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ravidité donnait les qualifications à sa convenance, devaient nécessairement ifnposer Tobli* gation sacrée au Roi de chercher à s'éclairer luimême, ainsi que ses sujets, sur un état de choses qui prétait à la paix tout le caractère de la guerre.
lie corsaire le Mercure s'étant établi sur les cotes de la Suède afin d'y exercer librem^it ses purateries, et s'étant ainsi constitué de . fiait en ennemi, fot enfin arrêté, dans ses courses, et amené dans un port suédois par un motif de défense, qui ne devait point être méconnue^
Le Hoi, qiiu n'avait jistmais douté un seul ins-* tant des sentimens de justice qui animent S. M. l'Empereur des Français, Roi d'Italie, s'était, à différentes reprises, adressé à ce Souverain pour porter des plaintes sur la conduite des corsaires français, si diamétralement contraire à la nature des relations qui subsistaient entre les deux Cours, à la teneur des traités, et même à celle des lettres de marque dont ces corsaires étaient munis ; S. M. n'ayant cependant pas obtenu de réponse aux justes réclamations que les intérêts de son peuple lui prescrivaient de faire, envoya, aussitôt après avoir reçu la nouvelle de la détention du corsaire/e^ercttre, un courrier extraordinaire au soussigné, à l'effet de mettre dans tout son ensemble , sous les yeux du ministère fran-
çais , un résumé et de ce qui s'était passé , et de ce que la Suède désirait comme une garantie pour lavenir. Le soussigné s'est acquitté de ces ordres le 1 5 janvier dernier, et cette communication est pareillement restée sans réponse.
Au milieu de cette attente et lorsque S. M. , en n'écoutant que ses sentimens d'estime et d'amitié pour S. M. I. et R., se livrait déjà aux espérances les plus justes^ elle apprit qu'un corps très-considérable de troupes françaises était entré, le 27 janvier , dans la Poméranie suédoise. Le Chargé d'aâaires de France, résidant à Stockholm, fut interpellé de s'expliquer sur les motifs de cette invasion soudaine et inattendue , mais il allégua n'en avoir pas la moindre connaissance* Le soussigné s'adresfô, au même effet, à S. £. M. le Duc de Bassano, et obtint pour réponse,, qu'il fallait attendre les ordres de la Cour de Suède.
Les ordres se bornant à demander une explication franche et ouverte sur les intentions de S. M. l'Empereur et Roi , par rapport à l'occupation de la Poméranie , furent expédiés les 4 et 7 février de Stockholm. Ces*dépèches ne sont jamais parvenues au soussigné.
L'interruption du cours ordinaire des lettres destinées pour la Suède , ayant commencé peu après l'invasion française en Poméranie , la certitude qu'on acquit de recherches faites à Ham-
bourg des fonds qui s'y trouvaient pour le compte de la Suède, l'arrestation <jt la vente même des bâtimens suédois dans les ports de Mecklembourg et de Dant^ick, ouvraient un vaste champ aux conjectures. Afin d'acquérir quelque certitude quant à l'état des choses dans la Poméranie suédoise, le Roi y envoya le Général d'Engelbrechten , en qualité de parlementaire ; mais ayant bientôt reçu la nouvelle que le Général Comte Priant s'était refusé de recevoir le Général suédois, et même de répondre par écrit à la lettre que celui-ci lui avait adressée, S. M. crut apercevoir alors un système suivi dans l'ignorance où Ton voulait conserver la Suède sur les affaires générales et sur celles qui lui étaient particulières.
On apprit, qaalgré toutes les précautions y contrs^ires, plusieurs détails sur la conduite des troupes françaises en Poméranie; conduite qui cadrait difficilement avec cet étalage amical qu'on semblait vouloir attacher à l'invasion de cette province, dont l'intégrité, aussi bien que celle de la Suède, se trouvait garantie par S. M. l'Emreur dans le traité de Paris.
Des fonctionnaires publics arrêtés, traînés jusqu'à Hambourg , menacés des traitemens les plus rigoureux pour les faire Êtusser leurs devoirs et leurs sermens; les caisses du Roi mises sous les scellés; les bâtimens de S. M. forcés à coups de
( '49 ) tsanofn , de suspendre leur départ , et finalement -déchargés et séquestrés au profit de la France; les charges onéreuses imposées à un pays qui avait à peine eu le temps de respirer après les malheurs qu^il avait éprouvés , et finalement le •désarmement des troupes suédoises qui s'y trouvaient ; tous ces motifs réunis devaient justifier le désir du Roi , de recevoir une explication que réclamaient à la fois et la dignité des Souverains , et les stipulations des. traités subsistans entre la Suède et la France^
Le Roi n'avait aucun engagement avec d'autres puissances qui fut contraire au traité qui le liait à la France y et dont S. M. s'était constamment attachée à semplir les clauses. Si les escadres bri-> tanniques ménageaient le commerce de cabotage de la Suède , cette conduite était gratuite de leur part^ et provenait sans doute d'une enVie d'oppor sition dans leurs mesures, à celles adoptées par les corsaires des puissances amies de la Suède. Si les bâtimens suédois qui apportaient des productions de leur pays dans les ports de l'Allemagne, se servaient de licences anglaises pour échapper aux croiseurs ennemis, ils ne devaient point s'attendre à être confisqués en arrivant, lorsqu'ils savaient, de science certaine, que des bâtimens de Dantzick» destinés pour l'Angleterre, avaient passé leSuudy munis de licences de S. M. l'Empereur et RoL.
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Si le Roi, attaqué dans une de ses provinces par la France, commençait alors à songer à la sûreté de son royaume, S. M. se flatte que S. M. I. et R. elle-même n'en aurait pas agi autrement à sa. place. On peut tout nier, excepté les faits qui subsistent, et ce sont aussi sur les faits seuls que le Roi s'appuie.
Par une suite de cet exposé , S. M. a ordonné^ au soussigné de déclarer officiellement à S. £. le Duc de Bassano :
Que le Roi proteste formellement contre l'invasion des troupes françaises dans la Poméranie suédoise.
Que S. M. ne saurait envisager cette invasion que comme une violation du traité de paix entre la Suède et la France ; mais que par suite des priiicipes de modération que le Roi aime à conserver dans la marchede sa politique , et delà continuation deses sentimens pour la France. S. M. ne se regarde cependant pas en état de guerre avec elle, mais attend de son gouvernement une explication franche et ouverte sur l'invasion de la Poméranie.
Que pour établir une réciprocité parÊiite, en attendant cette explication , le paiement des intérêts et du capital des sommes dues aux pays réunis à la France, en vertu des décrets impériaux, sera suspendu ; mesure qui sera continuée , jusqu'à ce que la Poméranie suédoise soit évacuée
et la bonne harmonie rétablie entre les deux Cours.
Que finalement, comme l'occupation militaire de la Poméranie suédoise mettait S. M. en mesure de se regarder entièrement libérée des engagemens particuliers quelle a contractés avec la France , et principalement de l'obligation de continuer une guerre que la Suède n'a entreprise que par une suite de son adhésion au système continental, adhésion qui n'a été que la conséquence de la restitution de la Poméranie, le Roi déclare qu'il se regarde dès ce moment en état de neutralité vis-à-vis de la France et de l'Angleterre ; qu'ep conséquence de, ce système adopté par S. M. , elle emploiera tous les moyens en son pouvoir pour protéger le pavillon neutre de la Suède contre des déprédations qui n'ont dû leur •Idurée qu'à ime longue patience.
La Suède , attachée à la France depuis François i^, ne désire que de pouvoir allier ses affections au maintien de l'indépendance du Nord. Le Roi éprouverait ainsi une vive douleur s'il se voyait forcé de sacrifier son penchant naturel aux grands intérêts de sa patrie, qui repoussent à la fois la servitude et. la honte. Mais fermement résolu de soutenir la dignité de sa couronne et la liberté de ses sujets, S. M. attendra avec tranquillité le développement ultérieurdes é vénemens.
. Le soussigné supplie S. £. M . le Duc de Bassano de vouloir bien porter cette note à la connaissance de S. M. l'Empereur et Roi , et de communiquer, aussitôt que possible, au soussigné la réponse de S. M. I. et R.
, Le soussigné a Thonneur , etc. ,