CHAPITRE Y
Des Lettres.
La majeure partie des objets de négociations est susceptible d'être traitée également en forme de lettres qu'en celle de notes et de inémoires, et si l'usage de ces derniers semble prévaloir dans la diplomatie récente , on doit en chercher la raison dans la facilité avec laquelle on y évît^ le cérémonial rigide qui gêne parfois la i*édaction des lettres. Il arrive cependant asâez souvent encore , et particulièrement lorsqu'il s'agit de Icommunications confidentielles , que l'on se sert des formes épistolaires pour s'entr'expliquer. '
Ce sera ici le cas de se rappeler les règles et
principes que nous avons donnés à l'article des lettres dans la seconde partie du présent ouvrage , et qui doivent trouver leur application plénière dans les lettres diplomatiques dont nous traitons.
En me reportant à ce renvoi il me suffira d'observer que la même exactitude et la même circonspection dans les expressions^ si. fortement recommandée pour tous les écrits qui traitent des intérêts publics des nations, est encore requise ici, où il s'agit de négociations, de déclarations et d'arrangemtos affaire au nom d'un gouver-^ nement
On pourra d'ailleurs ^nployer la forn^e de lettres selon les . circonstances , ou pour; traiter d'af£aiires même ou pour accpn^agner et présenterr ub noémoire y ou pour prendre congé là ^où l'on n'est pas à même de le faire de bou« cbe, etc.
EXEMPLES
Lettre du Citoyen Chauç^elin, Ministre de France^ à Lord Grehvilley Secrétaire d'état du Royaume de la Grande-Bretagne.
Je reçois dans le moment, Milord , la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au sujet de la note que je vous avais adressée le 24 du courant. J'ai l'honneur de vous remercier de la forme obligeante dans laquelle elle est conçue. Vous avez bien saisi mes intentions en croyant que je n'avais pas voulu m'écarter des règles et des formes établies dans ce royaume.
Je n'avais point pensé , en vous présentant cette note, que la demande qui y est contenue ne dût pas, comme toute autre, être mise sous les yeux du Roi de la Grande-Bretagne : c'était particulièrement pour donner à S. M. de nouvelles assurances d'égards et de respect pour le gouvernement britannique , que j'avais eu l'honneur de vous faire cette nouvelle notification; et mon vœu étant de donner le plus de publicité possible à cette manifestation des dispositions du gouvernement français, j'ai cru devoir vous prier d'en donner connaissance aux deux chambres du Parlement.
Par cette demaDde, Milord, je voulais obvier aux fausses interprétations que pourrait occasioner dans les deux Chambres l'article de la proclamation qui en est l'objet : je me flattais de concourir ainsi au maintien de cette harmonie et de cette cordialité entre les deux états, dont j'ai recueilli avec joie l'expression dans l'assurance que vous me donnez qu'elle n'est pas moins désirée par S. M. Britannique que par le Roi des Français.
Du reste , Milord , toute autre forme qu'il vous conviendrait de prendre, et qui rendrait bien publics les sentimens de la France , ses véritables dispositions à l'égard de l'Angleterre et les ordres que j'ai reçus du Roi des Français , et que je vous ai communiqués , remplirait d'une ma- ^nière également complète le vœu du gouvernement français. Veuillez , je vous prie, agréer l'hommage de l'estime et de la haute considération avec lesquelles j'ai l'hdnneur d'être, etc.,
F. Ch AU VELIN.
( îi38 )
Lettre du Citoyen Grou^^elle ^ Ministre plénipoten^ tiaire de France y au Comté de Bernstorff\ Ministre des Affaires étrangères dé Danemarck.
Copenhague, 27 ventôse an iy de la République française.
Le citoyen Grouvelle, Ministre plénipotentiaire de la Hépublique > française en Danemarck , à S. Exe. M. le Comte de BemstorfF, Ministre du Conseil d'état de S. M. Danoise et dudépartera^iîent des Affaires' étrangères.
Les feuilles allemandes,: Monsieur^ ont inséré l'extrait d'une iostructioir qui parait < avoir été adressée circulairement par vous aux iMmîstres de Danemarck près les différentes Cours^ ettqui concerne la résolution prisefpar;Ie Roi de (donner au caractère de Ministre plénipotentiaire de la République française avec lequel je réside depuis deux ans et demi en cette Cour , la publicité convenable, en m'admettant à son audience particulière. J'ai tout lieu de regarder cet extrait comme authentique, et à ce titre je me vois dans le cas de vous en entretenir un moment.
De quelques réflexions que soient susceptibles le principe et l'esprit de ce paragraphe , mon des-
sein n'est point du tout de le commenter. Ainsi que le gouvernement qui m'envoie, je porte jusqu'au scrupule le respect de l'indépendance des gouvernemens, et même les égards pour leurs convenances particulières. Autant la manie tracassière et tyrannique dé demander à tout propos des explications officielles serait contraire à ses principes , autant elle répugné à mon caractère. Incidenter sur une phrase, attacher à chaque mot une importance diplomatique, personnaliser la moindre discussion, assaisonner d'arrogance et de fiel Tenntii d'une pesante controverse épisto-^ laire ; c'est un rôle que nous avons vu jouer naguère à certains agens brouillons, faisant des querelles faute d'affaires, ne sachant servir une Cour qu'en insultant l'autre, et représenter leur nation que par ses vices. Le ridicule et le ?^épris se sont attachés à eux : leui^ exemple n'et^bon à rappeler que parce qu'il «st bon à fuir. Comme la République française met sa gloire à suivre un système contraire à 'celui des 'puissances ^qui avouent de tels Ministres, je Hk'honore d'avoir contrasté avec eux dans tous mes procédés»
Mais, Monsieiïr, je n'ai pu^ me dispenser ^d'arrêter mon attention sur la conclusi^w^qui termine l'extrait de. votre instruction cirdessus ^mentionnée ; et voyant qiie ce résultât se trouve énoncé en termes qui par leur acception trop générale
peuvent prêter à des interprétations abusives, j'ai pensé qu'il convenait de m'en entendre amicalement avec vous.
En parlant de mon admission et de la reconnaissance publique de mon caractère, vous dites que celte démarche est isolée et ne signifie rien que ce qu'elle est en elle-même, etc. Ne craignez- vous pas que les malveillans ne s'obstinent à voir dans cette manière de s'exprimer une sorte de restriction, de réserve implicite; qu'ils n'aillent jusqu'à supposer qu'elle fait allusion à je ne sais quelle autre déclaration ou démarche antérieure qui aurait pu être faite vis-à-vis des mêmes Cours auxquelles vos Ministres ont dû tenir ce langage autorisé ; que même, vous attribuant la publication , ils ne donnent bientôt une sorte de crédit à leurs^cheuses inductions ? Sans doute vous verriez àv«c peine que le public les accueillit; car, quelque forcées qu'elles paraissent, elles blessent l'idée que la Cour de Danemarck veut toujours donner de la franchise de ses procédés. Qu'après avoir tant retardé une démarche devenue nécessaire à sa propre considération autant qu'à la dignité de la République, elle fût encore soupçonnée de vouloir secrètement en amortir le bon effet, et atténuer ce que cette démarche peut avoir d'avantageux pour la France^ ne serait-ce pas un véritable inconvénient? Je n'ai besoin que d'in-
diquer le point par lequel ceci intéresse votre réputation.
Mais d'autre part. Monsieur, le gouvernement français, qui, assis sur une constitution nouvelle, prend sa place parmi les puissances de l'Europe, ne peut qu'être singulièrement attentif à ne laisser aucun nuage sur sa consistance, aucune ombre à sa dignité, aucua prétexte aux détracteurs de ses ' droits. Il connaît l'influence de l'opinion, et ne doit rien négliger pour la rectifier quand ses adversaires font tout pour la corrompre. Enfin, quelque supérieur qu'il soit à de vaines défiances, quoiqu'il procède en tout avec la sécurité que donnent la force et le courage, le gouvernement fi:*ançais, par l'intérêt même qu'il met à ses liaisons avec le Danemarck, ne saurait voir d'un œil indifférent ce qui pourrait leur porter atteinte. L'abus qu'on peut faire en cette occasion de votre écrit lui serait sensible, et il n'est pas douteux qu^il ne reçût, avec une extrême satisfaction, quelque témoignage contraire à qn tel travestissement de vos intentions. Un gouvernement sage déidaigna souvent les fausses rumeurs; mais un gouvernement bienveillant, ou seulement impartial, ne refuse pas des éclaircissemens demandés dans des vues amies.
C'est là, Monsieur, ce qui m'oblige à vous représenter mon devoir le plus sacré; ce devoir, II. 1 6
quelquefois pénible, de prévenir tout ce qui peut troubler la bonne harmonie entre deux états qui plus que jamais doivent rester unis. Si les considérations personnelles étaient de quelque poids , j'ajouterais que pour moi-même ceci n'est pas sans importance ; et peut-être les antécëdens de mon admission ont été assez épineux pour que les suites en soient dégagées d^ contrariétés, du moins autant qu'il dépendra de cette Cour. Je soumets les premières réflexions à votre prudence; j'abandonne la dernière à votre délicatesse, etc.
Grouvelle.
Réponse du Comte de Bérnstorff.
Monsieur, «je suis reconnaissant et très-sensible aux sentimens exprimés dans la lettre que j'ai eu l'honneur de recevoir de votre part. Us augmentent mon estime ; et quoique je ne sache rieti à ajouter à ce que je vous^i dit de bouche, j'entre avec plaisir dans vos souhaits, et je ne balance pas à vous donner des explications amicales, même sur des objets qui n'admettent pas de discussions ministérielles. L'instruction que j'ai donnée à quelques ministres du Roi à plusieurs Cours étrangères est de ce nombre; elle est devenue publique sans notre aveu; elle n'est rien moins qu'une déclaration à ces Cours ; nous n'en avons
fait aucune. Cest une simple instruction officielle, uniquement destinée à l'information de ceux à qui elle est adressée, qui se rapporte à la correspondance antérieure, ^i est parfaitement conforme à la vérité, et qui, ne respirant que la justice rendue à la constitution française actuelle, ne peut certainement pas nous compromettre avec elle, mais plutôt avec ceux qui ne Taiment point; cela est d'une évidence parfaite que j'aflaiblirais si je voulais l'expliqueip davantage. Vous savez d'ailleurs que votre mission a été, sans la moindre réserve, absolument dans les formes usitées et les plus solennelles que nous connaissions. I^ous ne faisons jamais les choses à demi; et comme vous êtes témoin de nos démarches et de nos procédés, j'aiîne fort à vous adopter aussi comme juge, et je compte sur votre impartialité.
Comptez de même sur la haute considération avec laquelle je suis. Monsieur, etc. ,
Bernstorff.
Leiire de M. Barthélémy, ambassadeur de la République française, aux^ Bourguemesires , Avojrers^ Landamnian et Conseil des treize Cantons de la Suisse.
M A.GNIFIQUES Seigneurs,
he Directoire exécutif ayant jugé à propos de renouveler les lettres de créance des divers envoyés de la République française près des puissances étrangères, vient de m'adresser celles par lesquelles il a bien voulu m*accréditer auprès du louable Corps Helvétique, en qualité d'Ambassadeur de la République Française; je les joins ici. je me flatte, Magnifiques Seigneurs, que la connaissance quô vous avez déjà de mes sentimens pour tous les membres de l'illustre Confédération Helvétique, ne vous laissera aucun doute sur mon em^pressement à cultiver la confiance dont vous m'avez déjà donné des témoignages si, satisfaisant pour mon cœur; et j'espère aussi, Magnifiques Seigneurs, que vous serez à l'avance bien persuadés que, fidèle interprète des dispositions * toujours amicales, toujours bienveillantes du gouvernement français pour votre patrie, je ne cesserai d'apporter tous les soins de mon zèle à concourir au succès de ses vues dans toutes les
choses qui seront le$ plus propres à resserrer les liens indissolubles qui font le bonheur des deux nations, et à assurer la tranquillité et la prospé^ rite du Corps Helvétique. Je prie Diey , etc.
Barthélemt.
A Bâle , 12 YentÀse l'an iv de la République française , (a mars 1796. )
N.B. La correspondance suivante servira particulièrement à faire connaître la différence qui exhte entre les note^ en forme mixte , se rapprochant des lettres, et c^es des 4i6tiet en forme de lettres roéilies , ainsi que l'usage différent qu'on peut en fme.
Note du Chargé d affaires cT Espagne à Borne ^ au Cardinal Secrétaire dtétat de Sa Sainteté.
Du palais d*£spagtte , le %^ février ^6a^..
s. Exe. D. Éyariste San-Mîgue! , Secrétaire d'ëlat et des affaires étrangères de S. M. C. , a informé le soussigné, en date du 3i janvier dernier, par la voie d'un courrier extraordinaire du cabinet, que le Bjoi n'a pas consenti à nommer un autre plénipotentiaire près de cette cour en place de D. Joaquin Laurent de Villànueva, comme S. S. le désirait, et que les passe-ports ayant été remis
à JA^ le Nonce pour qu'il partît des états d'Espagne, ce départ a été effectué le a8 dudit mois de janvier. En conséquence S. M. a résolu pareillement que le soussigné partît de cette capitale avec toute sa légation , et qu'il se rendît à Madrid, en laissant fermés et scellés les archives de la mission, et en les confiant à telle personne qui méritera la confiance du soussigné. Mais il est aussi enjoint au soussigné de faire connaître , comme il le fait, en mén^e temps qu'il demandera ses passe-ports au gouvernement de S. S. , que cette mesure est purement diplomatique, et que ni S. M. C. ni son gouvernement n'entendront pat ce motif rompre leurs relations avec le chef visible de l'Église.
En s'acquittant donc de cet ordre du Roi dans toutes ses parties, le soussigné prie Y. Em. de vouloir bien ordonner que les passe-ports nécessaires lui soient expédiés, et il renouvelle en cette circonstance les assurances de la plus haute estime et considération avec laquelle il a l'honneur d'être,
De V. Em. ,
> Le très-dévoué et très-obéissant serviteur ,
Joseph Aparici.
Billet adressé simultanément par le même Chargé (fqfjaires au Cardinal Secrétaire d^état de Sa Sainteté.
. Du palais d'Espagne, le 20 ll&vrîer i8a3. Émiitenge,
Outre l'ordre royal qui m'a été transmis par S. Em. D. Évariste San-Miguel , Secrétaire d'état el dés affaires étrangères de S. M« C, et que j'ai rhonneur de communiquer aujourd'hui à Y. Ëm., à l'effet de demander au gouvernement de S. S. les passe-ports nécessaires pour partir de cette capitale et me reiidre à Madrid, il m'est parvenu aussi par le même courrier de. cabinet une autre dépêche postérieure en date du 'i du présent mois de février, par laquelle le susdit M. San- Miguel me dit que , malgré l'ordre que je recevais en date du 5 1 janvier, de partir de cette capitale et de retournera Madrid ep conséquence du départ de toute la nonciature apostolique , S. M. ne méconnaissant pas pour cela la nécessité de laisser à Rome une personne qui soit chargée de soigner les affaires ecclésiastiques , avait résolu qu'en cessant sur-le-champ d'être revêtu du caractère de son Chargé d'affaires, je conserve celui d'Agent général pour les expéditions ecclésiastiques, comme je le suis dans cette capitale , S. M. espérant que
la Cour de S. S. ne mettra point d'obstacle à ce que je coirtinue à résider ici avec ce simple caractère.
S'il en était ainsi, je prie V. Em. de me le faire connaître; et dans le cas colitraire elle voudra bien donner les ordres nécessaires pour que les passe-ports me soient expédiés suivant ce que j-at eu l'honneur de lui notifier par moti premier office en date de ce jour.
Je profite de cette occasion pour avoir l'honneur de réitérer les protestations des sentimens de là {Jus haute estime et considération avec les-», quels je suis,
De V. Em.
I^e très-dévoué et très-obéissant serviteur;^
Joseph Aparici.
Réponse du Cardinal Secrétaire d'état de S.S*^ à la note ojficielle du Chargé ^affaires d'Es-. pagne.
Du palais Qairinaly le ai février i8a3.
Le soussigné. Cardinal Secrétaire d'état, a qai» sous les yeux de S. S. , à l'audience de ce ixutin^ la note officielle que V. S. Illustrissime lui a adressée hier au soir, par laquelle vous faites con* nj^ître que S. M. C. n'ayant point con^nti , etc^
(suit le contenu littéral de la note rapportée cidessus jusqu'à Talinéa : « En s*acquit*ant , etc. ^ » • exclusivement).
Le Saint-Père était déjà instruit auparavant du prQcédé que le gouvernement espagnol a voulu adopter contre toute raison ^ et par une violation manifeste du dt*oit des gens^ en chassant des états de S. M. C. le Nonce pontifical acccrédité depuis plusieurs années pfèa^de S. M. , sous le seul pré^ texte qu^ S. S. usant de la manière la plus déii** catc et avec tous les égards possible , du droit qu'a tout Souverain de ne pas recevoir à sa Cour la personne d'un ministre qui ne^ peut mériter sa confiatiee i avait prié S, M. G. tle lui envoyer un autre sujet en place de M. Viilanuera. La bienveillance particulière que S. S. a vouée à S. M. G. ainsi 4JvCk la nation espagnole , et les preuves éclatantes de son affection paternelle^ qu^elle a données à cette nation dans tous lesi temps, satas les interrompre , m^e à l'époque où les plus acerbes prises sur des objets et de& personnes ecclésiastigues lui ont fourni des sujets continue^is de douleur , malgré lesquels elle venait encore d'accorder des concessions assez importantes ait moment même où le gouvernement de S. Jd* C lui feisait une injure si grave, avait fait ressentir vivement à S. S. un tel procédé. Maintenant V. S. Illustrissime déclarant que votre
gouvernement a décidé que vous devez partir de cette capitale avec toute la légation , pour Madrid , et qu'à cet effet il vous est enjoint de demander vos passe-ports au gouvernemen tde S. S., le soussigné a reçu de S. S. l'ordre de faire connaître à y. S. Illustrissime que ces passe - ports , par une conséquence que la dignité et l'honneur de S. S. rendait inévitable dès le moment de l'expulsion de Madrid du Nonce apostQli«|ue , ordonnée sans aucun motif légitime, se trouvaient déjà préparés; le soussigné les envoie donc ci-joints à V. S. lUus^ trissime. Le Saint-Père, dans l'intérêt qui l'anime pour la religion , et dans son désir de voir conservée à l'unité de l'église catholique la nation espagnole, si distinguée par son attachement à cette sainte église ^ est bien éloigné de l'idée que les relations de ladite nation av^c le Souverain Pontife doivent être altérées par une telle circonstance, et ne pourra voir qu'avec la plus grande satisfaction se réaliser ce que Y, S. Illustrissime exprime dans sa note, en disant qu'il vous a été enjoint de faire connaître que la démarche qui se fait est purement diplomatique, et que ni S. M. C. ni son gouvernement n'entendent par ce motif rompre leurs relations avec le chef visible de l'église. Ces relations ne seront certainement pas rompues de la part de sa Béatitude.
( aSï )
Le soussigné renouvelle à y. S. illustrissime les assurances de sa véritable estime.
E, Gard. Consalvi.
Réponse du Cardinal Secrétaire d'état de S, S. au billet du Chargé d'affaires d'Espagne.
Moif SIEUR ,
En même temps que la note de Y. S. Illustrissime, en date d'hier /m'est parvenue, j'ai reçu aussi votre billet par lequel vous me faites l'ouverture qu'outre l'ordre royal, etc. (suit le contenu littéral du billet rapporté ci-dessus jusqu'à la courtoisie de clôture : « En s'acquittant, etc., » exclusivement ) .
Ayant mis sous les yeux du Saint-Père ce second billet de V. S. , S. S. m'a ordqnné de vous faire connsutre en réponse : Que , quoiqu'elle n'ait eu aucun motif de se plaindre de votre personne , et que par cette raison elle verrait avec plaisir V. S. Illustrissime rester à Rome comme Agent pour les expéditions ecclésiastiques, sa dignité souveraine ne lui permet pas de se dispenser de vous faire tenir les passe-ports , vu la circonstance que la qualité diplomatique de Chargé d'affaires se trouvait unie à votre personne. Le Saint-Père ne se refuse pas toutefois à ce qu'après
( aSa )
le départ de la légation espagnole il reste à Rome une personne chargée des expéditions ecclésiastiques, laquelle pourra ou être nommée par V. S. Illustrissisme elle-même, ou être envoyée de Madrid , afin que par ce- moyen les catholiques des Espagnes ne restent pas , par le fait de'leur gouvernement, privés des moyens de pouvoir recourir d'une manièi^e expéditive au Saint-^Siège pour solliciter les concessions qui peuvent leur, être nécessaires.
En renouvelant à V. S. Illustrissime les assurances de ma véritable estime , je suis,
Son sincère serviteur,
^ E. Gard. Consalvj.
Bu palais Qulrinal,le ai février i8a3.
Note circulaire (enjôrme de lettre) du Duc de San-Fernando , Ministte d'état d'Esp<f>gne , aux Ensfojés étrangers , à Madrid.
Monsieur, etc.,
Le Roi , mon maître , accédant s^ux vœux manifestés par son peuple, a cru devoir adopter la constitution de la monarchie espagnole promulguée à Cadix dans l'année iSai, et en conséquence de cette détermination a juré, dans là
JQurpèdu, 9 du courant, ladite constitution provisionnellemént et ^n attendant la réunion des Certes quil a ordonné, d^ convoquer, et il a pres.crît d'organiser dès à * présent tout ce qui est établi par elle^ relativement à l'administration publique dans toutes les branches «de l'état.
J'ai l'honnwr de vous en faire part d'après l'ordre de S- M., afin que vous veuillez bien le ^ communiquer à votre Cour en attendant que le Roi le fasse en due forme, et je saisis cette occasion pour vous renouveler les assurances, etc.
Le Duc DE Sa^w-Fernando.
Madrid, ie it mars 1820.
Circulaire des Chefs des Hellènes^ à Patras^ aux Consuls des puissances étrangères^
Patres I «àôniars i8ai.
Les Grecs « nation chrétienne, se voyant de jour en jour plus opprimés par les Turcs, qui cherchent à préparer leur ruine tantôt d'une manière » tantôt de l'autre, sont fermement résolus de mourir ou de secouer leur joug. C'est pourquoi flous avons tous pri^ les armes pour redemander nos droite. Nous sommes convaincus que
toutes lés puissances chrétiennes reconnaissent la justice de notre cause, et qu'elles n'opposeront point d'obstacle à notre entreprise , qu'au contraire elles lui seront favorables ^ en se souve* vaut combien nos illustres ancêtres ont été utiles à l'humanité. En vous communiquant ceci , nous vous prions de tâcher de nous procurer la bienveillance et la protection de votre auguste Cour.
Vos fidèles serviteurs ,
Germanos , Archevêque de Patras; Procopos, Évêque de Kalavryta ; André Zaîmi , André LowDO, Benisello Ruffo.
Réponse du Consul suédois' en Morée à la lettre
précédente.
A LL. ££. TArchevéque de Patras , rÉyéque de ELalayryta,
et à MM. les Primats.
J'ai reçu votre note en date du a6 mars. Il ne m'appartient pas de me prononcer sur la justice ou tin justice des raisons qui y sont* citées par vous. Je ne puis que vous observer que mon monarque est en paix et en bonne intelligence avec la Porte Ottomane. En attendant je ferai un rapport exact à qui de droit des événemens malheureux qui ont heu ici.
Le Consul suédois en Morée,
Louis Strawi.
Lettre du Comte Golowkin , Ministre de Russie près la Cour de Vienne , au Prince Cimitile , Envoyé des Deux^Siciles.
Mon Prince ,
Je m'empresse de vous informer que je viens de recevoir les ordres que j'avais sollicités auprès de ma Cour, relativement à la mission extraor* dinaire dont vous, mon Prince, m'avez témoigné le désir de vous acquitter, par votre lettre du 3 1 août dernier.
L'Empereur , mon maître , est uni à ses illustres alliés par la foi des traités, par une amitié inébranlable et par une confiance d'autant plus intime que le rétablissement de l'ordre social qui a été le premier motif de cette union en est maintenant le but principal: S. M. I. ne saurait dans aucun cas s'écarter de cette ligne que ses devoirs lui ont tracée. Toute démarche isolée, toute position qui n'aurait que l'apparence d'une initiative , serait une déviation de la forme qui seule dirige la politique du cabinet impérial. S. M. I. se permettrait moins que jamais une déviation se&blable dans un objet d'un intérêt
éminent et général , tel que l'état actuel des choses dans le royaume des Deux-Sîciles. Celuici exige à trop de titres les réflexions d'un accord général et d'une harmonie parfaite parmi les garans de l'ordre européen, pour que S. M. I. puisse se résoudre à préjuger Siur le résultat d'une délibération faite de commun accord.
C'est par ces motifs que j'ai l'honneur de vous informer , mon^ Prince , que l'Empereur, mon maître , ne peut accepter la mission dont vous êtes chargé de la part de votre gouvernement, ni eu formé diplomatique, ni même d'une manière confidentielle.
La connaissance que j'ai eu l'honneur de faire avec vous, vous assure, mon Prince, des droits aux sentimens personnels dont je vous offre l'expression, ainsi que l'assurance de mon estime distinguée.
Le Comte db Golowkih.
Vienne, le 8 septembre i8ao.
Lettre du Baron de Gagern aux Membres de ta
Diète de Francfort,
Messieurs les honorables Membres de la Diète ,
Après avoir remis à M. le Président les dépêches de la Cour des Pays-Bas qui concernent mou rappel^ il me reste à prendre congé de V. Exe. , et à vous remercier de Tindulgence et de l'amitié dont vous m'avez honoré. Veuillez agréer l'assurance qu'après l'accomplissement de mes devoirs envers S. M. , je n'ai jamais eu d'autre but que celui du bien général , sans aucunes vues accessoires, et faire quelque mention de cette assurance dans vos rapports à vos Coiu*s et à vos commettanSi Quoique ce changement soit conforme à la demande conditionnelle que j'ai faite moi-même, il est amené plutôt par le trop d'importance que j'ai attaché à ma mission, que par aucun dédain de ses fonctions. J'espère en conséquence conserver des droits à votre souvenir et à votre estime, auxquels je mets un si grand prix , et je vous assure tous et chacun en particulier de ma considération la plus distinguée.
Francfort , le 6 avril 1 8 1 8.
Réponse du Comte de Buol-Schauenstein , Ministre- Président^ au Baron de Gager n.
La diète ne peut voir sans un vif regret s'éloigner de son sein un homme d'état distingué sous tant de rapports, qui lui a donné, 2àmi qu'au public, des preuves si multipliées de son zèle invariable pour le bien général de la Confédération, et qui , animé de la même ardeur dans ses rapports avec la diète que dans ses relations amicales avec ses collègues, a su donner constamment à ses paroles et à ses actions l'empreinte d'un patriotisme éclairé , loyal ,• n'ayant pour but de ses efforts zélés que le bien de la commune patrie, et acquérir par-là les droits les plus flatteurs à la reconnaissance et au souvenir ineffaçable de tous ses compatriotes.
Le Ministre-Président, après avoir eu l'honneur d'exprimer à M. le Baron de Gagern , en réponse à sa lettre du 6 , les justes sentimens de la Diète, conformément au vœu formel de cette assemblée, n'a plus qu'à prier S. Exe. d'être persuadée de leur parfait accord avec ceux dont il est personnellement pénétré, et de vouloir bien agréer avec bienveillance l'assurance de sa haute considération.
Francfort, le 9 avril 1S18.