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CHAPITRE X

Du Repos des Troupes.

Lorsque les circonstances de la guerre permettent aux troupes de prendre du repos, elles campent ou se cantonnent. Nous avons déjà donné , dans le premier chapitre , quelques généralités sur les cantonnements; nous devons entrer ici dans plus de détails, et traiter de ce qui concerne la Castramétation, ou l’art de choisir et tracer les camps. Mais, auparavant, nous dirons un mot du service des avant-postes, applicable à toute troupe qui séjourné ou qui ne fait que s’arrêter momentanément quelque part.

§ 1. DES AVUT-FOtlEI.

“Les avant-postes sont, pour une troupe en repos, ce que sont pour celle qui marche les éclaireurs et les flanqueurs. Leiir tâche est d'ôter à l’ennemi toute possibilité d’arriver sur le corps principal, sans être aperçu et sans que l’alarme soit répandue au camp. Ainsi donc, toute troupe qui s’établit quelque part, soit dans un camp, soit au bivouac ou dans des cantonnements, pour longtemps ou pour un seul jour, et .même pour quelques- heures , doit se couvrir par des détachements dont le nombre et la force sont proportionnés à la force des corps et à l’étendue du terrain à occuper.

Ces détachements, qui forment une ceinture autour de la troupe en repos , sont les avant-postes. S’ils sont bien dis-

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posés d’après le terrain , si la surveillance s’y exerce activement, l'ennemi ne pourra se présenter nulle part sans être découvert it bonne distance, et l’on aura toujours le temps de se mettre en défense. Si, au contraire, ils sont placés sans intelligence, s’ils sont trop éloignés Jes uns des autres, si le service s’y fait négligemment , un de ces détachements peut être enlevé sans que les autres s’en aperçoivent , et le danger est d’autant plus grand pour la troupe qu’elle se repose dans une fausse sécurité. Ce service mérite donc toute l’attention des officiers qui en sont chargés.

La nature du terrain détermine la qualité des troupes qui forment les avant-postes. Dans un pays ouvert , ils doivent être composés de cavalerie, dans un pays coupé, d’infanterie principalement. On y met cependant toujours un peu de cavalerie pour faire le service d’ordonnance et porter promptement des nouvelles.

La distance à laquelle doivent être placés les avant-postes, ne saurait être fixée, parce qu’elle dépend, ainsi que leur force, des localités et de l’importance des corps. On conçoit qu'une troupe nombreuse, qui met du temps à se rassembler, doit avoir ses avant-postes plus éloignés, qu’un petit corps qui est sous les armes au premier coup du tambour. D’un autre côté, une troupe nombreuse ne craint pas d’étendre ses avant-postes, parce qu’elle peut les faire plus forts et qu’elle est en mesure de les soutenir. Un corps faible, au contraire, les resserre et ne les perd, pour ainsi dire, pas de vue.

Les avant-postes se divisent en postes avancés et en grand' gardes. Les premiers, comme leur nom l’indique, sont les plus extérieurs; les grand’gardes leur servent de centre et de point de ralliement. Ce sont les grand'gardes qui fournissent les postes avancés, chacune selon qu’il est nécessaire pour bien observer le terrain environnant.

Ou place en outre, de distance en distance, dans les positions les plus favorables, de petites réserves qui sont des intermédiaires entre l’arméetfl les grand’gardes; on leur donne

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le nom de postes de soutien , et quelquefois celui de piquet».

Les grand’ gardes se placent, autant que possible, dans des* endroits couverts, dans des bas-fonds, derrière les villages ou les bois, sur le revers d’une colline, etc. Il est essentiel que ces gardes ne soient pas vues de l’ennemi, qui pourrait faire des dispositions pour les attaquer brusquement ou les enlever. .

Les postes avancés s’établissent en avant et sur les flancs des grand’gardes, à quelques cents pas de distance, en suivant toujours la même règle de se dérober aux vues de l’ennemi. Ces postes, tirés des grand’gardes, fournissent euxmêmes des sentinelles ou des védettes (') pour former un dernier cordon extérieur, destiné à voir tout ce qui se passe dans la campagne.

Il faut se figurer, qu’à chaque poste de soutien, correspondent trois ou quatre graDd’gardes, à chaque grand’gardé autant de postes avancés , et qu’enfin chaque poste détache un nombre sufûsant de sentinelles pour que tout le terrain environnant soit bien vu. Il résulte de là que la force des postes avancés ne peut pas être partout , ni toujours la même; elle dépend du nombre des sentinelles à placer. Or, on compte trois hommes pour chaque sentinelle à fournir ; les officiers, sous-officiers et caporaux sont en sus.

Dans un pays couvert de bois, les sentinelles occupent les lisières extérieures, les postes avancés les premières éclaircies, les grand’gardes celles qui viennent ensuite. Les postes de soutien se placent en arrière de la forêt et toujours assez loin pour que, dans la supposition où l’ennemi aurait pénétré dans le bois, il ne put pas arriver sur la troupe à la faveur des arbres. En général, il faut se méfier des bois et autres couverts qu’on a dans son voisinage.

Si la forêt était trop grande pour la laisser en avant de soi, on chercherait les grandes éclaircies pour y placer les piquets,

(') Vedette est une sentinelle à cheval.

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Ou bien l'on pratiquerait des abatis dont les débris seraient ' employés à faire un retranchement. Les grand’gardes et les postes avancés ne négligeront pas non plus cette précaution ; il faudra donc leur délivrer un nombre suffisant de haches.

La communication entre les postes doit être entretenue par de fréquentes patrouilles , soit pour s’assurer de la vigilance des sentinelles) soit pour découvrir l’ennemi qui se serait glissé dans les intervalles, à la, faveur de quelque pli de terrain ou des ténèbres, soit pour empêcher la désertion, saisir les espions, etc.

Les postes avancés ne seront jamais séparés des grand’gardes par des obstacles difficiles à franchir, qui les empêcheraient de s’y rallier dans le cas où l’ennemi tenterait une attaque. II faudrait suivre la même règle à l’égard des grand’gardes relativement aux piquets; mais cela n’est pas toujours possible, en raison de l’agrandissement de l’échelle. Alors, quand il y a quelque pas difficile entre les uns et les autres, cm le fait occuper par un poste intermédiaire, qui arrêtera l’ennemi s’il se présente, défendra le passage, et protégera la retraite des troupes poursuivies.

Les postes de soutien peuvent, en raison de leur importance, être composés de toutes les armes ; ils peuvent avoir de l’artillerie. Mais les grand’gardes sont ou de cavalerie ou d’infanterie seulement. A celles d’infanterie peuvent être réunies deux ou trois ordonnances à cheval, comme il a été dit, mais qui ne font d’autre service, que celui de la correspondance.

Les postes de soutien, .indépendamment des détachements qui les couvrent, -doivent avoir eux-mêmes de petits postes de quelques hommes , ou au moins des sentinelles , pour leur sûreté. En général,' on ne saurait être trop alerte , ni user de trop de précautions pour éviter les surprises. Un officier qui se laisse surprendre est sans excuse ; il doit toujours prévoir le cas où les corps qui sont devant lui feraient mal leur service , où auraient été enlevés par l’ennemi , et prendre ses dispositions en conséquence.

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Quand les sentinelles ont annoncé l’ennemi, et qu’elles le voient approcher, elles se replient sur leurs postes respectifs; ceux-ci se retirent sur les grand’gardes , lesquelles, après s’être bien assuré de l’état des choses , et que l’attaque est sérieuse , se replient aussi sur les piquets quand elles ont rallié tout leur monde ; elles forment une chaîne et tiraillent en cédant le terrain. Les réserves ont pris les armes; elles envoient des secours aux grand’gardes , les reçoivent et les rassemblent , combattent s’il faut conserver la position , ou opèrent lentement leur retraite sur le gros de l’armée.

Pendant la nuit les postes avancés sont renforcés pour pouvoir augmenter le nombre des sentinelles (*). Si le pays est fourré et favorise les surprises, ces sentinelles, à la tombée de la nuit, se rapprochent de leurs postes pour se mettre à l’abri du danger d’être enlevées. En se postant au pied des petites collines ou tertres qu’elles occupent pendant le jour, elles apercevront mieux l’ennemi ; quand il arrivera , parce qu’il se dessinera sur le ciel.

Lorsqu’on occupe les postes plusieurs jours, il est sage de s’y fortifier, soit par des levées de terre faites à peu de frais, soit par des abatis. Voyez à ce sujet les. Traités sur la fortification de campagne.

Personne ne doit s’écarter des avant-postes ; on fait apporter le bois, l’eau et la paille par les habitants, quand le commissariat n’y peut suffire. On ne loge jamais dans les maisons; on reste au bivouac : à cet égard les officiers doivent donner l’exemple , en se soumettant les premiers aux privations qu’ils exigent de leurs soldats. Les hommes peuvent se reposer autour des feux en restant toujours habillé^ et équipés ; mais la moitié de la troupe doit être debout et veiller.

Les postes avancés reçoivent les déserteurs qui viennent se

(’) Les troupes destinées à ce renfort forment, à proprement parler, le piquet. Des soldats sont de piquet , lorsque, désignes pour un service armé , il ne quittent pas leur camp, et ne peuvent être appelés à aucun autre service. . .

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rendre à eux ; ils arrêtent les voyageurs et les habitants qui viennent du côté de l’ennemi, et leur font subir un interrogatoire sur tous les points qui intéressent l’armée, et principalement sur ce qui concerne la sûreté des avant-postes. Cependant on ne se fie pas entièrement h ces rapports, qui souvent sont mensongers et presque toujours incomplets.

Nous avons dit que des patrouilles fréquentes circulent aux avant-postes : on les appelle patrouilles de sûreté, pour les distinguer de celles qui vont , plus ou moins loin , à la découverte.

Les patrouilles de sûreté , n’ayant pourobjet que de s’assurer de la vigilance des sentinelles, et d’empêcher que l’ennemi ne se glisse entre les. postes, ne sont pas nombreuses : quatre hommes et un caporal suffisent ; ils voient et entendent aussi bien qu’une troupe plus forte.

Quand une patrouille entend quelque bruit , elle cherche à en connaître la cause ; car rien alors n’est de peu d’importance. Le bruissement des feuilles peut annoncer l’ennemi qui s’avance ou se cache. Dans une circonstance pareille le caporal arrête sa troupe , lui fait faire &$rit du côté d’où vient le bruit , et il envoie un homme reconnaître. Si c’est réellement l’ennemi, ce soldat fait feu pour l'annoncer. Le caporal fait aussi feu avec sa troupe , se retire sur la sentinelle la plus proche et se replie avec elle sur le poste voisin.

Si lu terrain est très-coupé ou couvert , les quatre soldats entoureront le caporal dans la marche , et se tiendront à quelque distance pour fouiller les environs. Mais habituellement la patrouille est réunie. Elle doit suivre le chemin qui lui est tracé, observer le plus grand silence, marcher d’un pas lent, prêter l'oreille en s’arrêtant souvent , éviter que les armes se choquent , ne point fumer. Si la patrouille trouve une sentinelle manquante elle s’arrête sur place ; le caporal envoie un homme prévenir le poste , et ne continue son chemin qu’après le remplacement.

C’est à l’approche du jour que les patrouilles doivent être

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le plus fréquentes, parce que c'est le moment des entreprises de l’ennemi. C’est aussi alors qu'on fait partir les découvertes, comme il a été dit en parlant des reconnaissances.

Une patrouille est quelquefois remplacée par une sentinelle volante : c’est un soldat intelligent et sur, qui fait le tour des sentinelles pour les tenir en éveil. Quand cette sentinelle rencontre une troupe quelconque, elle se blottit derrière une haie, un arbre, un buisson', jusqu'il ce que cette troupe ait passé , et la suit pour découvrir ses desseins , si possible.

Pour la manière dont on reconnaît les patrouilles , dont on donne et reçoit le mot , et autres détails de service , voyez le Règlement pour le service des troupes en campagne.

a li

g 2 — De u Castramétation.

On emploie dans l’établissement des camps les tentes , les baraques ou les simples abris en feuillages, suivant les moyens qu’on a à sa disposition et la durée du camp. S’il n’est que de peu de jours , on se contente de feuillées qu’on recouvre de paille ou de planches, et dont on laisse la construction à l’industrie des soldats. Quand , au contraire , le camp doit être occupé assez longtemps , et surtout lorsqu'on y doit passer l’hiver, on fait les dépenses nécessaires pour élever des baraques en planches, qu’on recouvre de chaume et où le soldat se ménage les petites aisances que comporte un logement aussi étroit. Les tentes ne sont bonnes que pour la belle saison , parce qu’alors on peut les ouvrir pour en renouveler l’air. On en fait beaucoup moins usage maintenant qu’autrefois ; elles sont presque exclusivement réservées pour les camps d’exercice. Les Français, dans les guerres de la révolution , ont appris h s’en passer, et on s’en trouve bien ; elles

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étaient un graud embarras pour (es armées qui les traînaient avec elles; et, comme on s’en servait alors non-seulement pour des camps de quelque durée, mais encore pour se loger dans les marches près de l’ennemi , où il est essentiel de rester rassemblé , on était souvent obligé de les dresser sur des terrains humides ; la santé des soldats en souffrait. On préfère maintenant faire, en pareil cas, bivouaquer la troupe: elle se couche sur la paille qu’on lui distribue , souvent même tout simplement sur l’herbe; elle allume de grands feux qui sèchent le terrain et tiennent les pieds chauds. Les soldats se font de petits abris contre le vent au moyen de quelques branches ou de planches quand ils peuvent s’en procurer. Mais ordinairement la troupe est répartie dans les granges , où , quelque serrée qu’elle y soit , elle se trouvera toujours mieux qu’à la belle étoile , surtout si le temps est froid ou pluvieux. Le cantonnement est la manière habituelle de loger les soldats , le bivouac est l’exception. Les circonstances décident s’il est permis de s’étendre pour répartir la troupe dans les habitations , ou s’il faut la faire bivouaquer pour la tenir plus rassemblée et l’avoir sous la main. Une armée passe toujours au bivouac la nuit qui précède la bataille.

On désigne quelquefois sous le nom de camp le terrain qu’occupe la troupe bivouaquée ou cantonnée : on dira marcher sur le camp de l’ennemi , pour marcher sur ses positions; quitter son camp, pour quitter les lieux qu’ on a occupés, etc. Ici nous n’avons à parler que des camps proprement dits.

Qu’on emploie dans l’établissement de ces camps des tentes, des feuillées ou des baraques, les règles à observer sont toujours les mêmes. Et d’abord il faut apporter de l’attention au choix de l'emplacement. Un camp doit toujours être établi dans une position favorable , sous le point de vue militaire , et salubre pour les hommes et les chevaux. Il faut se mettre à la proximité de l’eau , mais s’éloigner des marécages , qui souvent recèlent des fièvres pernicieuses. L’air ne joue pas assez librement dans les grands bois pour qu’on s’y

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renferme ; il faut pourtanl s’en rapprocher pour fournir aux besoins du chauffage et de la cuisson. Un troisième besoin de première nécessité , celui du repos des soldats et do la nourriture des chevaux , exige qu’on recherche les emplacements abondants en paille et en fourrage.

Voilà pour ce qui est de la commodité et de la salubrité. Considéré militairement , un camp doit dominer la campagne environnante , ou du moins n’en être pas dominé ; les ailes seront autant que possible appuyées à des obstacles naturels, tels que bois , rochers , lacs , etc. Si une rivière ou un ruisseau coule devant le front du camp à une assez grande distance pour permettre à l’armée de se rassembler et de manœuvrer, cela n’en vaudra que mieux. Les derrières doivent être libres et offrir une bonne route , si ce n’est plusieurs , pour opérer la retraite dans le cas où l’on y serait obligé. On voit par là que la position d’un camp est essentiellement défensive.

Viennent ensuite les mesures de sûreté : ainsi , toutes les avenues du camp , en avant , sur les côtés , et même sur les derrières seront occupées par des postes ; les ponts seront particulièrement gardés et couverts par des retranchements ; les gués seront observés , les défilés occupés de manière à en être maîtres.

Outre les postes détachés dont on vient de parler, et qui sont quelquefois assez éloignés, le camp sera encore immédiatement couvert par des gardes qui occuperont une ligne parallèle , à la distance de cent à deux cents mètres, sur le front et sur les flancs. Si le camp est dressé sur un plateau, comme c’est presque toujours le cas, les gardes du camp seront placées sur le bord, et de préférence aux parties saillantes d’où l’on découvre le mieux la campagne et les pentes mêmes du plateau. On établit ordinairement une garde de camp par brigade ; cependant il pourrait y en avoir deux si la brigade était très-nombreuse ; il le faut pour les brigades des ailes qui ont à couvrir les flancs du camp.

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De peur de surprise , les gardes du camp construisent de petits ouvrages de fortification , à la faveur desquels ils peuvent repousser un houra de cavalerie, et même résister momentanément à des forces supérieures d’infanterie. Ces petits ouvrages seront construits très-lestement en mettant des travailleurs des deux côtés pour creuser un fossé en dehors et une tranchée en dedans, comme le montre le profil, fig. 2ÎK On donnera au parapet fm.SO seulement de hauteur et lm,00 d’épaisseur. La tranchée intérieure aura 1m,00 de largeur au fond, Om,oO de profondeur avec de petits talus sur les bords. C'est dans cette tranchée que les hommes se tiendront pour charger leurs armes. Le fossé aura 2m,00 de largeur en haut, lm,00 en bas avec la profondeur de lm,00. Une petite banquette intérieure, de 0m,2ü de hauteur et lm,00 de largeur, formera comme un degré pour tirer par dessus le parapet. Le terrain naturel sera le degré intermédiaire entre la tranchée et la banquette.

' Si l’on ne peut pas donner au profil exactement les formes prescrites, on se contentera de faire un bourrelet de terre de trois à quatre pieds de hauteur.

Quant à la forme du retranchement , elle se réduit à celle d’un simple redan, ou d’une lunette dont les faces et les flancs n’ont que la longueur voulue pour contenir la garde sous les armes. On compte un mètre de parapet par homme. L’ouvrage est fermé à la gorge par une petite tranchée et un bourrelet. On substituera quelquefois des abatis aux retranchements. Cela peut convenir dans les pays boisés.

La garde du camp reste au bivouac; on ne lui donne ni tente, ni baraque ; on lui fait seulement une feuillée pour sc garantir un peu de la pluie et du vent. Les hommes condamnés à la prison, ou détenus pour cause quelconque, sont confiés à la garde du camp. À cet effet, on dresse en arrière du retranchement le nombre de tentes nécessaires pour les recevoir.

La règle principale à suivre dans le tracé du camp, c’est

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que le front de bandière, ou, en d’autres termes, la ligne extérieure du camp, occupe la même étendue que la troupe en bataille ; et cela non-seulement pour les corps entiers, piais encore pour chaque subdivision en particulier, de telle sorte qu’un bataillon quelconque dans la ligne trouve en avant de ses logements l’espace nécessaire pour se déployer, ainsi que les intervalles qui le séparent des bataillons voisins. Il en est de même pour les escadrons de cavalerie , pour les compagnies de carabiniers, et même pour les batteries, quand elles sont placées en ligne, ce qui n’a pas toujours lieu. On est au contraire dans l’usage de faire camper l'artillerie derrière l’infanterie ; elle forme en quelque sorte un petit camp séparé.

Autant que possible , tout le camp pour l’infanterie et la cavalerie s’établit sur une seule ligne, la cavalerie aux ailes, l’infanterie au centre. Les tentes ou baraques sont alignées d’une extrémité du camp h l’autre , et présentent des rues bien dressées. Le chef peut ainsi, d’un coup d’œil, embrasser le camp dans toute son étendue ; cela contribue au maintien de l’ordre. II ne faudrait pourtant pas se jeter dans des basfonds ou sur des terrains peu propres au campement pour conserver cet alignement. 11 faut, au contraire, savoir plier le tracé d’un camp, comme un ordre de bataille , aux inégalités du terrain.

. Quand l’armée est formée sur deux lignes, il y a aussi deux camps, l’un devant l’autre. La réserve a son camp particulier. Les mêmes règles seront observées dans chacun de ces camps en particulier, comme s’il était seul.

Les Romains, si célèbres par leurs camps, se rangeaient dans un ordre tout différent : ils disposaient leurs tentes en carré plein et les divisaient par rues qui se croisaient à angles droits. C’est que la nature de leurs armes leur permettait de faire, en peu de temps, une enceinte suffisamment forte autour de ce camp, véritable image d’une forteresse, pour le préserver d’une irruption soudaine. Derrière un parapet de-

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quelques pieds de hauteur, couronné d'une palissade, iis étaient h l’abri des attaques de l'ennemi. Dès lors ils ont dû adopter cette manière de camper, qui. donnait à leurs retranchement^ le moins de développement; en sorte qu’en n’emplojant au travail qu’une faible portion de l’armée, et la relevant par intervalles, ils pouvaient, sans trop de fatigue, se fortifier chaque fois qu’ils prenaient un camp, et souvent chaque jour d’une marche. Ce travail, qui nous semble inoui, était rendu plus facile par l'usage de faire porter aux soldats deux ou trois pieux ou palissades, bien plus légères que les nôtres, et garnies, à une de leurs extrémités, de cordelettes ou de courroies pour les lier ensemble. Chaque soldat, plantant lui-même ses palissades, l’enceinte était faite en peu de temps. Il suffisait d’un fossé de cinq à six pieds de profondeur et d une banquette ou terrasse de quatre pieds de hauteur, sur laquelle les palissades étaient plantées joinlivement , pour avoir un retranchement à l’épreuve des armes dont on se servait alors. Il est à présumer que dans les camps de passage, les dimensions du fossé étaient encore réduites; trois à quatre pieds de profondeur devaient suffire. Le camp était-il de quelque durée, on approfondissait et rélargissait son fossé, en môme temps qu on donnait plus de relief à son rempart et qu’on doublait les palissades. On allait môme jusqu’à construire des tours en charpente pour flanquer les parapets, si l’on avait l’intention de se défendre dans le camp.

De nos jours, de semblables opérations sont impossibles, parce que pour faire des parapets à l’épreuve du canon et qui couvrent suffisamment, il y a à remuer de grandes quantités de terre; pour les armer de palissades il faut dépeupler les forêts. Que si on se contente de simples bourrelets de quelques pieds de hauteur , comme aux gardes du camp , qela ne sera d’aucune valeur contre une attaque sérieuse. On n(e se fortifie donc réellement que lorsqu’on doit rester longtemps dans un camp et qu’on en veut défendre la position. Alors on ne néglige, rien pour donner aux ouvrages toute la

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solidité possible, et il vaut mieux en faire peu et les faire bien, que d’en commencer une grande quantité pour ne faire que les ébaucher ou leur donner de mauvaises proportions. Gela ne fait que compromettre la troupe en lui inspirant une fausse confiance et en l'enchaînant h de mauvais parapets, qui ne la protégeront qu’imparfaitement.

Puis donc que nous ne pouvons pas fortifier nos camps à la manière des Romains, il ne nous est pas permis de nous agglomérer comme eux. 11 faut nous déployer dans l’ordre de bataille, pour qu’à la moindre alerte la troupe, en sortant de ses tentes, soit prête au combat. Il faut surtout se garder au loin pour empêcher toute surprise, et, enfin, choisir des positions fortes d’assiette, d'un abord difficile.

Dans un pays découvert et uni, la cavalerie campe, comme nous avons dit, aux ailes de l'infanterie, parce que c’est sa place de bataille ; mais dans les pays coupés, elle doit être couverte par l’infanterie, c’est-à-dire, qu’elle doit camper en seconde ligne. Les parcs d’artillerie s’établissent aussi en arrière, car rien n’est plus à redouter que la surprise d’un parc par le désordre épouvantable qui en résulte. Souvent, pour les mieux couvrir, devra-t-on faire camper des brigades sur les flancs et perpendiculairement à la ligne de bataille. C’est principalement lorsqu’on manque d’obstacles naturels pour appuyer les flancs, qu’il faut avoir recours à ce moyen ; on supplée par la disposition des troupes à la faiblesse de la position. Quelquefois même, si l’on est entouré d’ennemis et si. l’on a presque autant à craindre par derrière que de front, la seconde ligne devra-t-elle camper le dos tourné à la première, de manière qu’avec les troupes en potence sur les flancs, le camp offrira un vaste rectangle, dont chaque face sera en mesure de recevoir l’ennemi s’il se présente.

Passant maintenant aux détails du camp , nous donnerions les éléments sur lesquels est basé le calcul de son étendue : d’abord nous rappellerons que pour estimer l’étendue d’un' bataillon qui fixe celle du front de bandière, on compte un

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demi-mèlre pour chaque homme dans le rang; c’est un peu faible, mais on a ainsi égard h tous les hommes qui restent en serre-file. Supposons, par exemple, un bataillon de 690 hommes, formé sur trois rangs, chaque rang sera de 250 hommes (en supposant que les serre-files soient aussi dans le rang), lesquels, occupant chacun un demi-mètre, donneront un front de 115 mètres. Telle serait aussi l’étendue du front de bandière. II n'y aurait plus qu'à tenir compte de l’intervalle qu’on laisse entre les bataillons pour avoir l’espace total occupé dans la ligne par le camp du bataillon que nous avons pris pour exemple. Il n’est pas nécessaire d’une plus grande exactitude dans ce genre de calculs.

Pour l’escadron, on assigne un mètre par cavalier dans le rang, et, comme la cavalerie se forme toujours sur deux rangs, on a l’étendue du front en prenant la moitié du nombre des cavaliers. Les serre-files, qu’il faudrait défalquer du rang, sont pour l’intervalle entre les escadrons, lequel est toujours petit. Ainsi ou compterait que le camp d’un escadron de 120 chevaux aurait, y compris l’intervalle, 60 mètres d’étendue.

Actuellement les tentes de l’infanterie et de la cavalerie sont les mêmes; elles sont pour douze à seize fantassins, ou pour six à huit cavaliers : ces derniers, ayant à soigner sous la tente les harnais de leurs chevaux, ne peuvent pas y entrer en aussi grand nombre.

Les lentes, quand elles sont dressées, ont 4ra,00 de largeur et 6m,00 de longueur. Mais si l’on compte les cordes et les piquets de tension, les rigoles d’écoulement qui se pratiquent autour, et les petits intervalles qu’on laisse entre deux tentes voisines, on pourra, dans le calcul, estimer qu’une tente occupe, en tout, un espace rectangulaire de 6“,00 de large et 8m,00 de longueur ; ou, pour parler plus exactement, c’est l’espace qui est necessaire à son établissement. Voyez la figure 30e.

Les compagnies placent leurs lentes, moitié à droite, moitié •à gauche des rues du camp , de manière que les grands côtés

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des tentes, sur lesquels se trouvent les ouvertures ou portes, se regardent (figure 32*). Il y a donc autant de rues que de compagnies. Les tentes des compagnies contiguës sont adossées et ne laissent entre elles que des intervalles qui, d’après ce qui précède, n’ont que 2m,00 de largeur. De pareils intervalles subsistent entre les tentes d’une même file. C'est la zône d'un mètre de largeur, que nous avons assignée St chaque tente pour son établissement, qui pourvoit à ces intervalles, en sorte que nous en ferons abstraction dans les estimations qui vont suivre.

Si, en raison de la disposition que nous venons d’indiquer, les rues du camp restaient trop étroites, on mettrait toutes les tentes d’une compagnie sur une seule file; parce que le nombre des files, étant ainsi réduit de moitié, l’espace disponible, qui resterait pour les rues, serait doublé.

La limite qu’on assigne h la largeur des rues est de 6 mètres. C’est-à-dire, que si elles restent au-dessous de cela lorsqu’on campe par demi-compagnies, il faut avoir recours au moyen ci-dessus pour en augmenter la largeur. Les troupes, formées sur deux rangs, ne sont guère exposées à cet inconvénient, parce que leur front est ordinairement assez étendu pour laisser aux rues du camp une largeur convenable.

Pour la cavalerie, les rues ne doivent pas avoir moins de 12 mètres; parce que les chevaux, attachés à des piquets dans les rues, la tête tournée vers les tentes, occupent deux mètres et demi de chaque côté ; on laisse deux mètres d’intervalle (‘) entre les tentes et les piquets des chevaux, et enfin il en faut au moins trois, entre les croupes des chevaux, pour un passage dans le milieu de la rue ; ce qui fait 12 mètres en tout. Ainsi le minimum de largeur des rues de camp est, pour la cavalerie , double de ce qu’il est pour l’infanterie.

( 1 ) Ces intervalles ont réellement 2,™50 à 2™60, parcequ’ils sont accrus de tout ce qu’il y a de libre dans la zone d’un mètre, que nous laissons autour des lentes. Les piquets des tentes et les rigoles ne prennent guère que 0m 'lO à 0,n 30 de cette largeur. Le reste est pour la circulation.

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, En avant du; front de bandière, et à 10 mètres de distance, sont les faisceaux d’armes. C’est là qu'on plante le drapeau , au milieu de la ligne. A 12m en arrière des tentes des soldats, sont les cuisines, par demi-compagnies , dans l’alignement des tentes de ces demi-compagnies, et établiés parallèlement au " camp ; 15 mètres plus loin , sont les tentes du petit état-major, dans l’alignement de celle des soldats (le petit état-major comprend tous ceux qui figurent dans l’état-major des bataillons, et n'ont pas le rang d’officier; on y joint les musiciens, les vivandiers et les blanchisseuses); 15 mètres au delà, mesurés de tête à tête , sont les tentes des lieutenants et des sous-lieutenants; 15 mètres plus loin encore, sont celles des capitaines. Jusque-là toutes les tentes sont tournées comme celles des soldats , et alignées sur elles ; mais les tentes des capitaines doivent être tournées en face des rues, et placées dans le milieu , de manière à voir facilement ce qui s’y passe , et à les surveiller dans toute leur étendue.

Enfin , en arrière des tentes des capitaines , et toujours à 15 mètres de distance , sont les tentes de l’état-major faisant face au front de bandière , comme celles des capitaines.

Derrière toutes les lentes et dans l’endroit le plus propice, on place les charriots et les chevaux de balaillou , ainsi que les latrines des officiers. Les latrines des soldats sont, au contraire , placées en avant du front de bandière , aussi loin que possible, sans cependant dépasser les gardes du camp : on les entoure de feuillées, et on a soin de les construire dans les endroits les plus bas et les plus cachés.

Toutes les distances convenues se prennent très-promptement au moyen de deux cordeaux, l’un pour le front du camp et l’autrç pour sa profondeur , sur lesquels sont marqués, par des nœuds de différentes couleurs , les espaces occupés par les tentes et les rues. On donne à chaque bataillon ou escadron un cordeau de front et un cordeau de profondeur , au moyen desquels les officiers tracent eux-mêmes leurs camps particuliers sur les emplacements qui leur sont

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indiques par l’état-major. On y joint un cordeau de perpendiculaire , pour que le tracé des rues soit bien d'équerre sur le front de bandière. Ce cordeau est composé de quatre bouts liés ensemble et formant un triangle isocèle avec sa perpendiculaire (voyez la figure SI11"). Il y a une boucle à chaque angle et une au milieu de la base , pour en tendre les divesses parlfes. Lorsque la base du triangle est placée sur la ligne , la boucle du milieu sur le point , le sommet du triangle donne la direction de la perpendiculaire qui passera par ce point. La longueur des parties est ordinairement de 5 , 4 et 5 mètres. Dans ces proportions , l’usage du cordeau est très-commode.

Appliquons les données précédentes au calcul de l’espace qu’occuperait le camp d’un bataillon fédéral complet : sa force est de 750 hommes , non compris l’état-major ; la troupe étant formée sur deux rangs occuperait 188 mètres, et, ajoutant 42 mètres pour l’intervalle d’un bataillon h l’autre , nous trouvons 200 mètres pour l’étendue du front. Mais il se présente ici une difficulté , c’est que dans l’ordre de bataille la compagnie de chasseurs n’entre pas en ligne ; elle se place derrière une des ailes du bataillon. Ainsi donc , contradictoirement au principe , le front de bandière du camp n’est pas égal à celui du bataillon déployé ; il est d’environ 30 mètres plus grand. Cela serait sans inconvénient dans un camp d’exercice , mais il y en aurait beaucoup devant l’ennemi. Il faut donc réduire cet espace à 170 mètres. Et si l’on fait attention que le service et les maladies réduisent toujours notablement le nombre des soldats présents au camp (*), on verra que, même en prenant 20 mètres sur les 470 pour l’intervalle des bataillons , il restera encore assez de place devant les tentes pour recevoir le bataillon déployé, avec les chasseurs en ligne. Nous admettrons donc le chiffre ci-dessus, et nous prendrons

(') On évalue celte réduction à environ un cinquième. C’est pourquoi une tente qui réellement ne peut recevoir que douze hommes, compte pour quinze ou seize.

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20 mètres pour l’intervalle qu’il faut laisser entre la gauche d’un bataillon campé et la droite du suivant, et ISO mètres pour le front de bandière (-fig. 32e).

Maintenant le bataillon étant composé de six compagnies, pour chacune desquelles il faut deux files de tentes perpendiculaires au front de bandière , il y aura en tout douze files; et chacune de ces files occupant, d’après ce qui a été dit plus haut, un espace de 6 mètres , intervalle compris, cela fera 72 mètres à déduire de la longueur du front de bandière. Il restera donc 78 mètres pour les six rues; chacune de ces rues aura par conséquent 13 mètres , ce qui est bien au delà du nécessaire. On voit donc, qu’avec notre organisation fédérale, il n’y a point à craindre d’avoir des rues trop étroites. On pourrait même fixer l’étendue du front de bandière uniquement sur les compagnies qui entrent en ligne , en laissant les chasseurs se rassembler derrière , et avoir encore des rues d’une largeur suffisante. Quand on s’arrangerait ainsi , il faudrait établir une ligne particulière de faisceaux pour les chasseurs, soit en avant, soit en arrière des tentes. C’est à quoi l’on serait obligé si, comme il en est question, on donnait deux compagnies de chasseurs à chaque bataillon.

Quant à la profondeur du camp, elle résulte du nombre de tentes qu’il faut mettre à la file pour loger les demi-compagnies. Il'en faut huit pour 120 hommes, force normale de la compagnie d'infanterie. Cela fait donc quatre pour une demicompagnie , lesquelles à 8 mètres par tente , tout compris , exigent 32 mètres. Donc :

Profondeur pour les tentes des soldats, 52m

Distance des cuisines aux dernières tentes , 12

Distance des lentes du petit état-major aux cuisines , 13 Distance des tentes des lieutenants aux précédentes , 13 Distance des tentes des capitaines aux précédentes , 15 Distance des tentes du graud état-major aux précéd. 15 Largeur de la dernière file de lentes , 6

lier

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Ainsi l’espace occupé par les tentes d’un bataillon fédéral , campé régulièrement, est un rectangle de 150 mètres de front et HO mètres de profondeur.

Mais si l’on veut évaluer l’espace qu’il faut encore en avant et en arrière des tentes , on aura à réunir les quantités suivantes :

Distance des faisceaux d’armes en avant des tentes , 10m

Distance des gardes du camp en avant des faisceaux , 150

Distance des latrines d’officiers en arrière du grand état-major, au moins, 30

' ti,

A quoi ajoutant l’espace occupé par les tentes et trouvé cidessus égal h 1 10 mètres , nous aurons 500 mètres pour la totalité de l’espace nécessaire en profondeur, pour camper l’infanterie. Elle serait gênée sur un plateau qui aurait moins que cela.

Quand la profondeur manque , on peut resserrer les intervalles des tentes d'officiers , les réduire, par exemple, à 10 mètres, au lieu de 15; on peut faire entrer les tentes des capitaines dans la ligne des lieutenants ; on peut même , en cas d'absolue nécessité , réunir les cuisines dans l’intervalle des bataillons, et mettre les tentes du petit étatmajor sur leur emplacement.

Nous avons dit que l’intervalle des bataillons serait de 20 mètres dans un campement fédéral. Le double est nécessaire entre deux brigades. On met ordinairement 50 mètres d’intervalle entre la cavalerie des ailes et l’infanterie.

Il faut remarquer ici que, lorsque les camps de deux troupes voisines font entre eux un angle , on doit augmenter l’intervalle ordinaire , pour que les tentes de la queue du camp ne viennent pas se confondre. Si l’angle est rentrant, cette précaution n’est plus nécessaire; on peut, au contraire,

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dans ce cas , resserrer l'intervalle quand les localités l’exigent.

La police du camp est confiée à une garde particulière qui bivouaque, comme la garde du camp. Elle est établie dans l’intérieur, à la hauteur des cuisines, et vis-à-vis les intervalles des bataillons , ses armes contre un chevalet. On construit une feuillée pour son bivouac. Il n’y a qu’une seule garde de police par brigade (*).

Les camps de la cavalerie sont disposés comme ceux de l’infanterie , avec cette seule différence que , dans le sens de la profondeur, on laisse entre les tentes des intervalles de 4 mètres pour le fourrage. Ainsi , il faut 12 mètres en profondeur pour chaque tente de cavalerie. On ajoute une tente surnuméraire, dans chaque file, pour séparer les fourrages des cuisines , et l’on y loge les ouvriers , les cantiniers , les conducteurs de charriols. Les chevaux sont attachés à des piquets plantés à 2 mètres des lentes , et liés entre eux par une corde. On laisse une ouverture devant chaque intervalle de tentes, pour arriver de la rue centrale aux dépôts de fourrages cl aux tentes. Voyez la figure 33e, dans laquelle les petits rectangles ponctués indiquent les espaces occupés par les chevaux.

Le feu étant plus à craindre que dans un camp d’infanterie , od sépare davantage les cuisines des dernières tentes : on les met à 20 mètres. Il n’y a pas de tentes de petit état-major. Les tentes des lieutenants sont à 20 mètres des cuisines; celles des capitaines à 20 mètres de celles des lieutenants. Il n’y a pas, dans l’armée fédérale, de colonels de cavalerie ; c’est le

( * ) La garde de police peut aussi s’établir dans le milieu du camp du bataillon, entre les cuisines et les tentes des lieutenants. Le petit état-major n’ayant pas besoin de plus de six tentes, il reste une place vide au milieu du camp qui peut être utilisée ainsi. Cela convient surtout quand le nombre des bataillons de la brigade est impair, pareequ’ainsi la garde de police se trouve au centre. L’interlervalledes bataillons est dégagé; ce qui vaut mieux.

Batterie voisine

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plus ancien capitaine qui est chef de l’escadron ; en conséquence il n'y a pas d’autre ligne de tentes.

L’escadron fédéral est composé de deux compagnies, chacune de 60 chevaux , officiers non compris ; il occupe donc 60 mètres, à raison d’un mètre par cavalier. Telle sera donc aussi l’étendue, en front de bandière, du camp de l’ escadron. Les deux compagnies camperont sur quatre files, formant deux rues. Les tentes prendront 24 mètres sur le front; et si nous en mettons 4 pour l’intervalle des escadrons (*) , il en restera 32 pour les deux rues, ou 16 pour chacune d’elles; largeur bien convenable. Cette largeur se rétrécit pour des escadrons moins nombreux. Si elle arrivait à la limite de 12 mètres que nous leur avons assignée , ou restait au dessous , il faudrait n’avoir que deux files de tentes, et pour cela camper par compagnies entières. • i

Dix tentes sont nécessaires à chaque compagnie , non compris celles des officiers ; savoir , huit pour les cavaliers , h raison de 7 h 8 hommes par lente, et deux pour les ouvriers, les conducteurs , etc. Cela fera donc cinq tentes en profondeur , dont quatre h 12 mètres et une à 8 mètres , en tout 56 mètres , et l’on aura , si l’on veut évaluer la profondeur du camp , les quantités suivantes :

Espace occupé par les tentes des cavaliers, 36“

Distance des cuisines aux dernières tentes V 20

Distance des tentes des lieutenants aux cuisines , 20

Distance des tentes des capitaines aux précédentes , 20

Largeur de la dernière file de tentes , 6

L’espace occupé uniquement par les tentes d’un escadron de cavalerie fédérale est donc un rectangle de 36 mètres de front et de 122 mètres de profondeur.

(*) C’est que les 60m comprennent cet intervalle, attendu que les serre-files sont à déduire du front de l’escadron compté pour soixante chevaux.

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La cavalerie établit, comme l'infanterie, ses faisceaux d’armes à 10 mètres en avant du front de bandière. II lui faut aussi un espace de 150 mètres jusqu’aux gardes du camp, surle front et sur les côtés. En sorte que le plateau sur lequel elle campe ne doit pas avoir moins de 500 mètres de largeur, pour qu’elle y soit convenablement. Il en est de même pour l’infanterie.

Les camps de l’artillerie s’établissent de préférence en seconde ligne. On les dispose de manière à former une enceinte dans laquelle les pièces, les caissons et les autres voitures qui marchent avec les batteries, puissent être parqués. Les instructions n’ont rien de bien pr écis à ce sujet ; elles laissent beaucoup de latitude pour l’arrangement à adopter ; elles s’accordent cependant sur un point , c’est que , chaque camp partiel, pour une batterie, doitoffrir trois divisions distinctes. Les denx premières , à droite et à gauche du parc, sont pour les soldats du train ou canonniers conducteurs. La troisième division , placée en avant ou en arrière du parc, est destinée aux canonniers servants. Les tentes des officiers sont avec celte division. Les cuisines sont en amère du tout pour les tenir éloignées des poudres et des fourrages. Par cette disposition , les pièces et les caissons sont sous une bonne surveillance.

Appliquons ces règles à une batterie fédérale de pièces de 12, servie par une compagnie d’artillerie , et composée comme Suit O :

Officiers et un chirurgien ,

Vétérinaire ,

Ouvriers , maréchaux et selliers ,

Trompettes ,

Sous-officiers et soldats d’artillerie ,

Canonniers conducteurs ,

Total des hommes , 157

(’) Il n’y aura d’autre différence pour une batterie d’un autre calibre que dans le nombre des hommes et des ehevaux qui sera un peu moins considérable ; la forme du camp restera la même.

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Chevaux de selle pour officiers , 5

id. • pour le vétérinaire et les sous-officiers , 8

id. pour les trompettes , 5

Chevaux de trait, 92

Total des chevaux , 108

On voit de suite , d’après cette composition , qu’il doit y avoir quelques modifications à apporter aux règles de campement de l’infanterie et de la cavalerie, pour les appliquer à l’artillerie.

1°. Le nombre des chevaux étant très-considérable par rapport h celui des conducteurs , il faut espacer les tentes , perpendiculairement au front de bandrère , plus qu’on ne le fait dans la cavalerie , afin d’avoir de la place pour les fourrages et pour les chevaux aux piquets. 2° Les canonniers conducteurs , ayant à soigner des harnais bien plus embarrassants quê l’équipage ordinaire du cavalier, ne peuvent pas être aussi nombreux dans chaque tente. 5° Les sous-officiers et les trompettes étant montés , et ayant aussi à soigner des équipages de cheval, on lie peut pas non plus compter qu’une tente serve h quinze ou seize hommes, comme dans l’infanterie

Voici comment on pourrait fixer ces éléments : l'intervalle entre les tentes du train serait proportionné au nombre de chevaux, en comptant im,50 par cheval aux piquets, c'est-àdire que s’il y a , par exemple , dix chevaux affectés à une tente , il faudra prendre pour chaque tente quinze mètres dans la ligne perpendiculaire au front de bandière. On logerait par tente 6 canonniers-conducteurs , ou 10 artilleurs. Cette réduction dans le nombre des hommes sous la même lente est d’autant plus nécessaire , que l’artillerie n’est pas , comme les autres armes , appelée à un service extérieur des gardes , et que par conséquent le nombre d’hommes dans les tentes est presque toujours à peu près au complet.

On voit, d’après cela , qu’il faudra 8 tentes pour le train

BU REPOS BES TROUPES

et autant pour les canonniers-servants ; à quoi nous ajouterons une tente pour le vétérinaire et les deux maréchaux , une autre pour les selliers et les trompettes, et enfin 3 pour les officiers. Cela fera en tout 21 tentes pour la compagnie entière, selon l’effectif que nous avons admis.

La chose essentielle est l’arrangement du parc : il faut sacrifier toute autre convenance à sa commodité et à sa sûreté. Il doit être encadré, de droite et de gauche, par les écuries , et ouvert en avant et en arrière , pour que les voitures puissent y entrer aisément et en sortir de même.

Les voilures, rangées sur quatre de front, les canons en première ligne , les caissons ensuite , et après, les autres voitures, occuperont une largeur de 14 mètres; un passage entre les tentes et les voilures est nécessaire de chaque côté pour isoler, autant que possible, les caissons et faciliter les communications; chacun de cès passages aura 8 mètres. Cela fera 30 mètres pour le parc. Nous prendrons autant pour chaque écurie ou fraction de camp destinée aux canonniersconducteurs et aux chevaux , savoir : pour les deux files de tentes, rigoles comprises, 12 mètres ; pour deux passages entre les tentes Ct les piquets des chevaux , 4 mètres; pour la rue où sont les chevaux , 14 mètres ; total , 30 mètres. Ainsi les deux écuries et le parc occuperont 90 mètres sur le front de bandière , les trois subdivisions étant égales entre elles (voyez la figure 34*). Et si l'on se rappelle qu’une batterie déployée occupe en bataille 60 mètres , on verra que le principe d’égalité entre le front de bandière d’un camp et celui de la troupe déployée, n'est pas appliqué ici. Mais il y a peu d’inconvénient , parce que l’artillerie, ainsi que nous l’avons dit plus haut , campe derrière l’infanterie , et est par conséquent protégée par celle-ci contre les attaques inopinées de l’ennemi. De sa position retirée elle peut se porter partout où sa présence est nécessaire.

Nous avons le front du camp d’une batterie ; il est de 90 mètres-, et le même pour les batteries fédérales de tous les

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