DU MAL ET DB SON ORIGINE
un malheur pour celui qui en a été atteint. L'homme injuste retarde parla nécessairement l'accompliesement de son but^ et il devra faire des efforts d'autant plu» longs poursortir de son état dépravé; mais la justice divine l'aidera encore dans ces efforts et le mènera à accomplir son but^ à atteindre à sa destination qu'il ne peut jamais perdre, parce qu'elle résulte de la nature humaine qui est une partie de l'essence éternelle de Dieu.
En déterminant.en quoi consiste le bien, la moralité et le dirnt ou la justice, nous avons terminé la doctrine générale du bien : il nous reste encore à examiner en quoi consiste le maL D'abord nous déterminerons en quoi consiste le mal comme tel ou comme fait, et ensuite nous en chercherons la cause.
Enexammant ce qui constitue le mal,on trouve que le mal, loin d'être quelque chose en soi , existe uniquement, ou dans les faitw rapports dans lesquels plusieui*s choses , bonnes en elles-mêmes, peuvent être placées, ou dans une imper fèction ]^rodnite par l'absence d'une chose là où elle devrait être. Leibnitz avait considéré le mal surtout sous ces dernier caractère comme consistant dans l'imperfection. Mais cette conception ne présente le mal que d'un côté partiel. Le mal qui consiste dans une pure imperfection, est le mal le plus léger et le plus facile à guérir; le mal au contraire qui consiste dans l'établissement de faux rapports, est le plus profond le plus difficile à débrouiller et à détruire.
J'ai maintenant à montrer par des exemples, que la notion du mal, que je viens de donner, est conforme à ce qu'on appelle mal dans la vie commune. D'abord
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il faut remarquer^ que le mal e'étend sur tons les domaines de la vie. Il n'existe pas seulement dans la vie humaine^ inais aussi dans la vie de la Nature, Dans les tremblemens de terre ^ comme dans les difformités des créatures, il y a du mal ; car ces choses accusent de faux rapporta dans lesquels la vie de la Nature se montre sur un point de son action. De même les maladies corporelles sont un mal physique, quoiqu'elles soient le plus souvent causées par l'esprit qui ne s'est pas bien servi de son corps. Tout ce mal naturel consiste évidemment dans de faux rapports.
Considérons maintenant un autre ordre de faits at^ testant le mal causé principalement par la volonté de l'esprit. Analysons l'assassinat. C'est une mort produite, d'une part, par une volonté, d'autre part, par des forces physiques. La mort, si elle a lieu au temps convenable, ne peut pas être considérée comme un mal j autrement il faudrait démontrer que la mort n'est pas un fait nécessaire pour l'être fini, mais qu'elle est le résultat d'un état maladif du genre humain. Mais si la mort constitue le passage d'une phase de notre existence à ime autre, et si ce passage ne peut s opérer, que par la séparation de l'esprit et du corps organique, la mort n'est pas plus un mal, que ne l'est l'endormissement, dans lequel s'opère aussi jusqu'à un certain point le détachement de l'esprit d'avec corps ; mais la mort est toujours un mal, quand elle a lieu hors de propos, que le corps est encore en force, et elle devient un crime cjuand elle est causée par la volonté réfléchie de riiomme, parce que la mort n'est pas un fait laisse à l'arbitre de l'individu. L'apparition
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d'un esprit dans un corps aussi bien que sa sortie, sV pèrè d'après les lois générales de l'univers et sous la providence divine. Si donc un assassinat ou un suicide a lieu, il y a mal et crime; mais la réflexion et la volonté, prises en elle mêmes ne sont pas un mal, non plus que les forces physiques; mais c'est la direction, donnée par la volonté aux forces physiques vers la destruction du corps, qui est un mal, mal qui résulté évidemment d'une fausse application de ce qui est bon en soi. Il en est de même du mal purement moral, quand l'homme, au lieu de se conforme aur bien général, considère avant tout son propre intérêt, ou lorsqu'il agit pour la pure satisfaction d'une passion. Quand l'homme agit par intérêt, il fait but de ce qui ne peut être qu'un résultat, il subordonne le général au particulier, le bien général au bien individuel , appelé intérêt ; subordination qui constitue un faux rapport dans le bien. De même, quand l'homme agit par une passion ou un désir, qui n'est plus réglé par la réflexion et la raison, il se rapproche de l'animal, qui se laisse guider par les passions irréfléchies de sa nature ; cependant les désirs et les affections, quand ils restent tempérés par la raison, sont un bien; ils ne deviennent un mal que lorsque l'homme sacrifie la partie isupérieure, appelée à dominer, à la partie inférieure qui doit obéir. Le mal moral consiste donc également dans un faux rapport et il en de même du mal intellectuel, de l'erreur et du mensonge.
Nous voyons donc que le mal n'a pas d'existence en soi, qu'il n'y a pas de mal comme élément simple; mais qu'il n'existe que dans la fausse combinaison d'élémens bons en eux-mêmes. Il s'ensuit qu'il n'y
â pas un principe du mal dans Tunivers^ et que tout, pris en lui-même , est bon. Mais le mal, consistant dans les faux rapports, existe réellement; il n'existe pas seulement par rapport à notre iutellig^ence , ne disparait pas, comme une philosophie superficielle le soutient quelquefois, au point de Tue absolu de Dieu, et ne se résout pas dans l'harmonie générale du bien. Les faux sons n'entrent dans aucune harmonie. Dieu même reconnaît le mal comme un mal, parce que ce qui est faux ne devient vrai pour aucune intelligence; et c'est précisément parce que Dieu connaît le mal comme tel , qu'il dirige , dans sa pitié infinie, sa volonté vers la destruction du mal , destruction à laquelle tous les êtres intelligens sont obligés de contribuer pour leur part.
Après avoir examiné en quoi consiste le mal, nous avons maintenant à en rechercher la cause. Comme le mal est un fait de la vie, sa cause première doit se trouver dans la cause même de la vie. Or, la vie résulte, comme nous avons vu, de la nécessité du développement des êtres comme êtres /?»?>. Le mal doit donc avoir sa cause dans la finité des êtres. Cette finité est, comme nous avons vu, fondée éternellement en Dieu; les êtres finisse trouvent donc dans une coexistence éternelle. Or, comme d'un côté chaque être possède en tant qu'individu, une spontanéité propre qui se manifeste au plus haut degré dans les êtres intelligens ; comme d'un autre côté, la vie de tous les êtres est dans un enchainement et une dépendance réciproques, parce que la vie et le développement de chaque être a en grande partie ses conditions dans la vie et le développement des êtres co-vivans, il se