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et absolu^ vraie conclusion et principe nécessaire de tout ce qu'il y a de fini et de particulier.
Examinons donc d'abord ce que c'est que la raison d'une chose. La notion de la raison ne doit pas être confondue avec l'idée de la causalité; l'idée de la raison est une .notion plus élevée , parce qu'elle s'applique à tous les ordres de choses^ tandis que la causalité ne s'étend qu'aux choses qui sont dans le temps. Quelquefois, il est vrai , on parle aussi de la cause éternelle, mais alors la notion de cause est synonyme de celle de raison. En examinant ce qui est exprimé par l'idée de la raison , nous trouvons que cette idée exprime le rapport d'un Etre ou d'une chose avec son contenu intérieur; en d'autres termes, que raison exprime le rapport du contenant au contenu, ou que raison est ce dont l'essence renferme l'essence et l'existence d'une autre <îhose. Cette définition que je viens de donner ici est de la plus haute importance , car nous arriverons avec elle à concevoir tout comme contenu en Dieu , qui est la raison suprême. Nous allons justifier cette définition. Choisisrsons d'abord des exemples dans le monde physique. Quelle est la raison de la fleur d'un arbre? C'est évidemment l'arbre même, qui dans son essence porte aussi la faculté de devenir fleur. Quelle est la raison de l'arbre? C'est le règne végétal, qui renferme dans son essence celle de l'arbre. Ensuite la raison du règne végétal est la terre , qui , dans le développement de sa vie , ne s'est pas arrêtée au règne minéral , mais est arrivée au degré de la vie végétale. La terre est la raison première de tout ce qu'elle renferme dans son sein. La raison la plus prochaine de la terre est dans
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le système solaire dont elle fait partie. Enfin la raison de tous les êtres physiques et de toutes leurs combinaisons est la Nature entière , qui est la raison dernière pour tout ce qui vit en elle. Mais , comme la Nature n*est pas tout, comme elle n'est pas l'esprit et l'ordre spirituel , et comme elle vit cependant avec l'esprit , enrapport et en union avec lui, il doit y avoir encore un Être supérieur , raison de la Nature et de ses rapports avec l'esprit*
Appliquons également l'idée de la raison à l!ordre spirituel. L'esprit est dans une activité continuelle de pensées , de sentimens et de volontés. La raison des pensées ^ volontés et sentimens particuliers se trouve d'abord dans les facultés respectives de penser, de vouloir et de sentir, mais la raison de ces facultés se trouve dans la constitution, dans l'essence générale de l'esprit. Mais l'esprit individuel n'est la raison ni de lui-même ni de son organisation ; de plus , comme tous les esprits ont, malgré leur individualité, quelque chose de commun, une organisation spirituelle commune dans les facultés fondamentales et dans les lois qui régissent leur activité, aucun esprit individuel ne peut être la raison de cette constitution commune *de tous. Toute communauté de constitution et de rapport est un fait transcendant qui nous pousse à chercher la raison commune au dessus des individualités, dans
un Etre supérieur qui les renferme.
Nous voyons ainsi dans tout ordre des choses, que la raison exprime toujours la rapport du contenant au contenu. Chaque chose, chaque Etre est la raison immanente de ce qui est en lui ; et la raison d'un foit ou d'un être fini se trouve ou dans une propriété , oa
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dans xm Etre plus général, supérieur. Or, comme tout ce qui existe est ou la propriété, l'attribut , Fessimce d'un Être, ou un Etre subsistant en soi-même, et qi^e, d'un autre côté, une propriété, une essence n'existe pas isolée et par elle-même, mois est toujours inhérente *4 un Etre qui est sa base , la raison d'une chose ^e trouve toujourB en dernier lieu , non pas dans une {«•opriété, mais dans un Être substantiel ; et quand on conçoit une raison suprême pour toutes les choses on doit nécessairement concevoir un Etre suprême , absolu et infini, qui est la raison immanente de toutes les choses, et dans lequel tout être, toute chose a sa raison supérieure transcendante, mais qui lui-même n'a pas de raison supérieure. La transcendance de raison n^existe que pour les êtres qui sont encore finis
sous un rapport quelconque ; mais, dans l'Etre absolument infini et infiniment absolu, la transcendance se résout dans une immanence infinie et absolue.
Nous approchons ainsi de plus en plus delà solution de notre question ; l'idée de l'Etre infini et absolu devient de plus en plus claire. Nous avons déterminé les notions de l'infini et de l'absolu en faisant sortir ces idées du vague dans lequel l'entendement vulgaire les retient, et en leur restituant cette signification positive et affirmative qui est leur vrai caractère. Nous avons ensuite analysé les rapports entre l'essence et l'existence , entre le possible et le réel , et par la notion présise que nous avons acquise de la raison nous sommes arrivés en dernier lieu, à concevoir non pas une raison ou une cause première telle qu'on la conçoit vulgairement, en dehors de ce dentelle est la cause , mais un Etre qui est la raison immanente de
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tout , qui contient tout en lui ^ qui est enfin la plé» nitude de toute essence et de toute réalité.
Mais jusqu'ici nous nous sommes élevés par de pures notions à la conception de l'Etre infini ; maintenant il s'agit d'arriver à cette conception en considérant les divers ordres des êtres , et en faisant à ces ordres l'application des notions que nous venons d'analyser, pour leur donner une véritable base. Alors la recherche sera complète, les notions auront été combinées avec les choses, et, par cette combinaison ,
nous concevrons l'Etre qui constitue l'unité de toute réalité.
Dans ce but il n'est pas besoin de nous arrêter aux degrés inférieurs des choses; nous pouvons nous transporter de suite à la considération des deux êtres prin-^ cipaux dans lesquels se résument tous les êtres qui, sous l'un ou l'autre rapport, sont finis et conditionnels j et c'est de ces deux êtres que nous avons à chercher la tansition à l'Etre infini et absolu.
Les deux Etres principaux que nous avons à considérer, et auxquels nous avons à rapporter les notions fondamentales précédement analysées , sont l'esprit et la Nature. Je parle ici de la Nature et de l'Esprit comme de deux Etres distincts; parce que nous avons vu dans une des leçons précédentes (*), qu'il est impossible de concevoir l'esprit comme un résultat quelconque du corps ou de forces naturelles; mais, pour notre question , il n'est pas même nécessaire d'avoir reconnu cette distinction , il faut seulement avoir saisi l'aspect difféi-cnt sous lequel se montre l'activitéde l'esprit et celle de la Nature, différence queFûb-
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«ervateurle plus superficiel reconnaîtra facilement • En considérant maintenant l'esprit tel qu'il se manifeste dans la conscience propre, nous rencontrons en lui toutes les propriétés dont nous avons précédemment parlé. Dans une des leçons précédentes nous Favions déjà observé dans son unité, sa spontanéité et sa réceptivité ; mais l'esprit se montre également sous les rapports de l'essence et de l'existence , du possible et du réel et de la raison. Nous avons déjà remarqué que l'esprit n'est pas à chaque moment tout ce qu'il peut être , que son essence n'est jamais complètement manifestée. Chaque esprit porte en lui des facultés , des dispositions qui sont une source de développement continuel. Le temps , comme nous l'avons vu , est la forme du changement , et en tant que l'esprit change, il est dansle temps. Mais comme il ne se résout, nese déploie jamais dans la manifestation^ comme il y a toujours un fonds d'essence qui n'est pas réalisé, l'esprit quant à ce fonds d'essence n'est pas dans le temps , il n'est pas dans ce qu'on appelle ordinairement la réalité, parce que ce fonds d'essence n'est pas encore devenu réel , effectif ; il se trouve encore sous la catégforie du possible, et nous voyons que le domaine du possible est pour l'esprit plus vaste que celui la de réalité. Le possible et le réel ou l'existence dans le temps ne sont que deux modalités de son essence, et l'esprit , comme Etre entier , se trouve encore dans son unité au dessus de ces rapports opposés. Mais quoique l'esprit s'élève quant â son essence fondamentale au dessus de l'existence temporelle , il est cependant limité, fini. L'esprit, il est vrai , est infini dans son intérieur ; de même qu'une ligne géométri—
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que «si infinie y étant divisible à Finfini , de même Fesprit individuel est infini dans son iiitérieur^ étant imsceptible d'un nombre infini d'états diSFérens. Mais chaque esprit individuel est fini y parce qu'il n'est pas les autres esprits ; si un esprit était tous les esprits, il serait l'esprit total , complet. Chacun de nous sait qu'il n'est pas cet esprit complet , car il est loin d'avoir toutes les parfections qui devraient se trouver dans un pareil esprit. Or cet état de fini et de limitation y dans lequel nous nous trouvons tous y nous force d'aller au delà de notre personnalité , parce que tout ce qui est fini a une raison supérieure par laquelle il existe* De plus, comme tous les esprits possèdent , malgré leur individualité distincte , des facultés et des lois communes , aucun esprit individuel ne peut être la raison de cette constitution commune de tous les esprits. Où trouvera-t-on la raison de cette communauté d'essence et de vie ? On ne pourra la chercher que dans une essence ou propriété plus
élevée et plus générale, ou dans un Etre supérieur et plus général. Mais comme aucune essence ou propriété n'existe isolement, séparée d'un Etre substantiel, il faut encore en dernier lieu chercher la raison de cette communauté dans un Etre universel supérieur. Nous sommes donc obligés de reconnaître pour tous les esprits individuels un Esprit universel supérieur qui les embrasse tous dans son Etre, delà même manière que l'espace embrasse toutes les figures , que la Nature embrasse tous les êtres physiques ; et tous les esprits individuels, étant contenus dans cet Esprit supérieur , en sont la détermination et limitation intérieures, et en reflètent tous l'essence générale, de
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1« même manière , que chaque figure représente encore les propriétés principales de Fespace. Cet es-* esprit universel supérieur est le véritable Esprit total, cotfiplet, dont tous les esprits individuels ne sont que des membres partiels , des centres propres et unitaires , il est vrai , mais intérieurs , et reflétant comme des foyers particuliers la même lumière , vivant de la même substance^ Tessence fondamentale de cet Esprit général. Cet Esprit général supérieur est au dessus de toute individualité , mais, quoique n'étant pas individuel , il n'en est pas moins un véritable Être substantiel , personnel, existant en soi et pour soi. 11 est vrai que Tentendement vulgaire , qui s'arrête à moitié chemin, qui remarque bien la constitution commune de tous les esprits , mais n'en cherche pas la raison , est incapable de s'élever à la conception de cet Esprit général. Pour les êtres physiques on cherche bien la raison d'existence dans un véritable Être , la Nature , qu'on ne considère pas comme une pure essence générale des êtres physiques, mais bien comme un Être subsistant en lui-même : mais, dans l'ordre spirituel qui ne tombe pas sous les sens, et ne se présente pas dans la continuité de la matière et de l'espace, on regarde tous les esprits comme isolés, comme aéparés l'un de l'autre. 11 existe cependant le même enchaînement , la même continuité dans l'Esprit général dont nous parlons, seulement cette liaison n'est pas celle de la matière et de l'espace , mais tous les esprits individuels existent liés dans cet Esprit général de la même manière que les êtres physiques dans la IXature. Cette idée de l'Esprit général comme étant l'Être qui embrasse tons les esprits individuels , est