‹ Cours de religion chrétienneChapitre 31 sur 40 · DEVOIRS ENVERS LE PROCHAIN · texte numérisé non relu

DEVOIRS ENVERS LE PROCHAIN

156. — Tous ces devoirs proviennent du commandement d'aimer notre prochain comme nous-mêmes (136), et sans que jamais ce précepte fondamental varie , les devoirs qui en découlent changent selon les relations particulières ou générales, constantes ou accidentelles, que nous soutenons avec notre prochain. C'est en étudiant ces relations diverses , que nous saurons le mieux quelles obligations elles imposent.

1 57. — En considérant le prochain comme notre semblable , tous nos rapports avec lui sont réglés par le grand précepte : de faire

aux autres ce que nous désirons que les autres nous fassent (Matt. 7. 12. Luc, 6. 31); et ce précepte ne souffre aucune exception quelconque, parce que tout homme, quelles que soient sa race, sa couleur, sa patrie, sa religion , est notre prochain , notre semhlable , notre égal , puisque Dieu a fait d'un seul sang tout le genre humain. (Act.17. 26.)

158. — Considéré comme notre contemporain, nous devons à notre prochain , pendant le jeune âge, protection, soins et tendresse, à l'exemple de Jésus, qui laissait venir à lui les petits enfans , (Matt. 19. 13-15. Marc, 10. 13-16; Luc, 18. 15-17), et dans sa vieillesse, respect et déférence. Exhorte le vieillard comme un père , écrit saint Paul à Timothée. ( 1 Tim. 5. 1 .) Moïse avait dit aux Hébreux : Lève-toi devant les cheveux blancs et honore la personne du vieillard. (Lév. 19.32.)

159. — Considéré comme notre coreligionnaire, nous devons à notre prochain de soutenir, si cela est en notre pouvoir, son culte : en implorant le Seigneur pour le centenier de Capernaûm, les Juifs s'appuyaient de ce qu il aimait Leur nation et avait fait bâtir la synagogue ( Luc , 7. 5) ; — de respecter sa sincérité : Qui es-tu, toi qui juges les

autres (Jacq. 4. 12) ? La charité ne soupçonne point le mal (1 Cor. 13. 5); — de ne pas nous séparer de lui à cause de la faiblesse de sa foi , de le recevoir et d éviter les discussions : Quanta celui qui est faible en la foi, recevez-le et n'ayez point avec lui des contestations et des disputes (Ptom. 14. 1); — de ne pas le décourager par la supériorité de notre foi et de notre piété : Prenez garde que la puissance que vous avez ne soit en quelque sorte en scandale aux infirmes \\ Cor. 8. 9); —de contribuer selon nos facultés au progrès de la piété et au maintien de la concorde : Recherchez les choses qui servent à la paix et à l'édification mutuelle (Rom. M. 19); -d'éviter dans nos actes et nos discours tout ce qui pourrait ébranler ces principes religieux: Si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, a ditle Christ, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule , et qu'on le jetât au fond de la mer (Matt. 18. 6); — d'éviter même l'ardeur d'un prosélytisme indiscret et ambitieux : Malheur à vous qui courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et qui le rendez ensuite plus digne de la condamnation que vous-mêmes (Mm. 23.

4 5); — enfin , de nous montrer particulier

rement charitables envers lui : Faites du bien à tous, et surtout aux serviteurs de la foi. (Gai. 6. 10).

160. — Considéré comme notre concitoyen , nous devons resserrer avec lui ce lien par l'amour de la patrie, à l'exemple de Jésus-Christ, qui aimait son peuple, qui s'est adressé de préférence à ses compatriotes : Je ne suis envoyé , disait-il, qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël ( Matt. 15. 24), et qui a pleuré des maux qui les menaçaient. (Matt. 23. 37. Luc, 13. 34; — 19. 41 .) Ce devoir embrasse, dans l'intérêt commun, la soumission aux autorités et le maintien de l'ordre public : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. (Matt. 22. 21. Marc, 12. 17. Luc, 20.25.) Que toute personne soit soumise aux puissances ; car il ny a point de puissance qui ne vienne de Dieu. (Rom. 13. 1 , 2. )

161. — Considéré comme étranger, l'amour de la patrie ne doit point refroidir en nous l'amour du prochain. Les prétendues rivalités nationales ne sont jamais une excuse pour un manque de charité ; ce serait aimer sa patrie comme les païens. Le Seigneur au dernier jour dira en jugeant le monde : J'étais étranger, et vous m'avez

recueilli. (Matt. 25. 35.) L'étranger qui demeure avec vous , vous sera comme celui qui est né parmi vous , et vous l'aimerez comme vous-mêmes. (Lév. 19. 34.)

1 62. — Considéré comme notre supérieur, nous devons , à l'exemple de saint Paul ( Act. 23. 5 ), V honneur à qui V honneur est dû (Rom. 13. 7), et dans le service, quel qu'il soit, auquel notre condition ou notre état nous oblige , montrer en toute chose une entière fidélité. (Tit. 2. 9, 10. )

1 63. — Considéré comme notre inférieur, nous devons à notre prochain de le traiter toujours avec douceur : Maîtres , modérez les menaces envers vos serviteurs , sachant que vous avez , aussi bien queux, le même maître dans le ciel , et que devant lui il n'y a point acception de personnes (Eph. 6. 9), et avec une scrupuleuse équité : Rendez à vos serviteurs ce qui est de la justice et de V équité. ( Col. 4. 1 . )

164. — Considéré comme notre parent , les devoirs envers autrui ont une sainteté plus grande, et leur infraction une gravité plus criminelle , au point que si quelqu'un n'a pas soin des siens et plus particulièrement de sa famille , il a renié la foi , il est pire qu'un infidèle. (1 Tim. 5. 8.) Ce soin

change selon le degré de parenté et avec l'âge. Des pères et mères à leurs en fans, c'est une surveillance assidue et une bonne éducation : Pères, n aigrissez point vos enfans , mais élevez-les en les corrigeant et les instruisant selon le Seigneur. (Eph. 6. 4. ) Tu inculqueras les commandemens de Dieu à tes en fans. (Deut. 6. T. ) — Des enfans à leurs père et mère, c'est l'honneur et l'obéissance : Enfans , obéissez à vos pères et à vos mères , selon le Seigneur; car cela est juste. Honore ton père et ta mère, est le premier commandement qui ait une promesse.

( Eph. 6. 1 , 2,3. ) Et cela est agréable au Seigneur. (Col. 3. 20. ) (101) Dans la vieillesse , c'est de plus le dévoûment et le support en toutes choses : Que les enfans apprennent avant toutes choses ci exercer leur piété envers leur propre famille , et ci rendre la pareille à ceux qui leur ont donné la vie ; car cela est bon et agréable ci Dieu. (1 Tim . 5. 4) — Entre frères et sœurs, c'est une tendresse et une confiance mutuelles : Dieu hait celui qui sème des querelles entre les frères. ( Prov. 6. 19.)

1 65. — Considéré comme notre ami, nous pouvons, à l'exemple de Jésus qui s'était choisi un ami même parmi les apôtres ( Jean

13. 23;— 19. 26;— 20. 2; — 21. 7, 20), nourrir et témoigner cette tendresse et en goûter toute la douceur, en veillant à ce quelle so\t fidèle et demeure en tout temps, (Prov. 1 T. 17.) Que V homme quia des amis, se tienne à leur amitié (Prov. 1 8. 24) , et si l'amitié a été marquée par des bienfaits, la religion nous commande la reconnaissance. Car l'Évangile n'excuse pas les ingrats , en déclarant que Dieu est bon, même envers eux (Luc, 6. 35), et saint Paul compte l'ingratitude parmi les signes de la corruption de l'Église. (2 Tim. 3. 2.)

1 66. — Considéré comme pauvre, de quelque manière qu'il le soit devenu, nous devons secourir le prochain , selon l'ordre très-formel que le Seigneur en a donné avec promesse de récompense et menace de punition (Matt. 25. 35-45) ; nous devons le secourir selon nos moyens , d'après l'exemple de la pite de la veuve approuvée par Jésus-Christ (Marc, 1 2, 41 -44. Luc, 21 . 1 -4); en donnant avec joie : Dieu aime celui qui donne gai ment (2 Cor. 9. 7) ; en secret, pour ne pas nous enorgueillir nous-mêmeni humilier l'indigent : Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommes , afin d'en être vus ; autrement vous n'en aurez pas de

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récompense de votre Père qui est aux. deux (Matl. 6. 1); et il nous sera permis d'espérer que Dieu aura pour agréables nos aumônes, si nous les répandons ainsi; car celui qui a pitié du pauvre , prête à l'Eternel , qui lui rendra son bienfait. (Prov. 19. 17.

167. Considéré comme affligé , nous devons à notre prochain de prendre une part sincère à ses peines , comme le fit le Seigneur lui-même près du tombeau de Lazare , où Jésus pleura. (Jean, 1 1 . 35.) Pleurez donc avec ceux qui pleurent. (Rom. 12. 15.)

168. — Considéré comme pécheur , nous devons commencer par nous souvenir que nous le sommes comme lui : Que celui de vous, disait le Christ, qui est sans péché, jette le premier la pierre '"(Jean , 8.7); ne pas oublier nos fautes , peut-être plus grandes que les siennes : Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans F œil de ton frère , tandis que tu ne vois pas la poutre qui est dans le t%n (Matt. 7. 3-5) ? le redresser avec un esprit de douceur : Si quelqu'un vient à tomber en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur (Gai. 6. i); ne jamais croire qu'il est tombé dans une impénitence désespérée : Le Seigneur ne veut point qu'aucun périsse, mais que

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tous viennent à la repentance (2 Pierre, 3. 9 .); il ne prend point de plaisir à la mort de celui qui meurt : convertissez-vous donc et vivez (Eté. 18. 32), et faire luire à ses yeux la lumière de nos bonnes œuvres seulement pour que notre Père céleste soit glorifié. (Matt. 5. 16.)

1 69. — Considéré comme notre ennemi, si ce malheur nous attend malgré nos efforts : car s'il se peut faire , et autant qu'il dépend de nous, il faut avoir la paix avec tous les hommes (Rom. 12. 18. ) : nous devons ne rien négliger pour parvenir à une réconciliation sincère : Si tu apportes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel, et va premièrement te réconcilier avec ton frère , après cela , viens , et offre ton offrande (Matt. 5. 23 , 24.) ; lui pardonner (1 50) : Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi les vôtres ; mcÛs si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus les vôtres (Malt. 6. 14. 1 5.); prier pour lui : Aimez vos ennemis , bénissez ceux qui vous maudissent , et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent (Matt. 5. 44.); ne jamais rendre le mal pour le

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mal; mais au contraire opposer les bienfaits aux injures : Ne rendez à personne le mi pour le mal ; ne vous laissez point surmonter par le mal ; mais surmontez le mal par le bien. (Rom. 12.17. 21.)

170. — Considéré comme notre concurrent (ce qui peut arriver sans mauvaise intention d'aucune part) , nous devons nous comporter modestement envers lui : J'avertis chacun de vous de n'avoir pas d'eux-mêmes une plus haute opinion qu'ils ne doivent, mais d'avoir des sentimens modestes, (Rom. 12. 3.); en ne faisant rien par esprit de contention ou par vaine gloire (Phil. 2. 3.); en nous gardant de nous porter envie les uns aux autres (Gai. 5. 26. )? et sans chercher notre profit dans son malheur : Que personne ne foule son frère , et ne fasse son profit au dommage de son frère ; car le Seigneur est le vengeur de toutes ces choses. (1 Thess. 4. 6.)

171. — Considéré comme notre débiteur, nous devons en agir avec le prochain dans un esprit de bonté et de patience ; c'est ce qui était déjà prescrit dans la loi et dans la morale des Juifs : Quand tu auras droit d'exiger de ton prochain une chose qui te sera due.... si l'homme est pauvre , tu ne te

coucheras point ayant encore son gage, mais tu ne manqueras pas de lui rendre son gage aussitôt que le soleil sera couché. (Deut. 24. 1 2 y 13.) Si tu n'avais pas de quoi payer, voudrais-tu qu'on prit ton lit de dessous toi? (Prov. 22. 27.) Et c'est encore ce que l'on peut induire de la parabole où le Seigneur se sert de l'exemple des dettes remises avec générosité ou exigées avec dureté. (Matt. 18.21.35.)

172. — Enfin considéré comme héritier, nous devons veiller attentivement sur notre conduite, pour nous tenir également éloigné de toute impatience et de toute avidité : Uhé~ ritage pour lequel on s'est trop hâté du commencement, ne sera point béni à lafîn (Prov. 20. 21 . ) , et en outre nous persuader que c'est un devoir à remplir dans la crainte de Dieu , que celui d'arrêter nos dernières volontés et de disposer des biens que la Providence nous a confiés. Le prophète Ésaie vint par ordre de Dieu dire au roi Ezéchias : Dispose de ta maison ; car tu vas mourir. (Ésa. 38. 1 .)

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