CANAL DÉFÉRENT
Le canal déférent est un conduit qui s’étend de la queue de l’épididyme à la prostate, en traversant le canal inguinal. — Sa longueur est de 40 à 45 centimètres, son diamètre de 2 à B millimètres. Sa forme est régulièrement cylindrique, excepté à ses portions initiale et terminale.
Rapports. — Dans ce long trajet, le canal se trouve en rapport avec des organes et des régions très différents, aussi est-on obligé de le diviser en quatre portions : testiculaire, funiculaire, inguinale et pelvienne.
1° La portion testiculaire , de 2 à 3 centimètres, d’abord très mince, va peu à peu s’élargissant, et elle est en même temps flexueuse; un tissu cellulo-musculaire l’unit au bord postérieur de l’épididyme qu’elle longe.
2° La portion funiculaire est renfermée dans le pédicule des bourses, et plus particulièrement dans le cordon spermatique que nous décrirons plus loin; le canal occupe la partie la plus postérieure du cordon, accolé à la face interne de la tunique fibreuse.
" 3° La portion inguinale occupe la paroi inférieure de ce canal, excavée en gouttière.
4° La portion pelvienne se coude à angle droit et plonge verticalement dans le bassin, cheminant tout le temps sous le péritoine ; elle passe transversalement sur les côtés de la vessie, où elle est croisée à angle droit par l’uretère, puis contournant les vésicules séminales descend sur la base de la vessie, presque verticalement, en convergeant avec le canal du côté opposé ; de là un Y médian dont la pointe est à la prostate.
Cette dernière partie est une des plus importantes, et mériterait d’être décrite à part comme portion rétro-vésicale. Elle est en rapport en avant avec la face postérieure et surtout la base de la vessie, et correspond à son bas-fond ; en arrière
avec le rectum dont elle est séparée par le péritoine, excepté en bas où une partie du canal, de 1 à 5 centimètres de hauteur, suivant la vacuité ou la réplétion vésicale, est à découvert; par le toucher rectal on peut donc explorer la terminaison du canal déférent. En dehors est la vésicule ; en dedans le canal déférent opposé, auquel il s’accole, mais sans se fusionner.
Cette portion rétro-vésicale, haute de 5 cà 7 centimètres, est encore remarquable par sa forme spéciale qui lui a fait donner le nom d’ampoule (Henle). Elle est fusiforme, son diamètre transversal étant au milieu double du diamètre ordinaire; sa paroi est amincie et son oritice agrandi. Elle est sinueuse et bosselée, comme la vésicule séminale ; ses bosselures sont des diverticulums en cæcums insérés sur le canal même ; souvent, vers la fin du canal, on trouve un diverticulum aussi volumineux que l’ampoule elle-même.
Structure. — Le canal déférent se distingue de tous les autres conduits de l’économie par l’épaisseur de ses parois. La cavité centrale n’a qu’un demi-millimètre de diamètre, alors que le canal entier a 3 millimètres. C’est à cette particularité, et aussi à sa structure musculaire serrée, que le canal déférent est redevable de sa consistance dure qui le fait reconnaître au toucher entre tous les élément du cordon, et qui dans les funiculites rappelle une baguette de fusil, et ensuite de sa résistance. Quand on arrache le cordon, ce sont d’abord les tuniques fibreuse et musculaire des bourses qui se rompent, puis les vaisseaux, et le dernier, le canal déférent, qui se déchire dans le canal inguinal.
La paroi, épaisse de plus de 1 millimètre, comprend trois tuniques :
1° La tunique celluleuse ou adventice, extérieure, parsemée de vaisseaux, de nerfs nombreux et de fibres musculaires lisses.
2° La tunique musculeuse, répartie en trois couches : une longitudinale externe assez forte, une circulaire très puissante, une longitudinale interne grêle, quelquefois à peine reconnaissable. Cette puissante tunique musculaire a pour but de faire
progresser le sperme contre la pesanteur. Ivœlliker a constaté clans l’ampoule et dans les vésicules séminales des mouvements péristaltiques sur un cadavre de supplicié.
3° La tunique muqueuse, lisse, molle, plissée à l’état vide, privée de glandes, mais très riche en fibres élastiques et pourvue d’un épithélium cylindrique. — Dans l’ampoule, la muqueuse est très différente. Elle prend une surface aréolaire et réticulée, en dehors d’ailleurs des crêtes que produisent les sinuosités extérieures; sa couleur est jaunâtre par l’infiltration d’un pigment brun dans ses cellules épithéliales aplaties. Elle
est creusée de culs-de-sac, considérés par les uns comme des glandes, par les autres comme de simples invaginations cœcales de dimensions microscopiques.
La cavité du canal déférent renferme du sperme épais, crémeux; celle de l’ampoule, quand elle n’est pas remplie de sperme, contient, comme on l’a vu chez des suppliciés, un liquide gris opalin ou légèrement brunâtre sécrété par sa muqueuse.