‹ Cours de religion chrétienneChapitre 32 sur 40 · DEVOIRS ENVERS NOUS-MÊMES · texte numérisé non relu

DEVOIRS ENVERS NOUS-MÊMES

1 73. — Entretenir la pureté et la sincérité de cœur est le plus important de tous, parce

que, une fois qu'elles sont perdues , rien ne les remplace et rien ne les rétablît : Heureux ceux qui ont le cœur pur, ils verront Dieu! (Matt. 5. 8.) Renoncez au mensonge : que chacun de vous parle en vérité à son prochain. (Eph. 4. 25») Aucun de vous ne mentira à son frère. (Lév. 19. 1 1.) (101) La pureté se perd surtout par les mauvaises compagnies : Xe vous abusez point , les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ( 1 Cor. 15. 33), et par les mauvais livres : Le livre était doux comme du miel; mais y quand je Veus avalé , il me causa de F amertume dans les entrailles. (Apoc. 10. 10.)

1 74. — Elle se perd facilement dans l'amour excessif des plaisirs et les folles distractions de la mondanité ; car V amour du monde est inimitié contre le Seigneur. (Jacq. 4. 4.) Toutefois, se garder de l'amour du mosde ne consiste point kfuïrle monde. La parole de Dieu nous autorise au jour du bien à user du bien (Eccl. T. 14), et notre divin Maître, en dépit des reproches calomnieux de ses ennemis, a toujours pris part aux joies paisibles et pures de ses amis et de ses concitoyens : Le Fils de l'homme, disait Jésus, est venu mangeant et buvant , et vous avez

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dit : Voilà un mangeur et un buveur , un ami des péagers et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par tous ses en/ans. (Luc, T. 34 , 35.)

1 75. — La pureté se perd encore dans le manque de tempérance et de sobriété. Ces vices empêchent celui qui y tombe de veiller sur lui-même, et, selon la parole du Christ, so?i cœur en est appesanti, (Luc, 21 . 34.)

1 76. — La sauve-garde la plus sûre contre ces dangers est le travail et le bon emploi du temps , à l'exemple du Christ, qui profitait de chaque occasion et de chaque jour de sa mission : Il me faut faire , disait-il, les œuvres de celui qui ni a envoyé , tandis qu il est jour; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler, (Jean, 9. 4.) La paresse est d'ailleurs un des vices qui trouvent toujours leur première punition dans ce monde : Le paresseux ne laboure point à cause du mauvais temps; mais il mendiera durant la moisson , et il n'aura rien, (Prov. 20. 4.)

177. — Ce devoir du travail comprend la culture de la raison et le développement des facultés que la Providence nous a départies. Il n'est pas permis à' enfouir le talent qui pouvait rapporter intérêt (Matt. 25. 18), et de négliger le don qui est en nous, (1 Tim. 4. 1 4.)

178. — L'assiduité au travail est rendue douce et facile par l'habitude de l'ordre , qui prévient toute perte de temps : Que toutes choses se fassent avec ordre. (1 Cor. 1 4. 40.)

1 79. — L'ordre ne doit pas seulement régler notre travail, mais aussi le fruit de notre travail et notre fortune, quelle qu'elle soit. La véritable économie , également éloignée de la lésinerie et de la prodigalité, consiste surtout à bien calculer et à bien mesurer ses ressources, et à ne rien laisser se perdre : Ramassez les morceaux qui sont restés , a dit le Christ à ses disciples après que la foule qui l'avait suivi fut rassasiée, afin que rien ne se perde. ( Jean , 6. 12.) Cette économie ne ressemble en rien à Yavarice, qui n'est qu'une des formes les plus criminelles , les plus viles et les plus absurdes de l'égoïsme, contre laquelle Jésus a prémuni avec la plus grande force ses disciples, en leur disant : Gardez-vous avec soin de l'avarice ; car, quoique les biens abondent à quelqu'un, il n'a pas la vie par ses biens (Luc , 12. 15), et que saint Paul nomme même une idolâtrie : L'avare, dit-il, est un idolâtre. (Éph. 5. 5; Col. 3. 5.)

180. — La situation la plus heureuse, quant aux biens terrestres, est la médiocrité;

c'est une science que de savoir en jouir et s'en contenter ; mais c'est une science qui s'acquiert : Ne me donne ni pauvreté ni richesse , nourris-moi du pain de mon ordi-* naire. (Prov. 30. 8, 9.) J'ai appris, disait saint Paul , à être content de Vétat oit je me trouve. (Phil. 4. 11 .)

181. — Dans la richesse, la médiocrité ou l'indigence , nous devons être également soigneux de notre honneur, faire ce qui est bon, non-seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes (2 Cor. 8. 21.); prévenir que ce que nous faisons de bien soit blâmé (Rom. 14. 16.), et nous abstenir de toute apparence de mal. (1 Thess. 5, 22.)

1 82. — Et si, malgré nos soins, l'injustice ou la calomnie nous atteint, il nous reste pour refuge la paix de la conscience , laquelle personne ne peut nous faire perdre que nous-mêmes. Ce qui fait notre gloire , écrivait saint Paul, c'est le témoignage que notre conscience nous rend, que nous nous sommes conduits dans le monde en simplicité et en sincérité devant Dieu. (2 Cor. 1 . 1 2.)

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