaque maître. Puis beaucoup ont leur manière à eux de faire le siège de l'esprit et du cœur de leurs élèves. Heureux entre tous ceux qui savent conter. « Avec une histoire bien racontée on distrait, on repose, on délasse; avec une histoire on s'empare des enfants, on en fait ce qu'on veut, on les mènerait au bout du monde; avec une histoire on arrête toutes les langues, toutes les mains,, toutes les jambes, on fixe les têtes et les yeux, on fait renaître le calme et le silence comme par enchantement; l'art du récit, c'est la baguette magique entre les mains du maître ^. »

Le dernier conseil à donner, mais celui-là s'adresse à tous, c'est qu'il faut préparer sa classe.

Un préjugé très répandu consisteî[à croire que Finstituleur n^a pas besoin de préparer sa classe, sous prétexte qu'il n'enseigne que des choses faciles, et qu'il en sait plus qu'il n'en faut pour les bien enseigner.

i. Science de l'ëducatiov, 1, 3.

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