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CHAPITRE VI

Des Sièges.

Bien que la guerre des sièges ne soit pas celle à laquelle des officiers suisses puissent jamais, être appelés, il est cependant bon qu’ils en aient une idée pour embrasser autant que possible, dans leurs études, l’ensemble des opérations qu’une armée active aurait h effectuer. Je serai donc bref, renvoyant aux traités spéciaux ceux qui voudraient plus de détails sur ce sujet. Le meilleur ouvrage à consulter est toujours celui de Vauban. (*)

g 1. — commun t on Couvas un Siège.

Pendant qu’une partie des corps qui composent l’armée sont occupés h faire le siège d’une place, il en est d’autres qui ont pour tâche de couvrir cette opération et de repousser l’ennemi quand il se présente pour secourir la place. On donne le nom d’armée d’observation à celle qui couvre le siège, et le nom d’armée de secours à celle qui s’efforce de le faire lever, ou de jeter des secours dans la place. L’armée de siège est celle qui, sous la protection de l’armée d’observation, fait tous les travaux nécessaires pour prendre la place, tels que tranchées, batteries, etc. Celle-ci campe tout autour de la place assiégée et hors de la portée du canon ; elle se fortifie dans ses camps, aussi bien contre les sorties de la garnison, que contre les at-

(') Traite de la défense des places, par Vauban, nouvelle édition, publiée avec l’autorisation du ministre de la guerre , par le général Valasé.

Traité de l’attaque , publié par le chef de bataillon du génie, Augoyat. Paris, 1829.

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taques du dehors. La marche qu’elle doit suivre pour exécuter ses travaux et arriver à s'emparer de la place, est fixée par des règles que nous indiquerons dans l’article suivant.

Nous parlerons d’abord de l’attitude que doit prendr e l’armée d’observation chargée de couvrir le siège, de la conduite qu’elle doit tenir, soit pour empêcher l’ennemi de tomber par derrière sur les camps dressés autour de la place, soit pour s’emparer des convois ou disperser les secours dirigés vers les assiégés.

L’armée d'observation ne doit pas trop s’éloigner de celle qui est chargée des travaux du siège, afin qu’au besoin elle puisse en tirer des renforts qui rentreront dans leurs camps après l’action. Ces secoure, arrivantaumomentopporlun quand un combat est imminent ou déjà engagé , seront précieux et contribueront puissamment à défaire ou à repousser l’ennemi. Le général Bonaparte, lorsqu’il couvrait le siège de Mantoue, ne se borna pas à tirer quelques bataillons de l’armée de siège pour combattre les troupes nombreuses qui cherchaient à l’envelopper, il la fil marcher tout entière; et c’est en réunissant ainsi l’armée de siège à l’armée d’observation qu’il gagna la célèbre bataille de Casliglione.

Ne pas trop s’éloigner est encore nécessaire pour bien couvrir le siège et empêcher que l’ennemi, dérobant une marche, ne vous échappe et n’arrive inopinément sur l’armée de siège qui n’est pas toujours , qui est même rarement en état de le repousser. La conséquence d’un tel événement pourrait être la levée du siège et la perte de l’artillerie et de tout le matériel.

L’armée d’observation ne peut songer à rester en position et à se fortifier qu’aulant que la place n’est accessible que d’un seul côté. Si l’ennemi peut passer ailleurs ou arriver par plusieurs chemins, on doit les observer tous et conserver une masse centrale, qui bien loin de se lier à des retranchements, se procurera par tous les moyens possibles le degré de mobilité qui lui est nécessaire ; ainsi elle ne traînera avec elle que les bagages tout à fait indispensables; elle enverra aux camps

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de l’armée de siège tout l’excédant avec les malades et (es blessés; son artillerie sera bien attelée; les chemins par lesquels elle peut passer seront réparés ; enfin rien ne sera négligé pour assurer la rapidité des marches et l’arrivée des masses sur les poiuls menacés. Mais si le corps principal ne doit pas, dans la supposition que nous venons de faire, se couvrir de retranchements, les détachements chargés de garder les avenues et d’observer l’ennemi ne se priveront pas de ce secours, quand le terrain le comportera il convient au contraire de fortifier les défilés, les têtes de pont, pour donner h ces détachements la possibilité de s’opposer à des forces supérieures, d’arrêter même momentanément l’armée ennemie tout entière.

On ne doit pas craindre de s’éclairer au loin et de pousser de temps à autre des reconnaissances pour savoir ce que fait l’ennemi et découvrir ses projets. Le voit-on concentrer ses forces, on est menacé d’une attaque, et l’on doit prendre ses mesures en conséquence ; rassemble-t-il des voitures, des approvisionnements, il veut essayer de jeter un secours dans la place ; on en prévient l’armée de siège qui se tiendra sur ses gardes, et l’on se prépare à enlever le convoi, ou du moins à l’empêcher de passer.

Si plusieurs routes conduisent des positions qu’occupe l’ennemi à la ville assiégée , on se met à cheval sur celle du milieu , et l’on défend les autres indirectement par la crainte qu’on inspire à l’ennemi de s’y engager en prêtant le flanc h vos forces réunies. Ainsi donc ici, connue dans tout autre cas de la défensive , il faut se garder de la dissémination qui est une cause inévitable d’échecs partiels, ou de ruine totale.

Quand l’ennemi a démasqué scs projets, marchez à sa rencontre et abordcz-lc avec résolution, quelle que soit sa force : ce n’est pas le moment de compter les combattants. Cependant le bruit du canon , les estafettes , les officiers d’ordonnance ont prévenu l’armée de siège de ce qui se passe. Son commandant met sous les armes tout ce qui lui reste île dis-

1)KS S1ËGUS.

poniblc après avoir pourvu largement h la garde des tranchées, cl pris les dispositions nécessaires pour repousser les sorties de la place, plus probables et plus à craindre dans ce moment décisif que dans tout autre. Les troupes désignées pour prendre part h l’action partent sans différer; en arrivant sur le champ de bataille elles se mettent en ligne , ou se placent en réserve , ou se précipitent sur le flanc et sur les derrières de l'ennemi, suivant la position respective des corps qui sont aux prises. Rien ne peut contribuer plus puissamment au gain d'une bataille que l’arrivée d’un pareil renfort , au moment où elle est vivement disputée. C’est un semblable secours qui valut à nos pères le gain de la bataille de Scmpach. C’est l’apparition soudaine de la division Desaix qui ramena la victoire dans les rangs de l’armée française à Marengo.

Si , malgré le secours que l’armée de siège peut donner à l'armée d'observation, celle-ci est obligée de céder le terrain, elle doit tâcher de se retirer en ordre et d’aller se poster à peu de distance du champ de bataille , pour inquiéter l’adversaire et l’empêcher de se jeter avec toutes scs forces sur les lignes du siège, en l’obligeant h faire un détachement pour couvrir sa nouvelle position. Pendant ce temps l’armée d’observation se réorganise, elle rappelle tout ce qu’elle a de troupes éloignées , et si elle se sent en force elle marche de nouveau contre l’armée de secours arrêtée par les retranchements des camps qu’elle doit forcer pour parvenir jusqu’à la forteresse. Alors, s’il y a de l’opiniâtreté de part et d’autre , peut se présenter celte singulière situation de deux armées à la fois assiégeantes et assiégées. Voici l’exemple d’un fait analogue tiré des mémoires historiques sur la maison de Savoie, par le marquis de Costa : « En 1040, le prince Thomas de Savoie et les Espagnols tenaient la ville de Turin dont la citadelle était défendue par une garnison française. Au commencement de mai, le comte d’Harcourt , célèbre par son courage et ses talents militaires, vint mettre le siège devant laplaêe; mais, à peine est-elle investie, que le marquis de

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Lénages survint avec de très-grandes forces pour le bloquer lui-même dans ses lignes. Turin, investi de la sorte, présentait l’aspect singulier d’une citadelle assiégée par la ville , de la ville assiégée par une armée française, et de celle-ci enveloppée par une armée espagnole. Dans cette position , le prince de Savoie pouvait correspondre avec Lénages par le moyen de bombes sans fusées, dans lesquelles on renfermait des lettres. On fit usage du même moyen pour introduire dans la ville un peu de sel et des médicaments, dont la disette était trèsgrande. Le comte d'Harcourt, obligé de se défendre des sorties continuelles que faisait le prince Thomas , et des attaques réitérées de l’armée espagnole , s’entoura de doubles lignes " qui le garantirent des unes et des autres. Enfin , après quatre mois et demi de siège, après avoir enduré dans son camp toutes les privations, il força la ville à capituler. Le prince en sortit avec les honneurs de la guerre, et l’armée espagnole se retira. »

Supposons que l’armée d’observation n’ait pas pu résister à l’armée de secours, et que celle-ci se soit immédiatement jetée sur les lignes elles ait forcées h cause de leur grand développement; il faudra sans doute, dans cette circonstance malheureuse, lever le siège; mais tout ne sera pas perdu pour cela. Ralliant les débris des deux armées qui séparées n’ont pu résister, on en formera une plus forte et qui bientôt sera en état de livrer une nouvelle bataille.

Si l’ennemi, craignant de se compromettre, reste dans les murs de la place , on ne lui pourra rien , mais un trop grand nombre de bouches épuise promptement les approvisionnements, et la place ne tarde pas à capituler faute de vivres. On retrouve alors tout ce qu’on a perdu dans la précédente affaire, et en même temps on vient à bout de l'entreprise sans effusion de sang, ce qui est toujours d’un grand prix aux yeux du chef qui aime ses soldats et qui est avare de leurs vies.

Si, au contraire, l’ennemi ne craint pas de s’aventurer, s’il tient campagne pour éviter d’être serré de trop près , alors.

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on est h deux de jeu, on livre de nouveaux combats, et l’on cherche, par des succès partiels ou par le gain de la bataille quand l’ennemi l’accepte , à se replacer dans la situation première, c’est-à-dire dans la situation d'une armée qui en assiège ou qui en bloque une autre.

Si enfin l’ennemi partage ses forces , qu’il en laisse une partie dans la place pour la défendre , et qu’avec le reste il tienne campagne, votre position s’améliore, parce que la possibilité vous est offerte de séparer de la place le corps qui en est sorti. 11 faut pour cela tâcher de vous placer entre deux par une marche de nuit et prendre si bien vos mesures, que l’attaque soit simultanée[sur tous les points, pour que le corps ennemi soit battu, dispersé ou fait prisonnier, avant qu’il puisse recevoir des secours de la place. Ainsi le maréchal Soult au siège de Badajos , ayant affaire à une armée plus forte que la sienne , sut profiter habilement d’une occasion qui se présenta de rétablir l’équilibre. Dix mille Espagnols, afin d’éviter l’encombrement , sortirent de Badajos pour aller camper sur des hauteurs séparées de l’armée française par la Guadiana et couvertes parla Gebora. On tira d’abord du camp français sur le camp espagnol avec des obusiers à longue portée , afin de l’éloigner le plus possible des premiers ouvrages de la place dont il était séparé par un vallon de G00 toises de largeur. Une heure avant le jour le passage de la Guadiana s’effectue sur des bateaux ; on passe à gué le torrent de la Gebora , et pendant que le maréchal Mortier dirige une attaque de front sur les hauteurs et envoie sa cavalerie pour les tourner par sa droite, deux à trois mille hommes d’infanterie se placent dans le vallon entre la forteresse et le camp, et, faisant face des deux côtés , coupent ainsi toute communication. Un succès complet couronna d’aussi belles dispositions. Huit mille Espagnols mirent bas les armes , cinq ou six cents furent tués, le reste parvint à s’échapper. Tel fut le brillant combat de la Gebora, livré le 19 février 1811 (>).

C) Victoires et Conquêtes.

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g 2. — Travaux et Opérations du Siéoe.

Dès que l'armée de siège arrive devant la place, elle en fait l’investissement , c’est-à-dire qu'elle intercepte toute communication delà campagne avec la ville, en occupant par des postes plus ou moins forts, non-seulement les diverses avenues, mais encore leurs intervalles. Elle établit ses camps tout autour de la place à une assez grande distance pour n’ôtre pas inquiétée par les boulets ennemis. Pour l’établissement de ces camps, on choisit dans la vaste circonférence qu’on occupe les emplacements les plus propices, sous le point de vue militaire et sous celui de la salubrité et de la commodité. Les camps étant situés à environ 3,000 mètres de la place (c’est la grande portée du canon) présentent un développement de cinq à six lieues et quelquefois davantage ; ils sont donc dans un état de faiblesse qui compromet leur existence dans le cas où un secours , échappant à l’armée d’observation , viendrait inopinément les assaillir, qui même les expose aux entreprises de la garnison, pour peu que celle-ci soit de force à tenter un coup de main. Il faut donc avoir recours à la fortification pour assurer ces camps contre les entreprises de l’ennemi : on les entoure de deux lignes de retranchements; l’une faisant face à la campagne se nomme la ligne de circonvallation , l’autre qui est tournée contre la ville est la ligne de contrevallation.

Quelquefois ces lignes sont continues dans tout leur développement, d’autres fois elles se réduisent à quelques fortins élevés sur les positions les plus favorables. On ne peut rien établir de fixe à cet égard ; les localités et les circonstances dans lesquelles on se trouve , dictent au chef de l'armée et au commandant du génie ce qu’il y a de mieux à faire. Mais on peut dire, en général, que la ligne de circonvallation , ayant plus d’importance que celle de contrevallation, attendu qu’on a plus à redouter les attaques de l’armée de secours que les sonies de la garnison, est aussi construite avec plus de soins;

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la dernière n’est ordinairement composée que de quelques ouvrages détachés, élevés sur les parties les plus accessibles. On prolite , dans l’établissement de ces lignes, de tous les accidents du terrain pour en diminuer l’immense développement. On y remplace avec avantage les parapets en terre par des abalis, des inondations, etc. César, faisant le siège d’Alesia , avait à résister à deux armées , chacune plus forte que la sienne, l’une dans la ville, l’autre au dehors. En conséquence, il entoura ses camps des deux lignes de circonvallation et de contrevallation. 11 mil un soin extraordinaire dans la construction de ces retranchements, et l’on donne encore comme modèle tout ce qu’il lit en cette circonstance (').

L’intervalle entre les deux lignes doit être suffisant , nonseulement pour l’établissement des camps , mais encore pour permettre aux bataillons de se mouvoir en différents sens. 11 faut pour cela un intervalle de 500 à 600 mètres. Les trois mille mètres qui doivent exister entre le camp et la place, se mesurent du milieu de cet intervalle.

Quand les différents camps ou quartiers de l’armée . sont séparés par des rivières, il faut avoir l’attention de jeter plusieurs ponts sur chaque cours d’eau pour assurer, autant que possible, les communications d’un quartier it l’autre. Sans cette précaution, l’ennemi pourrait attaquer d’un côté pendant que de l’autre une portion de l’armée resterait spectatrice du combat, sans pouvoir venir au secours des troupes engagées.

On ne commence pas les travaux du siège avant de s’être approvisionné de tout ce qui est nécessaire, afin que si l’armée de secours venait h couper les arrivages , le siège ne fût pas pour cela arrêté. On conçoit que si on est maître de kt cam^ pagne au point de n’avoir rien de semblable h redouter, on peut se relâcher en quelque chose de la sévérité de la règle ,

1 pour hâter l’ouverture des travaux ; mais toujours faut-ÿ attendre d’être assez abondamment pourvu de toutes choses ,

(') Voyez les Commentaires de César, liv. Vil.

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pour que les travaux une fois commencés ne languissent pas. Les approvisionnements de fascines , de gabions , de bois de toute espèce, se font dans les forêts les plus voisines ; quelquefois on est obligé de les faire venir de plusieurs lieues à la ronde. On met tous ces objets, par tas séparés et bien arrangés, dans des endroits couverts des vues de la place et hors de la portée de la bombe. On les nomme dépôts de tranchée.

Quand on s'est pourvu de tout ce qui est nécessaire pour commencer les travaux et pour pouvoir les pousser avec activité et sans discontinuité, on ouvre la tranchée contre la partie de la place qui, en raison des reconnaissances que les ingénieurs en ont faites, et à l’aide des plans existants, est jugée la plus faible. C’est ordinairement celle qui est dominée, dont les ouvrages principaux sont ricochables , qu’on peut envelopper facilement, etc. Ainsi les parties basses et saillantes sont des parties d’attaque.

L’ouverture de la tranchée se fait de nuit, hors de la portée de mitraille ; on établit une première ligne dont la distance aux ouvrages les plus avancés de la place peut varier de 500 à 600 mètres, suivant l’importance de cette place et ce qu’on a h craindre de la garnison. C’est la première parallèle (’). Elle enveloppe la totalité des ouvrages qui ont quelque prise sur les points qu’on veut attaquer. On la trace parallèlement, ou h peu près parallèlement aux fortifications de la place ; de là le nom qu’on lui a donné. On l’appelle aussi place d’armes, parce que c'est dans cette ligne, ainsi que dans celles qui lui succèdent, que l’on place les troupes armées, ou gardes de tranchée, destinées à protéger les travailleurs contre les sorties de la garnison.

( ') Les parallèles et les boyaux de communication constituent ce qu on appelle en général les tranchées. Toutes les tranchées sont creuSfees en terre d’environ un mètre ; mais leur largeur dans les différentes parties varient suivant les besoins. Les terres provenant des fouilles sont relevées en forme de parapets du côté de la place. Voyez le Mémorial pour les travaux de guerre, chap. XH.

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De la première parallèle ou place d’armes, on communique avec les dépôts de tranchée par des boyaux en zig-zag, à défaut de chemins creux ou de rideaux naturels. Ces communications en arrière s’établissent, en même temps que la parallèle, dès la première nuit. On s'avance ensuite de la première parallèle contre la place par d’autres boyaux qu’on dirige en zig-zag sur les saillants, de manière à éviter l'enfilade des ouvrages latéraux. Chaque cheminement fait de la sorte s’appelle une attaque; il y en a autant que d’ouvrages à prendre; ainsi il y aura trois attaques si on chemine sur les saillants de deux demi-lunes et du bastion intermédiaire.

Quand les attaques sont arrivées à peu près h la moitié de la distance de la première parrallèle à la place, si l’on allait plus avant les travailleurs se trouveraient plus près des assiégés que des gardes de tranchée, et seraient par'conséquent très-compromis ; c’est pourquoi on établit h cette distance une seconde parallèle qui, ainsi que la première, enveloppe tous les ouvrages et lie entre elles les diverses attaques. On transporte les gardes de tranchée de la première à la seconde parallèle, lorsque celle-ci est terminée ; on s’avance ensuite jusqu'à une soixantaine de mètres des saillants des chemins couverts, et là on établit une troisième et dernière parallèle. On supprime la seconde parallèle lorsqu’on a cru devoir ouvrir la tranchée à 300 mètres seulement, et on la remplace par ce qu’on appelle des demi-places d'armes, qui sont des portions de parallèles propres g recevoir quelques petits postes. La suppression de la seconde parallèle résultant de la restriction de l’intervalle qu’on laisse ordinairement entre la première parallèle et les ouvrages de la place , simplifie et abrège les travaux du siège. L’attaque de la citadelle d’Anvers offre un exemple récent de cette suppression qu’on adoptera probablement à l’avenir, toutes les fois que la force de la garnison n’obligera pas à des précautions extraordinaires.

C’est en avant des parallèles, ou dans les parallèles ellesmêmes, que l’artillerie établit les batteries au moyen des-

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quelles elle ricoche ou prend d’enfilade les laces des ouvrages qui onl vue sur les attaques. C’estsous la puissante protection de celte arme que l’on parvient à s’approcher, sans de trop grands risques, des ouvrages qu’elle balaye et chauffe sans discontinuité. Ses projectiles démolissent les embrasures, labourent les remparts, en sorte que le canon de l’assiégé est réduit au silence, et que les diverses pièces de la fortification restent presque désertes.

On construit à la sape (') sur les glacis, certains ouvrages qui vous conduisent au bord du chemin couvert et vous on rendent définitivement maîtres ; alors on établit dans le couronnement du chemin couvert, c’est-à-dire dans la tranchée qui en suit le contour, des batteries pour démolir les flancs des bastions qu’on découvre depuis là, et pour faire des brèches à l’escarpe au moyen desquelles on puisse pénétrer dans la place. Les batteries qui sont dirigées contre les flancs des bastions collatéraux à celui qu'on attaque, se nomment contre-batteries, parce que leur objet est de réduire au silence, de combattre le canon de ces flancs. Les batteries qui sont destinées à renverser les escarpes ont reçu le nom de batteries de brèche.

On ne donne l’assaut que lorsque la brèche a été rendue bien praticable par le renversement du parapet sur les débris de murailles, et seulement après avoir ouvert une galerie pour descendre dans le fossé, et avoir pratiqué au travers de celui-ci un bon épaulement joignant le pied de la brèche. Les troupes commandées pour l’assaut se tienjient par détachements dans le fossé, dans le couronnement du chemin couvert et dans la troisième parallèle. Ces détachements sont des-

( ' ) La sape est un moyen de construire les tranchées, lent en apparence, mais qui, se poursuivant la nuit comme le jour sans discontinuité, fait en peu de temps d’assez grands progrès. Ce travail est exécuté par lessapeurs, qui roulent devant eux un maulelct ou un gros gabion farci de laine ou de fascines pour se mettre à l'abri des arquebusades. Ils remplissent ainsi un gabion après l’autre, et ne poussent en avani que lorsqu’ils ont bien consolidé la portion de tranchée déjà faite.

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tinés à se soutenir et à se prêter main-forte ; au signal convenu, le premier monte sur la brèche, en repousse les défenseurs et cherche à s’établir solidement sur le haut, en construisant avec des gabions ce qu'on appelle un nid-de-pie ; c'est un petit retranchement qui couronne la brèche et à l’abri duquel les soldats qu’on y place font feu sur tout ce qui se présente. Les sapeurs sont chargés de cette construction ; à cet effet ils accompagnent en nombre suffisant les troupes de l’assaut, armés chacun d’une pelle et d’une pioche, etportant un gabion. Le second détachement appuie le premier pour enlever la brèche ; il le relève si la lutte est opiniâtre. Le troisième borde les tranchées sur le glacis, et de lit il balaye tes parapets et surtout le haut de la brèche, tant qu’il y a de la ’ résistance ; mais on aura eu soin, avant d’en venir aux mains, de faciliter l’assaut en dirigeant sur l’ouvrage attaqué autant de pièces que possible. Quand le combat commence, le canon doit se taire puisqu’il tirerait indistinctement sur les assaillants et sur les défenseurs.

Souvent la prise des premiers ouvrages amène la reddition de la place ; quelquefois leur résistance n’est que le prélude d’une défense opiniâtre où il faudra arracher pièce à pièce toutes les fortifications de l’assiégé. Quelquefois encore la possession des remparts ne met-elle pas fin aux combats, et se voit-on dans la nécessité de disputer les rues, 4es maisons mêmes, à de courageux citoyens qui savent faire le sacrifice de leurs propriétés à l’honneur et à l’indépendance du pays. La défense de Sarragosse, en 1808, peut être placée à côté de tout ce que l’histoire offre de plus héroïque et de plus digne de l’admiration des peuples. Les Espagnols, après avoir perdu leurs fortifications, soutinrent encore pendant vingt-trois jours une guerre de maisons des plus acharnées. Ils n’avaient plus de poudre quand ils capitulèrent. Leur perte fut énorme; on l’a évaluée h 54,000 individus de tout âge et de tout sexe.

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§3. — Comment oh défend les approches d'vhe Forteresse.

Dès qu’une forteresse est menacée par les armées ennemies on la déclare en état de siège, et, dès ce moment, tout est soumis à l'autorité militaire. On se hâte de faire entrer dans la place tout ce que les environs peuvent fournir en bois, fascines, gabions, aussi bien qu’en bestiaux, en blés, en comestibles de tout genre. On renvoyé les gens sans aveu, toutes les bouches inutiles, et l’on ordonne aux habitants qui restent dans la ville de s’approvisionner de farine , de légumes secs, d’huile, de viande salée, etc., pour plusieurs mois, afin de n’ètre pas obligé de partager avec eux les approvisionnements de la garnison. On met la place en état de défense, en armant et réparant les fortifications, plantant les palissades, nettoyant et désencombrant les communications, etc.

Quand la garnison est assez nombreuse, et c’est le cas que nous supposerons, elle se garde bien de se renfermer en totalité dans la place; elle fait, au contraire, tous ses efforts pour en disputer les approches. On prend donc position en avant des faubourgs, et bien loin de les démolir, comme il faudrait le faire si la garnison moins nombreuse devait dès le début se renfermer dans la place, on les couvre par des retranchements , dans le double but de les garantir et de se ménager en arrière le plus d’espace qu’il est possible. On met ainsi la ville à l’abri des projectiles incendiaires, et l’on profite de tout ce que le terrain dont on reste maître peut offrir en fruits, légumes, blés et fourrages. Les hommes et les chevaux qui ne sont point entassés se conservent en santé ; l’altitude que tient la troupe chasse la crainte des cœurs et soutient le courage.

En respectant ainsi les habitations des faubourgs on se ménage la chance de les conserver, soit que l’ennemi n’attaque pas de ce côté, soit qu’on parvienne à le repousser ; et si elles

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ont à souffrir, le mal ne sera jamais si grand que si on les eût démolies radicalement h l’approche de l’ennemi. On s’épargne donc une mesure cruelle, d'une exécution toujours diflicile ; on s’attache les habitants en leur montrant l’intention de conserver leurs propriétés ; on les engage mémo» ainsi à travailler de leurs bras aux ouvrages qui protégeront leurs demeures.

Outre les retranchements précédents, on construit sur tous les points les plus avantageux de solides redoutes ou fortins, on ferme les passages trop exposés par des abatis ou des coupures, on perce des créneaux aux murailles et à tous les étages des maisous qui peuvent prêter quelqu’appui , on ne néglige, en un mot, aucun moyen d’augmenter la force des positions extérieures.

Sur un champ de bataille ainsi préparé on peut espérer de faire une longue résistance, disputer le terrain pied à pied, et faire éprouver à l’attaquant de grandes pertes avant qu’il puisse ouvrir la tranchée devant la place, et commencer les travaux ordinaires d’un siège. Aussi n’est-ce qu’après des attaques souvent répétées et bravement soutenues que l’ennemi, par sa supériorité numérique et par la facilité qu’il a de réparer ses pertes, vient à bout de se rendre maître de quelques ouvrages ou des premières maisons des faubourgs. Il doit lui-même remuer de la terre pour se mettre à l’abri des entreprises hardies d’une garnison valeureuse, ou s’assurer la possession de ce qu’il tient. De nouveaux combats l’attendent; chaque pouce de terrain lui sera vendu chèrement. Peut-être se rebutera-t-il de tant de résistance. Peut-être que pendant la durée de la lutte, des événements extérieurs de politique ou de guerre, de ces retours de fortune dont l’histoire offre tant d’exemples, viendront vous tirer de l’état alarmant quoique glorieux dans lequel vous commencez h vous trouver. Telles sont du moins les chances que court celui qui ne se décourage pas et qui sait, avec une fermeté inébranlable, persévérer dans sa résistance. Aucun motif ne

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peut engager un général qui se trouve h la tête d’une garnison nombreuse, à ne faire au dehors qu’une molle résistance, dans l’intention ou sous le prétexte de conserver ses ressources, pour en faire une plus forte derrière les remparts de la place. Il doit, au contraire, agir comme si ces remparts n’existaient pas, ou ne les regarder que comme un réduit, un dernier refuge dans lequel il est toujours assez tôt de se retirer. Telle fut la conduite du général Rapp dans sa belle défense de Dantzig en 1813.

Le moment arrive enfin où il faut se renfermer dans la place, et biëntôt commence cette série d’opérations plus ou moins longues, plus ou moins dangereuses, par lesquelles l’assiégeant doit passer et qui constituent le siège proprement dit. Le défenseur a mille moyens d’en prolonger la durée, parce qu’il a eu le temps de mettre la place dans un état respectable pendant la défense extérieure. Connaissant le point d’attaque , naturellement indiqué par la direction des premières opérations, il peut y redoubler les retranchements. La garnison s’est aguerrie par des combats fréquents ; elle occupe, il est vrai , un poste resserré ; mais, par cela même, elle est plus concentrée et est encore imposante malgré les pertes qu’elle a essuyées.

C’est par des sorties qu’on retarde la marche des approches; on les distingue en grandes et en petites sorties. Les premières, exécutées par des corps nombreux , se font ordinairement de jour pour éviter la confusion ; les autres se font de nuit et par quelques hommes seulement. Les unes ont pour objet de combler les tranchées, mettre le feu aux batteries, enclouer les pièces; en conséquence elles sont toujours suivies d’un nombre suffisant d’ouvriers armés des instruments nécessaires. Les autres ne sont dirigées que contre les travailleurs de la sape ; elles se présentent inopinément et fréquemment, chassent les travailleurs et renversent quelques gabions; la sape, ainsi interrompue, ne chemine qu’avec lenteur.

Si les troupes sont obligées de faire trop de chemin pour

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arriver aux tranchées elles sont longtemps exposées aux feux des batteries et des places d'armes; c'est pourquoi on n’entreprend guère de sorties que contre la dernière parallèle et les ouvrages qui l’avoisinent. Cependant si l’on peut découvrir le moment de l’ouverture de la tranchée, il faut le saisir pour opérer une grande sortie qui mette en déroute les travailleurs et les force à remettre l’opération à la nuit suivante. Connaissant alors l’emplacement des premières tranchées, on y dirigera toute l’artillerie dont le feu continuel rendra les travaux très-périlleux, même pendant les ténèbres. La grande sortie s’est faite de nuit, ce qui est contraire à la règle générale; mais dans ce cas il y a peu d’inconvénients, parce que l’ennemi n’est pas encore établi; quand une fois il s’est reconnu, qu’il a ébauché ses ouvrages, il vaut mieux l'attaquer* h la pointe du jour pour éviter que les divers détachements, qui prennent part à la sortie et qui débouchent simultanément de différents points du chemin couvert, ne viennent à se charger ou à faire feu les uns sur les autres dans l’obscurité. Aussitôt que les troupes sont parvenues à repousser les gardes de tranchée, les travailleurs se hâtent de renverser les gabions, de détruire les épaulements, etc. ; ils n’ont ordinairement que très-peu de temps pour cette opération, parce que l’assiégeant ne tarde pas à revenir en forces et à repousser la sortie dans la place. La cavalerie prend part quelquefois aux grandes sorties, et l’artillerie de la place les soutient de son feu, autant que le mouvement des troupes le lui permet.

Quand une fois la dernière parallèle est solidement établie et armée, il faut renoncer aux grandes sorties qui n’auraient que de faibles chances de réussite ; on se contente alors d’envoyer, comme il a été dit, des détachements de dix à douze hommes, qui se jetant sur les travaillleurs les plus avancés, les mettent en fuite et se retirent dès qu’ils éprouvent de la résistance ; c’est pour effrayer les travailleurs, interrompre la sape, bien plus que pour tuer des hommes à l’ennemi, qu’on les envoyé. Après chaque alerte l’assiégeant a beaucoup de

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peine, surtout la nuit, à rassembler ses travailleurs, en sorte que l’attaque languit : souvent le jour paraît , qu’un ouvrage trop imparfait doit être abandonné pour n’être repris que la nuit suivante.

Les contremines, ou mines défensives, sont le moyen le plus puissant de prolonger la durée d’un siège, parce qu’elles forcent l’attaquant à des travaux qui, de leur nature, demandent beaucoup de temps pour être accomplis; aussi dès que le front d'attaque est connu, prépare-t-on sous le glacis des fourneaux de mine, qui menaçant de faire sauter les batteries de l’assiégeant, contraignent celui-ci à cheminer aussi sous terre. Toutefois il est nécessaire, pour faire usage de ce moyen, que la place soit munie d’un système de galeries qui permettent de s’avancer sous le glacis et de préparer d’avance les fourneaux de mine. Lorsqu’elle en est dépourvue, on ne peut que pratiquer aux saillants de la fortification quelques fougasses, ou petites mines, qui sont loin de produire au physique et au moral le même effet que les mines proprement dites.

Le défenseur a, dans la guerre souterraine, un grand avantage sur l’attaquant, parce qu’il l’attend dans des galeries toutes préparées ; qu’ainsi il a beaucoup moins de travail, et qu’il est maître de l'initiative. L’attaquant n’a d’autre ressource que de surcharger ses fourneaux, pour détruire à de grandes distances ceux des défenseurs ; d'employer ce qu’on appelle des globes de compression; mais cela même est fâcheux pour lui, parce que ces fourneaux surchargés emploient une quantité prodigieuse de poudre et sont de longue exécution. Pour l’assiégé, au contraire, des fourneaux de moyenne grandeur suffisent, car je crois avoir démontré ailleurs (*) qu’en raison de leur action en contre-bas, ils défendent aussi bien le terrain des approches que si on les plaçait à une profondeur double, comme est obligé de le faire l’attaquant s’il veut donner à ses globes toute la puissance dont ils sont susceptibles.

(') Voyez le chapitre V de la Fortification permanente.

DBS SIÈGES.

Les conlremines sont assez profondes si elles sont de 4 à 6 mètres au-dessous de la surface du sol , et il ne faut que 200 à 700 livres de poudre pour les charger. Les charges croissant comme les cubes des profondeurs, ou comprend pourquoi il y a une si grande différence entre les nombres ci-dessus, et combien il y a de désavantage, sous ce rapport, à s’enfoncer plus que nous ne le disons. Une mine ordinaire de 10 mètres de profondeur exige une charge de 3,000 livres de poudre; et si l’on veut que son fourneau soit surchargé, il faut doubler ou tripler cette quantité.

L’assiégé a aussi de la supériorité dans la défense des brèches , parce qu’il enveloppe l’attaquant qui ne peut arriver que par un chemin étroit et scabreux. C'est donc la défense des brèches qu’il faut porter toute l'énergie possible; c’est pour cette période du siège qu'il faut tout préparer d’avance: on conserve soigneusement quelques pièces pour en armer, au moment de l’assaut, les ouvrages qui pourront prendre en flanc ou de revers la colonne d’attaque ; on prépare sur le haut de la brèche des bombes chargées pour les rouler sur l’assaillant; on allume un grand feu au pied de la brèche qu’on entretient en y jetant des bûches depuis le haut; ou bien, si l’ennemi n’a battu qu’imparl'aitemenl la muraille, on va pendant la nuit en déblayer le pied , et , de la sorte , la brèche reste impraticable. On creuse des mines sous les débris poulies faire sauter et ensevelir les assaillants ; on donne des armes de longueur, telles que piques, faux emmanchées, etc. aux soldats qui défendent la brèche; on fait même prendre des cuirasses à ceux qui s’exposent aux premiers rangs. Si l’ouvrage attaqué a quelque capacité, on lient des réserves dans l’intérieur pour charger l’ennemi quand il débouchera; on fait même arriver la cavalerie dans ce moment décisif.

Telles sont en général les mesures à prendre pour la défense d'une forteresse ; mais c’est surtout de la fermeté du gouverneur et de l’intrépidité des défenseurs que dépend le succès ; on peut espérer, avec de braves soldats, de repous-

DES SIÈGES

ser plusieurs assauts h la même brèche. C’est ainsi qu’en 1520 le chevalier Bayard a su conserver Mézière à la France, quoique les murailles en fussent abattues en plusieurs endroits. «Retournez dire à MM. de Nassau et de Sickingen, répondait-il au héraut qu’on lui avait envoyé pour lui proposer une capitulation, que le roi m’a confié cette place, et que, Dieu aidant, vos maîtres seront las de l’assiéger avant que je le sois de la défendre. Je n’en sortirai que sur un pont fait des corps morts de ses ennemis. >

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