C. infér
Fig. 5. — Vaisseaux de la capsule surrénale. — Côté droit.
1° Artères. — Les artères leur viennent de trois sources. L’artère fondamentale est la capsulaire ou surrénale moyenne , qui vient de l’aorte. On l’a vue grêle, ou absente; souvent elle est multiple. Elle aborde la glande par son côté interne et se répand sur ses deux faces, en suivant surtout les grands sillons. — La capsulaire supérieure naît de la phrénique ou diaphragmatique supérieure, et longe le bord supérieur de dedans en dehors, quelquefois en trajet récurrent. — La capsulaire inférieure est une branche qui se détache de la rénale à son entrée dans le hile ou même de branches intra-rénales et perforantes ; assez souvent multiple, elle couvre la face inférieure ou base.
Ces branches artérielles s’anastomosent sur les faces et les bords, perforent l’enveloppe fibreuse au nombre de quinze à vingt rameaux au moins, et, suivant les sept à intercolummaires, vont, par des anastomoses nouvelles et plus étroites, entourer
soit les cordons épithéliaux de l’écorce, soit les groupes cellulaires de la moelle.
2° Veines. — Des réseaux capillaires de la moelle naissent des veinules qui vont obliquement, en disposition palmée ou penniforme] s’insérer sur une veine centrale, laquelle, après avoir suivi l’axe transversal de la glande, rampe dans le sillon antérieur et en émerge plus ou moins près du bord interne. Cette veine, grande veine surrénale , est constante comme existence et situation ; elle représente cinq fois le volume des artères réunies, elle est sans valvules, et va se jeter à droite dans la veine cave, à gauche dans la veine rénale. Ses veines d’origine et son tronc lui-même dans la moelle sont tellement minces et friables qu’on a les plus grandes difficultés à les injecter sans ruptures; même l’insufflation de l’air y détermine la formation de cavités, et lions avons déjà indiqué la fréquence des extravasats sanguins avant ou après la mort.
D’autres veines, petites, inconstantes, surtout de source corticale., vont à la phrénique et à la veine rénale.
3° Lymphatiques. — H. Stilling a injecté les riches réseaux intérieurs qu’ils forment dans les deux substances autour des agglomérations cellulaires, autour des vaisseaux et surtout de la veine centrale ; il n’y a de gros troncs efférents que dans les cloisons de l’écorce. — Sappey, soit chez l’homme, soit chez. le chien et le cheval, a obtenu l’injection d’un réseau périphérique en dentelle sous l’enveloppe fibreuse. De ce réseau et des réseaux intérieurs sortent avec les artères, et principalement avec les grandes veines, des troncs lymphatiques qui vont pour la plupart en bas à un petit ganglion situé au-dessus de la veine rénale; quelques-uns vont aux lymphatiques mêmes du rein. Il est à noter que les. ganglions aboutissant renferment souvent une grande quantité de pigment.
Nerfs. — Les nerfs, disposés en plexus surrénaux, arrivent avec les artères qu’ils enlacent. Ils viennent du plexus solaire et renferment des libres du sympathique, des splanchniques, du phrénique et du pneumogastrique ; ils sont surtout nombreux dans la moitié inférieure et le bord interne. Kœlliker en a compté jusqu'à trente-trois pour une seule capsule. On les a
suivis à travers les cloisons corticales jusque dans des réseaux médullaires, et on sait qu’ils sont accompagnés de cellules nerveuses isolées ou groupées soit dans leur trajet extérieur, soit dans la capsule et même dans la moelle.
Ces relations des plexus intra-surrénaux avec les ganglions sympathiques solaires se manifestent dès la première époque embryonnaire.
Capsules surrénales accessoires — Des capsules accessoires ou supplémentaires ne sont pas très rares. Elles ont le volume d’un grain de mil à un pois, sont arrondies et siègent de préférence le long du bord inférieur ou sont englobées dans les plexus rénal et cœliaque. Parfois elles sont rattachées à la glande mère par un pédicule ; elles peuvent, outre la substance corticale, renfermer ou non de la substance médullaire.
On en a trouvé situées beaucoup plus loin, soit chez des jeunes enfants, soit chez des adultes, et quelquefois en nombre multiple : ainsi, au-dessous du rein, le long de l’uretère, en avant du plexus ovarique, et plusieurs fois dans le ligament large (Marchand, Ghiari.)
Nature. — La signification des capsules surrénales est très obscure. Elles existent chez tous les vertébrés, ou à peu près, et chez beaucoup elles se font remarquer par leur richesse en pigment et en lymphatiques. Celles des amphibiens et des reptiles ont une circulation porte ; leurs branches efférentes vont à la veine porte rénale.
Leur apparition est précoce chez l’embryon humain ; vers le quatrième mois fœtal elles sont aussi grosses que le rein, et à la naissance elles en représentent encore le quart environ. Depuis lors, elles croissent peu : cependant, Cruveilhier les a vues très volumineuses chez des sujets âgés. Elles sont ordinairement très développées chez les nègres et de couleur plus foncée, mais on a vu aussi des capsules de nègre de volume moyen et même très petites (2^'50.)
Leur rapport avec le rein est purement accidentel. Elles ne suivent pas les mêmes lois de croissance et arrivent à
leur minimum quand le rein est à son plein développement. Les reins peuvent être très petits et les capsules très grosses.
Enfin , quand un rein est en ectopie ou même manque complètement, la capsule du même côté n’en conserve pas moins sa forme, son volume et sa situation.
Les relations des glandes surrénales avec les glandes génitales sont à mentionner. Chez quelques vertébrés, elles naissent toutes deux du même épithélium germinatif et restent toute la vie contiguës ; elles peuvent aussi suivre un même accroissement parallèle. Les artères spermatiques naissent parfois des capsulaires. Les capsules surrénales sont modifiées par la grossesse, au moins chez certaines femelles. Chez l’homme, Meckel dit avoir plusieurs fois constaté leur hypertrophie chez des sujets très adonnés aux plaisirs vénériens.
Disons en terminant que les rôles variés de glande vasculaire, de glande sympathique, de glande éliminatrice du pigment, attribués hypothétiquement aux capsules, ne s’appuyent pas sur des faits anatomiques définis.