La suite et la liaison de la Bi
DE RELIGION CHRÉTIE>3E. 131
ble entière : l'Ancien Testament est évidemment incomplet sans le Nouveau, et sans l'Ancien Testament le Nouveau est incompréhensible ;
224. — 6° L'accord parfait de la Bible avec la nature et la position actuelle de l'homme (54) ;
225. — 7° L'opinion successive des hommes de tant de siècles et de tant de pays différens qui ont eu foi en l'Écriture sainte comme livre de vérité et comme parole de Di<iu : pour conlredire cette preuve, il faudrait s'expliquer comment l'imposture a commencé, et comment chaque progrès dans les sciences ajoute un degré de force à la certitude de la Bible;
226. — b° L'impossibilité de faire des changemens graves au texte, soit de l'Ancien , soit du Nouveau Testament, prouvée par la manière dont ils sont arrivés jusqu'à nous;
227. — 9° Les ouvrages d écrivains profanes, étrangers au peuple juif, dont un grand nombre rend témoignage à la vérité des événemens rapportés dans l'Ancien et le Nouveau Testament;
228. — 10° Les faits, tels que la situation du peuple Hébreu, unique dans les annales
13*2 cours
du monde; sa dispersion et sa conservation parmi toutes les nations; les fêtes annuelles que les Juifs ont toujours célébrées et célèbrent encore (09 et 125) ; la propagation si rapide de l'Évangile par la seule voie de la persuasion, malgré les persécutions et les obstacles, et le bien immense que le christianisme a fait à l'humanité;
229. — 11° La supériorité de la religion de Moïse, comparée à l'état du monde lorsqu'il a été envoyé, et la supériorité plus grande encore de l'Évangile comparé à toutes les doctrines, à toutes les religions, et à l'état social du temps de Jésus-Christ ;
230. — 12° Les caractères internes de l'Ecriture sainte, c'est-à-dire, une fouie de traits et de détails si vrais, si simples, si naïfs, si naturels; qu'ils font dire au lecteur sincère : Ce n'est point ainsi que Ton invente;
231 . — 1 3° Les prophéties et leur accomplissement, preuve qui seule sufïirait pour montrer l'inspiration, parce que Dieu seul connaît Ta venir : Déclarez-nous les choses qui doivent arriver a V avenir , et nous saurons que vous êtes des Dieux! (Esa. 41 . 23.) La prophétie n'a point été apportée autrefois par la volonté humaine ; mais les saints hommes de Dieu , étant poussés par le Saint
Esprit, ont parlé. (2 Pierre, 1 . 21 .) V homme ne sait pas ce qui arrivera le lendemain, (Jacq. 4. 1 4.)
232. — Après cette étude de la Bible, il est facile de se faire une juste idée de l'inspiration des envoyés divins et des écrivains sacrés : 1 ° Elle est dans les idées , et non dans les mots. Il y a de cela deux preuves de fait: d abord , chaque auteur sacré a un style à lui, conforme à son génie, son caractère, son état, son rang ; de là cette différence que Ton remarquait entre l'éloquence et le style de saint Paul, entre ses lettres et ses discours, et qu'il n'a point contestée (2 Cor. 10.10); ensuite, il y a dans la Bible des contradictions insignifiantes (22 1) qui enconfirmentla vérité, loin de l'ébranler, mais qui ne pourraient s'y trouver, si elle avait été inspirée mot à mot.
233. — 2° L'inspiration n^a été accordée que lorsqu'elle était nécessaire. Dieu ne fait rien d'inutile. Très-certainement, par exemple, Dieu n'a point inspiré «à l'auteur du livre des Piois ou des Chroniques que Salomon était fils de David, parce que cet auteur le savait. Mais très-certainement Dieu a inspiré à Ésaïe son 53I,,e chapitre, parce qu'il était impossible à un homme de pré-
134 cours
voir, plusieurs siècles d'avance, la passion et la sépulture du Christ, il n'est pas/w.v.v/ble de distinguer page par page dans la lîible, aussi nettementque dans ces deux exemples, quand il y a eu et quand il n y a point eu d'inspiration ; aussi, cela n'est nullement nécessaire, L'Ancien et le Nouveau Testament contiennent- d'ailleurs des erreurs en histoire naturelle, et des détails dont l'insignifiance montre évidemment qu'il ne peut y avoir là inspiration divine : tels sont , dans l'Ancien Testament, plusieurs tableaux géographiques et généalogiques ; et dans le Nouveau, les salutations qui terminent souvent les épitres de saint Paul, et quelques textes où l'on reconnaît la familiarité de l'amitié, et non l'autorité de l'inspiration. (1 Tim. 5. 23; 2 Tira. 4. 13)
234. — 3° Sous le point de vue le plus général, on peut dire que l'inspiration de l Ecriture sainte consiste en ce qu il n [y a pas dans la Bible une seule erreur ou une se:ile omission préjudiciable à la foi ou à la vertu. La révélation contient donc toute la vérité religieuse et morale nécessaire à l'humanité; cette vérité, la foi et la raison doivent les chercher, sans se lasser jamais, dans l'Écriture sainte, et cette vérité n'y serait pas
sans une inspiration directe et positive accordée par Dieu lui-même, inspiration qui ne ravissait point à l'homme la liberté de sa conscience : Les esprits des prophètes , d i t sa int Paul, sont soumis aux prophètes , (1 Cor. \ 4. 32) et qui ne le dispensait point d'exercer son intelligence sur les vérités mêmes que l'Esprit Saint lui révélait : Les prophètes^ dit saint Pierre, s'efforçaient de discerner ce que l'esprit de Christ qui était en eux leur annonçait. (1 Pierre 1 . 1 ! .)Ces réflexions et ces textes nous expliquent la force de cette déclaration de saint Paul : Toute F Ecriture est divinement inspirée ( 2 Tim. 3. 16) , et cette mesure d inspiration suffisait pleinement au but miséricordieux du Seigneur en donnant au monde une révélation, qui est que V homme de Dieu soit accompli et rendu capable de toute bonne œuvre. (2 Tim. 3.17.)
235. — Les moyens par lesquels Dieu a pris soin, depuis le commencement, que cette révélation se conservât parmi les hommes, ont toujours été proportionnés à l'état du monde.
Le premier moyen a été la tradition , qui a duré depuis Adam jusque vers le siècle de Moïse : Souviens-toi du temps d'autrefois ; considère les années de chaque génération ;
1 36 couns
interroge ton père, et il te V apprendra , et tes anciens , et ils te le diront. ( Deut. 32. 7.)
236. — Le second moyen a été Y écriture, quia duré depuis Moïse ( Deut. 31. 24; 2 Rois, 22. 8) jusque vers la moitié du 15* siècle après Jésus- Christ : Ces choses sont écrites, dit saint Jean vers la fin de son évangile, afin que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'en croja/it, vous ayez la vie par son nom. ( Jean, 20. 31 . ) Cette manière de sauver de l'oubli et de conserver pures les vérités religieuses était bien plus sûre que la simple tradition. Les traditions s'altèrent bien plus facilement et plus vite que les manuscrits. Cependant, comme il fallait près de trois années pour copier la Bible, la rareté et le haut prix des copies étaient un grand obstacle aux progrès de la foi (238).
237. — Le troisième moyen , qui a commencé vers Tan 1440 après Jésus-Christ et qui ne peut pas se perdre, est K imprimerie, et ce moyen est très-remarquable sous trois points de vue ; d'abord , il est maintenant impossible que la Bible périsse sur la terre, puisqu'il faudrait que les exemplaires innombrables qui existent et tous les moyens
de les reproduire fussent détruits à la fois ; ensuite, il est maintenant impossible de changer la Bible, d'y introduire ou d'en retrancher un seul mot; la plus petite altération serait reconnue a 1 instant; enfin, la facilité extrême de multiplier les exemplaires à peu de frais donne lieu de^ prévoir le temps où chaque homme sur la face de la terre aura une Bible à lui et y cherchera lui-même sa foi.