TESTICULES
Les testicules sont les glandes qui sécrètent le. sperme, le mot sécrétion étant pris dans le sens le plus large.
Il y a deux testicules. On ne connaît qu’un cas authentique de testicule triple, et une vingtaine de cas d’absence totale de la glande (anorcliidie).
Us sont situés dans la partie renflée des bourses, parallèles entre eux et tous deux en direction antéro-postérieure.
Tous les anatomistes enseignent que le testicule gauche descend plus bas, et on répète depuis Winckelmann que les sculpteurs grecs ont observé cette particularité dans leurs statues. Mais outre que cette dernière assertion a été contestée, il n’est pas non plus démontré que le fait anatomique soit exact. Les deux glandes sont rarement au même niveau, et d’habitude une des deux est à 1 ou 2 centimètres plus haut ou plus bas que l’autre ; sur une série de sujets assez nombreux, j’ai trouvé que le plus bas était ordinairement le droit. Cette particularité n’a d’ailleurs pas d’explication plausible, et les déductions physiologiques qu’on en a tirées sont hypothétiques.
Poids et dimensions. — Les dimensions moyennes sont les suivantes : 40 millimètres en longueur, 30 en largeur, c’està-dire d’un bord à l’autre, et 25 en épaisseur, d’une face à l’autre (Sappey).
Le poids moyen (testicule et épididyme réunis) est de 21 grammes. Contrairement à d’autres auteurs, j’ai trouvé le testicule droit plus volumineux et plus lourd ; et l’on sait que la vésicule séminale droite est ordinairement plus grande que la gauche.
Le développement du testicule, qu’on l’estime par son poids ou par ses dimensions, est sujet à de grandes variations. Non seulement il diminue dans la vieillesse, mais à l’âge adulte
il peut varier de moitié d’un sujet à l’autre; il est ordinairement diminué chez les phtisiques et les types grêles. Le poids de 30 grammes est à peu près le maximum ; au delà commence l’hypertrophie qui, du reste, peut être physiologique au cas où l’autre glande est absente ou rudimentaire. — Le rapport qui existerait entre le volume de l’amygdale et du testicule, et d après lequel l’ablation de l’amygdale entraînerait l’atrophie du testicule en croissance, ne repose que sur un préjugé populaire, comme l’ont montré les recherches des chirurgiens anglais.
Les variations de volume sur le même sujet, selon l’état de réplétion ou de vacuité de la glande, sont très peu étendues. Le testicule diminue sans doute et devient flasque après des éjaculations abondantes, mais cet état, dû à l’affaissement du tissu interstitiel lymphatique plus qu’au vide des tubes séminifères, nous paraît plus sensible à cause du collapsus de toutes les tuniques extérieures.
Forme et rapports. — La glande génitale est composée de deux parties : le testicule proprement dit et l’épididyme.'
Fig. 60. — Le testicule et l’épididyme. — Côté gauche : face externe.
Le testicule proprement dit est ovoïde, lisse, de couleur blanc laiteux, de consistance résistante. Son obliquité à 45° dans le plan antéro-postérieur fait qu’il a deux faces externe et interne, bombées et saillantes dans la cavité vaginale — un
bord antérieur ou inférieur, libre également et convexe, et un bord postérieur ou dos, presque rectiligne, entouré par l’anse de l’épididyme et contenant au milieu le hile de la glande — deux extrémités, supérieure et inférieure ou pôles, correspondant à sa jonction avec l’épididyme.
L’épididyme est posé sur le testicule comme un cimier sur le timbre d’un casque. Il est renflé à son extrémité supérieure ou tète (globus, forceps major), beaucoup moins ou même effilé à son extrémité inférieure ou queue (globus minor) ; toutes deux adhèrent intimement au testicule sous-jacent ; son corps est flottant dans le méso de la vaginale, et laisse libre une partie du bord supérieur du testicule pour la pénétration des vaisseaux. L’épididyme coiffe donc le bord dorsal du testicule, mais en même temps, par sa face inférieure et son bord tranchant, il empiète fortement sur la face externe, ce qui, avec les caractères distinctifs des extrémités, permet de reconnaître les deux glandes droite et gauche séparées.
Migration testiculaire. — Le testicule naît dans la cavité abdominale au-dessous des reins, dans la région lombaire ; il y reste jusqu’au troisième mois, enveloppé par un méso péritonéal (meso testis, mesorchium) et recevant à angle droit ses artères de l’aorte.
Dès le début du troisième mois, il commence à descendre, traverse la région lombaire, la fosse iliaque, se présente vers le sixième mois à l’orifice interne du canal inguinal, au pli de l’aine au huitième et au fond des bourses à la naissance. Une fois sur cinq, chez le nouveau-né, un des deux testicules, tantôt l’un, tantôt l’autre, est encore en haut des bourses, mais il descend ordinairement dans les quelques jours qui suivent, plus rarement dans le cours du premiers mois ; même jusqu’à la puberté, on peut voir ou faire descendre l’organe arrêté.
Le mécanisme de cette migration est encore un sujet de discussion, malgré les découvertes de ILunter. C’est l’étude des fœtus de grands animaux qui fournit les données les plus claires.
Le testicule est dans l’abdomen, sur le carré des lombes,- cou-
vert par un repli péritonéal ; l’épididyme lui est accolé et placé à son côté externe. Sur l’extrémité inférieure des deux organes s’attache un cordon arrondi qui descend sous le péritoine, comme l’uretère, traverse le canal inguinal en glissant entre la séreuse et le fascia transversalis, et là se divise en deux parties, une qui se fixe au canal et l’autre qui se prolonge jusqu’au fond du scrotum encore très plat. Ce cordon comprend, outre un
axe conjonctif et vasculaire, deux plans musculaires : un muscle lisse, gubernaculum testis, qui va du testicule au scrotum, où il s’épanouit dans le dartos et se fixe solidement avec lui à la peau; un muscle strié qui m’a paru au quatrième mois plus considérable que le muscle lisse, le crémaster, qui, de l’anneau inguinal et de l’épine pubienne où il s’insère par deux faisceaux, remonte sous la séreuse et se termine près de l’extrémité testiculaire ; il est lui-même recouvert par une toile celluleuse qui émane du fascia transversalis. La distance à parcourir est d’environ 6 à 8 centimètres. Le testicule chemine, tiré par la contraction tonique du gubernaculum, aidée peutêtre elle-même par moment des contractions plus énergiques du crémaster. A. partir de l’anneau, le gubernaculum agit seul, le crémaster se retourne ou se replie, et comme la glanrde il est entraîné à son tour avec sa gaine dans le sac dartoïque. Il est à remarquer que le gubernaculum fait défaut chez les animaux qui ont toute la vie le testicule dans l’abdomen; d’autre part, sur un vieillard chez lequel le testicule était resté
derrière l’anneau inguinal complètement oblitéré, Cruveilhier trouva le scrotum vide, ne contenant qu’un dartos mince, tandis que le crémaster remontait de l’anneau à l’épididyme sous le repli péritonéal.
La gaine mince qui recouvrait le crémaster devient la tunique fibreuse, le péritoine forme la cavité vaginale. Que devient le muscle lisse, le gubernaculum? Henle, après Kœlliker, croit le reconnaître dans des faisceaux musculaires qu’on voit tout le long du cordon et qui descendent avec le canal déférent jusqu’à l’épididyme et au testicule où ils engainent les vaisseaux, et s’attachent en masse compacte à la queue des deux organes, au niveau du ligament de l’épididyme; aussi leur a-t-il donné le nom de crémaster interne. Mais je ne puis voir dans ces faisceaux que les fibres lisses qui entouraient le canal déférent à l’époque fœtale et ont été avec lui entraînées dans le sac testiculaire, et je crois que Curling a eu raison de trouver les restes du gubernaculum dans cette lame fibro-musculaire que j’ai décrite sous le nom d’attache scrotale. Toutes ces fibres lisses, très grêles chez l’enfant, prennent à la puberté un nouveau développement; elles conservent au fond les mêmes fonctions qu’à l’état fœtal.
La cavité vaginale n’est point préformée. Quand le testicule se présente à l’anneau ou qu’il en sort, il ne trouve devant lui qu’un petit cul-de-sac dont la longueur n’excède pas 5 millimètres; il est facile de s’en rendre compte en injectant avec une masse colorée la cavité péritonéale d’un fœtus. Ce fait déjà connu, mais nié par Kœlliker, a été rétabli par Roy. La tunique vaginale descend donc peu à peu comme le testicule. On comprend toutefois que le petit cul-de-sac qui précède le testicule puisse former amorce pour l’intestin et le liquide péritonéah et en se dilatant, donner lieu à une hernie ou à une hydrocèle, le testicule demeurant en ectopie.
La cavité vaginale et la cavité péritonéale communiquent ensemble pendant quelques jours par le canal vagino-péritonéal. Ce canal s’oblitère dès la naissance; au dixième jour, les deux tiers des nouveau-nés ont déjà les deux canaux fermés. L’oblitération se fait sur toute l’étendue, depuis l’orifice inguinal
interne jusqu’à la tête de l’épididyme. Le cordon fibreux qui en résulte, analogue à l’ouraque, mais beaucoup plus grêle, persiste souvent sous' forme d’un filament attaché tantôt à l’épididyme, tantôt à l’anneau inguinal, et qu’on retrouve assez difficilement dans le cordon : c’est le ligament vaginal.
Trois genres d’anomalies peuvent . se rencontrer dans ce processus oblitératif, qui isole la vaginale du péritoine :
1° L’oblitération se fait aux deux extrémités du canal; mais il reste une caAÙté intermédiaire qui peut être le point de départ d’une hydrocèle enkystée.
2° Le bout inférieur se ferme seul. Il reste au bout supérieur un diverticule du péritoine, moniliforme, avec des dilatations et des étranglements au niveau des anneaux. Ramonède a constaté ce canal péritonéo- funiculaire quatre fois sur deux cent quinze adultes ; c’est dans sa cavité que se forme la majorité des hernies congénitales.
3° Le canal vagi no-péritonéal persiste en totalité (deux fois sur deux cent quinze adultes). On observe que cette anomalie est le plus souvent bilatérale; que le conduit est placé en avant des autres éléments du cordon; qu’il est formé d’une suite de dilatations et de rétrécissements ; enfin, qu’il correspond ordinairement à un testicule mou et atrophié.
Au point de vue zoologique, la persistance du canal vaginopéritonéal chez l’adulte est la règle chez les animaux; chez plusieurs même, le testicule remonte dans l’abdomen pendant le coït, et si les hernies sont rares, c’est sans doute à cause de l’attitude quadrupède, de même que la séparation des deux cavités paraît être en rapport avec l’attitude verticale. — * Au point de vue pathologique, cette anomalie nous explique les hydrocèles et hernies congénitales; la soudaineté et la gravité de certaines hernies qui s’étranglent dans les valvules; l’hérédité des hernies en général, par la persistance héréditaire d’un diverticulum inguinal faisant amorce à l’intestin.
Si le testicule n’accomplit pas régulièrement sa descente, il se place et reste en position vicieuse, ou ectopie testiculaire (hi&norchidie et cryptorchidie). Tantôt l’ectopie n’est qu’un arrêt dans le chemin normal, et suivant l’étape où reste l’or-
gane, l’ectopie est lombaire, iliaque, inguinale ou cruro-scrotale, états d’ailleurs normaux chez beaucoup d’animaux; tantôt le testicule prend une direction anormale et se fixe en ectopie abdominale, crurale ou périnéale. L’ectopie inguinale est d’une grande fréquence (une sur mille adultes). Le testicule ectopique est le plus souvent mais non toujours, infécond par absence de spermatozoïdes.
Nous signalerons encore une dernière anomalie, Y inversion testiculaire , consistant dans le changement des rapports entre le testicule et l’épididyme. Une seule variété est fréquente, l’inversion antérieure, dans laquelle les rapports sont renversés sur le plan antéro-postérieur : à la région antérieure du scrotum, on trouve le pédicule des vaisseaux et du canal déférent, l’épididyme et le testicule ; la cavité vaginale est en arrière et en bas, et comme elle se développe dans ce sens, en cas d’hydrocèle, la ponction classique en avant et en haut a toute chance de perforer la glande.
Structure. — Le testicule proprement dit se compose d’une membrane d’enveloppe et d’un parenchyme glandulaire.
La membrane d’enveloppe ou albugïnée , recouverte par la séreuse viscérale très mince, est une capsule übreuse. blanche, épaisse de 0m0Q6, qui forme une capsule à la glande et rappelle beaucoup la sclérotique. Son épaisseur, sa pauvreté en fibres élastiques, la superposition de ses fibres conjonctives en plans équatoriaux et méridiens la rendent à peu près inextensible et expliquent les intolérables douleurs de l’orchite aigüe. Sur le bord postérieur elle devient moins dense et prend un aspect troué; cette partie correspond au hile du testicule et au corps d’Highmore.
Une coupe antéro-postérieure montre que la totalité de la partie postérieure ou dorsale de la glande, sur la ligne médiane, est occupée par une masse blanchâtre, d’aspect membraneux, qu apparaît comme un épaississement de i’albuginée faisant cloison dans le parenchyme. Cette cloison est le corps ftHigli more ou médiastin du testicule. Elle est prismatique à base supérieure ; sa longueur atteint 20 à 25 millimètres, sa largeur de
2 à 7, suivant les points considérés ; elle est assez molle et assez extensible. On distingue à la surface de sa coupe des lacunes et des sections de conduits. Haller, par des injections mercurielles, a découvert que le corps d’Highmore renfermait un réseau de canaux communiquants, parcourus les uns en direction perpendiculaire par les vaisseaux sanguins, les autres en direction parallèle par les tubes séminifères qui se dirigent vers la tête de Fépididvme. De là le nom de rete testis ou réseau de Haller donné au système caverneux du corps d’Highmore.
De l’arête intérieure du corps d’Highmore partent de délicates cloisons qui lui donnent, vues de face, un aspect pectiné ;
Fig. 63. — Vaisseaux efférents du testicule.
elles rayonnent vers l’albuginée et s’y fixent par leur base. Ce sont ces cloisons, très imparfaites d’ailleurs, qui divisent la glande en lobes, au nombre de deux cent cinquaüte pour les uns, de trois à quatre cents selon d’autres auteurs.
Fig. 62. — Le corps d’Highmore. — Coupe dans le grand axe du testicule.
Entre les cloisons conjonctives et l’albuginée est contenu le parenchyme mou, de teinte brune, sciure de bois. En le dilacérant dans l’eau on isole deux parties : un tissu interstitiel et des tubes. Le tissu interstitiel en gaine les tubes et forme sous l’albuginée une couche continue appelée tunique vasculaire; dans ses cellules épithéloïdes est déposé un pigment qui donne à la glande sa couleur gris jaunâtre. Les tubes sont au nombre de quatre en moyenne par lobe ou loge, soit un millier pour le testicule entier. Chacun d’eux , large de 0mml à 2, commence vers l’albuginée par un cul-de sac en ampoule et se dirige vers le corps d’Highmore en décrivant .des flexuosités (tube contourné). Les tubes séminifères d’un meme lobe communiquent entre eux et avec ceux des lobes voisins ; de petites branches cœcales se greffent sur le tronc principal.
Après un trajet qui déroulé représenterait 1 mètre , les tubes contournés du lobe se réunissent en un seul tronc , qui pénètre dans le corps d’Highmore et devient tube droit; une dilatation ampullaire correspond ordinairement à ce changement. Le tube droit, sans paroi propre, revêtu d’un simple épithélium cylindrique, marque le commencement des voies d’excrétion. Il aboutit au réseau vasculaire de Haller, premier réservoir du sperme , système de canaux communicants , petits ou grands, ronds ou polygonaux, creusé dans une gangue conjonctive et musculaire et recouvert seulement d’endothélium. Ce réseau, dont les mailles sont allongées dans le sens du grand axe de la glande, n’occupe que la moitié inférieure du corps d’Highmore; l’étage supérieur est pris par les vaisseaux sanguins qui de là s’engagent sous l’albuginée et dont un petit nombre seulement traverse l’étage inférieur.
Vers la tête de l’épididyme, au pôle testiculaire supérieur et sous l’albuginée épididymaire qui les cache, on voit partir des lacunes de Haller une douzaine de conduits, dits vaisseaux efférents ou cônes efférents ; ils doivent cet aspect conique à un pelotonnement de plus en plus marqué à mesure qu’ils se rapprochent du canal épididymaire. Ils sont alignés les uns à la suite des autres en direction radiée et se branchent successivement à angle droit sur le canal de l’épididyme. Leur épithé-
lium est cylindrique et cilié; une ou deux couches musculaires les entourent.
L’épididyme est revêtu d’une albuginée plus mince que l’albuginée testiculaire. Au niveau de la tête, cette enveloppe n’est qu’un feuillet émané de la capsule du testicule et fait défaut par dessous où se trouvent les vaisseaux efférents. Sur le corps et la queue, elle est complétée en cylindre'; sur la queue de l’épididyme, son adhérence avec l’albuginée testiculaire est établie par des tractus cellulo -vasculaires denses et par un fascia sous-vaginal. Dans la coque fibreuse est contenu un long tube,
Fig. 64. — Schéma des voies séminifères.
canal de Vépididyme, large de 0mm3, replié un grand nombre de fois sur lui-même par de grandes et de petites inflexions; pelotonné il n’a que 6 centimètres de longueur; déroulé il atteint au moins 6 mètres. Ses parois comprennent une enveloppe celluleuse , une double couche musculaire circulaire et longitudinale, et un épithélium cylindrique garni de cils vibratiles dont le mouvement va de la tête à la queue de l’épididyrne , dans le sens du sperme. Ce canal reçoit en haut les vaisseaux efférents ; en bas, il se continue avec le canal déférent.
Organes embryonnaires. — A la surface des glandes
génitales, on trouve constamment plusieurs vestiges d’organes embryonnaires.
1° Hydatide pédiculée. de Morgagni. — Cette petite vésicule pyriforme, à liquide transparent, attachée à la face antérieure de la tête de l’épididyme par un pédicule plein, est loin d’être constante: elle n’est pas non plus toujours pédiculée, sa cavité est tapissée d’un épithélium cylindrique à cils vibratils. Le pédicule, qu’on peut suivre assez loin chez l’enfant, ne communique jamais avec les canaux séminifères.
On l’a vue former des kystes volumineux.
2° Hydatide sessile de Morgagni. — L’hydatide sessile ou non pédiculée ne mérite pas son nom d’hydatide , car elle n’a jamais l’aspect vésiculeux. Elle est à peu près constante et se
présente sous la forme d'une languette charnue et vasculaire, molle, à teinte jaunâtre, attachée à l’extrémité supérieure du testicule ou à la tête de l’épididyme ou à leur angle de jonction. Presque toujours elle renferme une cavité, revêtue d’épithélium cylindrique cilié ; le canal qui lui fait suite et qu’on peut suivre sous la séreuse finit en cul-de-sac ou bien s’embranche sur un vaisseau séminifère de l’épididyme. Dans ce dernier cas, l’hydatide peut renfermer du liquide séminal. Sur le cadavre d’un pendu, Luschka l’a trouvée déchirée; la cavité vaginale renfermait du sperme. C’est donc une des sources possibles des hydrocèles spermatiques.
On considère généralement l’hydatide sessile comme l’extrémité inférieure du canal génital de Mailler, dont l’autre bout est l’utricule prostatique ; elle représente par conséquent le pavillon de la trompe, et Waldeyer observe qu’elle ressemble souvent à un pavillon en miniature. Cependant Pierny a rapporté l’observation d’un homme de vingt-six ans, à l’autopsie duquel il trouva
Fig. 65. — L’hydatide sessile de Morgagni vue en coupe et grossie.
un canal de Millier persistant, allant de la région rénale à l’utricule prostatique; or, du même côté existaient l’organe de Giraldès et une hydatide volumineuse.
Tout le long de l’épididyme, d’autres vésicules, ordinairement petites et sessiles, peuvent accidentellement se rencontrer. Leur origine est obscure et probablement rattachée au corps de Wolff. Elles peuvent être le point de départ de kystes plus ou moins volumineux.
3° Organe de Giraldès (corps innommé, paradidyme) . — Giraldès a découvert sous la vaginale, à son point de réflexion, au-dessus de la tête de l’épididyme, en avant du paquet des veines du cordon, de petites masses jaunâtres ayant 4 à 8 milli-
Fig. 66. — Organes embryonnaires du testicule.
mètres de long sur 2 de large. Cet organe n’est rattaché à aucun des organes voisins. Il est formé de vésicules ou de tubes variqueux, ou des deux à la fois, tapissés d’épithélium vibratile et très vascularisés. On le retrouve même dans la vieillesse.
C’est sans doute une formation résiduelle du corps de Wolff. Giraldès s’est assuré que le corps innominé est un des points de départ des kystes du cordon, soit chez l’enfant, soit chez l’adulte.
4° Vasa dberrantia. — On peut trouver tout le long du bord postérieur du testicule des vaisseaux aberrants, uniques ou
multiples, longs de 2 à 20 millimètres, terminés en cul-de-sac à leur extrémité libre, insérés par l’autre sur le canal épididymaire ou sur le réseau de Haller. Leur épithélium est cylindrique vibratile. Roth en a signalé un assez commun qui chemine sous la séreuse viscérale de la tête de l’épididyme et débouche dans la cavité vaginale par-dessus l’hydatide de Morgagni ; il a vu deux fois ce canal fermé en cul-de-sac, formant un kyste spermatique gros comme une cerise et comme un œuf de pigeon. On conçoit que si le canal est ouvert il puisse déverser le sperme dans la cavité vaginale, ce qui, avec la rupture de l’hydatide sessile ou d’autres vaisseaux aberrants, constitue les principales sources des épanchements spermatiques dans la vaginale.
Le plus constant et le plus vaste de ces diverticulums anormaux est le vas aherrans, de Haller, qui naît de la queue de l’épididyme ou quelquefois du canal déférent et qui remonte dans le cordon à 5 et 8 centimètres de hauteur. Il est élargi à son extrémité supérieure libre et pelotonné sur lui-même, parfois ramifié ; déroulé, on l’a vu atteindre 35 centimètres. Il peut donc produire des kystes du cordon à une grande hauteur.
Évolution. — Les glandes génitales ne se développent que faiblement pendant l’enfance, tandis qu’à la puberté leur accroissement se fait brusquement et reste stationnaire ensuite pendant presque toute la vie.
Elles diminuent, sans doute, dans la vieillesse, en moyenne d’un quart ou d’un cinquième; mais on trouve à ce sujet de grandes variations. En outre, le testicule garde sa structure intacte, et même dans l’extrême vieillesse, deux fois sur trois, on y trouve des spermatozoïdes. Cette insénescence de la glande mâle est d’autant plus remarquable que l’ovaire a un tout autre sort; dès la ménopause, il est frappé d’atrophie et perd en grande partie sa structure et sa fonction.