‹ Cours de religion chrétienneChapitre 34 sur 40 · EKTRETIEKS DE JESUS-CHRIST · texte numérisé non relu

EKTRETIEKS DE JESUS-CHRIST

484. La simplicité admirable des paraboles se retrouve dans les discours et les entretiens du Seigneur. C'est se faire une trèsfausse idée de sa manière d'enseigner, que de se le représenter prononçant partout des discours suivis, comme Etienne devant le Sanhédrin (Act. 7.) ou saint Paul devient l'aréopage d'Athènes (Act. 17). Jésus, avec la plus touchante bonté, admettait ses apôtres , ses disciples, ses amis , ses adversaires

même, à converser familièrement avec lui; souvent il prenait occasion des circonstances les plus ordinaires, ou des scènes de la nature qui s'offraient à lui dans ses voyages, pour en tirer les exhortations les plus saintes; il se laissait interroger et interrompre; il parlait à chaque classe de la société le langage qu'elle pouvait le mieux comprendre , et malgré cette affabilité de ses conversations, il s'exprimait avec l'onction et l'autorité du Fils de Dieu, de celui qui seul a pu dire sur la terre : Je suis la vérité (Seau 1 4. 6). Aussi, ses discours et ses entretiens produisaient l'impression la plus vive sur tous les esprits. Quand Jésus , dit saint Matthieu, eut achevé ce discours , la multitude fut étonnée de sa doctrine ; car il les enseignait comme ayant de l'autorité. (Matt. T. 28, 29.) Les huissiers des sacrificateurs, envoyés pour le saisir, revinrent en s'écria nt : Jamais homme n a parlé comme cet homme 7 (Jean, 7. 46.)

Principaux entretiens du Christ.

Avec Nalhanael (Jean , 1. 45-51) ; Avec fticodème (Jean, 3. 1-21); Avec la femme samaritaine (Jean, 4. 5-29); Sur le Sabbat (Malt. 12. 18; Marc, 2. 23-28; Luc. i-5);

Sur Jean-Baptiste (Matt. il. 2-14 ; Luc, 7-19-28);

Au sujet de sa mère et de ses frères (Matt. 12. 46-50; Marc, 3. 31-35; Luc, 8. 20,21);

Avec les apôtres , lors de leur mission (Matt, 10. 5-42 ; Marc, 6. 8- 11 ; Luc, 9. 2-5);

Sur le vrai pain de vie ( Jean, 6. 25-69 ) ;

Sur l'opinion que les bommes avaient de lui, et avec Pierre sur la passion (Matt. 16. 13-19; Marc, 8. 27-29; Luc, 9. 18-20);

Sur la vraie liberté (Jean , 8. 31-59 ) ;

Avec Marthe et Marie ( Luc , 10. 38-42) ;

Sur le massacre des Galiléens (Luc, 13. 1-5);

Dans le temple, au portique de Salomon (Jean , 10, 23-39);

Avec le jeune homme riche (Matt. 19. 16-24; Marc, 10. 17-25; Luc, 18. 18-25);

Avec Zachée (Luc, 19. 1-10);

Sur le parfum de la fête de Béthanie (Jean , 12. 1-8) ;

Pendant son entrée triomphante à Jérusalem et dans le temple (Matt. 21. 1-16; Marc, 11. 1-17; Luc, 19.29- 48) ;

Sur le tribut (Matt. 22, 16-22; Marc, 12. i3-17. Luc, 20.20-26);

Sur la vie future (Malt. 22. 23-33 ; Marc, 12. 18-27 ; LUC, 20. 27-38);

Sur le plus grand commandement (Malt, 22. [34-40. Marc, 12. 28-34.)

Sur l'hypocrisie (Matt. 23. 1-39) ;

Sur la ruine de Jérusalem et la fin du monde ( Matt. 24. 1-51; Marc, 13. 1-37; Luc, 21. 5-31 J;

Avec les apôtres , après le lavement des pieds ( Jean; 13 . 4-17);

Avec les apôlres , avant sa passion (Jean , chap. là , 15 et 16).

1 85. — Après ces derniers entretiens avec ses disciples, qui ont rempli la soirée du jeudi delà semaine sainte, le Christ a prononcé devant eux sa prière, dite sacerdotale, comme pontife et sauveur du monde, dans laquelle il implore les bénédictions de son Père céleste sur la fin de sa mission, sur l'œuvre de ses apôtres, et sur l'Église entière. (Jean, 17. 1-26.)

186. — Il se retira ensuite, accompagné de ses apôtres, hors de l'enceinte de Jérusalem, au-delà du torrent de Cédron , sur une colline plantée d'oliviers, dans le jardin de Gethsémané; là il passa la nuit et il fut en agonie. (Mair . 26. 36-46 ; Marc, 1 4. 32-42 ;°Luc, 22. 40-46.) Ce mot, qui ne peut être pris dans sa signification moderne, ne désigne ici m faiblesse en Jésus, ni colère de la part de Dieu , mais une douleur toute morale, causée surtout par la méchanceté profonde qui allait être déployée contre lui. Jésus savait toutes les choses qui devaient lui arriver. (Jean, 18. 4.)

187. — Il était nuit encore, lorsque Jésus , livré par Judas , fut chargé de liens , et conduit d'abord à la maison d'Anne. (MatU

26. 47-56; Mare, 14. 43-52; Luc, 22. 47- 53; Jean, 18. 2-13.) Toutes les circonstances de son arrestation témoignent de l'efficace de ses prières dans le jardin et du calme parfait rendu à son âme,

188. — De la maison d'Anne, Jésus fut amené chez Caïphe, le souverain sacrificateur , où une partie du Sanhédrin était déjà réunie, lui fit subir un premier interrogatoire, et reçut la déposition des faux témoins. (Matt. 26.' 57-61 ; Marc, 14. 54-50.) Au point du jour le Sanhédrin tint sa séance, où Jésus fut solennellement adjuré de déclarer s'il était le Christ, le Fils de Dieu, et condamné comme blasphémateur. (Luc, 22. 66-71 ; Matt. 26. 63-66; Marc; 14. 61- 64.) Aussitôt, dès le matin, Jésus fut conduit à Pilate, le gouverneur romain de la Judée (93). (Matt. 27. 1-35 ; Marc, 15. 1- 25; Luc, 23. 1-33; Jean, 18. 28. 40-19. 1-18.) Les interrogatoires de Pilate, sa longue lutte contre la fureur des ennemis du Christ, le renvoi devant Hérode , la préférence donnée à Barrabas, la flagellation, la présentation de Jésus au peuple, la marche au Calvaire, ont rempli la matinée jusqu'à neuf heures (JMarc, 15. 25), momentdela crucifixion.

1 89. — Jésus est resté sur la croix pendant six heures, c'est-à-dire, jusqu'à trois heures de l'aprés-midi Matt. 27. 45, 46; Marc, 15. 33, 34; Luc, 23. 44), et il a prononcé, pendant cette longue et douloureuse agonie, sept paroles , connues sous le nom de paroles de la croix :

1° Père, pardonne-leur! car ils ne sucent ce qu 'ils f on t ( Luc. 23. 34 ;

2° En vérité , je te dis que tu seras aujourd'hui en paradis avec moi ( Luc, 23 43);

3° Femme , voila ton fils l Disciple, voilà ta mère 'Jean, 19. 26, 27);

4° Mon Dieu] mon Dieu! pourquoi m'as tu abandonné 'Matt. 27. 46 ; Marc, l 5. 34 (109);

d° J'ai soif (Je&n, 19. 28);

6° Tout est accompli (Jean, 19. 30);

7° Père , je remets mon esprit entre tes mains Luc, 23. 46).

1 90. — Dans 1 intervalle de temps entre le moment de la mort du Christ et le coucher du soleil, qui eut lieu un peu après six heures, et qui marquait le commencement du Sahbat, il semblait impossible qu'il reçut la sépulture (1 1 8) annoncée par les oracles ; il a fallu d'abord s'assurer de la mort des

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suppliciés (Jean, 19. 31-37), en informer Pilate, aller et venir du Calvaire au Prétoire, entendre le Centenier romain (Marc, 15. 44-), et obtenir l'autorisation du gouverneur; mais tous les détails de ce grand événement, le choix des hommes ( Matt. 27. 57-60 ; Marc, 15. 42-46; Luc, 23. 50-54; Jean , 1 9. 38-40), la distance même des lieux (Jean, 19. 41 , 42), tout fut dirigé par la Providence pour l'accomplissement exact de l'oracle qui annonçait la sépulture honoraire du Christ. On n'eut guère que le temps nécessaire avant de se reposer selon la loi } et l'ensevelissement fut achevé peu avant le moment où le Sabbat commençait. ( Luc, 53 54.) Le même jour, dans le courant de la soirée, après le coucher du soleil, les chefs du peuple obtinrent de Pilate qu'une garde romaine fût placée au sépulcre. (Malt. 27. 62-66.)

1 91 . — Tous ces événemens eurent lieu le vendredi. Jésus demeura dans le tombeau pendant la soirée et la nuit de ce jour, tout le samedi , la nuit du samedi , quelques momens du dimanche, et sa résurrection eut lieu après l'aube et avant le lever du soleil. Les quatre Évangiles déclarent de la manière la plus formelle cette grande vérité

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fondamentale de la religion chrétienne , que le Christ est ressuscité; mais ces chapitres ne doivent pas être considérés comme des narrés circonstanciés et complets; ils reposent sur la preuve de fait, que Jésus s'est montré vivant à plusieurs reprises et à diverses personnes, preuve qui dispensait de toute autre; ce sont des té/noi^nages plutôt que des récits : Ceux qui étaient 2 enus avec Jésus de Galilée à Jérusalem sont ses témoins devant le peuple. (Act. 13, 31 .) Ce que nous avons ouï , ce que nous avons vu de nos propres )eu.c, ce que nous avons contemplé , et ce epic nos propres mains ont touché , nous vous l'annonçons ( I Jean, 1 . 1 ) , et la certitude de la résurrection n'en est que mieux établie. L'ordre des apparitions du Seigneur peut cependant être déduit d une comparaison attentive des quatre Évangiles,

1 92. — I ° Marie-Madeleine est le premier témoin de la résurrection. C'est à elle que le Christ s'est montré premièrement. (Marc, 16. 9.) Dès le point du jour, elle se rendit au tombeau avec les autres saintes femmes (Matt. 28. I ; Marc, 16. 1), et voyant de loin que la pierre qui fermait l'entrée de la grotte sépulcrale avait été enlevée ( Matt. 28. 2 ; Marc, 16. 4; Luc, 24. 2), elle laissa ses

compagnes dans le jardin , et courut à Jérusalem avertir Pierre et Jean. ( Jean , 20. 2.) Après son départ, les saintes femmes, un peu rassurées en voyant que les soldats ne gardaient plus le sépulcre ( Matt. 28. 4,11 ), s'approchèrent, y entrèrent, reconnurent qu'il était vide , et apprirent de l'Ange la résurrection du Seigneur. (Luc, 24. 3-8; Matt. 28. 5-7; Marc, 16. 5, 6.) Elles s'enfuirent aussitôt, saisies d'une telle frayeur, que, dans les premiers momens, elles ne dirent rien à personne. (Marc, 16. 8.) Revenues de cette terreur, elles se dispersèrent dans Jérusalem, pour annoncer ce grand événement aux apôtres et aux disciples.

(Matt. 28. 8; Luc, 24. 9.) Elles avaient déjà quitté lejardin , lorsque Jean et Pierre, avertis par Marie-Madeleine, y arrivèrent en grande hâte, et s'assurèrent de l'état du tombeau. Jean y entra après saint Pierre , et il vit, et il crut. Marie, qui n'avait pu suivre la rapidité de leur course et qui ne les rencontra point à leur retour, revint seule au sépulcre; ce fut alors que le Christ se montra , et eut avec elle le touchant entretien où il prononça ces solennelles paroles : Je monte vers mon Père, qui est votre Père , et mon Dieu, qui est votre Dieu. (Jean, 20.3-17.)

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193. — 2° Apparition aux saintes femmes, sur le chemin, entre le jardin du Calvaire et Jérusalem , au moment où elles prennent la résolution d'aller tout annoncer aux disciples (Matt. 28. 9, 10);

3 ' A Pierre, le jour même de la résurrection Tue, 24. 34. 1 Cor. 15. 5);

4 9 V . — 4° Aux deux disciples allant à Emmaùs , clans la soirée du même jour (Marc , 16.1 2 ; Luc , 24 , 1 3-35) ;

195. — 5° Aux apôtres réunis (excepté Thomas à Jérusalem , à une heure plus avancée de la soirée (Jean, 20. 1 9, 20; Marc, 16. 14; Luc, 24. 36-43; 1 Cor. 15. 5);

1 96. — 6° Huit jours après , le dimanche suivant, à Thomas, en présence des dix apôtres Jean, 20. 24-29);

197. — 7° En Galilée, où il avait prédit à ses disciples qu'ils le verraient (Matt. 26. 32; Marc, 14. 28), et où il leur avait fait donner immédiatement Tordre de se rendre fMatt. 28.7, 10; Marc, 16. 7). A cette apparition eut lieu, sur les bords du lac de Génézareth , la touchante réhabilitation de saint Pierre dans les fonctions de l'apostolat. (Jean, 21. 1-19);

198. — 8° Aux apôtres sur la montagne de Galilée (Matt. 28. 16-20), et en même

temps, à la réunion de plus de 500 frères, dont le plus grand nombre vivaient encore quand saint Paul écrivait (1 Cor. 15. 6); ce qui doit être considéré comme la première assemblée chrétienne;

9° A Jacques (1 Cor. 15. 7) ;

199. — 10° Enfin, aux apôtres, a Jérusalem et sur la montagne de Béthanie, lors de l'ascension. (Marc, 16. 19; Luc, 24. 50, 51. Act. 1. 4-9. 1 Cor. 15. 7.)

Le Seigneur est resté 40 jours sur la terre après sa résurrection. (Act. 1 . 3.) L'ascension, le plus grand des prodiges, semble naturelle et ordinaire après la résurrection, est racontée avec une simplicité qui exclut toute idée d imposture et d'erreur, et finit la mission du Sauveur de la seule manière quelle pouvait finir; car les seules alternatives que la foi et la raison conçoivent, sont que le Christ demeurât dans ce monde, ou qu'il mourût une seconde fois , ou qu'il retournât dans les cieux. Evidemment, ce triomphe seul pouvait clore la mission du Fils de Dieu : Christ étant ressuscité des morts, ne meurt plus, et la mort n'a plus de pouvoir sur lui. (Rom. 6.9 ) Le Seigneur fut élevé en haut au ciel et s'assit à la droite de Dieu. (Marc. 16. 19.)

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Les conséquences qu'il faut tirer de tous les enseignemens et de tous les faits qui précèdent, ne laissent pas dans le doute un esprit sincère.

200. — Ces conséquences sont que Jésus- Christ a pleinement rempli la promesse de salut et de pardon (78) faite à l'humanité lors du premier péché , ainsi que la condition (62)indispensahle à un médiateur, de pouvoir se placer entre Dieu et les hommes, car il a pu dire : Moi et le Père sommes un (Jean , 10. 30} ; il est le Fils unique de Dieu (Jean , 1 . 14-10. 36) ; V image du Dieu invisible, le premier né de toutes les créatures (Col. 1.15); en qui toute la plénitude de la divinité habite (Col. 2. 9); qui a possédé la gloire près de Dieu avant que le monde fût fait (Jean. 1 7. 5) ; qui est avant toutes choses (Col. 1 . 17. Jean , 1.1), par qui toutes choses ont été faites , les visibles et les invisibles, dans les deux et sur la terre (Eph. 3.9; Col. 1. 16; Jean, 1.3; 1 Cor. 8. 6), et qui, dans l'éternité, ne sera assujetti quk Dieu seul. Dieu a mis toutes choses sous ses pieds. Or, quand il est dit que tout lui est assujetti, il est évident qu'on excepte celui qui lui a assujetti toutes choses. Et quand toutes choses lui auront été assujetties , le

Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui aura soumis toutes choses , afin que Dieu soit tout en tous. (1 Cor. 15. 27, 28.) Cette union si intime de Dieu et de Christ, et cette majesté divine qui lui est attribuée , montrent assez que sa médiation en notre faveur était telle que Dieu pouvait l'accepter.

201 . — Tout ce que nous savons sous ce rapport de notre divin Sauveur, cette union avec Dieu, cette majesté, cette existence antérieure à sa venue sur la terre , est et ne pouvait qu'être mystérieux et obscur (37). Il est impossible à l'homme de le comprendre parfaitement. Jésus a dit lui-même, de la manière la plus formelle, et sans faire aucune exception : Personne ne connaît le Fils que le Père. (Matt. 11. 27.) Si Dieu seul connaît son divin Fils, il est tout-à-fait inutile et téméraire de disputer entre hommes sur ce sujet, et la seule chose qui nous importe estque Jésus puisse être et soit , auprès de Dieu, notre Sauveur.

202. — Et nous pouvons le reconnaître comme Sauveur , car il s'est fait notre égal et notre frère, semblable h nous en toutes choses , excepté le péché. (Héb. 2. 17; — 4. 15.) Saint Paul exprime positivement cette doctrine, quand il déclare qu il

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y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes , savoir , Jésus-Christ , homme, (1 Tira. 2. 5, et que Jésus s'est rendu semblable aux hommes. (Phil. 2. 7.) Aussi, notre divin Sauveur parle de Dieu comme nous pouvons en parler nous-mêmes. Il déclare que le Fils ne peut rien faire de lui-même ; il ne fait que ce qu'il voit faire au Père (Jean, 5. 19); il le nomme son Père et notre Père, so?i Dieu et notre Dieu. (Jean 20. 17). Après avoir dit : Mon Père est plus grand que tous (Jean, 10. 29), il a dit aussi : Le Père est plus grand que moi (Jean, 14. 28). Il puise la vérité où nous la cherchons tous, en Dieu : Je suis un homme, a-t-il dit, qui vous ai dit la vérité que j'ai apprise de Dieu (Jean. 8. 40-12.49, 50.-14,10, 24), et il a ignoré , sans murmure , ce que le Père ne lui avait point révélé, en confessant qu'il l'ignorait : Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, a-t-il dît, personne ne le sait, non pas même les Anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais seulement le Père . (Marc. 13. 32. Act. 1. 7.)

203. — Cette charité du Fils unique de Dieu qui Ta porté a se rendre semblable aux hommes , montre clairement que la rédemption , le salut du monde, le sacrifice par le-

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quel il nous a rachetés , ne consiste pas seulement en sa mort, mais en sa mission entière. Tout est rédemption , tout est sacrifice dans son œuvre. C'est un sacrifice que sa venue en ce monde, puisqiw/ s'est anéanti luimême en prenant la forme d'un serviteur (Phil. 2. 7); c'est un sacrifice que sa vie, remplie de traverses au point de n'avoir pas un lieu oit reposer sa tête (Matt. 8. 20); et c'est un sacrifice surtout que cette mort ignominieuse, longue et terrible, à laquelle il s'est volontairement livré pour nous : Personne n a un plus grand amour, que de donner sa vie pour ses amis, (Jean, 15. 13.) Aussi , notre salut est attaché, dans l'Évangile, à sa venue ou à sa manifestation : Cette parole est certaine et digne d'être reçue avec une entière croyance , que Jésus-Christ est venu pour sauver les pécheurs ( 1 Tim. 1. 1 5) : Jésus -Christ a paru pour âter nos péchés ( 1 Jean, 3. 5) : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par lui ( 1 Jean ,4.9); — à sa mort : te Fils de V homme est venu donner sa vie pour la rançon de plusieurs (Matt. 20. 28) : 77 s'est donné soi-même en rançon pour tous ( 1 Tim. 2. 6); — à sa résurrection : 77 est ressuscité pour notre justification

(Rom. 4. 25) : Qui condamnera? Christ est celui qui est mort%et qui de plus est ressuscité (Kom. 8. 34) : Si Christ n'est point ressuscité, voire foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés. ( 1 Cor. 15. 17. 1 Pierre ,1.3); — et à son règne dans la gloire céleste : Si ', lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils , à combien plus forte raison , étant déjà réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ? (Rom. 5. 1 0.) C'est qu'en effet, dans l'œuvre du Christ, tout se lie et se tient , tout est inséparable. Ainsi, nous ne sommes point sauvés seulement par ses souffrances, mais par ses mérites infinis, par ses vertus irréprochables (63), qui , sans ses souffrances et sa mort, n'auraient pu atteindre cette perfection ; car il a appris l'obéissance par les choses qu il a souffertes. (Héb. 5. 8.) Saint Paul a dit : Par une seule justice, tous les hommes recevront la justification, et par V obéissance d'un seul , plusieurs seront rendus justes. (Rom. 5. 18, 19.) Il a été devant Dieu l'homme parfait : Qui de vous, demandaitil aux Juifs , me convaincra de péché? (Jean, 8. 46. ) // ny a point de péché en lui ( 1 Jean, 3. 5), et c'est de plein droit quV/ est

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entré dans le ciel même , afin de comparaître pour nous devant la face de Dieu. (Héb. 9. 24.)

204. — C'est au même titre que nous nous confions en Jésus comme garant de notre immortalité bienheureuse ; car Y aiguillon de la mort, c'est le péché ( 1 Cor. 1 5. 56), et la mort n'est venue dans le monde que par le péché ( 77 ) (Rom. 5. 12.). Or, Christ, n'ayant point commis de péché, était maître de donner et maître de reprendre sa vie ( Jean , 10. 18); et il In 'était pas possible qu'il fût retenu dans les liens de la mort, (Act. 2. 24.) 5Ï donc le Christ n'était point ressuscité , notre foi en lui serait vaine ( 1 Cor. 15. 14), puisque alors il aurait été pécheur comme nous : mais il a achevé l'œuvre que le Père lui avait donnée à faire (Jean, 17. 4) ; et comme la mort est venue par un homme, la résurrection des morts est venue par un homme aussi : comme tous meurent [>ar Adam, tous revivront par Christ, et comme nous avons porté l'image du premier homme, Adam, qui est de la terre , nous porterons l'image du second, savoir, le Seigneur, qui est du ciel. ( 1 Cor. 15. 21 , 22, 45,49.)

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