‹ Cours de psychologieChapitre 31 sur 35 · DU MAL ET DE SON ORIGINE. SOS · texte numérisé non relu

DU MAL ET DE SON ORIGINE. SOS

peut que l'être fini , en usant de toute sa spontanéité, se détaclie jusqu'à un certain point de l'ensemble de la vie , se développe sans égard au développement des autres^ et agisse ainsi contrairement à l'idée de la justice, Cest par cette spontanéité que l'homme peut concevoir et dont il a peut être au commencement voulu faire un seul essai , qu'il s'est détaché de son véritable centre, en se concentrant dans son individualité, et qu'il a faussé ainsi les justes rapports de la vie, dans lesquels la partie est unie à l'ensemble. Le mal est donc venu sur la terre par la fausse application que les hommes ont faite de leur spontanéité , particulièrement dans les rapports fondamentaux qui les unissent avec Dieu et toute la Nature. Cependant cet état du mal ne peut pas avoir été le premier état du genre humain. Car , avant qu'un être n'arrive à connaître et à faire usage de sa spontanéité, il faut qu'un état de vie précède, dans lequel il soit en union intime avec l'être supérieur sous la protection duquel il a commencé sa vie. C'est ainsi que la plante n'apparait àla lumière du jour qu'après s'être développée en état de germe , dans le sein de la terre ; c'est ainsi que l'enfant n'obtient une vie de spontanéité , qu'après s'être développé au sein de la mère. De même le genre humain, qui est né un jour sur la terre, a dû se trouver sous la providence protectrice et l'influence plus directe des Etres supérieurs, la Nature et l'Esprit, et surtout sous celle de Dieu. Mais lorsque les hommes curent acquis dans ce développement un certain degré de spontanéité, il est arrivé une époque, comme les résultats de l'expérience l'attestent, où l'esprit humain, en se comprenant et en se sentant dans sa spon- II. 39

806 COURS DE PSYCHOLOCIE.

tanéité, s^est imaginé que 8on développement poovait se faire en toute spontanéité et indépendance ; cette conception , en éveillant l'orgueil de Fesprit , a passé dans la volonté qui a voulu la réaliser, au moins comme un essai; mais cet essai devait nécessairement mal tourner. Les hommes ont voulu des lors se passer d'une providence et d'une direction supérieures , se croyant assez forts pour prendre le fardeau de la vie et du développement sur eux-mêmes. Mais^ une fois qu'ils se furent ainsi constitués en propre spontanéité vis-à-vis de la pi'ovidence divine, chacun fit, par une conséquence naturelle, vis-à-vis des autres, ce que tous avaient fait par rapport à Dieu. Le lien rompu entre Dieu et les hommes , devait entraîner la destructioii du lien entre les hommes eux-mêmes. Chacun crût dès lors qu'il pouvait être l'artisan de sa vie , sans avoir besoin des autres ; la spontanéité égoïste , en «'étendant sur tous les rapports, devait rétrécir la sphère de l'intelligence , qui bientôt se resserra dans la sphère des intérêts individuels que l'homme cherchait à satisfaire. L'unité du cercle de la vie étant ainsi brisée, les hommes s'isolèrent et se dispersèrent, ou, s'ils restèrent ensemble, la spontanéité la plus forte et la plus énergique , établit une domination intellectuelle et physique sur celle de tous les autres. C'est ainsi que l'isolement, l'égoïsme, la contrainte, la lutte et la guerre de tous les êtres et de tous Tes intérêts sont devenus les faits généraux de la vie. Le Ijenre humain n'a pas oublié le premier état dont il a vicié le développement par l'abus de sa spontanéité. Toutes les traditions parlent d'un premier âge d'or et d'innocence; mais n'y eut-il aucune tradition, il fau-

Page 1