‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 80 sur 115 · Fonssagrives, Éducation des garçons, p · texte numérisé non relu

Fonssagrives, Éducation des garçons, p

classification des caractères? — On en a donné. Kant ramène les caractères aux tempéraments, et distingue deux espèces de tempéraments : les tempéraments de sentiment et les tempéraments d'activité. Puis il distingue dans chacune de ces deux espèces deux tons différents : l'exaltation et la rémission. De là quatre tempéraments, le sanguin et le mélancolique (sentiment), le colérique et le flegmatique (activité). De là enfin quatre caractères. Kant nie qu'ils se confondent jamais ni même se combinent, ce qui apparaît, même à première vue, comme peu conforme à l'expérience. Un médecin — il semble pourtant que la classification de Kant soit faite pour plaire aux médecins — ajoute cette double critique :

Je ne crois pas qu'il y ait une séparation tranchée entre les tempéraments. Je ne crois pas non plus que tel tempérament impose nécessairement tel ou tel caractère. Ainsi, il n'est pas de gens qui ne soient que sanguins, et je ne crois pas que, parce qu'un homme est sanguin, il doive nécessairement être violent K

Stuart Mill ^ ramène les caractères à deux types, « le type actif et le type passif, celui qui lutte contre les maux et celui qui les supporte, celui qui se plie aux circontances et celui qui entreprend de les faire plier. »

Et il ajoute :

Les lieux communs de la morale et les sympathies générales des hommes sont en faveur du type passif. On peut admirer les caractères énergiques; mais les caractères tranquilles et soumis sont ce que la plupart des hommes préfèrent personnellement. Ce qu'il y a de passif chez nos voisins accroît notre sentiment de sécurité et fait pour ainsi dire le jeu de ce qu'il y a chez nous d'impérieux.

Cependant, rien n'est plus certain, tout progrès dans les affaires humaines est l'œuvre des caractères mécontents; et, en outre, il est bien plus facile à un esprit actif d'acquérir les qualités patientes qu'à un esprit passif d'acquérir les qualités énergiques....

Ainsi le caractère actif s'aidant lui-même est non seulement le meilleur en soi, mais encore celui qui acquerra le plus volontiers ce qu'il y a de réellement excellent et désirable dans le type opposé.

1. D'' Azam, Le Caractère dans la santfi et dans la hialadie, p. 113. :2. Le Gouvernement représentatif, ch. m.

PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE

Cette thèse morale n'est vraie qu'en partie. Elle fait trop bon marché de vertus comme la résignation et l'humilité qu'elle prend, sans le dire tout à fait, pour des marques de faiblesse. — Quant à la classification qui y est jointe, mérite-t-elle ce nom ? La majorité des caractères ne tlolte-t-elle pas entre les deux types en question, sans appartenir ni à l'un ni à l'autre?

Nous en dirions autant de la distinction courante des bons et des marnais caractères, des caractères heureux et malheureux. Car la plupart ne sont ni tout à fait bons ni tout à fait mauvais, ni heureux ni malheureux.

Mgr Dupanloup ^ part de celte idée excellente, qu'il y a des défauts qui en engendrent d'autres, qu'il y a entre nos différentes manières d'être de véritables filiations et de véritables parentés, et il cherche les vices capitaux, sources de tous les autres. Il les trouve désignés dans un verset de saint Jean : c'est la triple concupiscence de l'orgueil, de la sensualité, de la curiosité. — Cette classification n'est qu'une classification des vices; et on ne peut même pas dire qu'en prenant le contrepied de chacun d'eux, nous aurions les vertus qui sont à leur tour sources des autres vertus. En tout cas ce n'est pas une classification des caractères qui sont faits à la fois de vertus et

de vices.

Théorie de la faculté maîtresse. — Si nous n'avons pas de cadres tout faits où loger les caractères, est-il du moins possible de définir d'un trait chacun d'eux, d'en donner comme la formule, qui serait pour les maîtres la précieuse indication du point où leur effort doit porter? « Les facultés d'un homme, comme les organes d'une plante, écrit M. Taine, dépendent les unes des autres; elles sont mesurées et produites par une loi unique; il y a en nous une faculté maitresse, dont l'action uniforme se communique différemment à nos différents rouages, et imprime à notre machine un système nécessaire de mouvements prévus.... Une fois qu*on a saisi la faculté maîtresse, on voit l'homme se développer comme une

Heur. »

Les caractères d'enfants sont-ils des systèmes de mouvements

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