‹ Cours de religion chrétienneChapitre 35 sur 40 · ÉGLISE · texte numérisé non relu

ÉGLISE

205. — Dix jours après l'ascension du Sauveur, et à Jérusalem, où il avait donné Tordre à ses disciples d'attendre l'effet de sa promesse (Luc, 24. 49; Act. 1. 4), le jour de la Pentecôte (99), l'Église chrétienne a commencé par leflusion du Saint-Esprit sur les apôtres, qui, consacrés en présence de tout le peuple par les langues de feu posées sur leurs fronts, reçurent alors les secours et les pouvoirs nécessaires pour annoncer au monde Christ , et Christ crucifié. (Act. 2.2-12.)

Les apôtres n'ont pas été seuls chargés de cette grande et sainte entreprise. Des compagnons d'œuvre leur ont été donnés, qui, sous les différens titres de prophètes, de docteurs ( 1 Cor. 12. 28), de diacres (Act. 6. 2; Phil. 1.1), d'évangélistes (Act. 21 . 8), d'évêques (Act. 20. 1 7, 28), d'anciens (1 Pierre, 5. 1), de pasteurs (Éph. 4. 11), ont contribué à fonder les Eglises ou les ont desservies. Les plus remarquables de ces premiers ministres de l'Église chrétienne ont été :

Etienne, le premier martyr (Act. 6. 5, et 7. 1-60);

Philippe l'évangéliste (Act. 8. 5-40);

Marc, auteur du second des quatre Évangiles, compagnon d'œuvre de saint Pierre et de saint Paul ( Act. 12, 12; 2 Tim. 4. 11; i Pierre, 5. 13);

Barnabas, son cousin ( Col. 4. 10), compagnon de saint Paul (Act. 4. 36; — 9.27);

A polios, disciple de l'école de Jean-Baptiste, et célèbre par sa science et son éloquence (Act. 18. 24-28);

Luc, compagnon d'œuvre de saint Paul, qui très probablement l'avait converti, l'au- ( ur du troisième des quatre Évangiles et du livre des Actes des Apôtres ( Col. 4. 14; 2 Tim. 4. 11);

Enfin, Timotbée, le disciple chéri de saint Paul, auquel cet apôtre a adressé deux épîfres(1 Cor. 4. 17 ; — 16-10; Phii. 2. 20).

206. — Le livre des Actes ne raconte pas les travaux de tous les apôtres, mais seulement les commencemens du christianisme dans les différens pays où il s'est établi à son origine. Les premiers chapitres renferment Thistoire du commencement de l'Église chrétienne à Jérusalem et en Judée.

La persécution ayant dispersé les fidèles, la foi en Christ fut annoncée aux Samaritains (115). (Act. 8. 4-25.) Ce progrès était un grand pas vers le retour à un système gé-

nêral (88) ; car c'était beaucoup pour des Juifs de consentir à professer la même religion que les Samaritains. Mais , malgré l'ordre du Christ d'enseigner toutes les nations (Matt. 28. 19; Marc, 16. 15; Luc, 24. 47; Act. 1 . 8\ l'Évangile n'avait été encore annoncé à aucun étranger, à aucun homme d'extraction païenne. Ceux qui avaient été dispersés par la persécution n'avaient an~ nonce la parole qu'aux Juifs seulement* (Act. 11. 19.) Corneille, baptisé par saint Pierre, a été le premier des Gentils reçu dans TÉglise; et c'est devant lui qu'est tombée la barrière qui séparait le peuple élu de toutes les autres nations. La vision céleste qui eut lieu à l'occasion de ce grand événement, est le moyen dont la Providence s'est servie pour faire comprendre à saint Pierre la vocation des Gentils. (Act. chap. 10. 1- 48; 11. 1-18.)

207, — Alors le Seigneur voulut choisir un nouvel apôtre, qui serait également apte à annoncer l'Évangile aux Juifs et aux Gentils, et comme Dieu tient le cœur des hommes dans sa main, il choisit un jeune homme, nommé Saul , né et élevé à Tarse , en Cilicie, province de l'Asie mineure, fils de père et de mère Juifs (Act. 13. 9; — 21.39; Phil.

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3. 5), d'abord persécuteur acharné de l'Eglise. ( Act. 8. 1 -3), témoin de la mort d'Etienne le premier martyr (Act. 7. 58), et qui, sous le nom de Paul, après son étonnante conversion sur le chemin de Damas (Act. 9. 1-21), devint un des génies les plus extraordinaires que le monde ait vus, un des plus grands messagers divins que le Seigneur ait inspirés, et l'apôtre qui a le plus répandu l'Évangile parmi les Gentils, depuis Jérusalem jusqu'à Rome. Une partie de son histoire remplit toute la fin du livre des Actes depuis le chap. 13, et il est l'auteur des quatorze épîtres ou lettres qui suivent les Actes dans le Nouveau Testament, toutes adressées à des Églises qu'il a fondées ou visitées, et à des disciples qu'il a convertis ou confirmés dans la foi; la dernière qu'il a écrite est la seconde à Timothée, adressée de Rome à ce disciple , peu de temps avant son martyr ( 2 Tim. 4. 6 ) , par lequel il scella une longue vie de travaux, de combats et d'épreuves.

208. — L'Église que les apôtres ont fondée n'est donc., comme les faits le prouvent, que l'assemblée ou la société des chrétiens , et les caractères de l'Église sont les mêmes aujourd'hui qu'au commencement :

1° Le mélange des bons et des méchans. L'Église n'est bien connue que de Dieu : Le Seigneur sait ceux qui sont siens ( 2 Tim. 2. 19 , et comme nul ne le sait que lui, personne n'a droit de dire à son prochain : je suis de 1 Église et vous n'en êtes pas. Dès le temps des apôtres, il y a eu dans l'Église des chrétiens de nom et des chrétiens de fait;

209. — 2° La vérité. Malgré ce mélange de bien et de mal, de vérité et d'erreur, l'Église possède la vérité, et cette vérité ne périra point sur la terre; il y aura toujours des fidèles qui croiront et professeront la vérité : La vérité , dit saint Jean (2e ép., v. 2), demeure en nous et sera avec nous à jamais (^ ;

210. — 3° La perpétuité. iVussi , l'Église est perpétuelle. Elle existera aussi longtemps que l'humanité. Sa durée est garantie par le Seigneur ; il a dit : Je suisr&vec vous jusqu'à la fin du monde (Matt. 28. 20);

21 1 . — -4° L'universalité. L'Église est partout où il y a des fidèles, et tous les hommes, sans aucune ombre de différence, peuvent y entrer : Là où il y a deux ou trois personnes assemblées en mon nom, a dit le Seigneur, y'e suis au milieu d'elles (Matt. 18. 20); et à ses apôtres il a commandé à' aller par tout le

monde prêcher l'Evangile à toute créature (Marc, 16. 15);

212. — 5° L'indépendance, en ce que l'Église n'est assujettie qu'au Seigneur: Nous n'avons qu'un seul /naître, Jésus-Christ (l Cor. 8, 6); Christ seul est notre maître, et nous sommes tous frères (Malt. 23. 8);

213. — 6° La liberté de conduite , chacun selon sa conscience et sa foi : Que chacun agisse selon qu il est pleinement persuadé en son esprit! chacun rendra compte à Dieu pour soi-même (Rom. 14. 5, 12), de sorte que si quelqu'un croit qu'une chose est souillée , elle est souillée pour lui '(Rom. 14. 14).

21 4. — Les seuls rites de l'Eglise institués par le Christ lui-même, et nommés à cause de cela sacremens, sont le baptême et la cène.

Le baptême représente la pureté de cœur qui doit caractériser le chrétien , et le signe du baptême est une ablution faite maintenant avec quelques gouttes d'eau. Cette cérémonie, instituée par le Christ, quoiqu'il n'ait point baptisé lui-même (Jean, 4. 2), était autrefois l'introduction dans l'Église, et le baptême ne s'administrait qu'aux adultes , selon l'ordre du Seigneur, qui porte que l'enseignement et que la foi précèdent l'acte du baptême : Instruisez toutes les nations ,

les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. (Malt. 28. 19): Celui oui croira et qui sera baptisé, sera sauvé. (Marc, 16. 16. L'usage a prévalu et peut être conservé de baptiser les petits enfans, non dans l'idée que l'acte matériel de répandre un peu d'eau sur le front soit nécessaire au salut : saint Pierre déclare que le seul baptême qui sauve est rengagement d'une bonne conscience devant Dieu ( 1 Pierre, 3. 21); mais dans le but de consacrer la naissance par un acte religieux , et dans la pensée que des parens, pénétrés de la vérité de la religion chrétienne, peuvent s'engager d'avance à y élever leurs enfans. Aussi ce baptême serait nul par le fait, si le vœu n'en était ratifié, à l'âge de raison, par ceux qui l'ont reçu. Cette confirmation du vœu du baptême doit avoir lieu avant la première communion.

215. — La communion ou la cène a été instituée par le Christ*, et célébrée par lui avec ses disciples, pour la première fois, la veille de sa mort (Matt. 26. 26-28; Marc, 14. 22-24; Luc, 22. 19, 20; 1 Cor, 11. 23-29) : J'ai appris du Seigneur, dit saint Paul, ce que je vous ai enseigné ; c'est que le Seigneur Jésus , la nuit qu'il fut li-

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pré, prit du pain , et , ayant rendu grâces, il le rompit, et dit : Prenez, mangez; ceci est mon corps qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même aussi , après avoir soupe , il prit la coupe , et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car, toutes les fois que vous mangerez de ce pain et que vous boirez de la coupe du Seigneur, vous annoncerez la mort du Seigneur jusquà ce qu'il vienne. I^e mode même de sa première célébration montre que la cène est un simple repas, dont le pain et le vin n'offrent aucune différence quelconque avec le pain et le vin de tous les jours. Communier, c'est donc prendre un repas semblable au dernier repas de Jésus et des apôtres; c'est entrer dans une intime union avec le Sauveur et avec les fidèles qui communient, et la sainteté de la cène n'est nullement dans ses symboles extérieurs, dans la table ou la coupe, dans le pain ou le vin, mais dans les bienfaits qu'elle rappelle, les espérances qu'elle nourrit, et les obligations qu'elle conûrme (145).

La cène est donc un mémorial du salut : elle sert à conserver d'âge en âge le souvenir de la mort du Seigneur, et, sous ce point de

vue, elle est une grande preuve de la vérité de I Évangile.

La cène est un gage du salut : elle témoigne de notre réconciliation avec Dieu. Le Seigneur ne nous admet point à sa communion pendant cette vie, pour nous repousser loin de lui à l'heure de la mort et dans l'élernité.

La cène est enfin un moyen de salut : elle nourrit la foi et la sanctification : car communier avec le Christ sans croire en lui, est impossible; — la repentance : où doit-on plus amèrement déplorer ses péchés qu'en présence des symboles du sacrifice qui les efface? — l'humilité : car la véritable égalité devant Dieu , comme frères et comme pécheurs, se trouve à la table sainte; — la charité : parce qu il y a manifeste contradiction entre communier avec son prochain el le haïr, s'en venger, ou lui faire tort.

Toute la religion chrétienne , la foi avec toutes ses espérances, la charité avec tous ses devoirs, sont donc représentées exactement par la communion. Place à la table du Père de famille est le signe que l'on est de la famille ; le vrai communiant est enfant de Dieu , rrconcilié par Jésus-Chrisî avec le Père céleste : voilà toute la foi. A la table

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sainte1, les enfansde Dieu ne peuvent qu'être frères en Jésus-Christ; la cène est ainsi le seul moyen àc guider l'unité de l'esprit par le lien de ta paix (Eph. 4. 3.)j elle figure, elle rappelle, elle force à confesser l'égalité et la fraternité universelle : voilà oute la charité. 21 6. — Le jour du culte et du repos(7 1 , 101), universellement choisi par l'Église chrétienne dès son origine, est le premier jour d? la semaine, en mémoire de la résurrection du Christ. Saint Lue rapporte que le premier jour de la semaine les disciples s'étaient assemblés pour rompre le pain ^Act. 20. 7), et ce jour qui a remplacé le sabbat, lequel commençait le vendredi au coucher du soleil et finissait le samedi à la même heure, a été nommé, du vivant même des apôtres, le jour du Seigneur : Je fus ravi en esprit, dit saint Jean, un jour de dimanche. (Apoc. 1 . 10.) La sanctification du dimanche des chrétiens diffère de celle du sabbat des Juifs ; elle doit être un repos, non une oisiveté, et saint Paul en rappelant aux Colossiens que l'Évangile a brisé le joug de la loi mosaïque, leur dit : Que personne ne vous condamne au sujet des jours de fête, de nouvelle lune, ou du sabbat. (Col. 2. 1 6.) 247. — La prédication de la parole de

Dieu et l'administration des sacremens sont confiéesdans l'Eglise aux pasteurs, désignés dans l'Évangile sous différons noms (205), dont aucun n'implique la moindre supériorité des uns sur les autres. Jésus a dit aux apôtres : Ne vous faites point appeler Maître, car vous n'avez qu'un seul maître , qui est le Christ ; et pour vous , vous êtes tous frères. (Matt.23.8.) Les pasteurs sont admis à ce saint ministère par l'imposition des mains : Ne néglige point , écrit saint Paul à Timolhée, le don qui est en toi, et qui Va été donné par Ci m position des mains de i assemblée des pasteurs (1 Tim. 4. 14); ils ont droit à ce que leurs fonctions soient environnées d un juste respect : Nous vous prions , écrivait saint Paul , d'avoir en considération ceux qui travaillent parmi vous 3 qui président sur vous selon le Seigneur, et qui vous exhortent. Ayez jxjur eux le p lus grand amour, à cause de l'œuvre qu'ils font (1 Thess. 5.12, 1i), et à ce que l'Église pourvoie à leur entrelien : Le Seigneur a ordonne que ceux qui annoncent l' Evangile, vivent de l'Evangile. (1 Cor. 9. 14.)

218. — Ce n'est pas seulement aux pasteurs , c'est à tous les fidèles avec eux, c'est à l'Eglise entière qu'est maintenant conGé

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Je dépôt des vérités religieuses , comme autrefois au peuple élu (88); chaque chrétien contribue pour sa part à les maintenir et à les conserver. Ce devoir est rendu facile par la force et la simplicité des preuves de la révélation, et par la puissance des moj ens que la Providence a employés pour en assurer la conservation (237).

Les preuves delà vérité et de l'inspiration de l'Ecriture sainte, sont :

219. — 1° L'intégrité de ses auteurs : on ne peut soupçonner des hommes pareils d'avoir écrit des mensonges , ni d'avoir feint une inspiration qu'ils n'avaient point reçue;

220. — 2° Lesaveux de ses auteurs, qui racontent avec la même simplicité leurs succès et leurs revers , leurs vertus et leurs fautes, leurs hontes et leurs triomphes;

221. — 3° L'accord des récits dans tous les peints essentiels, et leurs variations en quelques points indifférens (Matt. 20. 29- 34. Marc, 10. 46-52. Luc, 18. 35-43);

222. — 4° L'accord des livres sacrés dans une foule d'allusions trop insignifiantes pour ivoir été inventées à plaisir par des imposteurs (Act. 18. 1; 19. 1;1 Cor. 3. 6.— Rom. tG. 23- 2 Tim.4. 20);

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