VOCATION
88. — location signifie appel. Depuis Adam jusqu'à Abraham, le dépôt des deux vérités était également confié à tous les hommes. Aucun individu , aucune famille , aucune tribu , aucune nation n'était chargée d'une manière spéciale et particulière d'en garder et d'en transmettre la mémoire de génération en génération. Comme il arrive souvent , ce que tous devaient faire , personne ne le faisait assez bien, et pour assurer la conservation des deux vérités, Dieu appela Abraham, le père de la nation Juive
DE RELIGION CHRETIENNE. 4t>
(Gen. 12), et le chargea, lui et sa race, de maintenir toujours présente à l'esprit la doctrine : Il y a un seul Dieu, et la promesse : Il viendra un Sauveur. Ainsi, avant Abraham, la Providence suit un système général, qui a duré d'Adam à Abraham : il n'y avait pas alors à? peuple de Dieu; et d'Abraham à Jésus-Christ, la Providence suit un système particulier , qui cesse à 1 Évangile : alors il n'y a plus de peuple de Dieu, et tous les hommes sont également appelés au salut et à la vérité. (\ Tim. 2.4.)
Dieu a fait connaître ses paroles à Jacob et ses statues à Israël', il n'a point agi de même à l'égard de toutes les nations ; aussi ne connaissaient-elles point ses ordonnances, (Ps. 147. 19,20.)
89. — Par cette vocation d' Abraham et de sa postérité, Dieu n'a pas retiré la vraie religion aux autres hommes, aux autres peuples; au contraire, il ne s'est jamais laissé sans témoignage en leur faisant du bien (Act. 14. 17); et quoique depuis Abraham jusqu à Christ Dieu ait laissé marcher toutes les nations selon leurs voies (Act. 14. 16); chacun pouvait, comme auparavant, professer la connaissance d'un seul tt vrai
4G cours
Dieu et nourrir l'attente du Sauveur. Meïchisédec, un des rois du pays de Canaan, contemporain d'Abraham lui même (Gen.
14. 19); Jéthro, un des chefs du pays de Madian, contemporain de Moïse (Ex. 18.
10), et le patriarche Job (o5) n'étaient certainement point idolâtres. Seulement Abraham et sa race devinrent les gardiens de ce dépôt sacré.
Le privilège du Juif était grand en toute manière , surtout en ce que les oracles de Dieu lui furent confiés. (Rom. 3. 2.)
90. — La vertu dont Abraham avait le plus besoin pour remplir cette grande tâche était la foi 2). Aussi la Providence a dirigé sa vie entière de manière a en faire une longue épreuve pour sa foi. Ces épreuves sont principalement : son émigration et son séjour dans le pays, promis à sa postérité, mais étranger pour lui, de Canaan (Gen. 12. I ; Héb. 1 l. 8, 9); sa longue attente d'un fils, qui pût lui succéder; enfin, le sacrifice dlsaac, unique héritier des promisses divines, qui paraissaient périr avec lui. (Gen. 22. Héb. 11 . 17, 19.)
91 . — Principales prophéties de l'époque d'Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité. Oracle (Gen.
12. 3) cité par saint Pierre (Aet. 3. 25) et par saint Paul (Gai. 3. 8). Lève les yeux au ciel et compte (es étoiles , si tu peux les compter : ainsi sera ta postérité. Oracle (Gen. 15. 5) cité par saint Paul (Rom. 4. 17, 18).
92. — D'Abraham , le dépôt des deux vérités passa a Isaac, qui conlinua de demeurer en Canaan, quoiqu'il y vécût étranger (Gen. 26. 3; Rom. 9. 7; Gai. 4. 28);
D Isaac à Jacob, qui, après une longue absence, revint et habita dans la terre promise (Gen. 37. 1), n'en sortit (Gen. 4G. 3), pour descendre en Egypte, que par une permission divine, et annonça à ses fils le retour de leur race en Canaan. (Gen. 48. 21. Héb. 11. 9.)
93. — Prophétie de l'époque de Jacob : Le sceptre ne sera point retiré de Juda , et le Législateur ne se lèvera point d'entre ses pieds, jusqu'à ce que le Scilo vienne, et cfest à lui qu a j par tient LJ assemblée des peuples. (Gen. 49. 10.— Jean 18. 31.)
94. — De Jacob , la promesse a passé à ses fils, qui ont donné leurs noms aux douze tribus du peuple d'Israël , et dont le plus illustre est Joseph : il montra la même foi que ses aïeux en la vocation de leur race, au
point d'exiger de ses frères la promesse d'emporter ses os (Gen. 50. 25; Héb. 11. 22), quand ils remonteraient d'Egypte, où tout semblait annoncer humainement qu ils séjourneraient à toujours.
95. — C'est vers cette époque qu'il est probable de placer le patriarche Job, dont les malheurs forment le sujet du livre qui porte son nom ; le fonds de ce poème admirable est vrai (Ez. 14. 14; Jacq. 5. 11), et les détails ont été disposés et embellis par l'imagination de l'auteur sacré. Le sujet religieux et moral du livre est cette grande vérité, si utile au monde, surtout avant que Jésus-Christ eût dit : Bienheureux sont ceux qui pleurent ! car ils seront consolés ( Mat t. 5. 4), que les infortunes de cette vie ne sont pas toujours des punitions, mais souvent des épreuves.