‹ Cours de style diplomatique (volume 2)Chapitre 26 sur 42 · II. 3o · texte numérisé non relu

II. 3o

Les soiusignés, chargés de prier M. le Duc<}e Richelieu de porter ce vœu de leurs augustes Souverains a la connaissance du Roi son maître^ invitent en même temps S. £xc. à prendre part à leurs délibérations présentes et futiures , consa" crées au maintien de la paix , des traités sur lesqueb elle repose, des droits et des rapports mutuels, établis ou confirmés par ces traités, et reconnus par toutes les Puissancesmropéennes.

En transmettant à M. le Duc de Richelieu cette preuve solennelle de \a^ confiance que leurs augustes Souverains ont placée dans la sagesse du Roi de France, et dans la loyauté de la nation française, les soussignés ont l'ordre d'y ajou<ter l'expression de l'attachement inaltérable que LL. MM. II. et R. professent envers la personne de S. M. T.*C. et sa famille, et de la part sincère qu'elles ne cessent de prendre au repos et au bonheur de son royaume.

Ils ont l'honneur d'offrir en méuït temps à M. le Duc de Richelieu l'assurance de leur consi<dération toute particulière^

metteumch , casttereagh, wellington, Hardenberg, Bernstorff, Nesselrode, Capo-d'Istrta.

Aix-la-Chapelle, le i" novembre j8i8.

Note de M. le Due de Richelieu, en réponse çt celle des Plénipotentiaires des Cours <t Autriche , de la Grande-Bretagne^ de Pmsse et de Russie.

Le sotissîgné , Ministre et Secrétaire d'État de S. M. T.C., a reçu la communication queLL. EExc. MM. les Ministres des Cabinets d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, lui ont fait l'honneur de lui adresser, le i^^de ce mois, par ordre de leurs augustes Souverains. Il s'est empressé d'en donuer connaissance au Roi son maître. S. M. a reçu avec une véritable satisfaction cette nouvelle preuve de la confiance et de l'amitié des Souverains qui ont pris part aux délibérations d'Aix-la-Chapelle^ La justice qu'ils rendent à ses soins constans pour le bonheur de la France, et surtout à la loyauté de son peuple, a vivement touché son cœur. En portant ses re» gards sur le passé, et en reconnaissant qu'à aucune autre époque , aucune autre nation n'aurait pu exécuter avec une plus scrupuleuse fidélité des engagemens tels que ceux que la France avait contractés, il a senti qu'elle était redevable de ce nouveau genre de gloire à la force des institutions qui la régissent ; et il voit avec joie que l'affermissement de ces institutions est regardé par ses augustes Alliés comme aussi avantageux

au repos de l'Europe qu'essentiel à la prospérité de la France. Considérant que le premier de ses devoirs est de chercher à perpétuer et à accroître, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, les bienfaits que l'entier rétablissement de la paix générale promet à toutes les nations; persuadée que l'union intime des gouvernemens est le gage le plus certain de sa durée , et que la France qui ne pouvait rester étrangère à un système dont toute la force naîtra d'une parfaite unanimité de principes et d'action , s'y associera avec cette franchise qui la caractérise, et que son concours ne peut qu*augmenter l'espoir bien fondé des heureux résultats qu une telle alliance aura pour le bien de l'humanité., S. M. I. accueille avec empressement la proposition qui lui est faite d'unir ses conseils et ses efforts à ceux de LL. MM., pour accomplir l'oeuvre salutaire qu'ils se proposent. En conséquence, elle a autorisé le soussigné à prendre part à toutes les délibérations de leurâ Ministres et Plénipotentiaires, dans le but de consolider la paix , d'assurer le maintien des traités sur lesquels elle repose et de garantir les droits et les rapports mutuels établis par ces mêmes traités et reconnus par tous les États de l'Europe.

Le soussigné, en priant LL. EExc. de vouloir bien transmettre à leurs augustes Souverains l'ex-

pression des intentions et des sentimens du Roi son maître, a l'honneur de leur offrir l'assurance de sa plus haute considération.

Richelieu.

Aix-la-Chapelle , le la noyembre 1818.

Protocole, signé le i^ novembre 181S par les Plé* ntootentiaires des Cours d'Autriche^ de France , de la Grande-Bretagne^ de Prusse et de Russie,

Les Ministres d'Autriche, de France, de la Grande-Rretagne , de Prusse et de Russie, à la suite de l'échange des ratifications de la convention signée le 9 octobre, relativement à l'évacuation du territoire français par les troupes étrangères, et d'après s'être adressé de part et d'autre les notes ci-jointes, en copie, se sont réunis en conférence pour prendre en considération les rapports qui, dans l'état actuel des choses, doivent s'établir entre la France et les Puissances cosignataires du traité de paix du no novembre 1 8 1 5 , * rapports qui, en assurant à la France la place qui lui appartient dans le système de l'Europe, la . lieront étroitement aux vues pacifiques et bienveillantes que partagent tous les Souverains , et consolideront ainsi la tranquillité générale.

Après avoir mûrement approfondi les principes conservateurs des grands intérêts qui constituent l'ordre d^s choses rétabli en Europe sous les aus-

piices de la Providelice divine ^ moyennant le traité de Paris, du 3o mai i8i4t ^^ recès de Vienne et le traité de paix de Tannée i8i5, les Cours signataires du présent acte ont unanimement reconnu , et déclarent en conséquence :

i^'Qu^elles sont fermement décidées à ne point s'écarter, ni dans leurs relations mutuelles, ni dans celles qui les lient aux autres États, du principe d'union intime qui a présidé jusqu'ici à leurs rapports et intérêts communs ^ union devenue plus forte et indissoluble par le& liens de frater^ nité chrétienne que les Souverains ont formés entre eux.

a"" Que cette union, d'autant plus réelle et du* rable , qu'elle ne tient à aucun intérêt isolée à aucune combinaison momentanée ^ ne peut avoir pour objet que le maintien de la paix générale « fondé sur le respect religieux pour] les engagemens consignés dans les traités, et pour la totalité des droits qui en dérivent.

3*" Que la France, associée aux autres Puissances , par la restauration du pouvoir monarchique , légitime et constitutionnel ^ s'engage à concourir désormais au maintien et à l'affermissement d'un système qui a donné la paix à l'Europe j et qui peut seul en assurer la durée.

4'' Que si , pour mieux atteindre le but ciblessus énoncé ,. les puissances qui ont concouru au

présent acte, jugeaient nécessaire d'établir des réunions particulières, soit entre les augustes Souverains eux-mêmes soit çntre leurs Ministres et Plénipotentiaires respectifs^ pour y traiter en commun de leurs propre intérêts, en tant qu ils se rapportent à Tobjet de leurs délibérations ac* tuelles^ l'époque et l'endroit de ces réunions seront chaque fois préalablement arrêtés, nu moyen de communications diplomatiques; et que, dans le cas où ces réunions auraient poiu* objet des affaires spécialement liées aux intérêts des autres États de l'Europe , elles n'auront liçu qu'à la suite d'une invitation formelle de la part de ceux de ces États que lesdites affaires concerne* raient, et sous la réserve expresse de leurs droits d'y participer directement ou par leurs Plénipotentiaires.

5*" Que les résolutions consignées au présent acte seront portées à la connaissance de toutes les Cours européennes par la déclaration ci-jointe, laquelle sera considérée comme sanctionnée par le protocole et en faisant partie»

Fait quintuple et réciproquement échangé ea original entre les Cabinets signataires*

Mettehnich , Richelieu , Castl^uvagh ,

WzhLWGTOJSt^ H AaDElTKIlG, Q£B)f STOR7F,

NcssELRons, Capo'p'Istria.

A Aix-la-Chapelle <, le i5 novembre 1819»

Mémorandum du Duc de ^ettington sur les affaires au congrès de Vérone,

Vérone , le la noyembre 1822.

Le 10 octobre, le Ministre français a présenté une note dans laquelle il a demandé aux Ministres des Puissances alliées : i^'dans le cas où la France serait forcée de retirer son Ministre d'Espagne, les autres Puissances imiteraient -elles Son exemple? a"" dans le cas où la France serait entraînée dans une guerre contre l'Espagne , quelle attitude les alliés seraient-ils disposés à prendre ? 3^ dans le cas où la France réclamerait l'assistance des alliés, lui serait-elle accordée?

A ces questions les trois Puissances du continent ont répondu le 3o octobre, d'abord qu'elles suivraient l'exemple de la France à l'égard de leurs relations diplomatiques ; ensuite qu'elles prendraient l'attitude que prendrait la France; enfin qu'elles lui donneraient tous les secours dont elle aumit besoin. Un traité devra établir les motifs et fixer l'époque et le mode de cette coopération.

Le Ministre de la Grande-Bretagne a répondu que, n'ayant pas connaissance des causes de la mésintelligence, et n'étant pas en état de porter

un jugement quelconque sur un cas hypothétique, il lui était impossible de répondre à aucune de ces questions.

Le mode de communication avec l'Espagne a été délibéré le 3 1 de ce mois dans des vues pacifiques ; et afin de prévenir une rupture entre la ' France et l'Espagne, il fut convenu que le Ministre de chacune des Puissances continentales à Madrid présenterait une note séparée, mais de la même teneur, et le i*' novembre on arrêta de Coi:nmuniquer ces quatre notes au Ministre britannique, qui, après en avoir pris connaissance, ferait savoir quelle ligue sa Cour se propose de suivre.

Depuis cette séance du Congrès, on dit que le plan de conduite proposé et agréé a subi quelques altérations. Au lieu des notes officielles destinées à être présentées par chacun des quatre Ministres à Madrid à la Cour d'Espagne, il est entendu maintenant que ces dépêches seront adressées à chacun de ses Ministres respectivement ; ce mode de procéder a été adopté comme donnant pour la discussion et pour les explications une plus grande latitude que n'en auraient donné des notes officielles.

Conformément à cette décision, M. de Montmorency a préparé la minute de sa dépêche, et il est convenu que les Ministres des Puissances continentales prépareront les leurs.

Tels sont les &its qui se sont passés auGaogrès.

Dans le cours des discussions qui ont eu lieu dans cette circonstance, une différence remarquable s'est fiait voir entre l'opinion et le mode d'agir des Cours continentales et celle de la Grande-Bretagne.

Ije Ministre de cette dernière Puissance a de-» mandé formellement que la France et les autres Cours qui partagent son système, se bornant à ce qui peut proprement se nommer la querelle ex-térieure élevée entre la France et l'Espagne^ s'abstiennent de menacer celle-ci, et surtout n'ap^ prochent pas du territoire espagnol avec des démonstrations hostiles, se contentant de conclure un traité d'alliance défensive contre elle.

Dépéthe du Baron de Breteuily Plénipotentiaire^ Médiateur pour le Roi de France au Congrès de Teschen^ eh réponse à une lettre de F Électeur Palatin.

En date du 20 avril 1779*

Monseigneur,

Je ne puis pas vous dire que l'article contenu dans la votre, du i3 d'avril, sur la garantie de vos pactes de famille ^ m'ait offert la satiafaction

de pouvoir remplir vos intentions, tant à cet égard qa6 sur la signature de M. le Duc de Deux^Ponts, comme partie contractante. Qull me soit permis, Monseigneur, de vous rappeler qu« le désir d'entrer dans vos vues et dans vos principes contre cette signature de M. le Duc de Deux-Ponts, en qualité de partie contractante, a engagé les médiateurs à chercher un moyen qui pût à la fois vous complaire, et donner, sans préjudice des intérétsde votre maison, la possibilité à M. le Duc de Deux-Ponts de se conformer à vos volontés.

Nous avions^ pour remplir ce double projet, imaginé, M. le Prince Repnin et moi , de proposer à M. le Duc de Deux-Ponts de se contenter de la garantie des pactes de famille, de faire connaître son avis à la Ck)ur de Vienne, qiii, ainsi que V. A. S. E., désirait que M. le Duc de Deux- Ponts ne prit point dans la convention la qualité de partie principale contactante. Nous avions déterminé M. le Duc de Deûx-Ponts à faire agréer au Roi de Prusse qu'il ne parut dans la convention que comme partie accédante. Nous étions tous d'accord sur ces deux objets. M. le Duc de Deux -Ponts s'applaudissait d'avoir suivi le parti le plus capable de vous prouver son respect et sa soumission. M* le Prince Repnin et moi, nous nous réjouissions d'avoir trouvé à lever ce point de difficulté par uœ idée qui n'avait rien que de

satisfaisant pour toutes les parties intéressées à la paix; nous ayions communiqué le même sentiment à nos Cours, et nous nous croyions tous au moment de passer à la rédaction des traités et conventions; et c'est dans cet état de choses. Monseigneur, que votre lettre du 1 3 de ce mois m'a été remise le j8.

Je n'ai pas besoin de faire à Y. A. S. Ë. le tableau de ma perplexité et de mes alarmes en tout genre, après avoir pris lecture.de sa lettre. Je ne veux vous parler que de la prompte résolution que mon zèle à vous servir m'a fait prendre de réunir tous mes soins et raisonnemens pour obvier aux inconvéniens de la démarche que la confiance de Y. A. S. £. me prescrivait. Je n'ai pas différé un moment à me rendre chez M. le Prince Repnin, et à y faire appeler M. le Baron de Riedesel, pour leur communiquer ie changement subit des mesures que nous avions eu tant de peine à faire adopter pour plaire à Y. A. S. £.

J'ai lu à ces deux Messieurs la lettre par laquelle vous revenez, Monseigneur, à donner votre consentement à la signature de M. le Duc de Deux- Ponts, comme partie contractante, en vous refusant à la garantie de vos pactes de famille. J'épargnerai à Y. A. S. E. le récit de ce qu'a produit ce changement répété sur le Médiateur russe et sur le Plénipotentiaire prussien. Elle doit sentir com-^

bien il m'était pénible d'entendre ces deux Messieurs en appeler à mon devoir de Médiateur^ pour partager avec eux ce qui avait droit de les surprendre dans iDon exposé , de voir déranger tout ce que nous avions fait jusque-là pour la paix , et de les voir penser qu'il ne leur restait plus que la ressource de recourir aux remèdes les plus violens pour y parvenir. Il m'était aussi cruel de voir que V. A. S. E., après avoir fait des efforts généreux pour y contribuer, serait pourtant seule la cause de la durée de la guerre, puisque les deux Puissances belligérantes se trouvaient d'accord sur les articles plus essentiels. J'avoue à V. A. S. E. que, quoique j'eusse prévu une partie du mouvement que produiraient ses nouvelles intentions, je m'étais flatté qu'il ne serait pas tout-à'^fait aussi chaud. Après avoir fait de mon mieux pour en arrêter les premières résolutions, j'ai instruit M. le Comte de Séefeld, et MM. de Golthagen et Gunther, de tout ce qui s'était passé à l'annonce de ma nouvelle. J'ai envisagé la suite funeste de cet incident, la douleur certaine que Y. A. S. E. ressentirait d'en être la cause.

M. le Comte de Séefeld et MM. vos Conseillers , en état d'apprécier comme moi la disposition des esprits, m'ont pressé d'obtenir du Ministre de Prusse et du Médiateur de Russie, de ne point expédier de courrier à Breslau ( où se trouvait le Roi

de Prusse ) jusqu'au^ 19 matin. Pour m'assurer de ce retard dans leurs rapports, j'ai indiqué ime conférence pour le 19 à neuf heures du matin.

M. le Comte de Séefeld vous dira, l^onseigneur, qu'elle a duré près de deux heures. 11 vous rendra compte du feu des esprits quand j'ai remis vos intentions sur le tapis. Il vousdira les extrémités auxquelles nous avons vu exposé le travail du Congrès, et les soins des Puissances médiatrices. Je ne veux pas multiplier les traits trop affligeans de ce ta* Ueau, pour l'ame sensible et généreuse de V. A. S. E. Je ne me suis réservé que de vous décrire ce que la modestie de M. le Comte Séefeld et de MM. Goithagen et Gunther ne vous dirait pas assez; ce sont les efforts de leur zèle, la force et le courage de leurs raisonnemens , pour amener la volonté du Ministère de Prusse et du Médiateur de Russie, à condescendre au nouveau changement que V. A S* E. désirait. J'ose lui assurer qu'il est impossible de résister d'une manière plus forte, pour enlever le consentement de tout le monde, que ne l'ont fait les représentant de V. A. S. E. Ils ont porté le courage jusqu'au terme qui n'en présentait plus que les effets les plus dangereux, que la sagesse de V. A. avait prévu, et que sa grandeur d'âme leur avait prescrit d'éviter. C'est alors qu^ ces Messieurs ont annoncé aux médiateurs, qiie V. A. S. E, voulait enooîe faire lesacrifice

<Jeson opinion sur V inutilité dere^uérir la garantie de ses pactes de famille ^eX contribuer par la démarche la plus positive à cet égard, à maintenir un arrangement cjue toutes les parties intéressées à la paix regardaient comme absolument nécessaire. Je vous rendrais trop mal , Monseigneur, le calme et la joie que cette déclaration positive des Plénipotentiaires de V. A. S. E. a répandus dans notre conférence. Elle a été admise, ainsi que la condition relative à la signature de M. le Duc de Deux-Ponts, avec une satisfaction générale. Nous n'avons plus pensé qu'à faire nos remercimens à M. le Comte de Séefeld, et qu'à passer, sans différer, aux moyens de ne pouvoir plus revenir de part ni d'autre, %nv ce dernier prononcé. Nous avons en conséquence arrêté la rédaction de l'article VIIL tel que vous le trouverez ci-joint. lies Puissances médiatrices se flattent que vous en approuverez la teneur et que V- A. S^ E. verra dans son contenu l'intérêt qui les anime pour son repos, ainsi que pour celui de sa Sérénissime maison.

L'acte séparé dont j'envoie la copie ci-jointe à y. A. S. £. est Faoceptation nécessaire de sa part et de celle de M. le Duc de Deux -Ponts de la garantie des Puissances médiatrices et belligérantes, requise par Y. A. S £. et par M. le Duc de Deux'^ Ponts.

La forme des actes d'accession de M. le Duc de

Deux-Ponts a été aussi arrêtée et convenue unanimement, telle que le projet doit en avoir été communiqué par la Cour de Vienne à V. A. S. E. Pour ne rien laisser en arrière, Monseigneur, nous avons aussi arrêté d'un commun accord, l'acte d'accession séparé de M. le Duc de Deux- Ponts , pour la convention entre Y. A. S. £. et M. l'Électeur de Saxe, etc.

Lettre du Baron de Breteuily Plénipotentiaire-mé" diateur pour le Roi de France au Congrès de Tescheny au Marquis de Poris^ Ministre de France à Berlin.

En date i6 avril 1779.

Je dois commencer par vous dire, Monsieur, que l'Impératrice a cru pouvoir se dispenser de répondre par écrit aux dernières remarques du Roi dePrusse , parce qu'il ne paraît plus y avoir de difficultés assez essentielles pour exiger de continuer les écritures, et aussi par ce que M. le Prince de Kaunitz me met, par la lettre qu'il m'écrit, en état de suppléer à une nouvelle note autrichienne. Le grand article à régler étant la sûreté de la maison Palatine et par conséquent la garantie des pactes de fan>ille de cette maison , M. le Comte de Cobenzl a reçu ordre de me dire , que la Gour de Vierme consent à garantir les pactes de famille dans la forme proposée, an moyen de ce

( 48i ) que M. le Duc de Deux-Ponts ne isignera la convention qu'en qualité de partie accédante. On a envoyé à Munich pour avoir de nouveau le désir de l'Électeur sur cette garantie , et on attend sous peu de jours sa réponse positive et consentante.

M. le Comte de Cobenzl a eu aussi ordre de m'assurer que l'Impératrice avait reçu avec grand intérêt la note du Ministre de M. le Duc de Deux- Ponts, et qtie S. M. I. promet de s'intéresser sincèrement et chaudement à faire obtenir à M. lé Duc de Deux- Ponts les avantages qu'il souhaite de l'Électeur-Palatin; bien entendu que cet objet particulier ne sera pas regardé comme nécessaire à la paix, mais une suite de l'intérêt qu'inspire M. le Duc de Deux-Ponts.

Après vous avoir dit, Monsieur, les nouvelles facilités auxquelles , l'Impératrice se prête avec empressement pour la paix, et avec un désir trèssincère de se réconcilier avec le Roi de Prusse, je dois maintenant vous dire ce que S. M. I. attend en retour du Roi de Prusse, et ce que je vous prié de faire connaître à S. M. Prussienne avec la même franchise, ainsi qu'avec la même confiance que je vous l'écris.

La Gour devienne a été véritablement affligée des nouvelles renaarques de S. M. Prussienne sur les dernières réponses autrichiennes aux observations de la Cour de Rerlin. Ces remarques ont II. 3i

paru 4ésabUgeant;e$ p^r Iç tour qui y règne; eliw ojot produit de3 réfle:i^ions et des mouyemeps sen^ câbles qui out porté à croire, ^ surtout autorisé quelques persQUues ^ y trouver }^ preuve qu eltf s étaient rédigées, telles qu'eUest sppt, dans le des-> sein d'offenser VEmp^i'eur, Vous jugeres^, MonsieuFf de rëff^ que produit uue pareille opinioq sur un Priuçe plein de feu et d'bonneur, qui au^ rait peut-être aussi plus de pençh^Hit pour conti*' nuer la guerre que de ^tisfactipu ^^ s^ confor^l^ aux volontés pacifique» de sa ïwre. Je dois doue vous d^re, Monsieur, que toutes Ç(^ difficulté de mots et de touruures de phrase^ ain^i ipferpré-^ tées qpt excité uue tiupc^eur viplent^, et d^uné des prétextes pour établir que* le Rol de Prusf^

ne vaulait pa^ unir la n^goçiatigu , et vpulait peutêtre roêwe la rompre^ Je ^e vçu^. çaqhçrai pai qu'il s'e^t élevé à cettç qçça&iou differe«ia s^^ti^ luens entre Vlflipératriçe et l'^Çxnpereur, qui les ont tenus dans la plu^ vive divisiop pexidap^ quatrr? jçiurs, et sur lesquels Mi le Prwce de Jiaiwî^»

rangé à l'opinion tranquille de l'Impératrice t a é^ de même quatre jour^ 3a»? pouvoir rie» çffefr-

tuer sur l'Empereur de conforme au^ vOËtu^ et

^w^ principe? mvariables de l'impératrice pour

lapai^f I)rus cette pp&itiQu de? ctwae^, qu^ je ww au-

toypiçe à confier à M, le Comte de Finckenatein,

comnie une preuve de mon estime, de man respect pour ses vertus, et de la justice que je rends h sa modération, j'espère que le Roi de Prusse, si foDt a!u-dessus des petites choses par la manière dont son génie, sa solide gloire et ses grandes qualités les lui font voir, voudra bien venir au jMCours des intentions vraies de Tlmpératrice, et passer pav dessus toutes les difficultés de termes et de tournures qui sont aujourd'hui les seuls points à régler.

C}es difficultés portent principalement sur Texpression de la part de la Cour de Vienne de céder Mîndelheùnj au lieu de renoncer à ses droits su^ Mindelheim, comme le projet prussien le porte; sur l^es^pressioA par affection ^ et la phrase relalative r pour répondre à ces marques d^ajfection , eio. , etc.

On erpît à Vienne quHine cession ou une renon^ dation supposent également des droits, et que quant au fond , ee serait la même chose ; mais on fait remavquer dan$ cette dispute grammaticale une intention dësol:|ligeante.

Quant à l'expression />â(r qffeoUon^ et la phrase relative, on croit qu'il est tout simple que l'Impératrioe dise que c'est par affeciion qu'elle cède à à M. l'Électeur Palatin la seigneurie de Minde- Iheim, à laquelle il n'a aucun droit; qu'il est tout simple que M. l'Électeur réplique , que c'est poup

répondre à ces marques d'affection pour Tlmpé^ ratrice; de sorte que dans l'une et l'autre de ces difficultés , qui n'ont pas en effet un caractère essentiel, on croit à Vienne ne voir que l'intention de faire des difficulté- '

• La Cour devienne, en se renfermant dans le contenu des uhimatum respectifs qui ont fait la base et la loi commune pour les traités et les conventions, dit qu'il n'a jamais été parlé de la garantie sur la convention entre Vlmpératrice et V Électeur Palatin; de sorte que l'Impératrice persiste à se refuser absolument à cette garantie, qu'elle regarde comme contraire à sa dignité. £Ile la regarde aussi comme inutile à la sûreté de la Bavière, puisque les deux Puissances médiatrices se rendent garantes de la convention. J'ai été obligé, Monsieur, par le vœu et le sentiment du Roi pour la garantie des Puissances belligérantes, de me réunir à l'opinion de S. M. Prussienne à cet égard ; mais voyant l'opposition invincible de la Cour de Vienne sur cette garantie, mon désir de voir la paix se rétablir me porte à me détacher des sentimens que j'ai eu ordre d'avoir en faveur de ladite garantie.

Il y aura dans la journée une petite, conférence entre M. le Prince, M. le Baron de Riedesel, M. le Cpmte de Cobenzl et mpi, sur différentes autres petites difficultés de mots ou de tournures

de nulle importance, mais sur lesquelles il faut pourtant être d'accord pour ne plus être accroché par rien. Si, comme je m'en flatte, le Roi de Prusse , qui est aujourd'hui absolument le maître de la paix, veut bien, en n'écoutant que sa grandeur, abandonner sans restriction les petites formes ou expressions sans conséquence, et donner à l'Impératrice, par cette facilité, tous les moyens dont elle a besoin pour se mettre au-dessus de tous les obstacles particuliers que l'excès de délicatesse de l'Empereur lui fait éprouver sur le fond et sur la forme de la paix; les Puissances et leurs représentans ne sauraient trop demander à S. M. Prussienne d*entrer avec son amour pour l'humanité dans toutes ces considérations. On ne peut aussi s'empêcher de sentir que si l'éclat et le comble de la gloire permettent à S. M. Prussienne tous les sacrifices qui peuvent accélérer la paix, il n'est pas étonnant que l'Empereur, dont la carrière commence, soit aussi difficile que délicat sur les plus petites formes et sur les moindres expressions.

'Je. vous demande. Monsieur, d obtenir du Roi de Prusse de faire connaître sa volonté sur le contenu de ma lettre avec la célérité accoutumée de S, M. Prussienne, qui lui est également propre. J'attends cette réponse avec grande confiance pour la fin de nôtre oeuvre. Vos soins y auront

une bonne part, et je serai charmé d^en joindre la reconnaissance à tous \ts sentimens avec lesquels j'ai l'honneur, etc.

Déclaration que les Miftistres et Plénipotentiaires des Empereurs d^ Autriche ^ de Russie y et du Roi de Prusse ont donnée par tondre de leurs Monarques lors de là conclusion dès conférences du Congrès de Laydach.

L'Surope connaît les tnotifs de la résolution prise par les Souverains alliés d'étou£fer les complots et de faire cesser les troubles qui mehàïçai^nt l'existence de cette paix génétiale, dont le rëdablissement a coûté tant d'efforts et de sacrifices.

Au moment même où leur généreuse détermi»nation s'accomplissait dans le royaume de Napies, une rébellion d'un geni^ plus odieux encore, s'il était possible^ éclata dans le Piémonti

Ni les liens qui depuis tant de siècles unissent la Maison régnante de Savoie à son peuple^ ni les bienfaits d'une administration éclairée, sous un prince sage et sous des lois paternelles, ni la triste perspective des maux auxquels la patrie allait être exposée, n'ont pu contenir les deis&^hs des pervers.

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