‹ Cours de religion chrétienneChapitre 23 sur 40 · LOI · texte numérisé non relu

LOI

96. — La postérité d'Abraham était devenue en Egypte une nation, et si elle y était restée plus long-temps, assujettie à des Pharaons qui la craignaient (Ex. 1. 7, 8), elle se serait fondue dans le peuple égyptien devenu de plus en plus idolâtre, et le dépôt

des deux vérités aurait péri. Alors Dieu suscita le plus grand homme et le plus grand prophète de l'ancienne alliance , Moïse Ex. chap. 2 etsuiv.), dont la mission a été de constituer le peup e dépositaire de .a vérité religieuse. Pour cela, Moïse a donné aux descendans d'Abraham trois choses : 1° Tindépendance, 2° une religion , 3° des lois.

97. — Un peuple n'est pas vraiment un peuple, ou cesse hientôt de l'être, s'il ne s'appartient pas à lui-même," s'il n est pas indépendant. Moïse a rendu aux Heureux leur liberté, en les délivrant du joug des Pharaons , et en les emmenant hors de l'Egypte. La délivrance qu'il a opérée a pour remarquable caractère d'être toute divine : Dieu les délivra pour l'amour de son nom, cfin de donnera connaître sa puissance (Ps. 1 06, 8.) ; elle n'a point été une conspiration; c'est la ce qui distingue Moïse de tous les citoyens qui ont délivré leur patrie : il a parlé et ai>i au nom de Dieu , qui l'envoyait.

98. — La religion de Moïse, toute fondée sur l'unité de Dieu (79), qu'elle était destinée à maintenir, et le culte qu'elle prescrit, sont arrangés de manière à prendre part à toutes les circonstances de la vie, de sorte qu'il ne pouvait rien arriver dans la vie

d'un Juif qui ne servit à lui rappeler sa foi. 99. — Les fêtes instituées par Moïse (Ex. ch. 12; Deut. ch. 16) sont toutes nationales et servaient au même but , en rappelant annuellement aux Hébreux les grands évé^ nemens qui leur prouvaient à eux-mêmes qu'ils étaient le peuple de Dieu, la race dépositaire des deux grandes vérités.

100. — Les lois de Moïse peuvent être rangées sous trois classes :

1° Lois religieuses, toutes dirigées contre l'idolâtrie;

2° Lois civiles, ayant principalement pour but de changer un peuple nomade et pasteur en un peuple sédentaire et agricole;

3° Lois sanitaires, nécessitées par ia grande insalubrité de ces climats.

Toutes ces lois émanaient directement de Dieu, ce qui seul pouvait leur donner force et autorité sur l'esprit des Juifs. Et pour sanction de ces lois, on trouve partout dans les livres de Moïse cette parole solennelle : Je suis l'Eternel!

101. — La plus importante de toutes est le Décalogue ou les Dix Commandemens (Ex.

ch. 20), et l'appareil extraordinaire au milieu duquel Dieu voulut que cette loi fut promulguée sur le Sinaï, en montre assez toute

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la sainteté. Les quatre premiers eommandemens , qui se rapportent à Dieu , comprennent tout ce qui était fondamental dans la religion de Moïse. Les six derniers, qui se rapportent à l'homme, constituaient la famille et la société de la manière la plus parfaite qui fût possible alors. Toutes ces institutions de Moïse ont eu pour but principal de préparer de loin le christianisme, et on ne comprend pas en étudiant l'histoire du monde comment la religion chrétienne s'y serait établie, si la religion mosaïque ne l'avait précédée.

La Loi a été ajoutée à la Promesse à cause des transgressions , jusquà la venue du Fils qui avait été promis. La Loi a été notre conducteur pour nous amènera Christ. (Gai. 3. 19, 24.) Si vous ne croyez poi/il aux écrits de Moïse, disait le Seigneur, comment croircz-vous à mes paroles ?(Jean, 5. 47.)

102. — Prophétie de l'époque de Moïse : L Eternel vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi. (Deut. 18. 15.) Oracle cité par saint Pierre (Act. 3. 22).

103. — Il ne manquait aux Israélites, pour être vraiment un peuple, qu'une pa-

trie : Josué la leur a donnée par la conquête delà terre promise. Cedeexpéditiona été conduite par lui avec un très-grand talent et selon le droit de la guerre de ce temps, qui s'est trouvé confor ne à la juste condamnation prononcée contre les iniquités des nations Cananéennes. Il importait que l'établissement d'Israël en Canaan fut à la fois un bienfait divin et en partie le fruit des efforts mêmes du peuple : ce double caractère explique tous les détails du livre de Josué. 104. — La situation géographique du pays donné à Israël pour patrie est une grande preuve des soins de la Providence pour conserver et répandre les deux vérités. 1 05. — Le livre des Juges , les successeurs de Josué dans la conduite d'Israël, et celui de Ruth qui s'y rattache, offrent les souvenirs qui restent de l'époque où le peuple d'Israël cessait peu à peu d être nomade et pasteur, et adoptait les mœursd'une nation sédentaire et agricole.

106. Lorsque ce changement fut à peu près complet, Israël voulut se donner un roi. La situation où le peuple Hébreu se trouvait alors explique ce vœu. Samuel, le dernier juge, reçut ordre divin de l'accomplir., et toute sa conduite a eu pour but d'é-

tablir la royauté, sans porter préjudice au gouvernement direct de Dieu , qui s'était déclaré le roi et le chef d'Israël. (Jug. 8. 23. 1 Sam. 8. T.) Le maintien de l'intervention directe de Dieu dans le gouvernement était le moven le plus sûr de tenir présent à l'esprit du peuple qu'il était vraiment le peuple élu, dépositaire en ce monde des vérités religieuses. Saùl , qui accepta le premier cette royauté difficile, se trompa entièrement sur la nature du pouvoir qui lui était confié, et cette erreur, qui perce dans toute sa conduite, devint la cause enfin que sa déchéance fut divinement prononcée. 1 Samuel.)

107. — David, qui lui succéda, comprit, par sa foi et par son génie, toute l'étendue et toute la sainteté de cette tâche; il a fait immensément pour le maintien des deux grandes vérités : ses conquêtes ont fondé la puissance d'Israël; ses institutions ont rendu le culte établi par Moïse dans le désert propre à un peuple plus florissant et plus civilisé; ses Psaumes ont donné aux Hébreux un moyen, alors tout nouveau , de nourrir leur piété et leur foi, et son projet de bâtir le temple de Jérusalem assurait à la religion une stabilité d'une importance extrême pour îa conservation de la vérité. Aussi, aucune idolâtrie n'a

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éclaté sous son règne. C'est pour avoir si bien compris et exécuté les vues de la Providence sur Israël , qu'il est nommé V homme selon le cœur de Dieu, (1 Sam. 13. 14. Act. 13.22. Cette haute approbation est donnée à sa vie publique; comme homme privé, il a commis de très-grandes fautes, qui ne sont, égalées que par son admirable repentance. 2 Samuel. î Chr. ch. 10 et suiv.)

108. -- C'est à l'époque de David qu'il convient de rapporter le livre des Psaumes , dontil est le principal auteur. Ce livre est un recueil de cantiques, composés par David, Asaph , les fils de Coré, Héman, Elhan , et d'autres poètes inconnus, depuis Moïse, auteur du Psaume 90 , jusqu'à la captivité de Babylone. Ces hymnes, dont plusieurs sont prophétiques, servaient aux dévotions publiques et domestiques d'Israël , et renferment sur Dieu , sur ses perfections , ses ouvrages , ses bienfaits , les pensées les plus sublimes, étonnantes surtout pour ce siècle, et toujours mêlées aux grands souvenirs de l'histoire des Hébreux.

4 09. — Principales prophéties de l'époque de David : Ps. 16. 10 : Tu n' abandonneras point mon dme dans le sépulcre, et tu ne permettras point que ton saint éprouve

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la corruption. Oracle cité Act. 2. 27, par saint Pierre, et Act. 13. 35, par saint Paul. — Ps. 22, oracle rappelé par Jésus-Christ sur la croix, quand il a dit : Mcn Dieu , mo?i Dieu , pourquoi m'as-tu abandonné ? (199 Matt. 27. 46. Marc, 15. 34, et cité par saint Jean 19. 24.)

I 10. — Salomon, successeur pacifique de David , a continué l'œuvre de son père par la construction du temple. C'est sous son long règne, que le peuple Juif, déjà sédentaire et agriculteur, a achevé de devenir industriel, commerçant et marin, (1 Rois, ch. 1 jusqu'à 11.2 Chr. ch. 1 jusqu'à 9.) La Providence a pris soin que ce développement de la civilisation et de la prospérité en Israël fût accompagné d'un progrès proportionné des lumières. Moïse avait donné aux Juifs une religion et une législation ; David, une poésie sacrée ; Salomon leur a donné une morale de détail. Elle est contenue dans les livres des Proverbes, dont le recueil fut augmenté dans la suite, principalement sous le règne d'Ezéchias (Prov. 25. 1.;, et de rEcclésiaste,qui présentent une foule de règles de conduite |>our toutes les circonstances de la vie et toutes ies classes de la société.

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