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Nous avons vu qu'une chose ne peut être la raiBon d'une chose qu'en tant qu'elle la renferme dans son essence et devient aimi la cause de son existence. La notion de raison exprime toujours le rapport du contenant au contenu. C'est une proposition qui, comme nous avons vu, a une valeur universelle. Or la Nature n'est pas la raison de l'Esprit , parce que son essence ne renferme pas celle de l'Esprit. La totalité ne renferme pas la spontanéité. L'essence de la Nature et celle de l'Esprit sont distinctes et ne dérivent pa« l'une de l'autre. Cependant ces deux Êtres existent ensemble, et non «eulement par une juxtaposition, mais dans une intimité de pénétration. La Nature peut être conçue par l'Esprit, et l'Esprit peut créer, dans la Nature , des œwTCs d'art que la Nature ne saurait pas produire d'elle même; ces deux Etres se pénètrent le plus intimement dans l'homme, qui, en formant leur synthèse la plus complète possède des organes physiques pour tout ce qui se trouve dans la Nature, et des facultés intellectuelles pour tout ce que existe dans

parceque nous, l'Être apercevant, sommes Pespril; mais e-i rcalitë l'Esprit est extérieuràla Nature comme la Nature Test à TEsprit; et quand on rapporte cetleexteriorité et intériorité à l'Être ahsolu, on oublie de faire voir, rommeiit il^peut exister encore un dehors pour cet Être qui comprend tt>ute essente, dans lequel par coo- «équenl tout existe. La meilleure délerminalion qui ail été donnée , après celle de Krause, sur le caractère fondanr.ental de TEsprit et de la Nature et sur leurs rapports, est celle qui a été faite par H. Pabst dans les n Januskœpfc » 1^34» article que nous recommendons \ Tattcntion de tous ceux qui s'occupent de celte matière, article bleu supérieur ù tout ce que Schelling, Hegel, Baader et leurs écoles ont écrit sur le même sujet. L'auteur ri couiiait, comme Krause, l'Esprit et la Nature comme deux Être* distincts et subsistants en soi[, mais doués tous les deux des mêmes attributs fondamentaux , étant d'une égale dignité et contenus^ de la même manière en Dieu qui 1» renferme, mais qui ne cesse pas d'en être diflioct. L'auteur détermine très-bien le earactèrc de spontanéité de l'Esprit, mais celui de la Nature a été trop superficielle- Yucnt placé dans la réceptivité. Du reste il y a là beaucoup d'idéos neuves et profondes sur l'Esprit et la Nature, sur leurs rapports entre eux et la Divinité. L'article de M* Pabst est une preuve des progrès notables, que la pliilo^O|>bte fuit même ch';^ une classe dMiommes, qui lui a été long t^'mps Uoslilc.

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rE^rit.Maidkraiaon de communauté de vie et decette union delà Nature et de l'Esprit ne peut se trouver ni dans l'un ni dans l'autre^ parce que ni l'un ni l'autre n'est la raison de ce que l'être opposé est constitué dansson essence de manière à pouvoir entrer avec lui dans cette union et à recevoir ses influences. La raison de Yttmon ne peut se trouver que dans une unité supérieure , qui réunit en essence des deux attributs opposés. Or c'est cette unité supérieure qui reste encore à concevoir après les idées de la spontanéité et de la totalité^ qui, comme nous avons vu, ne sont que les deux attributs de cette unité suprême ; et cette unité n'est repré-* sentée ni par la Nature, ni par l'Esprit. Cependant il faut qu'il y ait un Etre qui la représente ; car, n'étant qu'une essence ou propriété , et comme telle ne pouvant pas exister sans un Etre substantiel , il faut qu'elle soit représentée par un Etre suprême qui soit l'unité de tout ce qui existe, de toute essence et de toute existence, de la possibilité et de la réalité , et qui soit aussi la raison de l'union des deux Etres dans lesquels se résument tous les êtres particuliers. Cet Être suprême est appelé 2)/ew» Il n'est donc pas un agrégé ou un composé de tous les êtres, il n'est pas le tout, le parij mais il est avant le tout ww, et de cette manière la conception del'Etre suprême à laquelle nous sommes parvenus, n'établit pas un panthéisme , mais

avant tout le monothéisme* L'Etre suprême est en unité d'essence ce que tous les êtres finis et particuliers sont exclusivement, d'une manière opposée ou prédominante. Dieu n'est ni la Natui^e, ni l'Esprit comme tels, il est, dans l'unité de son essence , l'identité de l'Esprit et de la Nature, et cette unité, cotte identité

et une essence distincte et supérieure qui reudimpos— eible la confusion de l'Etre suprême avec ce qui est encore fini à certains égards. L'Etre suprême par l'atiribut de l'infini ou de la totalité, est la Nature et par l'attribut de l'absolu ou delà spontanéité ,il est l'Esprit; mais il est encore plus, il est l* unité de l'infini et de absolu , de la totalité et de la spontanéité, et cette unité constitue pour lui une nouvelle manière d'exister, une modalité aussi fondamentale que celle de la Nature et de l'Esprit, etfondamentellement distincte de celle de l'Esprit de la Nature. Dieu en tant qu'Esprit, est pensée, sentiment et volonté, en tant que Nature, il est lalumière, la chaleur, l'attraction etc; mais Dieu est plus encore, il est l'unité et l'identité supérieures de ces manifestations opposées, il est l'miité et l'identité de la pensée et de la lumière, du sentiment et de la chaleur, de la volonté et de la gravitation; et cette unité et identité constitue pour Dieu un mode d'être , dont nous ne pouvons nous faire, au moins dans notre état actuel, aucune représentation ; mais l'existence de cette identité de l'essence divine nous force de concevoir cet ordre de faits , sans en avoir une intuition ou représentation propres. Nous sommes à cet égard comme des aveugles , qui peuvent bien concevoir en général les lois optiques de la lumière, mais n'ont aucune intuition de ce phénomène. D'ailleurs la preuve, que cette identité se laisse bien concevoir, nous est fournie même par la Nature. Comme lalumière est l'unité et l'identité de toutes les couleurs, de même l'essence divine est l'identité d'essence de toutes les choses de l'univers ; et cette unité en est encore aussi différenic, que la liimicre l'est des cou-

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leurs^ quoique toute essence soit contenue dans Funité d'essence^ comme toutes les couleurs le sont dans U lumière. Ainsi nons ne confondons nullement Dieu avec le monde , nous ne l'en séparons pas non plus , parce que nous ne pouvons pas séparer l'essence divine de l'essence du monde. Mais par son unité Dieu est supérieur au monde ^ Dieu n'a pas existé sans le monde ; le monde n'a pas été créé dans le temps, car l'essence du monde est contenue dans l'essence divine; mais Dieu est la raison éternelle du monde et de tout ce qu'il contient, et quoique par Funité de son essence il soit en union, en contact avec la moindre partie du monde, cependant l'essence divine ne se résout pas dans celle du monde , elle reste unitaire, et Dieu reste un et identique sans se diviser dans les existences particulières. Dieu est donc un Etre en soi et pour soi; ce qui constitixela personnalité une, infinie et absolue de Dieu ; et dans cette personnalité il se distingue de de tous les êtres finis, individuels. Tout est pour lui , tout lui est présent , et cette présence de toutes les choses, non pas seulement en Dieu mais pour Dieu , constitueV intelligence divine universelle, dans laquelle Dieu rapporte son essence à soi , comme à un Etre en soi et pour soi. Mais ce rapport de toutes les choses à Dieu comme à un Être pour soi s'opère aussi, comme tout ce qui est en Dieu, sous la prédominance de ses deux attributs suprêmes , de la spontanéité et de la totalité. Or, en analysant la pensée et le sentiment(l) nous avons remarqué que la pensée se manifeste sous le caractère de la spontanéité, et le sentiment sous celui delà totalité, parce que, dans la pensée, nous

(i; Voy. p. 8, i3 <1 ^i.

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saisissons avec spontanéité les choses dans leur spon-^ tonéité et distinction^ tandis que dans le sentiment y nous saisissons une chose comme un tout indistinct^ et l'assimilons à la totalité de notre être ; et nous avons vuque dans la pensée comme dans le sentimentleschoaes sont véritablement présentes en nous* Ici nous remarquons que la présence de toutes les choses en Dieu et pour Dieu se fait , quoique d'une manière infinie, sous le même caractère delà spontanéité et de la totalité. Dieu est donc sous le rapport de la spontanéité, pensée infinie et absolue et, sous le rapport de la totalité, sentiment infini et absolu ; comme pensée infinie], il est Tomniscience en même temps que prè^ voyance et providence pour tout ce qui est fini; comme sentiment, il est le cœur infini, l'amour infini , qui s'unit à tout , pour être avec tout ce qui existe dans une^intirae"et mutuelle pénétration. Nous avons ainsi constaté les propriétés fondamentales de la divinité, que la métaphysique doit développer , en dehors de tout dogme religieux , dans leur ensemble et leurs détails.

Ainsi nous avons vu que l'Etre suprême , Dieu , quoiqu'il ne soit pas en dehors et séparé du monde, est cependant , par l'unité de son essence supérieur au monde , et ne doit pas être confondu avec les Êtres particuliers , pas plus qu'avec la Nature et l'Esprit. Et cet Etre suprême existe. Son existence ne peut pas être démontrée, parce que étant lui-même la raison dernière de tout ce qui existe , il n'y a plus de raison supérieure qui puisse déterminer son existence. L'existence de l'Etre suprême est immédîatcmnet certaine. L'idée de la raison, et son applica-

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tion •uceessive à tout ce; qui existe est pour Tesprit fini le guide qui le conduit à se rappeler et à se ren-* dre claire l'idée de FEtre suprême ; mais aussitôt que rintelligence est arrivée à saisir les rapports entre l'essence et Texistence , entre la possibilité et la réalité , et à comprendre la notion de raison comme exprimant le rapport du contenant au contenu , elle s'éléverà successivement à la conception d'une raison une et dernière pour toutes les choses, et cette raison une et suprême suppose nécessairement un Être un et suprême auquel elle est inhérente. A l'égard de l'Etre suprême il est impossible de soulever la question de savoir s'il peut exister. La question de possibilité ne peut être posée que dans le domaine des choses finies, quand il s'agit de combinaisons particulières, ou quand une chose n'a pas réalisé toute son essence , et qu'on peut demander si elle la réalisera. Mais l'Etre suprême, qui le est fonds de toute essence, et dans lequel se confondent l'essence et l'existence, la possibilitéet la réalité, parce que tout ce qui est essentiellement posé dans l'essence divine et par conséquent possible est réel , un pareil Etre est au dessus de l'opposition de la possibilité et de la réalité. Dieu est ; il est l'unité et l'identité de l'esence et de l'existence , de la possibilité et de la réalité ; il est l'unité de l'Esprit et de la Nature et de tout ce qui existe en eux , il est la raison pour laquelle ils sont essentiellement distincts et pourtant unis, il est même celle pour laquelle l'esprit individuel peut encore , en faisant la distinction de ce qui est en lui et de ce qui est en dehors de lui , se demander si les choses qu'il a conçues dans la pensée existent réellement au dehors. Mais à l'égard

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de FËtre suprême qui embrasée la pensée comme la réalité , le dedans comme le dehors , cette distinction ne saurait trouver place ; et quand Fesprit individuel soulève cette question à Tégard de TÊtre suprême , il ne réfléchit pas que la question en présuppose déjà l'existence. En demandant en efiPet , si la pensée qu'il a de cet Être est vraie, il demande s'il existe un objet conforme à cette pensée ; et alors il doit chercher la raison de la conformité ou de la correspondance d'un objet donné avec la pensée. Mais cette conformité présuppose une union entre le monde spirituel et le monde naturel, et, en cherchant la raison de cette union, il arrive nécessairement à la conception de l'Etre suprême infini et absolu , qui, étant la raison de toutes choses , est aussi la raison de la conformité des pensées et des objets etest ainsi la raison de toute vérité. Aucune vérité n'est possible sans l'existence de Dieu. Ainsi Dieu existe certainement ;

et Dieu est le seul Etre qui ne puisse pas être même conçu comme non existant. ^ ous pouvons dans notre pensée faire abstraction des tous les êtres particuliers , mais l'Etre par excellence y reste toujours.

Ainsi nous avons reconnu Dieu comme Etre infini et absolu, plénitude de toute réalité, Être qui, tout en contenant en soi le monde , est pourtant supérieur au monde et ne doit pas être confondu avec les êtres finis. Nous avons reconnu Dieu comme Etre en soi et pour soi , comme personnalité infinie et absolue, intelligence, omniscienoe, providence , amour infini, et volonté absolue et universelle. L'existence de Dieu est la plus haute certitude qu'on puisse avoir. Dieu est l'Être le plus manifeste, le plu«

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évident. Douter de Texistence de cet Êtrp, c'est douter de la lumière , quand on se trouve au milieu d'elle. Dieu est ; c'est la vérité la plua élevée et la plus certaine qu'il soit donné à l'esprit de concevoir.

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