‹ Cours de psychologieChapitre 27 sur 35 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

comme Être absolu et infini , comprenant tout t

Dieu,

conçu, par son unilè , comme supérieur au monde;

Providence^ Nature, Esprit,

prédominance de la totalité* prédominance de la spontanéité.

Organisme ; sentiment, Liberté ; pensée , iatclligcnca,

seu&ibilitc.

Humanité,

étant rharmonic la plus inl*me comprenant le

sexe Féminin, sexe Masculin,

représentant d'une manière prédo- représentant d'une manière pré-

minante les caractères de la dominante les caractères de

Nature^ V Esprit*

Union.

de l'homme et de la femme.

Il n'est pas sans intérêt, de remarquer, que la langue humaine présente autant de voyelles qu'il y a d'Etres principaux et de relations'primitives entre eux. Kraute a choisi, par des raisons comprises dans la philosophie de la Nature, pour désigner Dieu comme Être qui comprend tout y Vo; ensuite les voyelles e, /, <r ( l'a aile' mand) pour exprimer la Nature TEsprit et l'Humanité: l'oit (Tu allemand) pour designer Dieu comme "£116 supérieur au monde ; ensuite Vu ( Vu allemand ) Vœ (Po allem.) et/*a pour désigner les relations de la Nature, de l'Esprit et de Humanité avec Dieu* Les co/i^o/i/ie^ expriment ]es premiers a//r/^f</f fondamentaux et simples delà Divinité. Sous ce rapport aucune langue humaine parlée n*est complète, il manque dans chacune quelques unes des consonnes que les organes peuvent cependant exprimer.

C'est sur cette correspondance que Krause a fondé la pasilalie et la pasigraphie , ^sngue universelle et vraiment naturelle ei qui, en même tcm^s qu'elle est apte à exprimer les plus fines distinctions de la pensée, surpasse par son caractère harmonieux et mélodieux toutes les langues existantes. Dans cette languo se retrouvent

DOCTRIiNE DE DIEU. 2ftB

qui uepcitnettent à aucun être de sortir de la sphère principale à laquelle il appartient par sa nature. (1) Cette exposition présuposerait un développement plus profond de l'idée de l'Être et de l'essence de Dien , que je ne l'ai pu donner dans cette leçon. ^ ous passerons donc immédiatement à quelques auti^es points importans qui peuvent être plus facilement compris. D'abord il s'élève la grave question de l'origine et de la nature de l'eVie/îViV/i/a/îïe^ ou des êtres individuels dans le monde, question dans laquelle s'est égaré 8pinosa et après lui tous ceux qui y dans les temps modernes , ont basé la philosophie sur le principe de

beaucoup de mots des langues popuiuirc-s, puur exprimer les mêmes idées, sans que cesmots,formësparcombinaison régulière de voyelles et de consounes d'après l'o/-(fiv philosophique des idées, leur eussent élé empruntés ; ce qui montre seulement qu« le génie des peuples a instinctivement trouvé le mot naturel. Krause a déjà écrit plu* sieurs traités philosophiques dans celle langue qui se répandra avec les vérités philosophiques qu'elle exprime et sur lesquelles elle est basée. Il a exposé Vidée gi néraie de cette langue dans VJsis^ i823, recueil périodique publié par Ohen, Les élément Ae cette langue fout partie de la publication des oeuvres posthumes de Krause* Voy. aussi p. i65 la note.

Mais le tableau précédent ou lechéma primitif de constitution des Etres principaux en Dieu est la loi d^oi'ganisation analogue pour tous les êtres vivants, quant \ leur propre intérieur, et même pour tous les faits ou phénomènes principaux d« l*£sprit et de la Nature* Cest ainsi que TEspHt comme un qui comprend tout son Intérieur, se distingue néanmoins comme unité supérieure, de toute variété intérieure ; il est à cet égard volonté f{\x\ comme causalité dirige les deux facultés opposées, du sentiment et de la pensée, facultés, qui bien que distinctes, se trouvent aussi rénoies. C'est ainsi que, pour choisir un phénomène de la Nature, la lumière comme muité totale se présente comme blanche ; son fractionnement intérieur produit ensuite trois couleurs fondaraenlale.s, le rouge comme unité supérieure, et les deux couleurs opposées, le jaune et Je bleu ; ces deux couleurs réunies forment comme quatrième couleur, le vert; les trois autres couleurs, Torangé, le violet etUndigo résultent de la combinaison du jaune, du bleu et du vert avec le rouge. C'est ainsi qv^il faut comprendre les sept couleurs du prisme.

Toute la philosophie synlhétique qui réunit la déduction métaphysique avrc l'analyse expérimentale n'est que la démonstration continue de celte vérité : que t)ieu est par sa nature et ses attributs, la loi vivante d'organisation de l'Univers.

(i)v V03'. sur ce point important ia démonstration métaphysique rigoureuse : Krause, Philosophie de l'histoire (allem.) p. ni - i33.

l'Être absolu. Ces philosophes ont prétendu, que les êtres individuels, à quelque domaine qu'ils appartinssent, soit à la Nature soit à l'ordre spirituel, n'étaient que des manifestations transitoires ou des combiriaisons passagères de la substance divine. On conçoit que, dansune telle doctrine, on ne peut conséquement pas admettre une immortalité individuelle , conséquence que les adversaires n'ont pas manqué de relever et qui, selon eux, est inévitable pour tout système plnlosophique qui part du principe de l'Être absolu. Mais cette conséquence vient principalement de ce que ces systèmes ont tous méconnu la nécessité de la partie analytique de la philosophie, qui, en préparant psychologiquement la solution de toutes les questions, > précise aussi les notions de l'individualité du moi, du temps et de l'éternité. Or , quand on a compris analytiquement l'idée de l'individualité et du temps (}), il est impossible de s'égarer dans un panthéisme qui ferait absorber tout dans l'identité de la substance divine. L'analyse seule de la notion du temps montre déjà, que le changement, dont le temps est la forme de liaison^ de quelque manière qu'il s'opère, est, loin d'être la cause, le simple produit de l'activité des êtres finis qui, s'ils n'existaient pas comme tels avant le temps, c'est-à-dire éternellement, ne pourraient jamais apparaître comme tels dans le temps. Car tout ce qui est, a sa première cause, non pas dans le temps, qui n'est qu'une forme de succession, mais dans l'éternité. Si on admet donc l'individualité, ne fut ce que pendant un certain temps , comme on le fait généralement au moins pour cette vie, il faut l'admettre

(i" \oy. pag. (:3 et suiv.

éternellement, parce que la raison de son existence ne peut pas se trouver dans ce court espace de temps, mais doit exister dans l'éternité. Ce raisonnement analytique est confirmé parla déduction métaphysique que je veux brièvement vous faire connaître.

Nous avons vu que la Nature et l'Esprit sont à la fois infinis et finis ; infinis dans leur être et leur essence propres, finis, l'un par rapport à l'autre, et , tous les deux , par rapport à Dieu. Mais, d'après l'identité de l'essence divine qui embrasse tout et d'après laquelle tout est en tout , tous les attributs tant de l'Esprit que de la > ature, bien que infinis quant à leur intérieur , doivent néanmoins aussi être finis.

Chacun est, comme Etre substantiel dansson intérieur, infiniment, c'est à dire entièrement, complètement fini ou déterminé. L'Esprit et la Nature n'existent pas seulement dans la généralité de l'infini ; ils existent

aussi comme Etres dans la particularité du fini. Or , ces déterminations ultérieures et finies de VÉtre même de l'Esprit et de la Nature, sont ce qu'on appelle des individus dans l'Esprit et la Nature, qui sont des êtres déterminés sous tous les rapports et dans les quels le fini même est venu à son dernier terme. Mais ces êtres, bien que complètement fiuis et déterminés, sont cependant encore infinis , ayant à représenter dans leur individualité même etd'une manière particulière, l'essence infinie de l'Esprit et de la Nature. Dire que ce qui est fini doit encore être infini , semble une contradiction j mais le temps en donne la solution. En effet, de la nécessité qui existe pour les êtres complètement déterminés, de manifester effectivement l'essence infinie des Etres supérieurs qui les contiennent

en identité d'essence ^ résulte le temps qui rend pos-^ sible par le mode de succession, ce qui ne peut pas avoir lieu tout à la fb:'s , et qui fait qu'un être complètement fini peut encore être infini, non pas à la fois, en même temps, mais par un changement sans fin dans le temps. £n effet, les êtres finis sont toujours à chaque moment, déterminés sous tous les rapports de leur actualité'^ ils se trouvent toujours dans un état bien déterminé par une infinité de choses, et c'est en cela que consiste leur individualité de chaque moment; mais ces états individuels n'absorbent et n'épuisent pas leur essence entière ; l'Esprit ou la Natm'e se trouve en chacun d'eux d'une manière entière quoique toute particulière , et forme le fond infini , inépuisable de leur essence. L'être fini, individuel est donc en actualité complètement déterminé à chaque moment, mais il est infini et indéterminé dans saj9n{>-« sance d'être. C'est du fond de cette puissance ou /a-c«/fe d'être, que sort à chaque moment du temps un état bien déterminé, unique, et qui comme tel ne revient plus. Nous voyons ainsi que notre déduction métaphysique est d'accord avec la théorie analytique du temps. Ce que nous avons constaté dans l'observation psychologique par rapport à notre moi , ou à notre individualité spirituelle , se montre ici comme une vérité universelle applicable à tous les êtres individuels. Dans notre synthèse, nous trouvons donc confirmé sous tous les rapports que chaque être est , pour le fond de son essence , avant , au dessus et en dehors du temps ; qu'il est éternel , incréé et indus— tructible dans le temps. Le temps n'est que la forme du passage d'un état bien déterminé à un autre , la

DOCTRINE DK DIEU. 289

forme de la liaison des états et des actes^ qui excluent la simultanéité, la coexistence, mais qui peuyent se trouver dans le même être successivement , Fun après l'autre. Mais comme ces êtres sont eux-mêmes la cause de leurs changements intérieurs, ils sont aussi la cause de leur temps. Tous les êtres donc qui sont la cause immédiate des changemens qui s'opèrent en eux, sont, dans leur puissance d'être, au dessus du temps et indestructibles en lui. Les êtres qui se montrent par conséquent dans l'expérience comme de véritables individus , tels que sont les êtres animés , les animaux et les hommes , sont indestructibles dans le temps , leur individualité étant déterminée éternellement. Mais un être qui est la propre cause de son changement dans le temps, est appelé vivant ; la vie résulte doue de la finité des êtres, qui, pour représenter tout ce qui est contenu dans leur essence, doivent passer d'un état à un autre dans le temps. Par cette raison l'Être infini et absolu, comme tel, ne change point, il est toujours le même dans l'identité éternelle de son essence. Mais comme l'Etre infini et absolu est en lui tous les êtres finis qui vivent en changeant , et qu'il est avec chacun d'eux dans un rapport essentiel approprié à chaque état , Dieu change aussi dans ses rapports intérieurs avec les êtres finis ; et c'est dans le changement de ses rapports intérieurs, que consiste sa vie universelle.

Quand nous considérons maintenant plus particulièrement le fond, le contenu de la vie, nous y voyons encore l'essence divine manifestée par tous les êtres, selon le degré qu'ils occupent dans la vie de l'univers. Or, la manifestation ou la réalisation de l'essence divine II. 37

dans le temps, dans la vie, c'est le bien* Dieu est donc le bien infini et absolu, dont chaque être fini réalise la partie renfermée dans son essence particulière. Il y a un seul bien qui embrasse tout, comme il y a un seul Être qui renferme tout : Dieu; et comme Dieu est la cause volontaire de la manifestation de son essence dans la vie, il est l'Etre de bonté infinie et absolue, parce que la bonté est la volonté dirigée vers le bien. Dieu ne veut et ne peut vouloir que le bien , parce qu'il ne peut vouloir que son essence divine; et s'il y a du mal dans le monde, ce que nous examinerons toutàl'heure , la volonté de Dieu ne peut en aucune manière en être la cause; la volonté de Dieu est au dessus du mal, comme son intelligence est au dessus de l'erreur, malgré tous les maux et toutes les erreurs qui peuvent exister dans le monde.

Mais le bien qui est infini pour Dieu, se divise, pour les êtres finis, en différens ordres limités. Comme le bien pour chaque être résulte de son essence, onde ce qu'on appelle sa nature , chaque être a un bien particulier à manifester, selon le degré différent qu'il occupe dans l'échelle des êtres. Cette distinction du bien d'après la différence du degré que les êtres occupent dans la vie du monde, est de la plus haute importance; car c'est d'après cette différence, qu'il faut assigner à chaque être un bien particulier dont la nonréalisation produit ou l'imperfection ou le mal. Ainsi la plante et l'animal, en manifestant dans la vie leur nature particulière , réalisent le bien qui leur est propre. Leur bien est un bien subordonné, parcequ'iis sont des êtres infénein\s, dépourvus delà conscience* de leurs actes. C'est l'homme seul, qui réalise

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