‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 98 sur 115 · Section · texte numérisé non relu

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*2. Mme Necker de Saussure, Éducation progressive , I, 4.

PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE

ÉDUCATION DE LA VOLONTE

çons par dire qu'il s'en faut de beaucoup que le régime de ^obéissance soit mortel pour la volonté. Le pire régime pour elle au contraire est l'absence de toute contrainte et Tmcessante mobilité de caprices toujours satisfaits. Lobéissance protège l'enfant contre lui-même, et sa Volonté contre Tabus qu'il ferait d'elle. Ajoutons qu'elle crée en lui des conflits et lui donne l'occasion de vaincre des répugnances ou des appétits. Si bien qu'obéir aux ordres d'autrui Texerce à obéir à ceux de sa raison. Obéir enfin, en nous faisant sentir le poids d'une volonté étrangère donne plus de saveur et en même temps plus de sirieux à l'usage que nous ferons de notre volonté à nous. C'est une raison de ce genre qui a fait dire que la meilleure école du commandement est l'obéissance. L'obéissance de nos jeunes officiers à leurs chefs, par exemple, n'a jamais paralysé en eux l'énergie, ni ne les a rendus incapables de commander, lorsqu'est venu leur tour.

Toutefois l'obéissance n'est pour notre volonté un fortifiant qu'à condition de ne la supprimer point. Il peut en effet arriver que, par un excès de docilité, nous laissions la volonté d'autrui se substituer en tout à la nôtre, et l'éducation qui nous y inviterait aurait dépassé le but. Il faut donc doser l'obéissance. Elle ne vaut d'ailleurs que par l'effort qu'elle coûte; de telle sorte que l'obéissance donne plus de prix à la liberté, et la liberté plus de prix à l'obéissance. D'où Mme Necker de Saussure conclut : u II importe de faire suivre à l'élève deux régimes en apparence opposés : l'un d'assujettissement, pour l'accoutumer à réprimer ses désirs capricieux; lautre de liberté, afin quil se forme en lui une volonté indépendante... Kn l'accoutumant à se déterminer lui-même dans les cas permis, il acquiert de la décision, et sa volonté, qui n'est plus passive, gagne insensiblement de la vigueur ^ » ^ r r . Non seulement il faut faire la part de la volonté de 1 entant, et le laisser se diriger lui-même pour beaucoup de ses actions; mais alors même qu'il obéit, il doit sentir d'assez bonne heure que le principe des ordres qui lui sont donnés est au-dessus de ceux-là même qui les lui donnent. « L'obéissance à la loi,

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