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CHAPITRE Y

LA PHOTOLITHOGRAPHIE.

Sommaire : Définition. — Report sur pierre d'une image imprimée sur zinc. — Presses Ragueneau pour impressions sur zinc. — Impressions directes sur pierre lithographique. — Emploi d'un support transitoire : papier gélatine. — Qillotage. — Procédé à la gomme. — Phototypie, ses applications aux impressions de sujets au trait.

Passons maintenant à la photolit ho graphie qui, comme son nom l'indique, est un moyen de reproduction industrielle de dessins au trait reproduits sur pierre par la photographie et imprimés ensuite lithographiquement.

On peut arriver à mettre sur pierre un dessin obtenu d'abord au bitume sur plaque de zinc, comme on l'a YU indiquer plus haut pour la formation des clichés phototypographiques.

On arrête les opérations que nous venons de décrire au moment où l'image en bitume a été rendue aussi adhérente que possible à la plaque de zinc, et au lieu de la plonger dans un bain d'acide, et de creuser les blancs, on traite la plaque tout comme une pierre lithographique ordinaire.

Il faut que l'on sache que le zinc possède des propriétés analogues à celles des pierres lithographiques. Un trait dessiné avec de l'encre grasse sur une lame (le zinc peut se reproduire indéfiniment si, après avoir

préparé le zinc à la gomme et à Tacide comme une pierre lithographique, on vient à en tirer des images comme on le ferait si le trait avait été tracé sur une pierre.

Cette curieuse propriété du métal en question a donné lieu à l'invention des presses Ragueneau, que l'on trouve dans le commerce, pour faire chez soi de l'autographie courante. M. "Wibart, constructeur de presses typographiques, a construit une presse cylindrique à vapeur pour faire des tirages industriels sur zinc avec des dessins reportés sur des feuilles de ce métal, soit par des moyens lithographiques, soit par des moyens photographiques.

On a eu recours à cette propriété du zinc pour y reporter les dessins, d'abord exécutés sur la pierre, et les conserver ainsi pour un usage ultérieur, tandis que la pierre peut être poncée et utilisée pour une création nouvelle ; on réaliserait ainsi une économie de place et une économie d'argent.

Nous ne citons ces applications que pour mémoire, car nous aurons à y revenir en nous occupant de la lithographie proprement dite, soit en noir, soit en couleurs.

Revenons à notre planche en zinc, couverte d'un dessin au bitume. Elle a été passée à l'acide, gommée, mouillée et encrée au rouleau. Partout où le zinc est à nu, le corps gras, en vertu de la propriété que nous venons d'indiquer, est repoussé, surtout si les surfaces nues ont été mouillées avec une infusion de noix de galle. Le vernis gras est, au contraire, arrêté par toutes les parties où se trouve du bitume. Si l'on tire une épreuve à la presse, on aura un véritable dessin lithographique.

On en tire ainsi une bonne épreuve sur papier de

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chine encollé, et on en fait le report sur pierre lithographique. Ce report sur pierre ne serait pas nécessaire si l'on n'avait qu'à tirer un petit nombre d'épreuves ; mais pour un très grand nombre, on arriverait difficilement à conserver intacte, jusqu'au bout du tirage, la plaque de zinc bitumé.

Avec une petite presse Ragueneau, on peut donc tirer très commodément des épreuves de dessins au trait sur zinc, et reproduits avec une réserve de bitume à l'aide d'un cliché photographique. On peut encore tirer une épreuve sur chine et la remettre à un lithographe qui en opérera le report sur pierre et en fera le tirage à tel nombre que l'on désirera.

Voilà une première méthode de photolithographie ; il en est d'autres encore.

Rien ne s'oppose à ce que l'image ne soit formée directement sur la pierre lithographique exposée à la lumière sous le cliché négatif.

Pour obtenir ce résultat on a recours à la propriété, démontrée d'abord par Poitevin, que possède la lumière de rendre, non-seulement insoluble dans l'eau, mais aussi, imperméable à l'humidité un mucilage bichromaté, composé, soit de gélatine, soit de gomme ou d'albumine et additionné, dans une proportion qui varie de 3 à 5 p. 100, d'une dissolution dans l'eau, d'mi bichromate alcalin.

On fait un mélange d'eau, d'albumine (blancs d'œufs), ou d'albumine sèche et de bichromate d'ammoniaque.

Ce mucilage est passé partout sur une pierre lithographique, bien poncée et bien nettoyée. On frotte avec un tampon de manière à enlever tout l'excès du liquide sensibilisateur, puis on frotte encore, après même que la surface de la pierre est tout à fait sèche, de façon à la polir ou à lui donner, tout au moins, un aspect brillant

et glacé. Dans cet état, il n'y a plus qu'à la chauffer un peu, pour être bien certain qu'elle est débarrassée de toute trace d'humidité, et à l'exposer, refroidie, sous le cliché.

Partout où la lumière pénètre sur la surface de la pierre l'albumine bichromatée est coagulée, ou pour mieux dire, rendue imperméable à l'humidité, tandis qu'elle reste soluble dans toutes les autres parties que la lumière n'a pas atteintes.

Après une insolation jugée suffisante (elle est de quelques minutes seulement, tandis que dans le cas du bitume il faut généralement des expositions de une heure, et même davantage, en belle lumière) on porte la pierre à l'abri du jour dans le laboratoire, et on en recouvre uniformément la surface d'encre lithographique. L'encre prend partout et l'on a ce que Ton appelle tableau 7ioir.

La pierre étant ainsi préparée, si nous venons à en mouiller la surface en l'immergeant rapidement dans une bassine pleine d'eau, l'humidité pénétrera partout où l'albumine n'a pas été imperméabilisée par la lumière; puis, si nous passons à sa surface un rouleau lisse, il s'encrera aux dépens de la pierre, dégageant ainsi le dessin qui, seul, retiendra l'encre, tandis que celle-ci ne présentera aucune adhérence dans toutes les parties où elle reposera sur une surface pénétrée par l'humidité.

Dès que l'image est bien dégagée, on traite la pierre à l'acide et à la gomme et l'on a un vrai dessin lithographique, susceptible de fournir un long tirage.

Ce moyen direct est rarement employé, à cause de la difficulté que présente le maniement des pierres lithographiques d'une certaine dimension.

On aime mieux obtenir l'image photolithographique

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sur un support transitoire, comme nous l'avons dit à propos de l'emploi du bitume. Pour cet objet, seulement, il est facile de produire une première épreuve à l'encre grasse, par la photographie, et de la reporter ensuite sur pierre. Au lieu de zinc on prend du papier, au lieu de bitume on se sert de gélatine bichromatée. Les opérations sont, d'ailleurs, les mêmes, mais elles s'effectuent avec plus de facilité, plus de rapidité, et, en outre, elles donnent plus de finesse aux dessins reproduits.

Le papier gélatiné, nécessaire à cette application, se trouve dans le commerce chez tous les gélatineurs, qui le fabriquent pour un tout autre usage — pour des couvertures de cartonnage surtout. — La couleur du papier importe peu, mais il vaut mieux qu'elle soit foncée, de façon à éviter la réflexion en retour des rayons lumineux, celle-ci pouvant amener un peu de diffusion.

La sensibilisation est des plus simples : on met les fragments de ce papier, coupés de la dimension voulue, dans de l'eau, où l'on a fait dissoudre 5 grammes pour 100 de bichromate de potasse. Trois ou quatre minutes d'immersion dans le bain suffisent, puis on fait sécher dans l'obscurité, en piquant les feuilles, avec une épingle, sur un coin, contre un liteau de bois.

Dès que ce papier est sec, on peut l'exposer sous le cliché, toujours dans un châssis-presse ; après quelques minutes d'insolation, on le sort du châssis-presse, on le noircit partout au rouleau, avec de l'encre à report, puis on le plonge dans une bassine remplie d'eau ordinaire additionnée d'alun, dans une proportion de 2 pour cent.

Les parties non impressionnées par la lumière se gonflent parce qu'elles sont aisément pénétrées par l'eau ; celles, au contraire, qui ont subi l'action lumineuse sont imperméables; elles ne peuvent donc se gonfler et.

après quelques minutes de cette immersion, si l'on retire la feuille et qu'on laisse s'écouler le liquide libre à sa surface, on voit tout le dessin se marquer nettement en creux. On a ainsi une sorte de planche en taille douce qui a retenu l'encre au fond de ses tailles les plus déliées.

On pose alors la feuille humide sur une pierre lithographique, la gélatine se trouvant au-dessus ; puis on dégage le dessin avec un rouleau propre en gélatine, de toute l'encre inutile laquelle n'a aucune adhérence sur les surfaces en relief qui sont chargées d'eau.

Cette image forme une excellente épreuve de report ; nous allons expliquer ce résultat.

L'encre étant emprisonnée partout dans des traits creux, ne peut s'écraser sur la pierre. Lorsqu'on donne la pression, il faut attendre que le papier ait perdu la plus grande partie de son humidité pour faire le report. On évite ainsi l'épaississement des traits qui se produit avec les reports d'épreuves tirées sur chine, sur papier pelure, sur papier cristal et, en général, sur toutes les surfaces planes.

L'image, une fois sur pierre, on la traite comme d'habitude. Ce même procédé permet de faire des reports sur zinc où l'on remplace alors le bitume de Judée par un corps gras rendu plus consistant et plus réfractaire aux actions de l'acide, par un saupoudrage de bitume en poudre, ou d'une résine pulvérisée, de la colophane, par exemple.

Les opérations suivent ensuite leurs cours, comme pour l'emploi de la zincographie au bitume de Judée.

Il existe d'autres moyens d'obtenir des images formées par un corps gras, et que l'on peut transporter soit sur pierre, pour les imprimer sur ce véhicule, soit sur zinc, pour en faire du gillotage, opération qui est absolument

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semblable à celle de la zincographie au bitume, et qui permet d'obtenir les clichés typographiques ainsi que Ta fait industriellement, un des premiers, M. Gillot, l'image, propre au gillotage, est formée, soit par le dessin lithographique lui-même, soit par une gravure en taille douce, soit par tout moyen photographique, conduisant à l'obtention d'une image à l'encre de report et susceptible d'être transportée sur zinc.

Par extension, on a donné le nom de GiUotypie, même aux clichés typographiques obtenus avec le bitume de Judée, bien que l'application de ce moyen à la gravure chimique remonte aux premiers temps de la photographie.

Il y a encore, disons-nous, d'autres moyens de faire sur pierre des reports d'images, formées par la photographie. Nous n'essaierons pas de les indiquer tous, et nous choisirons ceux qui sont d'une application plus certaine et plus régulière.

Nous croyons, pourtant, utile de décrire encore le procédé à la gomme qui est essentiellement propre au genre de reproduction qui nous occupe.

Ce procédé repose aussi sur le principe de Poitevin ; mais, au lieu de gélatine ou d'albumine, on emploie de la gomme arabique en dissolution dans l'eau (eau 150 g., gomme 100 gr.) et additionnée de bichromate de potasse (100 cc- eau de gomme, 100 ce. eau saturée de bichromate de potasse). On filtre à travers une mousseline m liquide épais dans une cuvette, en évitant la poussière et les bulles d'air ; puis, à la surface de ce liquide, on pose 4es feuilles de papier albuminé coagulé on les y fait ^otter de 3 à 4 minutes; ensuite, on les met sécher dans l'obscurité, en les suspendant par l'un des coins.

Ce papier, une fois sec, est prêt à être employé ; il est même urgent de l'utiliser, au plus tard, le lendemain

du soir de sa préparation. Le négatif redressé est appliqué contre ce papier sensible, et exposé dans le châssispresse à une insolation convenable, on doit yoir l'épreuve mais à peine : si l'on arrivait au ton jaune d'or, le report ne pourrait plus avoir lieu.

Après l'insolation, la feuille sera posée sur du papier buvard humide, le côté gommé en dessus ; puis, sur ce côté, on placera une feuille de papier blanc.

L'épreuve sera prête à être reportée dès que le papier blanc aura une tendance à s'y attacher.

Dans cet état de moiteur dont, avec un peu d'habitude, on saisira le degré voulu, la surface gommée est posée sur une pierre poncée, bien sèche, puis recouverte, sur le verso, de quelques feuilles de papier et d'un carton à satinage : le tout formant coussin.

On donne alors la pression que l'on renouvelle un certain nombre de fois, de 8 à 10 fois ; puis, on enlève le tablier de la presse, le coussin, et l'on humecte avec une éponge, seulement humide, le revers de l'épreuve qui adhère à la pierre. On laisse, en y revenant à plusieurs reprises, le temps à l'humidité de pénétrer bien le papier; puis, on soulève délicatement un des coins de la feuille, pour vérifier si elle s'enlève facilement. Dans ce cas, on enlève complètement la feuille, sinon, on mouillerait de nouveau et, après une attente de quelques minutes, on procéderait à Tenlèvement définitif.

Que s'est-il passé ? Les parties insolées sont restées sèches, tandis que l'humidité du buvard a pénétré les parties demeurées solubles. Par la pression, la gomme de toutes les parties non attaquées par la lumière a adhéré à la pierre sèche, s'y est collée, tandis que les autres parties restent adhérentes au papier. En mouillant le dos de la feuille, on a facilité la séparation de la

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gomme d'avec le papier, et, celui-ci, en s'enlevant, a entraîné l'image insoluble, tandis qu'il a laissé sur la pierre une réserve formée de toute la gomme soluble.'

La pierre est ensuite bien séchée dans l'obscurité, recouverte d'une encre formée avec de l'encre à report, et délayée dans l'essence de térébenthine. Tous les traits du dessin se trouvent à nu sur la pierre ; le corps gras les pénètre, tandis qu'il ne peut traverser la réserve de gomme. On n'a plus qu'à passer, à la surface de la pierre, une éponge humide pour dégager l'image qui se montre immédiatement avec ses moindres détails. On encre de nouveau et quand l'épreuve est bien montée on la traite par la gomme, puis par l'acide, et l'on fait le tirage comme d'habitude.

Phototypie. — Un autre moyen de reproduire industriellement des dessins au trait consiste dans l'emploi de la phototypie, sorte d'impression analogue à la photolithographie, mais dans laquelle la planche imprimante est exécutée directement, par l'action de la lumière, sur une surface sensible, sans qu'il soit nécessaire de procéder par voie de report sur un autre support. Le report peut cependant avoir lieu, et il est des cas où il est opportun de tirer une image phototypique que l'on transportera soit sur zinc, soit sur pierre, soit sur bois, soit sur tout autre support définitif. Nous aurons à passer en revue ces diverses applications de la phototypie. Mais expliquons, tout d'abord, en quoi elle consiste.

La base de ce procédé est la même que celle de la photoUthographie. La surface imprimante se trouve formée par une couche de gélatine bichromatée : la différence qui existe entre la phototypie et la photolithographie, c'est que la couche de gélatine phototypique sert directement à faire l'impression, sans qu'il y ait lieu

d'employer un autre véhicule que celui sur lequel repose la couche sensible, pourvu que celui-ci soit assez résjs^ tant.

La phototypie se prête aussi bien à l'impression des images à demi teintes qu'à celle des images au trait, nous ne nous occupons pour le moment que de ces dernières sauf à revenir sur l'application delà phototypie aux reproductions de tout genre.

Imaginons une couche de gélatine bichromatée éten- . due sur une surface soit de verre, soit d'un métal bien dressé, cuivre ou zinc. Cette couche sera sensible à l'action des rayons lumineux et, ainsi que nous l'avons démontré dans le chapitre précédent, la gélatine bichromatée se trouvera coagulée et imperméable à l'humidité partout où elle aura été atteinte par la lumière.

Toutes les parties de la surface sensible, non atteintes par rinsolation, conserveront leur propriété d'absorber l'hamidité. Nous aurons donc transformé notre couche de gélatine en une vraie pierre lithographique ; si, après l'avoir mouillée, nous promenons à sa surface un rouleau chargé d'encre grasse, l'encre adhérera partout où elle sera mise en contact avec une partie sèche de la plaque, c'est-à-dire avec une de ses parties attaquées par la lumière, et elle sera, au contraire, repoussée dans les endroits gonflés d'humidité, c'est-à-dire non transformés par la lumière en une substance imperméable à l'eau. Maintenant, on comprend aisément la marche de ce procédé d'impression directe : il suffit, pour le réaliser, de déposer à la surface d'une plaque de zinc, de cuivre, de plomb ou de verre, et même d'une pierre lithographique, une couche de gélatine bichromatée, et exposée à la lumière, sous un cliché, après dessiccation et, enfin, de mouiller à Teau froide, après l'insolation, pour humidifier les parties non influencées par les rayons

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lumineux. Bientôt Thumidité absorbée sera suffisante pour que l'encre grasse soit repoussée partout où elle sera inutile à la formation de l'image, et Ton pourra opérer une série de tirages plus ou moins nombreux, suivant que la préparation aura été faite dans des conditions plus ou moins bonnes.

On trouvera dans notre traité spécial de phototypie ^ tous les détails, fort nombreux, relatifs aux applications de ce procédé, que nous n'hésitons pas à indiquer comme étant l'un des plus complets et des plus utiles.

Comme nous devons revenir sur la phototypie, dans ses applications à la reproduction industrielle des dessins modelés, des aquarelles et tableaux à l'huile, en un mot de toutes les œuvres de l'art ou de la nature, offrant des teintes continues, nous n'allons donner que quelques explications sommaires sur la marche pratique de ce procédé.

La couche de gélatine impressionnée parla lumière tient lieu d'une pierre lithographique, et l'on s'en sert de la même façon, avec quelques ménagements de plus, pourtant, car la couche de gélatine offre moins de résistance que la pierre, et elle est plus sujette à se détériorer. Le nombre des épreuves que l'on peut tirer sur la gélatine est aussi, pour la même raison, moins considérable, mais il est si aisé de faire une nouvelle planche phototypique, qu'il n'y a guère à se préoccuper de ce désavantage.

D'ailleurs, les images qu'elle produit sont si parfaites et si rapidement obtenues qu'il est bien permis d'avoir à compter avec une plus grande délicatesse dans les opérations du tirage.

* Traita pratique de phototypie de M. Léon Vidal. Librairie G authier- Villars, Paris.

En outre^ les planches phototypiques fournissent d'excellentes épreuves de report, et Ton peut, après avoir ainsi tiré avec de l'encre à report, une très bonne épreuve sur papier de chine encollé, la transporter sur une pierre lithographique. Par suite de ce transfert, il se produira une certaine déperdition ; l'épreuve industrielle n'étant pas aussi directe sera moins parfaite, mais dans la plupart des cas, elle sera suffisante.

On peut encore, avec cette épreuve phototypique, tirée sur papier de chine encollé, opérer un décalque sur cuivre ou sur zinc, et, suivant les besoins, s'en servir pour obtenir soit des plaques avec reliefs ou typographies, soit des plaques gravées en creux ou taillesdouces.

Dans le premier cas, on transporte sur le métal une épreuve positive et dans l'autre un négatif.

Quand l'épreuve à l'encre grasse se trouve transportée à la surface d'une lame de zinc, par exemple, on la recouvre encore de bitume, ou de résine en poudre impalpable, pour augmenter la résistance à Faction de la morsure, et l'on plonge dans un bain d'eau acidulée.

Quand on se sert de glaces comme supports rigides des épreuves phototypiques, il est nécessaire de les recouvrir de deux couches, dont la première sert à souder la seconde au verre, assez solidement, pour qu'elle résiste au frottement du rouleau et à l'action énergique de la pression. Une seule couche, celle qui forme la surface imprimante, suffit quand on emploie des plaques de cuivre. Dans les cas où l'on se sert de feuilles de zinc, il est utile de provoquer une adhérence suffisante de la gélatine au métal, par l'emploi d'une première couche de gélatine répandue sur le zinc, préalablement attaqué par de l'acide chromique en dissolution dans l'eau (3 grammes p. 100 d'eau).

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Le zinc ne retiendrait pas, sans cette précaution, la couche imprimante, tandis que le cuivre possède, au contraire, une certaine affinité pour la gélatine, à laquelle il adhère très-bien. Quand on doit exécuter de grandes phototypies, l'emploi de lames de zinc constitue une économie considérable et c'est pourquoi il est bon de pouvoir, suivant les cas, recourir à des supports diflFérents. Le plomb mince et grené constitue aussi un excellent support.

Le zinc, employé en feuilles minces permet de suivre la venue de l'image dans le châssis, parce qu'on peut soulever la feuille, la courber et voir où en est l'impression. Avec des glaces, on juge du degfé de venue de l'image par l'effet de la translucidité; mais (^ette inspection est impossible si l'on opère avec des plaques de cuivre 2.

^ Du n*» 4 ou 5 ; ne se servir que de zinc Lien plané. 2 On peut aussi cuivrer le zinc. Voir au chapitre relatif à la galvanoplastie le moyen employé pour atteindre ce résultat.

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