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CHAPITRE XIII

GRAVURE EN TAILLE-DOUCE. — PHOTOTYPOGiUPHIE. PHOTOGRAVURE.

Sommaire : Gravure modelée. — Aquatinte. — Gravure au lavis.. — Gravure en manière noire. — Lithographie au crayon. — Report sur pierre lithographique cVun dessin sur papier Angerer et impression directe. — Gravure en relief de ce même dessin. — Papier Gillot et son emploi. — Similigravure de M. G. Petit. — Gravure en tailledouce par les procédés de M. Garnier, de M. Rousselon et de M. Waterhouse. — Impossibilité actuelle d'imprimer des images à teintes absolument continues sur des clichés typographiques ou en relief. — Dans quelle voie Ton peut trouver la solution de cet important problème.

En nous occupant de la gravure propre aux reproductions de sujets au trait, nous avons réservé pour ce cliapitre les procédés qui se prêtent aux reproductions avec teintes continues, c'est-à-dire, avec des modelés non exécutés à l'aide de points, des hachures ou des traits obtenus manuellement. Nous aurions trop à faire si nous voulions décrire tous les procédés de ce genre qui existent, nous ne parlerons donc que des principaux en débutant d'abord par ceux qui, connus depuis longtemps déjà, n'impliquent aucun recours à l'action de la lumière, puis nous nous occuperons de ceux qui emploient la photographie pour exécuter la partie principale de l'opération, celle de la reproduction même du sujet et de sa constitution à l'état de réserve, à la surface même de la plaque de métal.

Parmi les procédés de gravure modelée nous rencontrons d'abord ceux de la gravure dite à Y aquatinte.

Aquatinte. — C'est un genre de gravure qui permet d'obtenir la formation d'une sorte de planche en tailledouce, dont les parties imprimantes sont par conséquent en creux et où l'on a ménagé un grain par un procédé que nous ne pouvons décrire ici que très sommairement.

Une plaque de cuivre est d'abord recouverte d'un vernis gras spécial, ainsi qu'il est indiqué au chapitre relatif à l'eau-forte ; les divers contours du dessin y sont tracés en mettant le métal à nu, puis on les fait mordre comme pour produire une gravure au trait.

On enlève ensuite le vernis et Ton pose la planche bien nettoyée dans une boîte à grain.

Cette boîte consiste en une caisse dans laquelle on •peut, avec une soufflerie mécanique, soulever un nuage de poussière résineuse.

Quand la poudre résineuse a été ainsi mise en mouvement, on choisit le moment opportun pour introduire la planche dans la boîte.

Le grain qui se dépose sur sa surface est d'autant plus fin que l'introduction a lieu plus longtemps après l'action de la soufflerie.

Après quelques instants de séjour dans la boîte, la planche est chargée, d'une manière uniforme, d'une couche de poudre résineuse formée par des grains plus ou moins fins. L'expérience indique le moment où cette couche est assez abondante, on peut, en renouvelant plusieurs fois cette même opération, la rendre de plus en plus épaisse.

On la soumet ensuite, par-dessous, à une chaleur

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^douce pour ramollir la résine et la faire adhérer à la planche.

Le degré et la durée du chauffage permettent d'obtenir des grains plus ou moins fins et réguliers.

Plus on chauffe, plus le grain est fort : mais aussi, plus il est irrégulier.

Quand le grainage voulu a été obtenu, on recouvre avec du vernis les parties qui doivent rester blanches et on fait mordre le reste.

L'eau acidulée n'agit ni sur les parties réservées, ni sur celles que recouvre la résine : elle n'attaque que les endroits où la résine laisse le métal à découvert.

On obtient ainsi, à l'aide de réserves, de morsures et de grenages successifs, des effets de plus en plus marqués, et suivant Thabileté du graveur, qui fait ici œuvre d'artiste, les résultats sont plus ou moins beaux.

Gravure au lavis, — La gravure au lavis permet aussi d'obtenir des planches imprimantes avec des teintes continues : elle consiste à laver sur le cuivre, au pinceau, avec de l'eau-forte, comme on lave avec de l'encre de Chine sur du papier.

Ce procédé, comme celui qui précède, se prête aussi bien à la création d'œuvres originales qu'à des reproductions.

On procède pour le trait comme pour la gravure ordinaire à l'eau-forte mais en employant des pointes qui découvrent seulement le cuivre sans le couper. On fait mordre ce trait, puis on nettoie la planche.

On recouvre ensuite avec du vernis de Venise, mêlé tle noir de fumée, toutes les parties de la planche qui doivent rester blanches ; puis, on borde avec de la cire molle et l'on couvre le cuivre d'une faible épaisseur d'éau-forte peu énergique. Le cuivre sera attaqué et il en

résultera une teinte égale unie et faible. On lavera la . planche et, après l'avoir laissée sécher, on couvrira avec du ternis de Venise toutes les parties déjà suffisamment gravées pour rendre les plus faibles demi-teintes. On fera alors mordre de nouveau et ainsi de suite à plusieurs reprises, de façon à augmenter la valeur des teintes qui devront rendre les parties sombres ou noires du sujet.

Il est nécessaire de recourir aussi à un grenage qui sera décrit lors de l'exposition plus complète de ce procédé de gravure que nous ne faisons qu'indiquer ici, sommairement, comme un de ceux que l'on peut employer à la formation des planches donnant des impressions à teintes continues.

Gravure en manière noire. ' — Ce genre de gravure se rapproche beaucoup par ses effets du dessin au lavis .

Pour l'exécuter on se sert d'une planche de cuivre grené qui produirait par l'impression une teinte uniforme noire unie et veloutée, mais on tire les objets de l'obscurité en abattant les grains et en grattant la planche.

On décalque le sujet que l'on doit graver sur la planche grenée en agissant directement sur le cuivre, puis à l'aide de racloirs, grattoirs et brunissoirs de dimensions variées, on enlève les aspérités, dans les endroits que l'on veut rendre plus ou moins lisses pour représenter l'effet du clair- obscur par des nuances plus lumineuses, et absolument blanches dans les parties luisantes et brillantes.

On fait donc l'inverse du travail de la gravure au lavis : celui-ci distribue du noir partout où il en faut plus ou moins ; dans la^' gravure qui nous occupe c'est du blanc que Ton place aux endroits voulus ou les demi-teintes

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