‹ Cours de style diplomatique (volume 2)Chapitre 23 sur 42 · XV · texte numérisé non relu

XV

Disœurs de congé adressé par Lord Tirawlei, Ambassadeur de la Grande-Bretagne y à Vlm^ pératrice de Russie.

Le Roi mon très-gracieux Souverain m'ajant rappelé de mon ambassade auprès de Y. M. I. pour le servir dans ses armées, j'ai Thonneur de vous présenter cette lettre de recréance de S. M* Son attention toute particulière pour la personne de y. M. t. ne lui a pas permis de laisser un tao-ment d'intervalle sans avoir ici un Ministre qui y résidât de sa part, et elle a nommé le Lord Hing*-^ fort pour m'y succéder. Je ne puis quitter cette Cour sans remercier V, M. I. , au nom du Roi mon maître, dès dispositions favorables qu'elle a bien voulu faire paraître pour les intérêts de S. M., à qui je ne manquerai pas d'en faire un rapport fidèle. Le Roi de la Grande-Bretagne de son côté ne laissera échapper aucune occasion d'embrasser avec chaleur les intérêts de votre personne sacrée et de cet empire , ainsi que de resserrer de plus en plus les nœuds de Talliance et de l'amitié qui subsistent eptre les deux couronnes. Permettez, Madame, que je recommande en même temps à ' la haute protection de V. M. I. les sujets du Roi de la Grande-Bretagne, négocians dans cet em-^

pire, puisque les avantages du commerce soot réciproques entre les deux États.

En mon particulier je s^is pénétré , Madame , des bontés précieuses et inestimables que V. M. I. a eues envers moi, aussi bien que des procédés pleins de confiance et de politesse, que j'ai éprouvés de ses Ministres.

En quelque lieu que je puisse me trouver je me louerai de Y. M. L comme de la Princesse là plus i^agnanime et la plus accomplie du monde, et je conserverai toujours pour sa personne les senti* ipens de la plus profonde vénération.

Réponse du Grand-Chancelier Bestuchef.

S. M. I. conserve inviolablement les sentimens d'amitié et d'estime dont elle est remplie pour le Roi de la Grande-Bretagne. Elle est très-satisfaite du zèle avec lequel M, l'Ambassadeur a su, pendant le cours de sa négociation, allier les intérêts de la Russie avec ceux de la couronne Britannique pour affermir de plus en plus l'heureuse union qui subsiste entre les deux Cours. Elle aurait souhaité de voir ici plus long-temps un Ministre, qui, par sa bonne conduite s'est rendu si digne de sa haute estime.'

Discours de congé de M. de Bonrepos , Ambassadeur de France aux États-Généraux.

Messieurs,

Si ma santé eût pu 'supporter plus long-temps Fatr d'an climat qui m'est étranger, Taudience ({ue je prends aujourd'hui n'aurait pas suivi de ^ près celle que W. SS. m'accordèrent l'année dernière. J'espère que, si elles se souviennent encore de la joie que je leur témoignai pour lors, de l'honneur que le Roi mon maître m'avait fait en me choisissant pour soh Ambassadeur extraordinaire auprès de VV, SS. , elles seront bien persuadées que ce n'est qu'avec regret que je viens aujourd'hui prendre congé d'elles. Je leur avouerai cependant que ce regret est modéré par la, vue de la situation où je laisse les choses. La paix et la bonne correspondance n'ont jamais été plus solidement établies entre la France et cet État, qu'elles le sont présentement. Toutes les af&ires qui restent à régler en exéci^tion du traité de Ryswik sont heureusement terminées. Il n'est question que de s'abandonner de part et d'autre .aux sentimens de confiance et d'amitié, si naturels à la France pour cette République, et à cette République envers la France. Aussi, Messieurs,

voyez-vous par la lettre de S. M. que j'ai eu l'honneur de présenter à VV. SS. , qu'elle m'a trèsexpressément chargé de les assurer du désir qu'elle a de voir la paix se perpétuer dans l'Europe, et de pouvoir en particulier douter, à cette République des marques de la continaatÎQP, et de son amitié et de son estime.

Je me flatte , Messieurs , et la manière dont VV. SS. ont toujours agi avec moi, me persuade que vous n'aurez pas pour d^ésagréable qqe j'ajoute à ces assurances, celles de la yéâératiqn et de l'ea* time très-particulière que le séjour que j'ai fait ici 9 m'a inspirées pour ce Gouverpem^nt et pour les Membres qui le composant. Ces s^ntip^ens ne sont p^s xnçios: sincères en tpoi qu^ la parfaite reconnaissance que j'ai des bontés dont VV- SS. m'ont honoré. J'en garderai toujours précieusement le souvenir, et je.ra'estiïû^rais heureux si je pouvais. Messieurs , vous faire tfotinattre par mes très-'humbles services, J^que) pQÎnt j'y ai été sensible. *

Discours du Président du Directoire exécutif de France^ M. Barras^ en réponse au discours de congé de M. Monroe , Ministre des États - Unis d* Amérique.

Monsieur le Miitistre pLÉNiPoîENtiAiR^ DES Etats-Unis d'Amérique,

En présentant aujourd'hui au Directoire exécutif vos lettres de rappel, vous donnez à l'Europe un spectacle bien étrange. •

La France , riche de sa liberté, entourée du cortège de ses victoires , forte de l'estime de ses alliés, ne s'abaissera pas à calculer les suites de la condescendance du Gouvernement américain pour les suggestions de ses anciens tytans... La République Française espère, au surplus, que les successeurs de Columbus, Baleigh et Penn, toujours fiers de leur liberté, n'oublieront jamais qu'ils la doivent à la France... Ils pèseront dans leur sagesse la magnanime bienveillance du peuple français avec les astucieuses caresses de quelques perfides qui méditent de la ramener à son antique esclavage. Assurez, M. le Ministre, le bon peuple américain que, comme lui, nous adorons la liberté; que toujours il aura notre estime, et qu'il trouvera dans le peuple français la gêné*-

( 43i ) rosité républicaine qui sait accorder la paix^ comme elle sait faire respecter sa souveraineté.

Quant à vous, M. le Ministre plénipotentiaire , vous avez combattu pour les vrais intérêts de votre patrie... partez avec nos regrets. Nous rendons en vous un représentant à rAmérique, et nous retenons le souvenir du citoyen dont les qualités personnelles honoraient ce titre.

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