‹ Cours de religion chrétienneChapitre 20 sur 40 · INNOCENCE · texte numérisé non relu

INNOCENCE

72. — Le second tableau de la création, qui commence Gen. 2. 4, montre l'homme en Éden heureux par son travail : V Eternel plaça V homme dans le jardin a" Eden pour

le cultiver et le garder (Gen. 2. 1 5) ; par la libre disposition de tous les biens de la terre: Tu mangeras librement de tout arbre du jardin Gen. 2. 16); par l'accomplissement dune loi (49) : Quant à l'arbre de la connaissance du bien et du mat ? tu ncn mangeras point (G«*n. 2. 1 7) ; par ses aiïections : C Eternel donna à l'homme un aide semblable à lui Gen. 2. 18); et par l'exercice de sa raison (8) : Adam donna des noms aux animaux de la terre. (Gen. 2. 19* )

73. — Cette loi imposée à Adam est trèsdifférente des lois que nous avons reçues, parce qu'Adam était seul.

Cette loi réunit cependant trois caractères : elle impose une soumission complète, une privation instructive et une profonde humilité : elle était donc une loi morale. Cette loi était la condition (50) du bonheur d'Adam; dans le premier temps il y est resté fidèle; nous ignorons combien son innocence a duré; mais s'il avait continué à suivre sa loi , s'il avait persévéré dans les actions conformes au but de sa création, son sort n'aurait pas changé.

74. — On demande si dans ce cas 1 homme ne serait point mort? Il suffit de répondre que nous ne connaissons la mort, c'est-à-

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dire, le passage de la période de l'existence humaine, nommée la vie, à celle que nous nommons l'immortalité, que telle qu'elle est depuis le péché, et non telle qu'elle aurait pu être sans le péché.

75. — Le premier péché offre les trois traits de toute violation de la loi, savoir : désobéissance, sensualité, orgueil. ^Gen. 3. 1—6.)

7(3. — Le caractère d'être consciencieux ou moral a continué de se manifester dans l'homme par la honte et la crainte, et son bonheur a par cela même cessé d'être parfait : J'ai craint (Gen. 3. 10), a dit Adam, et je me suis caché! Le sentiment du bien est donc resté en son cœur à côté du penchant au mal. Il pouvait dire : Je ne fais pas le bien que je voudrais , et je fins le mal que je ne voudrais pas. (Rom. 7. 19.)

77. — La sentence rendue contre Adam et Eve (Gen. 3. 16-19) achève de montrer que le bien et le mal sont maintenant mêlés dans le cœur humain. Cette condamnation n'a prononcé ni une vie sans consolation et sans joie, ni une mort sans calme et sans espérance. L homme, comme chef de la maison , a été voué à un travail pénible, à manger son pain , mais à la sueur de son

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front; la femme, comme mère de la famille, a été vouée aux émotions maternelles et aux devoirs intérieurs, où il y a toujours mélange de joie et de peine, et tous deux ont été voués à la mort, qui est donc entrée dans le monde par un seul h ont nie ( Rom. 5. 12), et qui cependant n"a jamais complètement détruit l'attente dune autre vie. Voilà aussi la position où nous sommes tous : le péché, avec quelques restes de vertu; le malheur, avec quelques moyens de félicité; la mort, avec une espérance d'immortalité. 78. — La première promesse du salut que Dieu , dans sa miséricorde infinie, a donnée à l'homme en même temps que la condamnation était prononcée, exprime les mêmes pensées sous des images vives et claires. Elle se trouve dans la parole adressée au serpent, qui représente ici le mal. Il est dit : Je mettrai de l inimitié entre ta postérité et celle de la femme ; cette postérité t'écrasera la tête , et ta lui blesseras le talon. (Gen. 3, 15.) On voit la trois frappantes images : celle dune lutte perpétuelle : et, en effet, nous sommes constamment en lutte contre le mal; celle dune victoire complète : Jésus- Christ a (203 } 204) vaincu pour nous le péché et la mort, et nous pouvons les vaincre par lui;

celle, enfin , d'une inévitable blessure : nous ne pouvons remporter cette victoire sans être plus ou moins douloureusement blessés dans le combat.

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