I.e plan d'une subversion généràie était tracé
Oans^ cette vaste cotnbinaifioâ cobti^ te ^epos des nations^ les tonspirateurs du Piéhiont avaient leur rôle assigné. Ils se sotlt hâtés d^ le rtsmplir.
Le Trône et l'État ont été trahis , les sêrmens violés, rhonneur militaire méconnu, M l'oubli de tous iés devoîfs a bii^ntét a«i)ené le fléau de tous les désordres.
Partout le mal a pimenté le même caractère , partout im même esprit dirigeait é^s fune^t^ ré* ▼olutionB.
Ne pouvant ti^ouVer tlè motif plausible pour les justifier, ni d'appiu iiattotial potir les soutenir, c'est dans de fausses doctrines que les auteurs de ces bouleversemens cherchent une apologie , c'est sur de criminelle associations qu'ils fl^ttdent uh plus crîmindespoirv Pour eux Tenipite salutaire des lois est un joug qu'il faut briseTi Ils renoncent aux sentimens qu'inspire le véritable amour de la patrie^ et mettent à la place des devoirs conhus les prétextes arbitraires et indéfinis d'uli chiangement universel dans les principes tonstitutifs de la société : îk préparent au moïkde des calamités sans fin.
Les Souverains alliés avaient reconnu le^ dangers de cette conspiration dans toute leur étendue, mai^ ils avaient pénétré en même temps la fkibleisse rëeile des conspirateurs à travers le voile des appairencies d^ déclamations. L'expéiMence a
conûrmé leurs pres$entimens. La résistance que l'autorité légitime a rencontrée, a été nulle, et le crime a disparu devant le glaive de la justice.
Ce n'est point à des causes accidentelles^ ce n'est pas même aux hommes qui se sont si mai montrés le jour du combat qu'on doit attribuer la facilité d'un tel succès. Il tient à un principe plus consolant et plus digne de considération.
La Providence a frappé * de terreur : des consciences aussi coupables, et l'improbation des peuples , dont les artisans de troubles avaient compromis le sort, leur a fait tomber les armes des mains.
Uniquement destinées à combattre et à réprimer la rébellion, les forces alliées, loin de soutenir aucun intérêt exclusif, sont venues au secours des peuples subjugués, et les peuples en ont considéré l'emploi comme un appui en faveur de leur liberté, et non comme une attaque contre leur indépendance. Dès lors la guerre a cessé ; dès lors les États que la révolte avait atteints n'ont plus été que des États amis pour les puissances, qui n'avaient jamais désiré que leur tranquillité et leur bien-être.
Au milieu de ces graves conjonctures et dans une position aussi délicate, les Souverains alliés d'accord avec LL. MM. le Roi des deux Sici les et le Roi de Sardaigne, ont jugé indispensable.de
( 48,9 ) prendre les mesures temporaires de précaution indiquées par la prudence et prescrites par le salut commun. Les. troupes alliées, dont la présence était nécessaire au rétablissement dei'ordre, ont été placées sur les points convenables, dans Tunique vue de protéger le libre exercice de l'autorité légitime et de l'aider à préparer sous cette égide les bienfaits qui doivent effacer la trace de si grands malheurs.
La justice et le désintéressement qui ont présidé aux délibérations des Monarques alliés régleront toujours leur politique. A l'avenir comme par le passé, elle aura toujours pour but la conservation • de l'indépendance et des droits de chaque État, tels qu'ils sont reconnus et définis par les traités existans. Le résultat même d'un aussi, dangereux mouvement sera encore sous les auspices de la Providence, ie raffermissement de la paix que les ennemis des peuples s'efforcent de détruire , et la consolidation d'un ordre de choses, qui assurera aux nations leur repos et leur prospérité.
Pénétré de ces sentimens , les Souverains alliés
en fixant un terme aux conférences de Laybach, ont voulu annoncer au monde les principes qui les ont guidés. Ils sont décidés à ne jamais s'en écarter, et tous les amis du bien verront et trouveront constamment . dans leur union ime
garantie assurée doutt^ 1^ t^tif ativés des perturbateurs.
C'est dans ce but que LLv MM. II* et R. ont ol^donné à leurs Plénipotentiaires de signer et de publier la présente déclaration.
. , ( Metternich ,
Autriche. . . | ^ ^ %,-
j Le Baron de ViNCEifT.
Prusse Rrusema^rck.
Nbss^rode, Russie. . . • I CAPo-n'IstRiA^
PozKO 1)1 Bofioo.
taybach , te la mal ïé^t.
ÏX.
Jtte de la Sainte-Aîtiance , signé à Pûtù , & a6 séplerHèhe i9i5.
Au ttôm diô IkTrèà^Saititfe et indivisible Triiiité^ LL.MM. rEmpéréUr d'Autriche, te Rôl de Vfù^lèè, et l'Empereur de Russie , par suite dè^ gti^nds événemèns tjui oiot sigtiàlé en Europe le cours deis trois dernières latines, et priîicipâleriAent des bienfaits qu'il a plu à la divihfe PrbVidettCè A^ tépandre stir lés Élkts dont lés gou'tifirnètntens ont placé lëUl* (Jônfiatiôe ^t teUr èsp^t^ir eii «lie feettle , ayabt atquis la cdtitîctioh intimé qu'il éîst
( 49* ) nécessaire d'aaseoir la iBarche à adoptelr par les Puissances dans leuris tappoi^ts mutuels sur les vérités sublimes que nou^ ètisei^e Fétettielle religion du DieU-Sauveur ;
Déclarent solennellement, que le présent acte ii'a pour objet que de maiiifester à la face de l'univers leur déterminatioii înébnatnlable^ de ne prendre pour règle de leur conduite^ soit dans radministrâtion de leurs États respectif ^ soitdans leurs relations politiques avec tout autre goùVer«nement^ que les préceptes de cette religion sainte; précepte9 de justite, de charité et dé paix^ qui loin détre uniquement applicables à la vie privée , doivent au contraire influer dîrectetnent sur les résolutiodis des Prinibes^ et guider toutes ImH démarches^ comme étant le seul moyen de ton^ solider ks institutions humaines, et de l%médier à leurs imperfectionsi
En coBbéquence LL^ MM» sont convenues defs artidss sAnvans c
ÀRti u
Conformément aux par<>les des sUiUtes ÈùVi^ tures, qui Ordonnent à tous les hothmes de se régarder comme frères > les trois Monarques con*tractasB demeûreif'ont uhis par lès liebÀ dNïiié fraternité véritable et indissoluble , et se c6lisidé^ ratit comtne compatriotes ils se prêteront en toute ocrasîon et en tout lieu assistance , aide et secout*s ,
se regardant envers ieurs sujets et armées comme pères de famille, ils les dirigeront dans le même esprit de fraternité dont ils sont animés pour protéger la religion, la paix et la justice.
Art II.
En conséquence le seul principe en vigueur, soit entre lesdits g6i|vernemens, soit entre leurs sujets, sera celui de se rendre réciproquement service, de se témoigner par une bienveillance inaltérable Taffection mutuelle, dont ils doivent être animés, de ne se considérer tous que comme membres d'une même nation chrétienne, les trois Princes ne s'envisageant eux-mêmes que comfne délégués par la Providence pour gouverner trois branches d'une même famille ; savoir: TAu triche, la Prusse et la Russie; confessant ainsi que la ^ nation chrétienne, dont eux et leurs peuples font partie, n'a réellement d'autre souverain que celui à qui seul appartient en propriété la puissance, parce qu'en lui seul se trouvent tous les brésors de l'amour, de la science et de la sagesse infinie, c'est-à-dire. Dieu, notre divin sauveur Jésus-Christ, le verbe du Très-Haut, la parole de vie. LL. MM. recommandent en conséquence avec la plus tendre sollicitude à leurs peuples comme unique moyen de jouir de cette paix qui naît de la bonne conscience et qui seule est durable, de se fortifier chaque jour davantage dans
( 493 ) les principes et l'exercice des devoirs que le divin sauveur a enseignés aux hommes.
Art. m* Toutes les Puissances qui voudront solennellement avouet les principes sacrés qui ont dicté le présent acte, et reconnaîtront combien il est important au bonheur des nations trop longtemps agitées que ces vérités exercent désormais sur les destinées humaiiïes toute rinfluencequi leur appartient, seront reçues avec autant d'empressement que d'affection dans cette sainte alliance.
( L. S. ) François.
* (L. S.) Frédéric Guillaume.
(L. S. ) Alexandre.
Fait triple et signé à Paris Tan de grâce i8i 5 , le 14 (a6) septembre. *