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ORIGINE DE LA CONNAISSANCE

généraliser, sans doute , mais qu'on ue saurait jamais ékverà la dignité de véritable principe de la morale. Qu'on passe en revue tous les systèmes philosophiques sensualistes, à partir de celui d'Epicure jusqu'à celui d'Helvétius, partout on trouvera la même connexité entre le principe sensualiste pour la connaissance et le principe égoïste pour la morale. On a quelquefois émis l'opinion, que ces doctrines, fournissant à la critique des armes à l'aide desquelles on avait détruit la superstition dans les croyances, et donnant aux esprits une direction plus pratique vers la vie réelle , avaient eu au moins cette utilité relative, de contribuer puissamment à la destruction des abus dans la société. Cependant quand la critique ne part pas d'une base vraie, quand une direction est donnée aux esprits sans la connaissance du véritable but moral de la vie humaine, quand on remplace la superstition par des erreurs non moins graves, un principe moral mal interprété par un principe faux, on dépose une semence, qui ne peut porter que de mauvais ftxiits et on rend extrêmement difiûcile le retour à des idées plusjustes, parce qu'on a accoutumé l'esprit à ne voir que les extrêmes. Il est impossible, de trouver un fondement solide à la société, tant qu'on n'a pas déterminé le but et la destination de l'homme, tant qu'on n'a pas compris l'humanité comme un seul corps, comme un centre, par rapport auquel chaque individu doit ordonner son activité. Mais cette conception ne saurait être saisie , tant qu'on ne s'élève pas, au dessus de tout ce qui est individuel, jusqu'aux idées générales, éternelles, qui seules expriment l'essence véritable de l'humanité. Comme nous avons

VU, que le temps repose sur Fétemité, de même toute organisation sociale doit se fonder sur des idées étemelles; autrement la base ne sera qu'une sable mouvante qui fera écrouler tout édifice, qu'on tentera d'y construire. Je ferai encore une autre observation qui concerne la question de la liberté ou du libre arbitre Je prétends que l'homme , s'il n'a pas d'autres notions, que les notions empruntées au temps et à l'espace, doit se résigner à ne pas avoir de liberté. La liberté ne consiste-t-elle pas en efiFet dans le pouvoir, de commencer immédiatement une série nouvelle d'actes, qm n'ont pas leur raison dans les actes qui précèdent? Mais si l'intelligence de l'homme est enchaînée aux notions du temps, si elle doit par conséquent se conformer aux lois de la continuité et de la succession , il lui sera impossible de s'élever au dessus de cet enchaînement nécessaire , et de commencer spontanément un ordre nouveau d'actes et de faits, indépendants de ceux, qui ont précédé. Cette spontanéité, cet élan supérieur n'est possible que dans le cas, où l'esprit porte en lui des idées , qui ne sont pas puisées ni par conséquent soumises à la succession inévitable des parties du temps.

On voit de cette manière que le pouvoir inhérent à l'esprit, de s'élever au dessus des notions du temps et de l'espace, et de connaître des idées éternelles, est la condition rigoureusement essentielle de la vie morale et sociale de l'homme, parce que ces idées seules peuvent fournir les principes supérieurs à l'égoïsme , et garantir à la société les lois d'une organisation durable.

En abordant maintenant la question de la connais-

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fiance sensible* Vous devez vous ra[^ler^ qu^il y a ici deux systèmes en présence, qui tirent leur origine de la manière différente, dont ils interprètent la fonction des sens. La théorie sensualistesoutient, quenous obtenons une connaissance véritable du monde extérieur par les sens , et que cette connaissance est la donnée première dont le reste de nos idées n'est qu'une transformation. Le système idéaliste au contraire prétend, que nous n'acquérons aucune connaissance du monde extérieur par les sens, parce que, en ne voyant et en nesentant pas les objets extérieurs en eux-mêmes, nous apercevons uniquement des modifications dans nos organes, qui ne nous peuvent donner aucune certitude, ni sur leur conformité avec les objets mêmes ni sur l'existence d'un monde extérieur en général. Ge système établi avec beaucoup de sagacité par Berkeley à été ensuite développé par Fichte , dans la première époque de ses recherches, jusqu'à ses dernières conséquences, d'après lesquelles il considéra le monde extérieur comme une illusion , comme l'effet d'une opération de l'imagination commune à tous les esprits. Uy a encore un troisième système , système intermédiaire, qui, tout en reconnaissant que les sens seuls ne nous donnent point une véritable connaissance des objets extérieurs, n'en tire pourtant pas la conclusion, que ces objets n'existent point, mais cherche à démontrer par des raisons transcendantes que le monde extérieur existe, et que nos sens le réprésentent dans la vérité.Ce système à été celui de Descartes, de Leibnitz et d'autres, et nous le disons d'avance, il sera aussi le notre, quoique nous différions de ces hommes célèbres dans les raisons qui nous font admettre l'existence d'un IL 12

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monde extérieur conforme à celui que nou8pî*éseûtent iiciB 8en8.

Là gravité de« couséqUenceB^ qui irésulteut de Fune ou de l'autre de8 théorie® , que nou^ avons indiquées y nous impose donc le devoir, de soumettre tes sens et la connaissance sensible à une recherche attentive et approfondie. D'abord nous considérerons/e« aenêeneïut^ ihémes, le genre particulier de èensatîons que nous éprouvrons dans chacun d'eux, et ensfuite nous examinerons la mamèrey dont notre esprit procède, pour transformer la variété des sfensations dans une unité d^ con'naissance (I).

Les sens remplissent une fonction très importante dans la vie humaine ; ils forment le lien par lequel l'homme est en rapport avec la nature. Dans une^îes leçons précédentes nous avons vu, comment l'homme, placé au centre de la nature et rèsumanten lui tous \e^ ^res d'une manière harmonique, a été aussi doué pont* chaque ordredefàits naturekd'unsens particulier; etde jJus, nous avons remarqué, que chez d'hôïnïne tous tes «ensexistent dans un équilibre harmonique, tandis que dans les difFérens ordres d'animaut ils ïie «e rencontrent en général que d'une manière incomplète, ou, lorsqu'ils s'y trouvent, ils n^y sont pas tous également développés et équilibrés tes uns par les autres. Mais l'homme comme être, destiné à présenter ^n lui la synthèse de la nature , ^st doué d'un sens pour chaque procédé fondamental de cette nature, et ce sens correspond à un ensembte de phénomènes semblables.

(i) Je suis ici l'exposition , que Krause a donnée dans ses Vérités fondamentales ■delà wîicnce (Grundwahrheiten, etc.) , Goettingen , i8a8. delà doctrine 3es sens et de la connaissance sensible , exposition que je regarde comme la plu« rigoureuae «tla^los exacte qui ait été donnée Jusqu'à présent.

DE U CQI^NAïaS^IHÇS SKHSULE. Ql

Ainsi l'homme ^ vin aens pour le procédé dtfuamique 4e la uature^ procédé le plus général qui se manifeste par la cohésion, la gravité et la chaleur. Le sena correspondant dans le corps del'homme est le tottcJier. Comme le précédé naturel, auquel il se rapporte, ce sens, le plus général de tous, est répandu par les ex*^ trémi tés des nerfs dans la peau et sur toute la surface du corps. L'homme a aussi un sens pour lo^proeédé chimie gt^^ dans lequel la nature révèle la difiPérence et Fafi&nité desélémens. Lesensqui serapporte à ce procédé, est le double §ens du goût et de V odorats Quoique ces deux organes aient des fonctions diverses , ils n'expriment cependant qu'un seul procédé de la nature, procédé double de lui-même. Un autre de nos sens a pour objet le mouvemmt intérieur des corps, celui par lequel ils expriment leur vie^ C'est le sens de Vouie, le plus intime de tous et se rapportant aussi au procédé le plus intime et le plus profond de la nature. Enfin homme possède dans là vue le sens correspondant au procédé de la lumière, dans lequel la nature se voit, se reconnaît pour ainsi dire elle même ; si ce sens n'est pas le plus intime , il est au moins le plus étenda% Ainsi le toucher, le goût, l'odorat , l'ouie et la vue dans leurs organes, la peau, la langue, le nez, l'oreille et l'œil, sont les cinq sens qui correspondent à autant de manifestations principales de la vie de la nature, La division, que je viens d'établir ici pour les procédés de la nature, ^'e^t pas la division ordinaire ; plusieurs philosophes naturalistes en Allemagne ont distingué ces procédés d'une manicredifférente. C'est ainsi qu'Oken(^) établit un procédé de formation pour le toucher, qui serait le

(i) Hiiloire nat. (al).) , tome i , p. 268.

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sens pour les formes; un procédé chimique pour le gotd, un pxocédé électrique opérant Foxdation des corps pour l'odorat, im procédé magnétique, cause des difrens rapports de tension de la matière, pour Touie , et enfin le procédée de lumière pour la vue. Oken établit à la suite de cette division plusieures autres analogies très importantes entre les sens et les procédés de la nature. Mais quelque soit la classification qu'on veuille adopter, le fait principal est hors de donte; c'est qu'il n'y a aucun ordre de phénomènes dans la nature, qui ne tombe sous l'observation de quelqu'un des sens de l'homme.

Avant de passer à l'examen de chaque sens en particulier, remarquons d'abord un autre fait très important, à l'égard des organes de sens. L'organe, qui constitue le sens dans sa manifestation visible, est d'une substance homogène à ce qui doit être senti par lui. L'organe du sens et ce qui est senti par lui sont identiques dans leur nature. L'œil, organe do la vue , est lui-même de la lumière organisée, il produit de la lumière de son propre fond : de même l'oreille n'aperçoit pas seulement les vibrations des corps ; composée d'une série d'instruraens élastiques elle est ellemême en continuelle vibration ; le son se figure aussi bien en elle que le font sur les différentes matières les figures dites dé Chladni. Dans le nez s'opère une oxidation analogue à celle qui a lieu dans les matières que nous sentons. La langue, dans le goût, opère en vertu d'un procédé chimique, et le toucher n'est qu'une action et une réaction correspondantes à la forme et à la résistance des corps. Oken exprime cette correspondance des organes avec les choses, qui sont senties,

d'une manière très énergique en disant que Fœil est un rayon organisé de soleil (ï), un petit soleil môme, Poreille un appareil musical, le nez une batterie électrique, la langue avec la salive un laborataire chimique, la peau une ferme croûte de terre.

Cette corrrspondance entre les sens et les objets est un fait digne de remarque, elle fait voir que toute ac^ lion d ans la nature suppose une réaction analogue ; efle démontre de plus que les organes ne sont pas de pures facultés ou réceptivités, comme on le croit généralement, mais qu'ils agissent eux-mêmes en harmonie avec ce qu'ils reçoivent. L'œil peut produire de luimême de la lumière, l'oreille des sons, l'odorat des odeurs, la langue des sensations du goût, le toucher de» impressions tactiles, sans qu'il y ait d'objets extérieurs qui agissent sur ces organes ; cefait que l'on nesaurait contester, se manifeste le plus fréquemment lorsque les organes sont surexcités ou maladifs. Ainsi les organes sont eux mêmes des forces actives qui viennent à la rencontre de l'activité correspondante des objets qu'ils sont destinés à sentir. Cette vérité que nous remarquons ici dans l'ordre naturel a été déjà soutenu par plusieurs philosophes pour l'ordre spirituel. C'est ainsi que Platon et, après lui, beaucoup d'autres ont prétendu, que l'esprit ne connaissait Dieu que parce qu'il y avait en lui-même un organe spirituel delà divinité, la raison ; et que cette connaissance était le résultat de l'activité de la raison d'une part et de la divinité de l'autre part. Nous ne nous occupons pas encore de cet ordre d'idées, mais nous ne pouvions pas

(l) Goethe dit aussi :commciil Toeil pourrail-il voir ie soleil s il n'clail'iias lui-iniim*; de l'ciseDce du soleil , c*csl-M-dii'e de la luniicrc.

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passer sous silence le fait si important delacorrespoor» dauce de nos organes avec les objets de la nature et ses procédés, correspondance que les physiologistes ont si peu remarquée jusqu'à présent.

Maintenant nous avons à considérer les cinq sens par rapport aux connaissances, que nous en tirons ; nous avons à constater exactement ce qui est donné parleèsens comme tels, et ce que l^ esprit doit j apporter de son propre fimds, pour interpréter les sensations pures, et fonder sur elles la connaissance des objets extérieurs.

IVabord il faut remarquer, que la pure sensation ou la pure affection des organes de sens ne constitue pas encore Faperception et la connaissance. Car, lorsque l'on se trouve dans une profonde méditation on ne voit pas, quoique les yeux soit ouverts, on n'entend pas le bruit qui se fait, ou le son qui résonne autour de soi , on ne sent pas l'odeur des fleurs présentes, on ne reçoit l'impression ni du froid ni de la chaleur. Si nos organes sensitifs étaient seulement affectés, il n'y aurait pas d'aperception et de connaissance ; pour que ces affections soient aperçues de nous, il faut que l'esprit dirige son attention sur elles. L'affection et la sensation constituent une pure modification des organes ; il faut que l'esprit opère un acte de spontanéité par Inattention, pour percevoir l'impression qui affecte les sens. Si les sensualistes du siècle passé n'avaient pas méconnu cet acte préalable de l'esprit, ils n'auraient pas confondu la sensation avec la connaissance et réduit l'esprit lui même à une opération organique du corps.

Maintenant nous avons à constater ce que nous

DE iA COMRAÏSSàNCfi ^EMStêLE. dit

percevons aoédlemeait par le» «eos et ce qtte nous fie percevons pas^ ce qui par condéquent doit venir de notire «ctivité inteUectuelle*

Commençons par le Iwicher , qui quoique le sens fe plus inférieur et le plus borné, est cependant te dena le {dus g^éral par rapport au corps, sur la surface duquel il est répandu. Son e^iemce est principatement attaché aux extrémités des doigts des maind et des pieds ; cependant la langue, en tant qu^enveloppée de la peau , doit être aussi regardée comme un instrument de ce sens. La kngtie sent les difFérences les plus légères a Text^ieur du corps j et elle peut être développée, comme cela se voit chez les Hindous, jusqu'à •enfiler avec la coopération des lèvres les perlés les plus fines. C'est par la langue que le sens du toucher commence à se développer dans l'homme. C'est probablement en suçant la sein de la mère que l'enfant a conscience pour la première fois du fait du toucher.

Si nous examinons maintenant oe qui est perçu dans ce sens, nous trouvons que c'est une sensation |>ure et simple. Quand nous sentons une pression, un coup, l'impression de la chaleur ou celle du froid, ce qui arrive par un diangement des rapports de cohésion des corps, cette sensation ne contient aucune aperception de Fespace dans l'une ou l'autre de ses trois dimensions, aucune du temps ou du mouvement des corps ; nous ne sentons qu'une pression, pression qui n'est qu'un point géométrique sans longueur , largeur ou profondeur ; elle ne fournit donc aucune idée de solidité , de matérialité ; quoique on admette généralement, que c'est par ce sens que nous apprenons., qu'il existe quelque chose de solide, appelé corps ou ma-

tière (l). Il en est de même des autres sens ^ que nous allons également considérer sous ce rapport.

Dans l'acte des deux sens suivans : Vodorat et le goût, intimment liés entre eux par leurs nerfs, nous ne sentons que le procédé chimique tel qu'il a lieu dans les organes mêmes, quoiqu'il y ait dans les corps, qui viennent en contact avec les organes de Fodorat et du goût , une décomposition intérieure correspondante. Mais nous se sentons que aotre organe même, ou plutôt les modifications qui s'opèrent en lui. Quand nous disons qu'une chose est douce ou qu'elle a une odeur agréable , la langue et le nez ne

(i) A I*a{>pui de ce que j'avance ici , je citerai les recherches faites sur le sens du toucher jiar Platner, philosophe très distingué, vivant à 1 époque où la philosophie de Kant commençait à se répandre en Allemagne. Adversaire de cette philosophie , il chercha à la réfuter dans ses doctrines principales. Le système de Kant avait établi une nonvelle théorie sur le temps et l'espacQ. Platner, voulant fonder une doctrine sur les mêmes notions par la voie de l'expérionce, seIivra,pour savoir si un aveugle peut avoir la action deTespace et des corps parle toucher, à des redterches, dont il rend compte de la manière suivante : Pour ce qui regarde la notion de l'espace ou de rétendue, Tobservatiou et l'examen qne j'ai faits en vue de cette recherche sur un homme aveugle « et que j'ai continués pendant trois semaines, m'ont convaincu de nouveau, que le sens du toucher n'indique absolument rien de ce qui appartient ù Tespace et la localité, que Taveugle, pour le dire en un mot, n^aperçoit du monde extérieur absolument rien que l'existence de quelque chose qui ag^itei qui est distinct du sentiment propre y qui se tient passif; pour le reste il n'aperçoit que la distinction numérique, dirai -je des impressions ou des choses ? En efCet ches l'aveugle le temps remplace l'espace ; proximité ou éloignement n'expriment ches lui autre chose qu'un temps plus ou moins loug, ou le nombre plus ou moins grand de sentimens, qu'il éprouve en passant d'un sentiment à un autre. Les aveugles se servent du langage familier aux hommes qui jouissent du sens de la vue, ce qui trompe sou' vent l'observateure t m'a trompé moi-même au commencement de mes observations; mais en réalité Taveugle ne sait absolument rien des choses en tant que placées les imes en dehors des autres , et ce que j'ai surtout très bien remarqué, c'est que si lc\ objets et les parties du corps, qui sont touchées par ces objets , ne faisaient point des impressions di£Pérentes sur ses nerfs du loucher, il considérerait tout ce qui se trouve au dehors de lui , comme une et même chose. Dans son propre corps il ne distingue pas la tête et les pieds par la distance, mais seulement et avec une incrojable finesse par la différence du sentiment, qu'il a de l'une et de l'autre des ces parties ù l'aide delà notion du temps. »

Cette précieuse expérience, d'accord avec les observations que chacun peut faire, prouve que nous n'acquérons pus la notion de l'espace par le toucher.

perçohent que le résultat du procédé chimique intérieur, auquel ces épithètes s'appliquent en réalité ; mais quand nous supposons comme causes de ces sensations des corps extérieurs, nous tirons cette conclusion d'une suite de raisonnemens qui Ta au delà de k sensation, et que l'esprit fait à l'aide de certaines notions préliminaires, comme nous le verrons tout à l'heure.

Les deux sens suiTans : Vauie et la vne sont les sens supérieurs et portent un caractère plus spirituel, en quelque sorte , exerçant sur le développement intellectuel de l'homme une plus grande influence. Quand on veut juger l'importance respective de ces deux sens par rapport à la culture de l'esprit, on ne saurait hésitera donner la supériorité à l'ouie. C'est par l'ouie que le langage , qui décide de toute la vie intellectuelle, établit nos rapports avec les autres hommes. La langue des signes, telle qu'elle a été développée pour les sourds-muets ne saurait atteindre au degi'é de culture auquel ou arrive par le moyen de la langue parlée. Il est bien plus difi&cile, de développer l'intelligence d'un enfant né sourd-muet , que celle d'un enfant né aveugle; l'expérience journalière le démontre.

Dans Vaute nous n'entendons que les vibrations de l'os élastique de notre oreille , qui développe en ellemême des sons, quand elle est surexcitée ou malade; souvent, quand le son a été fort, l'oreille continue à bourdonner , quoique les vibrations des objets et de l'atmosphère aient cessé. Ainsi nous sommes bornés dans l'ouie, comme dans les autres sens, à nous-mêmes , nous n'entendons pas les objets , nous n'entendons que les vibrations de notre oreille, qui n'ont aucun rapport avec les dimensions de l'espace.

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