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De l'Éducation, irad. franeîiise, p

Le premier, dont nous nous sommes occupés jusqu'ici, n'est guère que la résultante de Thérédité, de l'éducation, du milieu, de tout ce qui nous fait, mais n'est pas nous. Herbart appelle ce caractère le caractère objectif. Mais du jour où nous prenons conscience de nous-mêmes, nous réagissons contre ces données de notre propre nature, et nous nous transformons par ]a réflexion. Le caractère subjectif entre en scène. Si l'éducateur doit mêler sa propre action aux éléments dont la combinaison forme le premier caractère, il doit surtout aider le second à surgir, puis à se développer, puisa dominer. Car, dans ce sens élevé de possession de soi-même, le caractère est déjà une vertu, — toute la vertu, dirait un stoïcien.

LEÇON XII

LES LOIS DU CARACTERE

SOMMAIRK

Loi d'habitude. - Habitudes d'actions, de pensées. De la routine. L'éducation et Thabilude. De la solidarité morale. L'habitude et la liberté. Habitudes passives et habitudes actives. Loi d'organisation. - Liaison de certaines inclinations. Rayonnement d'une inclination sur tout ce qui est associe a son objet. Élimination des sentiments contraires. De certaines crises dans la vie morale. Des sentiments dominateurs. „:^:M»înii

Loi d'Imitation et de contagion, - Automatisme de 1 mitatioi . - L'imitation chez les enfants. Des amitiés d'enfance. L'exemple du maître. En quoi la contagion diffère de l'imitation. La contaffion dans une classe; des meneurs.

Loi de suggestion. - Influence desgesles et de l'attitude sur le sentiment. Des bonnes manières. Education du sentiment par l'action. Influence morale du métier que l'on exerce. Reaction sur notre nature morale de l'opinion que nous avons de nousmêmes, ou que les autres en ont. Action exercée Pa^r"" idéal. Loi de ^éaetion. - De la satiété. De l'espri ^j^PP^f »^^^^^ prit critique. Du besoin de changement et du besoin d affirmer son individualité. Conséquences pédagogiques. Conclusion, - L'action de l'éducateur limitée, mais réelle. Cornmelru peut faire tourner le déterminisme -o-l a son profi^^^^ Deux méthodes morales qui correspondent a deux façons d en tendre le caractère.

Nous supposons un caractère donné, et nous allons dire quelques-unes des lois qui peu à peu le modifient. La connaissance

PSYCHOLOGIE APPLIQUIiE

de ces lois est de première utilité pour Téducateur qui se méfiera d*elle ou s'ea servira. Les considérer une à une est jusqu'à un certain point un excès d'abstraction. Mais c'est un excès nécessaire. Pour donner une impression à peu près exacte de l'âme humaine, voire de Tàme enfantine, il faudrait la représenter comme fort complexe. Mais cela n'est point notre affaire. Notre affaire est de voir comment cette complexité se forme, et de surprendre dans leur évolution les éléments dont elle est faite.

Loi d'habitude. — Soit donc une tendance quelconque de notre ame. La première loi sous laquelle elle tombe est la loi d'habitude. On connaît le pouvoir de l'habitude i, et l'engrenage dans lequel elle nous prend, k Les actes produisent les habitudes et les habitudes les actes -. » Mais on croit volontiers que tout cela ne se fait pas vite, et qu'on a toujours le temps de voir venir l'habitude et de se reprendre. Sans doute l'habitude est fortifiée par la répétition ou la prolongation d'un acte. Mais elle naît avec l'acte même auquel elle survit. Elle contribue déjà à le faire durer et contribuera à le faire se reproduire, en attendant qu'elle y suffise. On s'expliquerait mal d'ailleurs à quel moment elle pourrait apparaître si elle n'apparaissait dès le commencement. Elle se confond en définitive avec cette tendance de tout être à persévérer dans son être, et par suite dans sa manière d'être, dont Spinoza fit une de ses plus célèbres formules. D'où il résulte que rien n'est indifférent dans la vie morale. Il y a des traces de tout. On a tort de dire : Une fois n'est pas coutume. Comme dans le monde physique, rien ne se perd. Mais nos moindres actions se retournent contre nous et l'habitude nous fait une loi de nos faiblesses. On croit se débarrasser par une concession d'un penchant qui lasse toute résistance; on l'avive, on l'amorce, et il recommence, fort d'un premier succès, le siège de notre âme ébranlée. Une répression impitoyable est donc la seule qui soit sincère. Mais encore faut-il qu'elle ne joue pas le rôle de ces obàlacles qui irritent et qui excitent. Elle ne le jouera pas si elle ne permet pas de naître à l'idée qu'on pourrait triompher d'elle. Ce sont les alternatives

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