Elle n'est pas en lui
Nous sentons très-bien que nous ne nous sommes pas créés; que nous pourrions ne pas exister, que le monde pourrait exister sans nous; que nous ne son unes pas nécessaires.
C'est l Eternel qui nous a formés , et ce nesi pas nous qui nous sommes faits. (Ps. ioo. 'àt )
26. — Si cela est vrai de nous en particulier cela est vrai de tous les hommes, parce qu'ils sont nos semblables; comme la cause de notre existence n'est pas en nous, la cause de leur existence n'est pas en eux; ils pourraient aussi ne pas exister ; ils ne sont pas nécessaires. Si Dieu retirait à lui son esprit et son souffle, toute chair expirerait en même temps, et l'homme retournerait dans la poudre. (Job 34- «4> r5*)'H ne sert donc de rien d'avancer que nous avons reçu l'existence de nos pères, nos pères des leurs, et
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ainsi en remontant. Nous devons tous nous entre dire : Voici, je suis formé de Dieu aussi bien que toi; je suis aussi tire du limon. (Job \$. 6. ) On peut se représenter l'humanité avec une o-énération de moins, puis avec deux de moins, puis avec trois de moins; et ainsi les détruisant en idée toutes Tune après l'autre, il en résulte que l'espèce humaine pourrait ne pas exister, quelle n'est pas nécessaire. Faites un simple effort d'imagination, et représentez-vous le genre humain détruit; il restera la terre et tous les animaux, la belle nature, le soleil, le firmament; 1 homme n'est pas nécessaire au milieu de ces merveilles j-il n'était pas nédans le temps qu'elles furent faites (Job 38. 12), et la terre même qui nous porte renferme la preuve quela supposition qui précède a été autrefois une réalité. (67, 68. ) La terre était sans forme et déserte. (Gen. 1. a . )
27. — Si, comme il est évident, la cause de l'existence de l'homme n'est pas en lui, elle est hors de lui; et puisqu'il pourrait ne pas exister, il faut bien que quelqu'un ait voulu qu'il existât. Etemel! Tu m as donne 'la vie ! (Job 10. 12, )
28. — Celui qui est la cause de notre existence, qui a voulu que nous existions, qui est, en un mot, notre Créateur, celui-là est nécessaire* s'il ne l'était pas, il serait dans la même situation que nous; nous pourrions nous représenter toutes choses existant sans lui, comme nous nous représentons très-facilement toutes choses exis-
tantsans nous. Alors il n'aurait pas en lui la cause véritable et réelle de notre existence. Ainsi le signe certain auquel nous devons reconnaître le Créateur, c'est qu'il est nécessaire. Je dirai a Dieu : Tes jours sont-ils comme les jours de l homme, et tes années comme celles de V homme mortel ? (Job 10. *$.) Il ri y a point eu, dit l'Eternel, de Dieu fort avant moi qui ait rien formé , et il ri y en aura point après moi,( Esa. 43. io.)Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. ( Ex. 3. «4. )
29. — Ce Créateur est-il à trouver dans la nature visibie qui nous environne ? Non. Les choses qui se voient ri ont point été faites de choses qui apparussent ( Héb. 11. 3 ); rien dans la nature n'est nécessaire , ni le nombre des êtres ou des objets qui la composent, ni leurs mouvemens, ni leurs formes, ni leurs couleurs. Il n'est pas nécessaire que ce globe soit peuplé d'un règne animal pareil à celui qui y vit et y meurt sous nos yeux. Interroge les animaux à quatre pieds , et ils te Renseigneront} ou les oiseaux des cieur, et ils te le déclareront, ou même les poissons de la mer te le raconteront ; qui ne sait que la main de V Eternel a fait toutes ces choses? (Job 1 ?.. 7,8, 9.)
Il n'est pas nécessaire qu'il y ait dans le firmament le nombre d'étoiles qui y brillent chaque nuit, ou dans une prairie le nombre de brins d'herbe qui y poussent chaque printemps : Les œuvres de V Etemel sont en grand nombre ( Ps. 104. 24 ), et nous nous représentons le firma-
ment avec une étoile de plus ou de moins, une prairie avec un brin d herbe de plus ou de moins. Quelqu'un a donc voulu qu'il y eût précisément ce nombre d'astres dans le ciel et ce nombre de plantes dans la prairie.
Dieu compte le nombre des étoiles, il les appelle toutes par leur nom ( Ps. 1 4j* 4 )> Dieu revêt V herbe des champs. Matt. 6. 3o. )
11 n'est pas nécessaire que les astres se lèvent en orient et se touchent en occident. Tous ces grands mouvemens pourraient s'exécuter en sens contraire ou différent, sans qu'il en résultat le moindre désordre. Quelqu'un a donc voulu que le lever des astres se fît en orient et leur coucher en occident.
Dieu a donc fait les cieux avec intelligence, (Ps. i36. 5.)
Il n'est pas nécessaire que le tronc du peuplier soit lisse et que celui du chêne soit noueux.
Dieu a fait germer de la terre tout arbre désirable à la vue et bon a manger. (Gen. 2. 9. )
Il n'est pas nécessaire que les roses soient rouges ni que les lis soient blancs.
Ils ne travaillent ni de filent, et cependant Salomon, même dans toute sa gloire , n a pas été vêtu comme lun d'eux. ( Matt. 6. 28, 29. )
Une volonté supérieure est donc intervenue pour déterminer la forme de ces arbres et la couleur de ces fleurs. On peut multiplier à l'infini ces preuves et ces exemples. Est-il nécessaire que
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le miel ait une saveur si douce et l'al)sinthe un goût si amer? Est-i! nécessaire que la violette ait un parfum si agréable, que la valériane ait une odeur infecte, et (pie la tulipe n'en ait aucune? Il y a donc quelqu'un qui a voulu que ces choses fussent telles que nous les voyons. Est-il nécessaire même que l'homme possè le les oganes et les facultés admirables, dont, il" est cloué, la raison, la mémoire, la sensibilité? H y a donc quelqu'un qui a voulu que ces êtres et ces choses fussent tels qu'ils sont.
Toi seul, o Eternel, lu as fait les cienx la terre, les mers et toutes les choses qui y sont. (Nrh. 9. 6. ) Qui ajait là bouche des hommes, qui a fait le muet ou le sourd, le voyant ou l'aveugle? A 'estce pas moi ? dit l Etemel. ( Ex. 4 * ' • )
30. — Si rien dans la nature n'est nécessaire, la nature n'est pas Dieu, et celui qu'on ne peut se représenter comme n'existant p»s, qui a en lui-même la i ;iiso:i de sa propre existence, qui a voulu qu'il y eût ce nombre d'étoiles dans le ciel et ce nombre de plantes cette année, ni plus ni moins; celui qui a voulu que les astres se levassent en orient plutôt qu'en occident; qui a voulu que les fruits el les fleurs eussent les formes, les couleurs, les saveurs et les parfums qu'ils ont el qu ils pourraient ne pas avoir, celui là est le vrai Dieu, le vrai Créateur, le seul Etre nécessaire. Tous les autres existent parce qu'il le veut; seul il existe par lui-même.
II ri y a point de maison qui n'ait été bâtie par quelqu'un; or, celui qui a bâti toutes ces choses cest Dieu. ( Heh. 3. 4 ). Nous avons tous un même Père, et un seul Dieu fort nous a tous créés. (Mal. 2. io ). Cest en lui que nous avons la 'vie, le mouvement et l'être. ( Act. 17. 28. )
31. — Cette manière de raisonner, qui établit la certitude de l'existence de Dieu sur la certitude que nous avons de notre propre existence, trouve, en dehors de tout raisonnement, une irrésistible confirmation dans [instinct religieux dont l'a nie humaine est douée. Si notre ame est naturellement religieuse, si la religion est pour elle un besoin, il faut qu'il existe un Dieu, objet de la religion.
Comme le cerf brame après les eaux courantes, a dit le Psalmiste, mon amc soupire après toi, o Dieu!(Vs. 42. 1.)