CHAPITRE VII
Des Discours.
Les discours en diplomatie sont de simple for^ maltté et n'ont que rarement lieu hors de la pre«mière et de la dernière audience du Ministre. Les qualités générales du style, qu'ils requièrent, étant absolument les> mêmes que celles indiquées à l'article des discours, qui forme la quatrième sec-* tion de la seconde partie de notre ouvrage, nous nous bornerons à y renvoyer le lecteur, en n'ajoutant ici que quelques observations particulières sur les deux espèces principales de discours diplomatiques, savoir les discours d'entrée et ceux de€ongé.
i^ A la première audience qu'il détient du Souverain auprès duquel il est accrédité , le Ministre tient une courte harangue, au moyen de laquelle il remet solenneUement ses lettres de créance. Il II. a5
commence par les assurances des sentimens d'a-^^ mitié et d'estime de son Maître pour le Prince auquel il adresse son discours, et il modifie sesr expressions selon les égards qu'exigent le rang et les intérêts des deux Gouvernemens , ou les liens du sang existans entre lenrs Cours. Quelquefois il £aât mention des intérêts communs , de l'union et de la franchise, qui garantissent la sincérité de l'amitié, de l'affection ou de l'estime de sa Cour. Il mentionne ensuite sa lettre de créance, qui exprimera mieux, qu'il ne saurait le faire, les sentimens de son Maître. En concluant enfin le Ministre ajoute en peu de mcNs les assurances de son dévoùment et de son respect personnel et particulier pour le Souverain auquel il parle : il témoigne la satisfaction, le bonheur qu'il ressent d'être honoré de la mission qu'il occupe , le désir qu'il a de bien répondre aux intentions de son maître, et le zèle qu'il emploîra à maintenir autant qu'il est en lui , l'union et la bonne intelligence des deux États.
Le style de ces discours doit être noble sans afféterie , respectueux sans flatterie et surtout concis. Si le Ministre était chargé de quelque négociation ou affaire particulière, il en ferait mention en peu de mots , sans entrer en matière.
a^ Lorsque la mission du Ministre est terminée , il remet sa lettre de rappel en audience pu-
blique ou particulière et en raccompagnant d'un discours. Il annonce l'ordre de départ qu'il a reçu, et témoigne en termes à peu près semblables à ceux du discours d'entrée, les assurances conte* nues dans sa lettre de rappel, de l'invariable estime et amitié de son Maître : quelquefois il dit ensuite, qu'il fera un rapport exact et fidèle des témoignages de réciprocité de ces sentiraens de la part du Prince auquel il parle , et des dispositions favorables aux intérêts de son maître, dans lesquelles il l'a trouvé. Finalement il exprime en termes respectueux sa reconnaissance des bontés et des grâces dont il a joui pendant la durée de sa mission , les regrets qu'il a de quitter une Cour où il s'est vu aiûsi comblé, et la satisfaction consolatrice qu'il ressent de la réussite de sa mission, delà situation des affaires et de l'intimitié et bonne intelligence qui régnent entre les deux États.
Si le Ministre n'avait pas réussi dans sa négo-> ciation, et qu'il restât quelque sujet de mésinteU ligence à aplanir, il s'en montrerait peiné et tâcherait d'einployer quelques phrases conciliatoires tout en justifiant sa Cour sans blesser celle à laquelle s'adresse son discours.
Quelquefois les Princes répondent aux discours d'entrée et de congé des Ministres par une courte harangue qu'ils leur adressent eux-mêmes, ou par un de leurs Ministres. Ils les prient de
témoigner à leur Cour le retour de leurs sentimen^ d'affection et d'estime, de m^e que le dé- ^r qu'ils ont d'entretenir kbonne intelligence et l'amitié récipf oque : ils ajoutent quelques expressions de bienveillance et d'estime particulière pour le Ministre, en l'assurant du plaisir qu'ils ont de le voir chargé de la missioii qui lui est confiée, ou, en cas de congé du Ministre, la satisfaction qu'ils ont eu de sa conduite, et le re« gret qu'ils ressentent de son départ.
Les discours d'entrée que le Misistre tient aux membres de la famille du SouTeratn , ne consistent qu'en quelques compllm^s flatteurs et en assurances d'estime et d'affection du Prince, et de soumission particulière du Ministre; de même que dans c^x de congé adressés aux mémesy il notifie son rappel, assure les Princes ou Princesses de la continuation des sentîmens personnels de la bienveillance et des bontés dont ils l'ont honoré.
S'il arrivait que le Ministre eût à hire un dis* cours de félicitation , it doic, en faisant mention de l'heureux événement auquel ses paroles se rapportent, témoigner le plaisir que sa Cour en ressent, et la part qu'elle prend aux nouvelles qui lui ont été transmises des succès et du bonheur du Prince, auquel il parle. Il conclura par quelques termes flatteurs et par des vœux pour
la constante prospérité de l'État et de la Cour auprès de laquelle il est accrédité.
Il est trèserare enfin que le Ministre ait à tenir un discours sur les affaires mêmes. £n ce cas il jurait à faire une espèce de mémoire en forme rhétorique, et son exposition gagneroit en mé'rite , plus elle serait concise.
EXEMPLES
Discours tenu au Roi d'Angleterre par le Comte d'Estrades^ dans sa première audience du %'] juUlei i66ï*
L'alliance que les Rois, pères du Roi, mon fnaîCre, ont eue de tout temps avec les Rois de la .Grande-Bretagne, prédécesseurs de V. M., a toujoiu's été <adbQrapagnéë d'une amitié aussi sincère qu'«Ue le peul: être parmi les hommes.
Le voisinage de leurs États puissans par leur étendue et leur abondance a établi entre leurs peuples une nécessité de konne coFrespondance qui a toujours Êiît leur intéxièt de jieur union, et cette union na jamais été itroublée sans une pertis <très-co»8idérai)le à tXMis les deux.
La prudence des Rois qui les ont gouvernés successivement a employé tous ses soins pour les maintenir. Mais souvent le ciel a pris soin de la confondre par des accidens , qui troublent d'ordinaire toutes les nations de la terre , et qui font la haine de l'amitié et la guerre de la paix du monde la plus affermie.
Nous n'avons point vu de notre temps arriver entre ces deux États aucun de .ces changemens qui ont paru si fréquens aux siècles passés. Et si c'est un coup du ciel, qui n'a pas permis que le Roi mon maître se joignit comme un ennemi étranger à cette foule d'ennemia domestiques qui s'étaient élevés contre V. M., je puis dire, Sire, que c'est encore un effet de cette sainte alliance renouvelée à son avènement à la couronne et ime suite de cette amitié sincère qu'il garde à tous ^es alliés.
C'est par elle qu'il a vu avec déplaisir toutes les révolutions malheureuses arrivées datns vos États , que depuis il a senti de la joie pour tous vos bons succès; qu'aujourd'hui il écoute avec admiration les bruits que la renommée répand dans le monde de tant de royales vertus qui éclatent dans la conduite de V. M. Et enfin, Sire, c'est par ce principe d'amitié sincère , établi depuis tant de siècles entre ces deux États , que le Roi, mon maître, a cherché à la renouer par
(39' ) Fheureux mariage de Monsieur avec la Princesse d'Angleterre , sœur de V. M. . o
La manière obligeante avec laquelle Y. M.^ui a xépondu 9 et les maFques de bonne correspon* dahce et union en toutes choses, qu'elle lui a fait donner par son Ambassadeur , lui fait • espérer que cette amitié sera réciproque de la part de V. M. , et qu'elle passera de vos personnes royales en celles de vos peuples pour le bien et pour le repos commun.
Et comme le Roi, mon maître, ne désire rien avec plus de passion que d'entretenir une bonne intelligence, il m'a envoyé à cette fin vers V. M. en qualité de son Ambassadeur , pour lui en donner toutes les assurances et pour m'employer près d'elle à divertir tous les obstacles qui pour* raient la troubler.. C'est à quoi, Sire, je tn'emploirai avec toute , l'exactitude et tous les^ soins que mérite un ouvrage si nécessaire à l'utilité et au repos de t^nt de peuples.
Discours ^^entrée du Coanétablô ^ Cattiik ^
Ambassadeur diEspagne près du Roi de France^ Louis XIV ^ e« 1701.
Sire,
Je me présente à V, M. par o^dre du Roi m&n maître, et la reconnaissance qu'il témoigne à V. M, de la situation oà elle l'a mis, s'explic]>terâ un peu mie^x par la lettre qu'il écrit à V. M. que par tout ce que je pourrais lui dire de sa part. C'est cette lettre que je remets -entre les mains rayaftes de V. M. La junte que forma en mottrant le Roi Charles n , mon maître , qui soit en gloire , m'a choisi pour venir témoigner , a^vec un proficmd respect à V. M. de la part des royaumes, dti gouvernement et des peuples qui èomposent ia monarchie d'Espagne, combien i4s ont tous célébré la sage et prudente disposition du feu Roi en faveur du Roi mon maître , petit-fils de V. M. Les uns et les autres , avec un respect plein de reconnaissance, remercient et félicitent V* M. dans le transport de leur cœur, de voir le trône d'Espagne occupé par un Prince qui touche de si près à V. M. Ils en tirent les conséquences les plus flatteuses , tant pour la religion que pour
l'ËtaC C'est ce que cette lettre dira à V. M. , et j'y dois ajouter <jiie c'est à V. M. que nous reconnaissons devoir le don prédeux qu'elle nous'fait d'un Prince qui a des vertus si relevées, et que nous vivrons toujours avec un coeur pénétré de respect et d'aSnour pour V. M. , et pour la bonté qu'elle nous a témoignée , dont nous la supplierons toujours de nous accorder ht continuation ; nous tâcherons de l'ol^tenir par les moyens les plus convenaUds à l'honneur qu'elle nous fait. Ayant le bonheur de roe voir aux pieds de V. M. , qui , psff sa magnificence me fait l'honneur «d!e m'accorder ces grâces , ces distinctions et ces faveurs que je me suis fla1>té d'en recevoir, je lui sacrifie ma personne et ma maison ; et j'en tire aVec confiance son plus grand relief et le mien , et le service le plus assuré du Roi mon maître.
JjC Roi lui fît cette réponse :
MOWSIEUK ,
Vous devez être bien persuadé que je reçois avec beaucoup de plaisir les complimens du Roi mon petit-fil&y et avec beaucoup de satisfaction les o^otmiiiaissîiQices que vous me témoignez de la part des Hoyaumes et des États qui composent la monarchie d'E^agne. Ils ne pouvaient clxdtsir, pour .s'en acquitter, une personne qui me fut
(394) plus agréable que vous. Vous voyez à présent Tune et l'autre nation tellement unies que les deux désormais ne font plus qu'une. Pour moi , je suis présentement le meilleur Espagnol du monde ; et si le Roi mon petit-fils me demande des conseils, je ne lui en donnerai que pour la gloire et pour l'intérêt de l'Espagne. On verra mon petit-fils à la tête des Espagnols pour défendre les Français ; et on me verra à la tête des Français pour défendre les Espagnols. Pour vous, Monsieur, vous devez avoir connu , depuis que vous êtes à ma Cour, la distinction que je fais de votre personne ; et la joie que mes sujets montrèrent hier de vous voir, est une marque qu'ils connaissent combien j'aime les Espagnol^. ;
Discours d entrée du Comte de Briordy Ambassadeur de France près des États - Généraux ^ en 1700.
Messieurs ,
Je viens donner à VV. SS. de nouvelles assurances de la constante amitié du Roi mon maître, et du désir sincère qu'il a d'observer inviolablement la dernière paix. Toutes les démarches que S. M. a faites depuis qu'elle a été conclue ont
dû convaincre le monde entier qu'elle n'a eu d'autres vues que de maintenir partout la tranquillité publique. S. M. a cru en dernier lieu en donner une preuve convaincante en acceptant le testament dd feu Roi d'Espagne. En effet, elle établit cet équilibre si souhaité dans toute l'Europe, et son union avec la couronne d'Espagne ne servira à l'avenir qu'à maintenir la paix dans toute la chrétienté. C'est le seul but qu'elle s'est proposé en renonçant à de si grands avantages pour sa couronne.
S. M. espère, Messieui*s, que VV.SSm convaincues de cette vérité, correspondront à de si favorables sentimens pour le bien public, et qu'elles contribueront à la conservation d'un aussi grand bien que celui de la paix. Personne ne met en doute qu'elle ne soit la source de tous les biens ; et 'votre République est la puissance de toute l'Europe qui a le plus d'intérêt de la maintenir. Vous avez assez répandu de sang pour établir votre liberté ; et elle est présentement si affermie que vous n'avez plus qu'à jouir tranquillement de vos longs travaux et de vos dépenses infinies. C'est par le moyen de la paix que vous maintiendrez cet état si^ florissant , et que vous augmenterez ce commerce que vous avez étendu jusqu'aux extrémités de la terre. Votre union sincère avec S. M. sera le fondement le plus solide de la durée
dé cette paix : sa puissance est si connue de tout le monde qu'on ne doit pas soupçonner que d'autres motifs que le biien public l'engagent à désirer
la paix.
La situation de votre République est telle qne non-seulement elle peut conserver cfette paix chez elle, mais encore beaucoup contribuer à la maintenir dans la plus grande partie des États de l'Europe. Pour parvenir à un bien si souhaité , tous n'avez , Messieurs , qu'à bannir des soupçons mal fondés, des craintes anticipées, et à fermer les oreilles aux sollicitations des «inemis et des envieux de la gloire du Roi. Rappelez, Messieurs, dans votre mémoire<eet heureux tem ps cm par votre union avec la France , et par une parfaite correspondance , on travaillait à se procurer mutuellement toute sorte d'avsntages. Il dépend de W. SS. 'de remettre toutes choses dans le même état. Par une telle conduite , v^oas obligerez le Roi de vous continuer cette bienveillance que vous avouez vous-même vous être si précieuse. S. M. ne vous dcxnande pour tout prix de son amitié, que de concourir avec elle à maintenir cette tranquillité si ultile, et si* souhaitée par toutes vos provinces.
Ce serait très -inutilement. Messieurs, que je m'«Kpliquerais plus amplement sur tous les avantages de la paix. Cette assemblée, qui est composée de gens si sages, si consommés dans les
( 397 ) affaires et si zélés pour le bien public, n'a saus doute d'autres intentions que de procurer un si grand bien. D'ailleurs,, ^ti homme de ma profession n'est pas accoutumé à de longs discours. Je finis donc en protestant à V V. SS. que je tâcherai toujours de prouver, plus par des effets que par des paroles, que jamais Ministre ne viendra dans ces provinces avec de meilleures intentions ; que j'ai, pour cette illustre assemblée, toute la vénération qu'elle mérite, et que j'honorerai toujours trés-parfaitement tous les particuliers qui la composent.
Le Président de semaine répondit à ce discours de
la sorte :
MorfSiEUR ,
Les fréquentes marques que nous recevons tous les jours de la bonté de S. M. nous font espérer de posséder entièrement l'honneur de sa bienveillance et de son amitié.
Celles que nous venons de recevoir aujourd'hui, fîant par la lettre de S. M, que par U bouche de son Ministre^ nous y confirment. Soyez persuadé. Monsieur, que LL. HH. PP. y seront toujours fort sensibles, et qu elles feront tous leurs efforts pour travailler avec beaucoup de soin et d'application à les conserver. Quant à leur estime, respect, et vénération pour le RoiT,-C., ils
(398) ne prétendent pas d'en faire aucune protestation ^ puisqu'elles espèrent, Monsieur, que vous en étes( assez persuadé, et qu'elles sont résolues de faire voir par leur conduite jusqu'à quel point elles l'honorent
Cependant , Monsieur, nous sommes très*ravis d'apprendre que S. M. a la bonté de continuer à garder des sentimens si avantageux pour cet État et pour toute l'Europe.
Le soin, dont il lui plaira de s'appliquer à la conservation de la paix générale, sera toujours secondé par celui de LL. Hfï. PP., qui n'ont aucun autre but au monde que de voir bien établi le repos, la paix, et la tranquillité dans tous les endroit$ de l'univers.
Quant à vous, Monsieur, nous vous sommes tfès-obligés de la peine que vous prenez de venir ici ; mais bien plus particulièrement pour l'estime que vous témoignez avoir pour cet État, et dont nous avons déjà goûté les effets. Nous vous prions. Monsieur, de garder ces mêmes sentimens, et d'être persuadé que LL. HH, PP. y seront trèssensibles; et qu'elles auront toujours des consi* . dérations toutes particulières à votre égard, et pour vos mérites.
Discours du Comte Du Luc^ Ambassadeur de France , aux Députés des Cantons Helvétiques^ en 1712.
MA.GNIF1QI7ES Seigneurs,
Vous êtes trop instruits par vous-mêmes de la part que le Roi mon maître ^ prise à vos derniers troubles, pour douter de celle qu'il prend à votre réunion , et je vois avec une grande consolation que vous rendez justice au zèle constant que j'ai fait paraître pour rapprocher vos esprits, et les acheminer au grand ouvrage que vous venez de consommer.
Je viens donc, Magnifiques Seigneurs, vous marquer ma joie, et vous exhorter à ne rien négliger pour rendre à jamais durable une réconciliation qui peut seule maintenir votre République dans son ancienne félicité.
En éprouvant les malheurs de la guerre, vou^ av» éprouvé Jes funestes suites que traîne après soi le violement de la discipline et de la subordination. Dieu n'a point permis que ceux qui ont soufiQé parmi vous l'esprit de révolte vissent triompher leurs pernicieux desseins; mais il a voulu
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VOUS faire sentir combien il est dangereux de renverser Tordre qu'il a établi , et vous marquer en même temps la différence que vous devez faire entre ceux qui abusent de ce nom pour travailler plus sûrement à votre perte ; c'est à vous à faire revivre vos lois languissantes, et à rétablir Tordre de la justice^ et à rendre à vos magistrats Tauto- ^ïté qui leur a été ravie par des factions et des rebelles.
Si vous y donnez, une attention convenable, j'espère que vous trouverez dans ma conduite une modération qui n'a guère d'exemples. Vous reconnaîtrez. Magnifiques Seigneufs, que Tenvie que j'ai eue de contribuer à la paix m'a fait négliger en quelque sorte la dignité de mon caractère, en dissimulant des offenses doi>t ipém^ je ne vous parlerais point aujourd'hui si je ne croyais pas néc^saire pour votire propre repos de ne les pas laisser impunies.
Vous apprendrez que dans certains cantons on a parlé de M. T Ambassadeur d'Espagne et de moi comme des fauteurs d'hérétiques vei^dus aux deux louables entons de Zurich et de BeF9^» Sur cette imposture aussi grossière qu'insolente i kfi nouveaux Régens établis par les séditieux ont déclaré traîtres tous ceux qui auraient relation avec nous. Nos lettres aux canloiks ont été i^çues et méprisées, et celles qu'on a pu intercepter, qnqiqu'eUes
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ne continssent rien que d'indifférent ou de juste, ont servi de prétexte contre ceux à qui elles étaient adressées. Ils ont été maltraités, dégradés de leurs emplois , et n'ont sauvé leur vie que par une espèce de miracle.
Vous jugez bien, Magnifiques Seigneurs, que le Roi n'y sera pas insensible lorsque j'aurai eu l'honneur de l'informer de la vérité; j'ai liâu de, croire que S. M* 9 en l'apprenant, saura en ix^me tfffPP^ que l<es sédttieiii^ auropt $ubi la peine qu'ils Qpt méritée, et dont vous ne pouvez le$ âfl&ançbir s^ns vqv9S exppsjpr à retomber daos de nouveaux troi^bl^ plus dai^reux que ceux dont vou$i v^-* nez de délivrer la nation par votre prudeEicçf fit par votre 9<pl^, yartus dignes de v<fô glorieux anc^tiies) et qui in'<>ftt rempU pour vous, M^^iûqif^e^ i^eigp^ur^^ d'iine estime et d'une véoériSition qpî <kii?çtra autant que ma vi^
A Arnu , le la août 171a.
Discours d'audience prononcé par M, d'AlUon, Ministre plénipotentiaire de la Cour de France^ a celle de Russie^ en 1 745.
Madame,
La lettre que j'ai Thonneur de remettre à V.M.I., et par laquelle le Roi m'accrédite de nouveau auprès d'elle en qualité de son Ministre plénipotentiaire, contient un témoignage bien éclatant de l'amitié de S. M. pour votre auguste personne, et de son admiration pour des vertus qui frappent et qui fixent les yeux de tout l'univers.
Les glorieux et utiles travaujL de Pierre-le- Grand portèrent un peuple reconnaissant à le proclamer Empereur et Père de la Patrie. Les éminentes qualités que Y. M. I. rassemble, engagent les nations à confirmer les suffrages de celle qui a le bonheur de vivre sous les douces lois de V. M. I. '
Le Roi ne m'a rien tant recommandé que de chercher à faire connaître à V. M. L combien il désire de vivre avec elle dans la plus parfaite intelligence. Trop de terres séparent les États respectifs pour être dans le cas de se vouloir du mal, et, en le pouvant, de s'en faire : mais les plus
grandes distances se rapprochent lorsqu'on veut se rendre réciproquement utile.
Digne fille d'uq des plus grands monarques qui aient jamais paru, et sans cesse attachée à marcher sur ses traces, V. M. I. ne peut ignorer quels étaient ses sentimens et ses vues par rapport à la France. Les temps n'ont point changé. Que je m'estimerais heureux, si, pendant mon ministère les choses pouvaient être amenées à un point qui constatât également que les désirs des deux Cours n'ont point varié !
V. M. I. daignerait-elle permettre qu'en mon particulier je me félicitasse de la commission dont j'ai l'honneur d'être chargé? Là joie que j'en ressens doit être à V. M. I. un garant assuré de l'attention que j'apporterai à mériter. ces mêmes bontés dont elle m'a honoré pendant le cours de ma première mission.
Discours du même^ au Grand-Duc.
MONSÉIGNKUR,
Destiné à continuer un jour la félicité des peuples de ce vaste empire, vous l'êtes également à partager tout ce qui décore le règffe de l'auguste souveraine qui les gouverne aujourd'hui.
V. A. I. connaît d'ailleurs depuis long-temps les sentimens de S. M. pour sa personne en particu-
lier. J*ai la satij^sKïioD dç reparaitrie devant elle avec ordre de l'assurer <|ue ces seot^nens n'ont point va^ié, qu'ils ne varieront jamais, et que le Roi ne laiasera échapper aucune occasion de témoigner à Y. Â. I. la part sincère qu'il prend à tout ce qui peut l'intéreaser.
J'^i regardé, ]Vtoi;iseigneujc, le .teo^ps de ma première mission co^me le temps le plus fortuné pour moi. Y. A. I. m'y marquait quelques bontés. S!il suffisait d'aller au-devant de tout ce qui peut lui plaire , j'oserais en espéra la continuation.
Le Conseiller d*État fFesselowski fit la répof^se suis^ante^ au nom du Grand-Duc:
Monseigneur le Grand-Duc ne peut appr^dre qu'avec bien de la joie les seniimens favorables de S. M. le Roi de France à son égard. Aussi S. A. I. profite-t-elle de cette occasion pour réitérer de sa part au Roi les assurances de sa reconnaissance et de son parfait attachement. £t elle se fera un plaisir de continuer les témoignages de fion affection à M. le Ministre plénipotentiaire.
Discours de Lord Hind/brd, ^ambassadeur d Angleterre^ à la Grande- Duchesse.
Madame ,
L'Ambassade à la Cour Impériale de Russie^ dont le Roi mon maître m'a honoré, me cause une double satisfaction, puisque S. M. m'a chargé en même temps d'assurer V. A. Impériale de soa amitié et de son affection sincère. Oserai-je bien , Madame, me flatter de la continuation des bontés ' dont V. A. Impériale m'a toujours honoré? Je tâcherai au moins de m'en rendre digne par l'attachement très-inviolable que j'ai et que j'aurai toujours pour la personne de V. A. Impériale , et pour l'auguste Maison dont elle est issue.
Le Baron de Bredahty Grand- Feneur et Chamhetturi de la Princesse^ fit la réponse suivante:
Lès témoignages d'amitié que le Rot de la Grande-Bretagne a éhargé monsieur l'Ambassadeur de donner de la part de SI M. à madame la Gràndte-Du€h€sse ne peu vait que lui causer une joie proportionnée, à la haute estime qu'ellîe a toujours eue, et qu'elfe conservera toujours pour la
personne de S. M. Britannique. S. A. Impériale et la Maison dont elle est iissue, connaissant d'ailleurs depuis long-temps le mérite et les qualités distinguées* de monsieur l'Ambassadeur, ce sera un plaisir pour elles de pouvoir lui faire connaître d'une manière convaincante et suivant les occasions, jusqu'à quel point elles l'estiment.
Discours prononcé dans le sein de la Conç^enlion nationale^ le [\ floréal an ^ ( a3 a^ril J795), par le Baron de Staël de Holstein , Ambassadeur extraordinaire du Roi de Suède près la République Française.
Citoyens reprisent ans du peuple français.
L'alliance des Rois de Suède avec la France, consacrée depuis long-temps dans les traités, dans les annales de l'histoire, et plus encore par cette analogie de caractère si remarquable entre les deux peuples , n'a point souffert du choc politique dont l'Europe est ébranlée. Le système suivi par le gouvernement Suédois , le traité de neutralité armée, conclu entre les Rois de Suède et de Danemarck,sont pour la République Française une preuve des sentimens dont S. M. le Roi de Suède
TOUS assure aujourd'hui par mon organe. Je viens en son nom , au sein de la représentation nationale de France, rendre un hommage éclatant aux droits naturels et imprescriptibles dès nations. Ne doutez point que les Suédois v quon a souvent appelés les Français du Nord, ne continuent de former un peuple de frères avec les Français du Midi. Il est doux pour moi, citoyens représentans, d'avoir à entretenir, à fortifier cette union par la franchise: et la loyauté dont nous nous donnerons respectivement des témoignages. Puisse la paix, source de la véritable prospérité des empires, couronner bientôt les glorieux succès de la France! Puissent tous les gouvernetnensv quels qu'ils soient, se respecter mutuellement, ne rivaliser qu'en justice, en sagesse, en générosité! Puissent enfin les Français, ce peuple brillant, intrépide, au-dessus désormais des passions réprouvées par la morale, et par la philosophie politique, offrir au genre humain le spectacle nouveau de la puissance i^unie à la vertu [
vni.
Discours du citoyen Ferninàc , enpojné de Itt /fepublique Française près h Porte Ottomane, prononcé lors de Vaudience publique qui lai fut donnée par le Grand- Fisir en 1 796.
La Snblime Porte, fidèle au principe sacré de rindépendance des nations , et non moins fidèle à Tantique amitié qui unit la France à l'Empire Ottoman, dans ces circonstances difficiles, où tant de nations ont dévié de la route de leurs véritables intérêts, a respecté Texercice de nos droits et n'a pas pris les arm^ pour $'opposer à rétabli$sement de notre République.
Que V. E. reçoive donc le tribut d'hommage du à la haute sagesse d'uhe conduite si recommandable, et qu'elle le reçoive par l'organe d'un citoyen de cette République, qui est le premier Envoyé de ses fondateurs qui fasse ehtendne sa voix amicale et sincère dans cette enceinte.
L'histoire conservera ce titre de gloire de la Sublime Porte , lorsqu'elle retracera avec les plus vives couleurs cette époque mémorable où le peuple français, forcé d'unir au droit de sa cause, le droit de l'épée et de la victoire, a donné au monde l'exemple le plus brillant dont aucune
portion du genre humain dit jamais pu s'honorer jusqu'ici.
Les principes qui ont dirigé les résolutions de la Sublime Porte dans ces temps critiques m'ont été un motif d'encouragement et une garantie de succès favorables, en acceptant des représentans du peuple Français la mission de raffermir, lenîte la France et l'Empire Ottoman , les bases de la paix; de rçsserrér de plus eh plus les liens de l'amitié y et d'accroître les rapports d'un avantage commun.
J'ai trouvé aussi de grands motifs d'espérance dans la nature des choses , les deux nations ayant de fortes raisons de s'aimer, et ne connaissant aucun motif de haine ni de jalousie ; j'en ai trouvé enfin dans la sagesse et les lumières qui distinguent le dépositaire suprême de l'autorité de S. H.
Tout me porte donc à croire, qu'en récom- • pense de mon respect pour les droits et les intérêts de la Sublime Porte, je trouverai dans ce dépositaire suprême, pendant tout le cours de ma mission, les égards dus à la dignité de laRépitblique Française, l'exécution amicale des traités et capitulations qui unissent les nations, et une constante bienveillance envers les Français qui sont occupés dans les diverses parties de cet £m* pire, du soin doublement avantageux de mettre en valeur les productions du sol ottoman , et de
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renrichir des utiles inventioDs de l'industrie et des arts de la France.
Réponse du GrcuidrVisir,
Les sentimens d'affection qui ont toujours animé la Sublime Porte en faveur de la nation Française, n'ont jamais souffert la moindre altération; de plus, la Sublime Porte a toujours été fidèle aux droits de l'amitié et aux liens qui existent entre les deux puissances. Elle n'a cessé d'être très-atteutive à tout ce qui peut intéresser la sécurité et le bonheur des Français établis dans l'Empire Ottoman. Ces droits de l'amitié seront également observés avec la même attention à l'avenir, ainsi que les termes des traités.
Telle est la volonté souveraine de S. H., le trèsmajestueux , le très-magnanime, et le très-puissant Empereiu*, notre bienfaiteur, seigneur et maître.
Nous, de notre côté^ nous remplirons nos devoirs à cet égard avec l'attention la plus constante.
Nous voyons au surplus, avec la plus grande satisfaction, que le citoyen Envoyé, notre anûi homme de réputation par ses estimables qualités, soit destiné par la République Française, notre amie, à résider auprès de la Sublime Porte.
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