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C. défèrent

Fig. 72. — Coupe transversale du cordon.

considérable chez les obèses, et qui est le point de départ des lipomes du cordon. Cette nappe graisseuse est contenue à son tour dans une membrane celluleuse ; isolée, elle figure un cylindre lobulé en chapelet, s’évasant en bas sur le bord supérieur de l’épididyme. — La masse postérieure, très petite, ne renferme que le canal détérent, côtoyé par les trois ou quatre veines testiculaires postérieures, et appliqué intimement contre la tunique fibreuse par une lame musculaire rougeâtre à fibres lisses que nous avons déjà dit être le crémaster interne de Henle, et dont nous avons décrit les expansions terminales sur le testicule et sur les vésicules séminales* Cette situation cens-

tante du canal et sa dureté caractéristique permettent de le distinguer sûrement, par le toucher, des veines concomitantes.

Si, à F exemple de Kocher, on pousse dans le cordon, sous la tunique fibreuse, une injection à la gélatine, on voit que le cordon se distend régulièrement en boudin, que le canal déférent est collé à sa partie postérieure, que même à la partie supérieure la tunique fibreuse ne se rompt pas et contient la masse,

Fia. 73. — Injection de gélatine clans le cordon. — Coupe verticale.

que celle-ci, par une poussée plus forte, passe en haut par le canal inguinal et diffuse sous le péritoine de la fosse iliaque, tandis qu’en bas elle s’infiltre assez difficilement autour de l’épididyme à cause de la gaine musculaire lisse, et se répand plus facilement en avant. On dirait alors une hydrocèle, en raison de la forme de la tumeur et du refoulement du testicule avec sa vaginale en arrière et en bas.

Ces injections expérimentales servent à faire comprendre les caractères extérieurs des hydrocèles diffuses, des hématocèles du cordon et de la funiculite totale.

Vaisseaux et Nerfs. — La circulation et l’innervation des organes que nous venons d’étudier représentent deux systèmes bien distincts : l’un est superficiel, destiné aux enveloppes, l’autre profond, affecté aux viscères.

1° Circulation et innervation tégumentaire ou superficielle. — Le tégument est représenté par le scrotum et son dartos. Il reçoit, des honteuses externes et des périnéales, des artères qui circulent dans la celluleuse et s’anastomosent transversalement. — Des veines beaucoup plus nombreuses se jettent dans la honteuse interne et la saphène, et unissent par conséquent la veine fémorale avec l’hypogastrique ; elles communiquent en outre avec les dorsales superficielles de la verge, et surtout elles sont reliées aux veines testiculaires par de gros vaisseaux qui traversent la lame de l’attache scrotale. — Les lymphatiques sont des plus riches parmi les lymphatiques cutanés et sont les plus faciles à injecter; de leur réseau en dentelle les troncs s’incurvant de chaque côté à partir du raphé vont les uns aux ganglions inguinaux, les autres, les plus bas, non moins nombreux, aux ganglions cruraux, d’où il suit qu’une lésion scrotale peut entraîner une adénite crurale, c’est-à-dire des ganglions verticaux du triangle de Scarpa, que l’on suppose à tort exclusivement dévolus au membre inférieur.

Les nerfs viennent du génito-crural et des honteux internes. Sappey dit avoir constaté plusieurs fois des corpuscules de Pacini dans la cloison des dartos.

2° Circulation et innervation viscérale ou profonde. — Le testicule étant un organe abdominal émigré reçoit ses vaisseaux de son point d’origine embryonnaire; en sorte qu’après avoir été très courts et horizontaux, ceux-ci sont devenus extrêmement longs et verticaux.

L’artère spermatique, de source aortique, est la vraie nourricière du testicule et de l’épididyme, comme la déférentielle pour le canal déférent, la funiculaire pour les éléments du cordon ; toutefois, leurs anastomoses au niveau de l’épididyme leur permettent de se suppléer. Sur le hile du testicule la spermatique se partage en deux sortes de branches. Les branches

périphériques, sans pénétrer dans le corps d’Highmore, s’irradient en lignes courbes sous et dans l’albuginée; les plus grosses sont sous l’albüginée, dans la couche de tissu interstitiel, dite tunique vasculaire, et c’est de là qu’elles abordent par leur base les lobes testiculaires. Les branches centrales, plus minces, rectilignes, dont on a à tort contesté l’existence, pénè-

Fig. 74. — Coupe transversale du corps d’Highmore. —

Les deux étages du Rete.

y forment un réseau vasculaire superposé au réseau séminifère, lequel occupe l’étage inférieur; puis perforant le réseau séminifère lui-même, elles abordent les cloisons interlobulaires par leur sommet et vont à la rencontre des artères périphériques. Les réseaux capillaires qui entourent les tubes glandulaires sont d’une grande richesse.

Les veines spermatiques offrent un grand intérêt. Du testicule et de l’épididyme partent deux groupes veineux bien différents à tous les points de vue : le groupe postérieur ou funiculaire, et le groupe antérieur ou spermatique.

Le groupe ou faisceau postérieur naît surtout de la queue de l’épididyme où il communique largement avec le faisceau antérieur et avec les veines scrotales. Il ne comprend que trois ou quatre veines qui montent avec ie canal déférent, à la partie postérieure du cordon, et vont, à la sortie du canal inguinal, se

jeter dans les veines épigastriques. Ces veines semblent être dans la proportion habituelle des veines par rapport aux artères ; bien que non valvulées, elles sont rarement variqueuses, ce qui est dû peut-être à la gaine musculaire qui les enveloppe en même temps que le canal déférent.

Tout autre est le groupe antérieur. Un énorme paquet veineux partant du hile testiculaire et de l’épididyme monte dans la partie antérieure du cordon, enlaçant l’artère spermatique,

Fig. 75. — Artères et veines testiculaires.

traverse l’anneau inguinal et remonte jusqu’au niveau des reins. Dans le cordon, ces veines sont anastomosées entre elles par des arcades transversales, ou par des branches obliques, ou même par accolement, et constituent ainsi le plexus pampiniforme ; au sortir du canal inguinal, elles se réunissent en deux troncs, puis un seul, qui se jette dans la veine rénale à gauche, dans la veine cave à droite. Elles communiquent constamment

avec les veines scrotales, les péniennes, les prépubiennes, la saphène interne, les épigastriques, les funiculaires, les souspéritonéales. Elles sont valvulées, mais leurs valvules sont insuffisantes, et il est bien rare qu’on ne puisse pas les injecter à contre courant; cependant on échoue quelquefois.

Ces veines testiculaires antérieures sont fréquemment atteintes de dilatation variqueuse, varicocèle ; peut-être même, si on compte les états transitoires de la puberté, le varicocèle est-il la règle. On a invoqué des causes sans nombre : la disproportion énorme des vaisseaux veineux et artériels dont les premiers surpassent peut-être cinquante fois les seconds dans leur surface de section, la force de la pesanteur, la longueur du trajet, l'insuffisance des valvules, le passage dans des anneaux fibreux. Mais il faudrait avant tout expliquer la raison d’être de ce plexus considérable, sans rapport avec le volume et l’activité de la glande qu’il dessert. Peut-être est-il lui-même un état pathologique, un développement aberrant des veines du corps de Wolff, dans une région où nous avons vu persister tant de parties fœtales ; plusieurs détails anatomiques semblent indiquer dans les veines spermatiques une évolution anormale.

On ne s’est pas moins ingénié à expliquer la plus grande fréquence du varicocèle gauche, fait qui se rencontre également chez les singes (Sutton). Les seules raisons plausibles actuellement sont que, du côté gauche , la veine spermatique se jette dans la rénale sous une incidence perpendiculaire et que son embouchure est sans valvule, tandis qu’à droite elle aborde la veine cave sous une incidence parallèle et avec une valvule suffisante (Brin ton).

Les lymphatiques constituent dans la glande génitale une trame réticulée, entourant les tubes séminifères, et d’où émergent des troncs périphériques et centraux, suivant la disposition des vaisseaux sanguins. Après avoir recueilli les efférents du réseau de l’albuginée et de ceux de l’épididyme, ils montent en grand nombre en avant du plexus pampiniforme qu’ils recouvrent, et aboutissent, à gauche, aux ganglions qui sont sous la veine rénale, à droite, à ceux qui sont au même niveau

en avant de la veine cave. C’est pour cela que dans un cancer des bourses il faut chercher les ganglions au pli de l’aine, et dans un cancer testiculaire, à la région lombaire.

Les nerfs viennent du plexus hypogastrique et enlacent l’artère spermatique.

Nous serons brefs sur la circulation du canal déférent et de la vésicule séminale ; elle ne présente aucun intérêt de structure.

Le canal déférent reçoit ses artères de la déférentielle, branche de la vésicale inférieure ; ses veines vont au plexus vésicoprostatique pour la portion ampullaire. Il est entouré d’un riche plexus nerveux, émané du plexus hypogastrique. On ne trouve de lymphatiques abondants que dans les deux portions initiale et terminale.

La vésicule séminale est vascularisée par des branches émanées surtout de la vésicale inférieure et accessoirement de l’hémorroïdale moyenne et de la déférentielle. Ses faces sont couvertes d’un réseau veineux qui se déverse sur le bord externe dans les plexus séminaux, eux-mêmes aboutissant aux plexus de la vessie et de la prostate. La vésicule est comme le col de la vessie, comme la prostate et l’urètre, plongée dans ces grands réservoirs sanguins qui sont tous solidaires entre eux et avec ceux du rectum. Les lymphatiques sont , eux aussi, très développés; leurs réseaux entourent les lobules et leurs vaisseaux efférents descendent le long des deux bords pour aboutir à des ganglions, placés l’un sur le côté du plancher pelvien, l’autre au-dessus et en arrière de la vésicule. Dans les cas de tuberculose génitale , on a vu de nombreux ganglions ou tout au moins des amas de vaisseaux envahis le long du cul-de-sac péritonéal.

Le plexus séminal, anastomosé avec ceux du déférent, de la vessie et de la prostate, et réparti sur toute la périphérie en filets nombreux, provient du plexus hypogastrique.

CANAUX ÉJACULATEURS

Les canaux éjaculateurs sont lesyonduits spermatiques étendus des vésicules séminales à l’urètre.

Chacun d’eux naît ordinairement du col de la vésicule prolongé en canal excréteur, assez souvent de la vésicule et du canal déférent séparés l’un de l’autre par un éperon, plus rarement du déférent seul ; de là ils se dirigent obliquement à 45°, en avant et en bas, convergeant d’abord l’un vers l’autre, puis parallèles, et viennent s’ouvrir dans l’urètre prostatique sur les côtés antérieurs du veru-montanum.

Leur longueur est de 15 à 20 millimètres ; leur forme est conique (4 millimètres de diamètre à l’origine, 1 à la terminaison): leur lumière de 1 millimètre, puis 0,5.

Fig. 76. — Canaux éjaculateurs. — La prostate ouverte par devant.

Dans tout leur trajet, ils sont situés au milieu de la prostate qu’ils traversent obliquement pour se rapprocher de l’urètre sensiblement vertical. Chez l’embryon, la prostate étant formée de deux lobes latéraux isolés, les canaux sont libres entre ces lobes et derrière l’urètre. Bientôt les deux moitiés prostatiques

s’unissent entre elles derrière les éjaculateurs, et ceux-ci se trouvent alors emprisonnés dans la glande. Malgré cela, ils restent toujours isolés et indépendants du tissu prostatique, creusé en entonnoir, pour les loger conjointement avec l’utricule; dans cet entonnoir, les trois organes, canaux et utricule, sont plongés dans un tissu caverneux érectile, identique à la gaine érectile de l’urètre et continu avec elle; une couche circulaire de fibres lisses entoure tout ce petit système. Des trabécules musculaires et élastiques anastomosées en réseaux et limitant des aréoles communicantes pleines de sang constituent la gaine érectile des canaux et s’avance jusqu’à sa paroi par des lacunes plus minces et des travées plus fortes.

Structure . — Les canaux éjaculateurs ont, de dedans en dehors : une muqueuse, d’abord jaune, réticulée et aréolaire, avec invaginations cœcales, comme celle de la vésicule et du déférent, puis vers l’urètre, blanche, molle, finement plissée ; son épithélium est cylindrique — et une couche musculaire lisse, longitudinale. Le tissu érectile paraît creusé dans la partie extérieure de cette couche longitudinale, comme dans l’urètre de

la femme, mais beaucoup plus dilatée et pénétrée de riches réseaux élastiques; la couche circulaire est représentée par l’anneau commun à tout le système.

Leur fonction est de conduire le sperme de la vésicule et du canal déférent dans l’urètre. La progression se fait par les mouvements vermiculaires des vésicules qui chassent le liquide et

parle tissu musculaire qui les entoure. Le rôle de la gaine érectile est, suivant Henle, de se vider de sang pendant le passage du liquide séminal et d’assurer par là la distension facile du canal ; c’est ce qu’il appelle les tissus vasculaires compressibles. Mais on comprend difficilement que ce système caverneux soit vide pendant l’érection, et l’on doit présumer qu’il se comporte comme le corps spongieux lui-même autour de l’urètre, c’est-à-dire qu’il fournit aux conduits un coussinet élastique pour empêcher à la contraction prostatique de fermer leur lumière.

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