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senti la responsabilité de l'amour et de la confiance de leurs sujets, et qui , cherchant leur gloire dans la prospérité de leurs états, élevèrent la France, du second rang qu'elle tenait parmi les puissances, à êtte dominante en Europe. La hache fatale trancha les jours de l'infortuné Louis xvi; ses vertus royales abandonnèrent la France, et cherchèrent un asile dans l'ame de Louis xvin. Depuis ce jour affreux, ce royaume devint le théâtre sanglant de l'anarchie et de toutes les factions; elles se réunirent enfin pour créer la tyrannie de Bonaparte, et concentrer dans ses mains l'autorité arbitraire qu'elles s'étaient jusquelà disputée.
Par les secours de la séduction, de la supercherie et de la force, cet enfant de tous les partis fut proclamé empereur par le peuple français; et, favorisé par les hasards de la guerre, il parvint à se faire reconnaître par les souverains de differens états de l'Europe, qui n'avaient pas le pouvoir d'altérer les principes éternels de justice, mais ne pouvaient pas non plus, en les soutenant jusqu'à l'extrémité, compromettre l'indépendance de leurs états et l'existence de leurs sujets, premier devoir des gouvernans. L'Espagne a enseigné à toutes les nations à se délivrer du perturbateur du monde, et depuis à éteindre les divisions, à réunir toutes ses forces contre l'ennemi commun,
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à fcinner la plus juste des alliances pour rendre à la Frdnce son légitime et bien-aimé souveraiii, et chasser du trône le sacrilège usurpateur. Cet homme y aussi fécond en expédiensquc peu scrupuleux sur leur choix, accoutumé à décorer du nom de traité le résultat de la fraude et de la yiolence, crut dissiper l'orage qui le menaçait, en traitant avec moi à Valençay; et il n'obtint que l'humiliation de n'aroit pas réussi. Lç perfide croyait pouvoir me tromper deux fois, ou que j'étais dapable de vouloir acheter ma liberté au prix de celle de mes peuples et de la tranquillité de l'Europe. Le ciel devait favoriser l'entreprise des souverains alliés, parce qu'elle était réclamée par là morale < la religion et l'humanité. La bonne cause triompha, et toutes les nations respirèrent pour la première fois depuis long-temps, quand dles virent consacrer leurs droits respectifs dans le traité de Paris. Et voilà les titres sur lesquels Bonaparte et la partie démoralisée de la nation appuient ses droits à la couronne, et ses prétentions à la ressaisir, tandis que la partie saine de cette même nation est dans les larmes et le désespoir, et ne forme qu'un vœu, celui de vivre sous l'autorité du juste et clément Louis xvui.
Lorsque la fidélité et la valeur des Espagnols ^l'aide des puissances rompirent les chaînes qui :»n€ retenaient à Valençay, je sortis de ce lieu pour
venir au milieu de mes sujets, comme un pèv$ au milieu de ses enfans. Au plaisir de me retrouver parmi vous, Espagnols, je joignais le projet et la douce espérance de réparer par une longue paix les ravagés de la guerre la plus déplorable et la plus sanglante qui ait jamais existé. Je n'étais troublé que par la difficulté de l'entreprise : la guerre avait dépeuplé les provinces, changé en friches stériles les terres les plus fertiles, détruit le commerce, étouffé les arts, corrompu les coutumes, altéré la religion et ôté aux lois leur vigueur. Combien de graves sujets pour fixer l'attention d'un souverain qui ne veut pas vivre pour lui seul, mais pour travailler à assurer la prospérité des peuples que la divine Providence a confiés à ses soins. Il faut bien peu de temps pour détruiï^ l'ouvrage de plusieurs siècles, mais il en faut beaiJ' coup pour recréer. J'espérais pourtant surmonte^* toutes ces difficultés avec de la constance, un^ paix durable, et la vigilance d'un gouvernement paternel que protège le ciel; mais il a permis dans ses hauts et inexplicables décrets que Bonaparte revînt troubler l'Europe et se déclarer son ennemi en foulant aux pieds le traité de Paris.
Le bien et les avantages de la France et les garanties de la tranquillité générale furent l'objet des transactions de ce traité; elles rémirent sur son trône la dynastie dépossédée, y replacèrent
le juste, le désiré, le conciliant et pacifique Louis xYiii, et délivrèrent le monde d'un conquérant qui , ne connaissant que la gloire de la guerre, ruinait la France pour apporter la désolation aux puissances qu'il voulait subjuguer.
La guerre provoquée par l'agression de Bonaparte est donc justifiée , non-seulement par l'obligation où est tout souverain d'être fidèle à ses traités et à ses alliances, mais aussi par les devoirs sacrés que lui impose la sûreté de ses peuples.
La guerre est une grande calamité, et un souverain ne doit l'entreprendre que pour éviter à son peuple de plus grands maux. C'est la position où nous sommes , Espagnols. Bonaparte , ^rès avoir attaqué la France et son légitime souverain , et avoir rompu le traité qu'il avait consenti, prétend qu'il n'a offensé aucutie nation, ^MJÊLil a recouvré ses droits légitimes, que les sourains ne peuvent lès lui contester, et qu'il veut "^rre en paix avec tous... Ce n'est pas là paix que ut l'usurpateur ; mais il veut se voir débarrasse nquiétudes au dehors, pour employer la partie de la nation française à opprimer et réire la partie la plus nombreuse et la plus pen- 6^^te, mais aussi celle qui est sans armes. Cet "VK^mme ose , pour mettre le, comble à Timpu- Aence, essayer de faire croire qu'il va travailler à
la paix et au bonheur de l'Europe, comme l'Europe pouvait oublier que, depuis qu'il a les rênes du gouvernement, des guerres terribles^îK'* se sont succédé, et que les sources de la proa- ^^ périté publique se sont taries dans tous les pay$<ss?~$ soumis à son influence. Quel est l'individu assez absurde pour croire que Bonaparte puisse se défaire des principes perfides qui ont toujours été la base de sa conduite?
L'Espagne n'a besoin d'aucunes leçons; elle en trouve assez dans sa funeste expérience; elle a été victime de deux sortes de guerre que lui a faites Bonaparte. Jusqu'en 1 808 il l'a faite à gA dignité , à ses trésors , aux escadres et aux armées espagnoles, en les faisant servir à ses coupables desseins ; et il osait appeler amitié cette alliance exterminatrice ! Ce fut cette même 'année que , pour prouver au monde qu'il était impossible de se fier à ses promesses, il mit en jeu à Bayonne ces intrigues et ces machinations si connues maintenant. Ensuite , pour soutenir l'œuvre la plus atroce de la perfidie et de la violence, il répandit la désolation et la dévastation dans toutes les pro« vinces de l'Espagne, la traitant comme une propriété dont il pouvait disposer à son gré..» Bonaparte qe s'est pas démenti; il a signalé son retour en sacrifiant à sa vanité le souverain légitime et de la France, et la liberté de cette puis-
sance en se mettant à la tête d'une classe de gens intéressés à continuer la désolation de rhumanité. £onaparte , de la capitale de la France, dit à tous les souverains : Vous avez transigé dans les paix ^précédentes avec vos intérêts les plus précieux et vos devoirs les plus sacrés, pour acheter la tranquillité de vos peuples; contre votre conscience vous avez reconnu mes droits usurpés et vous m'avez permis de siéger parmi vous. Je me suis ri de vous, et n'ai tenu ces traités qu'autant qu'ils m'ont convenu, et vos sacrifices n'ont servi qu'à nourrir et fortifier mon ambition et ma vanité; et maintenant, si je le puis, je sacrifierai' le genre humain à mon élévation.
Dans ces circonstances , personne ne peut hésiter dans le choix d'un parti; toute l'Europe a pris le plus sûr, le plus avantageux et le plus honorable; la méfiance a disparu d'entre les puissances, et le danger commun à associé leurs intérêts; la Prusse ne restera plus passive spectatrice des revers de l'Autriche; l'Autriche ne regardera plus avec indifférence la ruine de la Prusse; la Russie ne permettra plus que le midi de l'Europe soit partagé en lots pour former des royaumes à des esclaves couronnés; l'Angleterre persistera à ne point compter parmi les souverains l'audacieux aventurier qui osa prétendre dicter des lois sur les mers, quand tous les vaisseajiix de la France
étaient enchaînés dans ses ports ; enfin les sou verains , bien persuadés que la générosité est I moyen le plus sûr de ramener certaines ames-n'écouteront plus que la justice et le bonhen^^^ général , qui doivent être la loi supren>e des gou^ — -^' vernemens.
Cette loi vous ordonne la guerre , Espagnok : "^ elle est légitime et juste cette guerre, parce qu'elle ^^® est Élite pour le bonheur des peuples et le main* — -^* tien dea souverains nommés par la Providence et ^ ^ par le» lois fondamentales des états; elle est pni- — ^' dente , parce que les mesurés que les puissances alliées ont prises pour reconquérir ta paix de l'Europe sont d'accord avec la gravité et Timportance de l'entreprise ; et surtout elle est nécessaire pour que les corps de la nation et les individus obéissent à la loi de la conservation , et se réunissent contre le perturbateur de la tranquillité du monde.
Ce ne sont pas les seuls moti& que vous ayez pour lui faire la guerre , Espagnols ; vous en avez de bien plus puissant encore : ne devez-vous pas punir l'homme qui a formé le plan impie de détruire le christianisme, qu'il nommait dans ses instructions secrètes à Cervelloni , le résultat des préjugés et de l'erreur... C'est Bonaparte qui, non content d'être la source de tous les maux , voulait que l'on souffrit sans consolations, sans espé-
rance d'une meilleure vie, sans les secours enfin d'ixne religion bienfaisante.
Ils ne conviennent pas à Napoléon les principes qui condamnent le droit du plus fort, le se^3Ll qu'il reconnaisse. Celui qui ordonne la justice et l'équité ne peut plaire à l'usurpateur des trônes, à l'homme qui prétend que les noms de justes et de vertueux appartiennent exclusivem ^nt aux conquérans.
Xja justice , la prudence , la nécessité de la défex^se et la religion ordonnent cette guerre pour délivrer la France du joug sous lequel elle gémit, ^t pour conquérir le repos et la tranquillité du inonde. Les conseils de l'ambition n'ont eu au- -cune influence dans un tribunal aussi auguste. Lfii f rance ne sera point démembrée , elle conser- "^^ra ses provinces et ses places , ses limites seront ^^lîgieusement respectées ; et pour que les armées auxiliaires n'y mettent point le pied, la France ^'a besoin que de réfléchir à l'outrage fait à sa dignité nationale , et qui la rend le jouet des factic>ïis; qu'elle se répète qu'une nation est esclave dii- moment où elle perd les Rois' nommés par ses lois fondamentales, et que si elle voyait avec une apathique indifférende un Roi père de ses peuples remplacé par un monstre nourri de sang humain , elle se couvrirait d'une honte ineffaçable. Je connus mes droits : je sais que je puis dé-
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clarer et faire la guerre. Je suis certain que mes sujets reposent dans la confiance qu'un Roi qui ^ fondé son bonheur sur celui de son peuple n^ peut entreprendre la guerre sans une véritabl^^ peine. Mais j'ai voulu m'appuyer de la force de la conviction pour paraître juste aux yeux des nations , pour animer la valeur de mes troupes ^ stimuler la générosité des souverains, et pouK* que y la guerre étant sanctifiée, tous espèrent dan^ le secours de celui qui accorde les victoires.
De mon palais royal de Madrid, le % mai 181 5.
Ferdinaitd.
Manifeste remis par le Ministre du Roi (T Espagne à toutes les Cours d'Europe^ en 182 ta; et qud présente les vues du Goui^ernement Espagnol pour concilier ses intérêts ai^ec ceux des autres Nations européermes ^ et a\>ec les vrais avcifi^ tages des Provinces Hispano- Américaines.
S. M. C. , eu appelant l'attention de ses auguste^ alliés sur l'état des provinces dissidentes de l'Amc^' rique espagnole , croit inutile , et même hori^ de saison, l'examen des causes qui firent naîtra dans ces contrées le vœu de se séparer de lanière patrie; il suffit à S. M. d'être convaincue que ce ne fut ni l'abus du pouvoir, ni le poids d^ l'oppression qui inspirèrent le désir de cette sépa^
ration , et qu'une désunion aussi funeste entre les membres de la grande famille espagnole a été TefFet de circonstances extraordinaires, et de la criac terrible où se trouva l'Espagne pour sous» traire son trône et sa dignité à la rapacité d'une domination étrangère. Depuis cette époque de gloiiTe et de malheur, l'aspect politique des diverses provinces d'outre-mer a souvent varié, le» succsès militaires ont été partagés, la cause des di&sîdens a pris une face différente dans chacune dea parties principales du vaste continent his* paiio-américain, et S. M. éprouve les plus cuisans chagrins en voyant ces intéressantes régions en "Utte à tous les maux et à tous les dangers inévitablôrnent attachés à une révolution.
S. M. désirant ardemment terminer cette péni- We situation d'anxiété et d'incertitude , et mettre * Gicécution les bienveillantes dispositions des ^ï*tès, a nommé des commissaires qui doivent, ^ se transportant dans les régions dissidentes ^^utre-raer, attendre leurs propositions, les ^'^ïismettre au gouvernement espagnol, et établir ^^ corresjpondance franche et sincère dont l'ob- ]^^ et les résultats soient le bien des Espagnols ^** deux continens.
Gé n'est pas en monarque irrité contre ses sujets égarés que S. M. se présente aux di'ssidens ^^éricains; c'est en père qui veut servir de mé-
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diateur pacifique dans les disseusious de ses ef^ fans. Elle jette un voile sur le passé pour mieU^ voir le présent, et considère la situation actuelle sous tous les rapports qui la lient avec l'avem^- Le bien commun des provinces des deux Mondes t voilà le grand but de la négociation , son uniqa^ base , et le centre commun vers lequel tendrom S toutes les combinaisons.
Jamais transaction ne fut plus importante; mat-s jamais non plus aucun gouvernement ne montra, i en pareille circonstance , plus de loyauté et d^ bonne foi. S. M. ne peut se persuader que tes intérêts des provinces d'outre-raer soient opposés à ceux de l'Espagne européenne, et ce sentiment ^ digne de son cœur paternel, l'engage à chercher un moyen de concilier les avantages communs 9 et lui donne l'espoir consolant de le trouver.
S. M. C. se flatte d'épargner aux régions amé^ ricaiues , par cette conduite franche et généreuse 9 des siècles entiers de misère et de malheurs, d'eiïi-' pêcher que les progrès de la civilisation et de^ lumières soient entravés par la guerre civile c* par l'anarchie, d'éviter la dépopulation, la misère et l'immoralité ; conséquences inévitables de^ longues oscillations politiques qui condamneim* au malheur la génération présente, sans cepem-^ dant assurer le bonheur ni le repos des généra " lions futures.
s. M. C. croit en même temps que le plus
grand bien qu'elle puisse procurer à l'Espagne
péninsulaire . c'est de mettre un terme à une
guerre dévastatrice et fratricide; et que, placée
au xnilieu de frères unis par les liens de la reli-
g[io]:i,du sang, du langage, des habitudes et même
de l'intérêt, sa voix doit être écoutée pour Favan-
tage de tous.
S. M. C. porte encore ses regards sur un horizoa plus lointain , et considère cette grande question comme une question européenne. Un long espace de temps s'est écoulé avant que les effets bien£iisans de la découverte du Nouveau-Monde se fissent sentir dans l'ancien; personne ne put ni les prévoir, ni les calculer : c'était une carrière iminense, inconnue et sans aucunes bornes qui en déterminassent l'étendue. S. M. croit que l'on peut en dire autant des grands événemens qui agitent l'Amérique, dont les effets doivent nécessaii renaent influer sur le sort de l'Europe, et même d*une manière très-rapide. Il est impossible de calculer les degrés de cette influence, ni l'altération ^tt^lle doit produire dans les relations mutuelles des deux Mondes ; mais S. M. ne craint pas d'assurer que la transaction qui fixera le sort des pi^ovînces hispano-américaines, et qui arrêtera le cours impétueux et aveugle de sa révolution , sera ^^u des plus grands biens pour le monde civilisé.
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Les besoins , le commerce, l'habitude et les relations de toute nature, ont multiplié lél| liens qui tniis5:ent les deux hémisphères, et Ton conçoit facilement qu'un très -vaste continent, entraioé dans la lutte des passions , et devenu le théât^e d'une révolution dont on n aperçoit pas le terme, doit exercer une influence pernicieuse àur- les relations politiques et morales de l'Europe, qui se remet k peine de trente années de convulsions.
Il est peut-être des esprits superficiels qui voient ime nation constituée et un gouverneiDeiit stable et solide dans chacune de^ ptovinces qui ont déclaré leur indépendance , et qui , sans égard pour les obstacles de toute nature , pour les principes du droit public, ni pour les maximes plus connues du droit des gens, croiront qu'une province légitime ton existence indépendante, et acquiert le droit d'être reconnue comme, un état par les autres puissances, par le seul fait de s'être détachée de celui dont elle faisait partie.
Mais une triste expérience a démontré aux gouvernemensles funestes effets que produit uii semblable bouleversement de principes; ils prévoient les conséquences de sa propagation, aussi fatale aux gouvernemens légitimes qu'à l'intégrité des nations, et ils examinent k fond les conséquences qu'aurait pour l'Europe la sanction demandée
pour l'Amérique, par quelques personnes, du droit indéfini d'insurrection.
Ainsi donc S. M. C. non-seulement croit intéressées dans CjBtte question les nations qui possèdent (les colonies d'outre-mer, auxquelles l'on pourrait appliquer la même théorie que l'on veut à présent légitimer pour les provinces hispanoaméricaines , mais elle considère encore cette affaire comme étant intimement liée aux principes conservateurs qui forment la sûreté des gouverneroens , et les garanties de la société.
Toutes autres considérations disparaissent en présence d^ celle*d ; et par conséquent S. M. C. ne veut pas recourir aux raisons subalternes que la politique , en des temps ordinaires , emploie k l'appui et pour la défense de sa justice.
En envisageant encore la question sous un nouveau point de vue, l'Espagne présente dans toutes ces relations de nouveaux et très-puissans motifs qui doivent au moins déterminer à son égard le maintien de la plus sévère impartialité. Exempte de toute espèce de prétention ambitieuse; placée, relativement aux autres nations, dans une position inoffensive , et exclusivement occupéede l'affermissement et de la consolidation de son bonheur intérieur, elle ne peut provoquer des jalousies, des rivalités, ni faire désirer le démenibrement violent des diverses parties de sa
inonarchie/dans le but de raffaiblir. LTispaetw. quelle que soit sa force, ne peut menacer le repos ni la sûreté des autres nations ; mais, riche et fl^ rU&aure, elle peut influer avantageusement hit h conservation de Tt-quilibre des puissances. Vd instinct d'Iiouneur et de loyauté a réuni les fitmens inconnus de sa force; et, engagée dans k lutte la nioiiu ^ale , elle donna naguère le taDfB BU Continent de se lever contre l'ennemi commun . pour dctruii-e sou joug oppresseur. Ce seul fia âisftcuse de toulp autre rêtlexion el commeP- •ail»; d >uffit(>«ï!irio*piiwderintérct en huw •Tme nàtttm m>â^o*nime , et pour anuoticer aat aûM MÊutnet ten tO'i|uui% bi(?nlât3aDlc et jjuun r/fectflTV : cW U pusitiiiQ que b nature et lajw- Itti,,,... ,;;.•„...,. , ir^r-un.- n.îrmi lesoalionx
1 ■ '"^ ont saisi cegfEi4
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Cette considération d'intérêt général pprut si importante, que l'Espagne s'e&t engagée à n aliéner, dans aucune forme, la moindre partie dé $on territoire en Amérique; et pour en rendre s| posr session plus sûre et plus inviolable, et àter tout motif de défiance, elle renonça même à la faculté d'accorder k d'autres nations, par tel moyen ou sous tel prétexte que ce fût, Tavantage de trafiquer dans ces parages.
Le temps a néanmoins produit sur ce point une altération très<^importante. Une politique moins rétrécie, des changemens survenus dans les rela^ tjons commerdales, la rectification des principes économiques, et une foule d'autres causes com^ binées ont convaincu l'Espagne, qu'aspirer a la conservation d'un monopole commercial , qui auparavant avait été regardé comme le principal lien d'union entre les deux grandes moitiés de la monarchie espagnole, serait aussi nuisible pour les intérêts de la péninsule que pour ceux des provinces d'outre-mer.
Au contraire, S, M. G. croit qu'il n'est pas de liens durables dès qu'ils ne sont pas fondés sur Fintéret commun; que l'Espagne péninsulaire peut obtenir des avantages commerciaux pour son industrie et sa marine, sans aspirer à un privilège exclusif; que de nouveaux besoins et de nouveaux désirs, suite de la civilisation et de I. i5
la tîHiesse, rendent nécessaire aux provinces d'outre-mer un système plus franc et plus libéral; et qu'au lieu de lutter inutilement contre l'esprit mer(;^ntile , qui exerce tant d'influence sur le systèn^f politique des nations modernes, le véritable intérêt de l'Espagne consiste à s'associer cet esprit comme un allié utile, et non à s'en faire un ennemi irréconciliable.
Pour obtenir de si importans résultats, toutes les lois et dispositions postérieures à la restauration du régime constitutionnel ont eu une tendance bienfaisante, généreuse, favorable, à la colonisation des étrangers dans l'Amérique espagnole et à la franchise du commerce avec ces régions lointaines; et l'essai fait dans l'île de Cuba a été suffisant pour démontrer par l'expérience que leurs intérêts, ceux dé l'Espagne, et en général ceux de toutes les nations coïncident en un même point.
S. M. C. trouve aplani, par ce moyen simple et naturel, l'unique obstacle qui pourrait empêcher l'union la plus complète entre la politique de l'Espagne et celle des autres cabinets. Un gouvernement solide, stable, reconnu, et fidèle observateur de ses traités, se dispose à négocier avec les provinces dissidentes de l'Amérique, et oflfre aux autres puissances les plus grands avantages commerciaux : il serait îrùpossible de désigner
[ quand bien même la question serait réduite à njci simple calcul d'intérêts lucratifs) un objet qui put servir de contre-poids dans Textreme opposé. La guerre civile et l'anarchie, qui souvent sont la. suite d'une révolution, et plus particulièrement loJTsque, comme en Amérique, ses élémens sont au.ssi hétérogènes et opposés, ne sont assurément pas propres à augmenter les produits d'échange d'un pays 9 ni à y attirer les étrangers en leur offirant cette sûreté qui ne laisse aucun doute et qui est l'ame du commerce , non plus que les gouvernemens chancelans, précaires et sans aucune garantie, qui ne peuvent eux-mêmes assurer les avantages qu'ils offrent. Buenos* Ayres, abandonné à lui-même, s'efforce en vain, depuis douze années, dé consolider un gouvernement : la mi- ^î^ et la dépopulation des provinces de la côte ferme, au lieu de l'avancer, ont reculé l'époque ne leur prospérité et de leur richesse. Dans des Maires de cette nature, et lorsque les faits sont ^*^ppui des discours , il est inutile d'opposer des ^pérance vagues et indéfinies à des résultats cer- *^iiis et connus.
Mais il semble qu'une nouvelle calamité est ^^xiue augmenter des maux que l'on aurait dû Ravoir : l'insurrection du continent américain a *^Vorisé la piraterie des mers; le commerce en S^ïîéral commence à se ressentir du manque de
sûreté, et des dangers de cette guerre qui ne connaît d'autres lois que celles d'un sordide in* térét, et qui dépouille indistinctement les indi* vidus industrieux de toutes les nations.
Ainsi, par un enchaînement admirable, tout concourt à démontrer l'utilité, l'ui^ence même d'un arrangement définitif dans une affaire qui a d'aussi vastes et profondes ramifications ; et tout contribue à presser le gouvernement espagnol de ne retarder, par aucun motif secondaire « une transaction aussi importante.
S. M. C. en entamant avec les provinces dissi-dentés cette négociation franche et amicale, s'attend, avec la plus grande confiance, à trouver dans tous les gouvernemens cette circonspection et cette retenue de conduite prescrites par la justice, recommandées par la politique, et inspirées par les sentiment de l'impartialité et de la bien* veillance.
Lorsque la nation espagnole cherche à mettre un terme à cette brouillerie domestique, le méoae inviolable respect qu'elle professe pour les droits des autres nations lui inspire la juste espérance d'être traitée réciproquement avec la même ccnasi-^ dération et les mêmes égards ; elle ne peut même soupçonner de la part de celles qui désirent conserver avec elle amitié et bonne intelligence , aucune démarche hasardée qui put supposer déjà
( ^^9 ) résolue une question dont la décision appartient en propi^ à TEspa^ne, faisant usage de ses droits légitimes reconnus, et auxquels elle n'a aucunement renoncé.
Dans cet état de choses les démarches mêmes faites pour engager les différens états à reconnaître {'indépendance des provinces dissidentes de l'Amérique, leur offriront, au contraire, une occasion solennelle pour sanctionner les principes fonda* mentaux sur lesquels est basée l'intégrité des territoires , le repos des nations , et la morale publique des gouvernemens.
Le texte et Tesprit des traités, la bonne foi qui doit régnw entre des puissances amies, la conviction d'un devoir également appuyé sur une politique générale et sur celle du moment, le bien eflFectîf des provinces dissidentes , et même Tiitilité générale de toutes les puissances, sont autant de garanties pour S. M. C que ses louables désirs trouveront chez ses augustes alliés l'accueil le plus aihical.
Proclamation de S. 4f. /. Keif-JSiin^f J^m^^eur d^ Iff. Chine ^ reçue a Cantor^, le 5 novembre
Proclamation pour annoncer une révolution qui s'est faite, et en prendre le blâme sur moi.
Il y a dii-huit ans que j'ai reçu, avec une profonde vénération, malgré la médiocrité de mon mérite, le trône de l'Empereur mon père. Depuis ce temps-là, je ne me suis point laissé aller au repos, et je n'ai point négligé les affaires du gouvernement.
Cependant à peine ai-je été sur le trône, qu'une secte de peleen a soulevé quatre provinces, et le peuple de ces provinces a souffert plus que ma sensibilité ne me permet de le dire. J'ai fait marcher contre eux mes généraux, et ce n'a été qu après huit ans de guerre que ces provinces sont rentrées sous mon obéissance. J'ai alors espéré jouir et faire jouir mes enfans {le peuple) d'un repos et d'une paix inaltérables.
Mais le 6 de la huitième lune, la secte des teente ( des illuminés ), qui est une troupe de vagabonds, a suscité de nouveaux troubles et causé beaucoup de mal, parce que cette insurrection s'est étendue du district Chan-Yeui^ dans la province de Pe-Che-Le jusqu'au district de Tson, dans Shan-Tang. Je me suis hâté d'ordonner à Wan, vice-roi de Peking, de conduire une armée pour les exterminer et rétablir la paix.
C'était loin de la capitale que cette révolte avait éclaté, et cette considération diminuait mes inquiétudes.
Tout à coup une nouvelle rébellion a éclaté
( »30 SOUS mon bras (dans ma famille), le seizième de la lime«
Le malheur est sorti de ma propre maison. . Une bande de plus de soixante et dix hommes de la secte teende a violé la portQ sacrée, est entrée dans l'intérieur du palais, et a blessé la garde. Quatre rebelles qnt été pris et enchaînés ; trois autres ayant Voulu franchir le mur d'en^ ceinte , mon second fils impérial a pris un mousquet 9 en a tué deux, et mon neveu a. tué le troisième. C'est à l'énergie de mon second fils im^ pénal que je dois ma délivrance. Les princes et les principaux officiers ont fait marcher des troupes, et après les plus grands efiforts pendant deux jours et une nqit, ils ont enfin mis les rebelles en déroute.
Il y a cent soixante^ dix années que ma femille Tat-Sing gouverne l'Empire. Mon grand - père et mon père et Roi ont aimé le peuple avec la même affection qu'on aime ses en£suis. Ib ont été bienfaisans et vertueux au delà de tout éloge. Quoique je ne prétende pas avoir aussi bien gouve^né et avoir autant aimé le peuple , cependant je n'ai point opprimé ni même maltraité mon peuple. Je ne puis donc pas expliquer la cause d'un événe^ ment aussi inattendu , d'un changement aussi subit. 11 ne peut venir que de mon peu de vertus et de mes imperfections sans nombre. Quoique
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cette révolte ait éclaté tout à coup, î! y avait' Ibng^ temps que le mal se formait. Quatre mots : paressey indulgence, oisweté^ mépris, expritnent lei sources d'où ce grand crime est sorti ; de là vient encore que les affaires, soit dans l'intérieur, à ma cour, soit au dehors^ dans l'Empire , sont égaleiDcnt dans un mauvais état. Quoîtpie j'en aie averti deux fois, trois ^îs, tant de fois que ma langue et mes lèvres en sont desséchées , cependant aucun de tnes ministres n'a été en état de me compmendre ; ib ont gouverné négligemment, et par-là ont, par leur insouciance, amené la crise où nous sommes. On n'a rien vu de semblable pendant les' dynasties de Han, deTang,de Sang ou de Ming. lia tentative d'assassinat vers la fin de la dynastie Ming était dix fois moins criminelle que l'affaire présente. Quand j'y pense, je ne puis prendre sur moi d'ert parler, tant eHe m'afflige.
Je suis tout disposé à m'examiner, à réformer et à rectifier mon cœur , afin de me conformer à la conduite gracieuse du ciel , qui est au-dessus de moi , et d'apaiser le mécontentement du peuple , qui est au-dessous de moi.
Tous mes officiers qui sont dévotiés à la dynastie de Tat-Sing, devraient s'occupet* du bien-être de la patrie , et faire tous leurs efforts pour suppléer a ce que je ne puis faire, et réformer les
mœurs du peuple. Ceux pour qui il est indifférent d'être dignes de louange, peuvent pendre leur bonnet ( marque de leur dignité) contre le mur, et s'en aller finir leurs jours chez eux , et ne pas s'asseoir à leurs places sans bouger plus que des corps morts, uniquement pour conserver leurs émolumens, et par -là augmenter mes fautes. C'est ëh versant des larmes que j'écris ceci.
Je dépêche cet édît pour informer tout l'Empire.