HUITIÈME LEÇON
Méthode respiratoire. — Inhalatiom. — Fumigmtioiit.
Fumijjations. — Leur ori^çim^ — Inhalalioin olfactives : rdlc de I*eau dan Ic^ fumigalioiis. — Hiimiiiité i\v. raliiia»phèro. — Le téUnos ; inhiUlÏM» éiiioUieiiUîs. — Iiilialatiotifl «reuux uiiuéralet: inlmlatîont Milftireuei. iMNMlurlioii de.H (?aiix Milfiirousfs. — L(;s sulfuraircs. Inlialaliolis d« vapoiirs s(tIh's : rainphre, goudron, cMencn de térébeotliiae. — Ëucalyptas, cigarcttos <1a tlatura, d« belladone. d« papier Ditré« mh»lalioiis d'opium.
IiilialalioiiK d'arid(> carbonique, d'azole, d'air coiiipriiii<^, troxygèoe.
Messieurs,
On trouve çà et là dans les auteurs la preuve qu*M t utilisé dès la plus haute antiquité les vapeurs, et en partieulier la vapeur d'eau. Car enfin les bains de vapeur sont des lien confinés dans lesquels on est soumis à une haute tempe» rature et aux inhalations de vapeur d'eau.
Les fumigations ont été faites de toute antiquité avec des substances aromatiques. La tradition s'en est conservée, et Tusage de briller rencens dans les cérémonies religieiis6 n'a pas d'autre origine.
Pourquoi le mot fumigation? C'est celui qui est resté le plus longtemps en usage, il n'a été remplacé que depuis l'anestliésic. C'est parce que les anciens n'employaient pas de vapeurs invisibles, de gaz proprement dits, mais de la vapeur d'eau, présentant une sorte de buée, se condensant et le manifestant par quelque chose de nuageux, et des mpeon sèches qui donnaient toujours un peu de fumée. Yoilipowquoi on a appelé ces procédés des fumigations.
INBILATIOKS OLPICTITES. US
Ce mot est encore appliqué à une foule de circonstances où des substances médicamenteuses peuvent ôli-e inlroduites dans les voies respiratoires; mais en général cependant on ré:^er%-e le nom de rumigations & l'emploi externe de vapeurs médicamenteuses.
Tantôt ce sont des vapeurs sèches, comme par exemple les bains aromatiques, tels que ceux qui sont administrés par M. Chevandier de la Drôme. On Tait aussi des fumigations arsenicales, d'autres sont faites avec le sulfure de mercure. Elles sont destinées à agir sur la peau. Mais ce n'est pas surtout {tour l'absorption qu'on les emploie, nous verrons plus tard ce qu'elles valent.
On emploie aussi des fumigations humides, on les emploie par exemple sur le pndendnm, chez les hémorroîdaires, qui sont exposés k des coi^estions, et aussi chez les jeunes filles dont les r^les ne viennent pas bien.
Xous devODs surtout nous occuper de ccifes qui méritent le nom d'inhalations. Dès 1819, un médecin du nom de Rapou a fait un long travail pour démontrer l'importance de cette médication; elle a été appelée atmidatrique et aussi eispnoïque, c'est-à-dire médication respiratoire. En effet, cette méthode a des avantages considérables. Elle ne peut pas être généralisée, mais vous savei quelle importance elle a prise depuis l'emploi de la méthode anesihésique. Depuis aussi qu'un médecin français a employé la pulvérisation, cette méthode i acquis une importance nouvelle.
<Je vais vous parler des inhalatio.ns de vapeurs humides ou sèches, et j'assimilerai à celles-ci Les inlialatioBs de gaz.
]e ne vous dirai rien de ces inhalatioi des olfacUom. On fait respirer à des gtiï trouver rail des substances excerf
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muqueuse de Schneider, comme Talcali volatil, le vinaigre. Mais ceci n'a pas d'importance, ce n'est pas là un moyen d'introduire des médicaments dans l'économie. On a introduit de la vapeur d'eau; elle n'est pas en général simple, el cependant quand des sujets sont plongés dans cette atmosphère d'un bain de vapeur, ils inhalent une grande quantité d'eau. Et à vrai dire, dans un grand nombre de circonstances, c'est surtout l'eau qui agit, bien plus que les substances qu'on y ajoute. Mais enfin on n'a pas l'habitude de faire inhaler de l'eau, et pourtant il y a des circonstances dans lesquelles vous recommandez des procédés qui servent à cette inhalation. Lorsque vous avez affaire à des gens qui présentent des troubles considérables du système nerveux, dans les pays chauds, par exemple dans les régions intertropîcales où l'humidité est telle que l'hygromètre marque 80 ou 90, on respire de la vapeur d'eau, mais dans les régions chaudes non tropicales, dans le sud de l'Europe, de la France, il va des affections du système nerveux qui sont évidemment accrues par la sécheresse de l'air.
Quand j'étais au grand hôpital de Milan, pour mon compte, ayant été blessé, j'avais été placé dans une salle que longeait un petit lac. Les chirurgiens me félicitèrent d'y avoir été transporté, parce que là il n'y avait jamais de tétanos. Si bien que l'observation en ayant été faite de très longue date, les chirurgiens avaient l'habitude de faire transporter dans cette salle les blessures qui, atteignant les mains et les membres, étaient de nalure à déterminer le tétanos. Ils avaient même soin de placer sous les lits des plats de terre avec de l'eau qui fournissait ainsi des vapeurs plus ou moins abondantes. C'est là un procédé qui peut être utile et que j'ai eu occasion de recommander dans le traitement du tétanos.
Leçon.] INHALATIONS £M0LLIENT£S. 117
mais ce ne sont pas là des choses essentielles et qui nous intéressent d'une manière générale.
J'arrive aux inhalations de vapeurs d'eau chargée de différents principes. Souvent on ajoute à l'eau des herbes qui ont des qualités diverses ; tantôt ce sont des herbes * émolUentes, tantôt des herbes plus ou moins parfumées, comme le tilleul; tantôt elles sont chargées de substances narcotiques, comme la belladone, la morelle, le datura. Ces inhalations de vapeurs d'eau chargée de principes divers empruntent leurs qualités à l'eau d'abord, car je vous ai dit que c'était là leur principale source, mais aussi aux substances ajoutées à l'eau.
Quand on se sert d'herbes émollientes, c'est surtout l'eau qui agit; il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit du tilleul, de la feuille d'oranger, des herbes aromatiques de la famille des ombellifères et des labiées; elles sont antispasmodiques. A plus forte raison quand il s'agit de la belladone, du datura, du pavot, puisqu'ils contiennent des principes qui peuvent être entraînés.
On a souvent besoin, dans la médecine populaire, de faire inhaler de ces vapeurs fournies par des liquides plus ou moins calmants,.et on aurait tort de négliger ce moyen. Par exemple, lorsque l'on a affaire à de la trachéo-bronchite dans la période initiale, surtout alors que les surfaces muqueuses sont extrêmement arides, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas encore ce phénomène critique de la sécrétion exagérée, c'est un bon moyen de faire respirer des vapeurs d'eau chargées de principes plus ou moins narcotiques, comme la belladone.
Il y a beaucoup d'autres circonstances dans lesquelles ce moyen peut être utile aussi : au début de la bronchite intense, rien ne calme tant que ces inhalations faites d'une manière
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bien simple : dans un vase plus ou moins large on verse de Teau chaude sur une quantité plus ou moins considérable d'herbes aromatiques, et avec une serviette jetée sur la tête on fait une atmosphère confinée dans laquelle on respire.
Les inhalations de vapeurs d'eau chargée de principes minéraux ont une importance qui s'accroît de jour en jour, au fur et à mesure que Ton comprend mieux les inhalations d'eaux minérales. Ce sont surtout les eaux sulfureuses, qui laissent dégager de l'hydrogène sulfuré, qui ont été employées pour les inhalations.
Hais à la rigtieur, on pourrait aussi inhaler les vapeurs d'eau hydro-arséniée, parce que les eaux arsenicales peuvent dégager de l'hydrogène arsénié. Lorsque l'eau séjourne longtemps au contact des substances organiques, on voit se dégager une odeur qui rappelle les odeurs alliacées ; je n'ignore pas que l'odeur d'ail existe quand l'arsenic brûle, et par conséquent j'admets d'avance qu'il brûle au contact de ratmosplièrc. Beaucoup de femmes, qui ont l'odorat plus fin que nous, m'ont dit qu'elles avaient plusieurs fois constaté cette odeur alliacée dans les lieux où les eaux arsenicales avaient été conservées.
Mais en général ce sont les eaux sulfureuses qui servent aux inhalations. Ces inhalations ont été faites de tout temps, mais c'est dès 1800, et dans une petite localité d'Allemagne, qu'elles ont é!é établies d'une manière régulière. Depuis lors on a établi partout des salles d'inhalation.
Il y a ici un certain intérêt historique et pratique à vous faire remarquer que, autrefois, il y avait un grand nombre d'eaux minérales qui dégagaient de l'hydrogène sulfuré et qui sont données dans les vieux livres comme des eaux sulfureuses et hépatiques (on appelait foie de soufre le polysul-
Leçon.] INHALATIONS 8ULFURBUâC8. 1i«
fure de potassium). Elles ne sont pins hépatiques aiijourd*h«i^ Est-ce que par hasard la géologie aurait changé? Pas le moins du monde, cela tient à une particularité intéressante. Lorsque les eaux n'étaient pas captées, lorsqu'elles étaient retenues dans des réservoirs naturels, dans lesquels existaient des quantités plus ou moins considérables de matières orga-» niques, ces eaux devenaient sulfureuses. C'est ainsi que Louesch, qui, peut-être, a dû sa première réputation à ce que les eaux étaient sulfureuses, en possède maintenant qui n'exhalent plus la moindre odeur de soufre, précisément parce qu'elles sont captées, nettoyées, et qu'il en résulte qu'elles ne s'altèrent plus.
Quelle est donc l'altération qui donne lieu à l'hydrogène sulfuré ? Il y a longtemps que l'on a établi le fait, et Fontan, qui classe les eaux sulfureuses en deux catégories : les eaux sulfureuses naturelles et les eaux sulfureuses aeci* dentellesy a donné le mécanisme par lequel se produit cette sulfurât ion. Les matières organiques au contact des sulfates et du sulfate de chaux en particulier, déterminent la réduc-* tion de ce sulfate, qui passe à l'état de sulfure de calcium, lequel émet constamment de l'hydrogène sulfuré.
Voilà quelle était la théorie qui présentait cependant quelques petites diflicultés : on se demandait conunent des matières composées d'eau et de charbon, qui laissent du charbon pour résidu, pouvaient être aussi réductrices.
Eh bien, il a été introduit, l'an dernier, dans la science un &it nouveau des plus curieux et qui change complètement la physionomie de cette métamorphose.
M. Plauchud, étudiant les eaux sulfureuses du midi de fai France, eut l'idée d'examiner au microscope les productions organisées vivant dans ces eaux ; il s'aperçut quHl avait beau
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lavor ces substances, qu'il voulait étudier du jour au leodemain, elles exhalaient la même odeur sulfurée. Il lava ces substances avec de l'eau distillée, et il s'aperçut que celte fols-ci l'odeur avait disparu. Il se demanda si ce n*clait pas quelque chose qui accompagnait les eaux ordinaires qui déterminait cette décomposition. Enfin, il finit par arriveri ce résultat que ces substances organisées vivantes, mises dans une dissolution de sulfate de chaux, déterminaienl instantanément le développement de l'hydrogène sulfuré. En d'autres termes, c'est une fermentation dont le ferment est une sorte d'algue qui se trouve dans toutes les eaui qui subissent la modification sulfurée et qui se trouve dans les bouteilles d'eaux minérales non sulfureuses, quand elles sentent les œufs pourris. Ainsi, dans tous les cas où de l'eau de Spa sent le soufre, il y a dans son sein des spores Aft ces plantes qui ont décomposé les sulfates et donnent naissance & de l'hydrogène sulfuré.
M. Plauchud a étiibli une théorie nouvelle des eaux minérales sur ce fait, et suivant lui, c'est toujours cette algue qui donnerait lieu à Thydrogùne sulfuré. Comme le fait est très curieux et très intéressant, je tiens à vous mettre au cou* rant de la question.
Il y a à faire à la théorie Plau(*hud une objection, c'est que les eaux sulfureuses des Pyi'énées sourdent à une température tellement élevée, que cette température est incompatible avec le développement de ce qu'on appeUeli sulfuraire; elle n'existe jamais dans des eaux extrêmement chaudes, et cependant celles-ci, quand elles sourdent, ont l'odeur sulfureuse. Il est donc impossible de mettre icisor le compte de la sulfuraire le développement de cette odeur.
J'ai eu l'occasion de iaire autrefois, en 1863, des expé-
Leçon.] t£S SULFURAIRES. 121
riences que je considère comme très intéressâmes. C'était à Cauterets, à une époque où la source des eaux n'était pas captée. Je fis des expériences thermométriques et microscopiques pour établir la relation qui existait entre les espèces végétales et la température. Voici ce qui se passait alors. Au moment de l'émergence, au sortir d'un canal de deux kilomètres, elle avait perdu deux ou trois degrés de sa température; elle n'avait plus que+ 50*, il n'y avait eu aucune sulfuraire; un peu plus bas vivaient des productions diverses; plus bas, lorsque la température était tombée à -f- 40** ou +42 centigr. apparaissait la sulfuraire. C'était si bien cette température qui était indispensable à la naissance de cette espèce botanique le Leptomitus sulfuraria, que sur un des côtés, où venait se réunir un ruisseau qui abaissait la température de ce point, la sulfuraire s'y montrait, alors qu'un ou deux mètres plus haut, la sulfuraire n'existait pas; il suffirait que la température descendit à -\- 40". Aussi vous le voyez à la source même (-f- 50*) rien; là où il n'y avait plus que -|- ^7* déjà des êtres vivants qui révélaient des formes variées, suivant que la température allait s'abaissant.
11 est donc évident que ce n'est pas au Leptomitus sutfurartUy qui ne se montre qu'à un certain nombre de mètres de dislance de l'origine de l'eau minérale, qu'on doit rapporter la formation de l'hydrogène sulfuré.
La sulfuraire se trouve dans toutes les eaux sulfureuses. Elle prend l'aspect blanc lorsqu'elle est incrustée de cristaux de soufre. La sulfuraria ne peut donc rendre compte du développement de l'hydrogène sulfuré, puisqu'elle n'est pas née alors que l'eau sulfureuse existe déjà.
Mais si toutes les eaux sulfureuses ne doivent pas leurs
lia MÉTHODE RESPIRATOIRE. — INHALATIOIIS. [HoiUèae
qualités à la fermentation particulière des sulfates sous Tinfluence d'une espèce botanique, le fait n'en est pas moins intéressant, et il semble démontré pour les eaux sulHireuses accidentelles. Par conséquent il faut attacher à cette décou* verte une importance réelle.
Quoi qu'il en soit, les eaux sulfurées sodiques étant plus stables que les autres, sont préférables pour l'estomac; ce sont les eaux sulfurées froides, calciques qui sont surtout bonnes pour les inhalations, car elles laissent dégager plus d'hydrogène sulfuré.
Par ce procédé ces eaux ont des qualités très réelles, elles servent à calmer : lorsque vous avez affaire à de l'éréthisme des voies respiratoires, dans le cours des affections chroniques de ces mêmes organes, elles sont excellentes. Il y a aussi dans ces mêmes eaux des substances en suspen&ion qui sont enti^ainées, bien qu'elles ne soient pas volatiles, en même temps que la vaporisation se produit, et surtout s'il j a dégagement de gaz; car il se produit alors une sorte d'ébullition qui divise la matière solide et en projette les particules qui viennent dans T atmosphère. Aussi on a constaté, par des observations chimiques, dans les salles d'inhalation des eaux minérales, qui ne renferment, en fait de substances volatiles, que de l'acide carbonique, commeàRoyat, qu'il y t répandus dans l'atmosphère des sels fixes de l'eau employée. Ajoutons ccpcndani que ces sels se trouvent entrés minime proportion, et que toutes les fois que de l'eau se divise d'une manière plus ou moins fine, comme sous rinflueaci de ces projections, il y a toujours une grande quantité de vapeur formée, laquelle ne renferme presque plus de pi» cipcs fixes.
Quoique ce ne soient pas là des faits d'une grandi in^ptr-
LaçoQ.! i:(HALATION PE VAPEGRS SËf.BES. 13S
tance au point de ^tie pratique, je devais vous les signaler, parce que lorsqu'il s'a^iil d'eau?( minérales renfermant- de Far^éniale de soude, on peut en rencontrer dans l'almosphère une proportion sufBsante, poar qu'elle exerce une artion sensible sur l'économie.
J'arrive aux inhalations de vapeurs sèches. Elles sont très nombreuses. Par exemple, vous connaissez tous l'usage que Raspail a fait faire du camphre sous forme d'inhalations dans (les tuties représentés par une plume d'oie. Il fut nn temps où tout le monde en arait. Ce n'est pas un moyen universel de guérison, mais il peut avoir quelque utilité, non pas qu'il mette à l'abri du choléra, mais il calme les voies respiratoires.
Le goudron est d'nn usage bien plus habituel et il y a une foule de sujets chex lesquels ses vapeurs produisent des effets très utiles : soit qu'on mette un vase rempli de goudron sous les pieds do lit, soiL qu'on se serve de ces appareîb appelés goudronnières, soit encore qu'on utilise des tubes très commodes et qne je vous recommande par-dessus tout, ils ont été inventés par un pharmacien du Gers, qui a passé sa vie i cherdier les meilleures préparions de goudron, et qui est arrivé 4 des résulta remarquables. Il fait des sortes de cigares renfermant les piincipes aromatiques du goudron en telle proportion, qu'il suffit de les humer pour se sentir imprégné de goudron. C'est donc là un moyen très commode de dissimuler les besoins que l'on en peut avoir, et de pins ils permeUent k yoaepsde.
NoDS avons aussi les iol>;LUUoas de |lriiKà|W» .{bu ou moins analogues: d'esstncede tértieuU cipes aromatiqoes dégagés par det^ eaij/ptma. Ce soBt 1& des i
lii MÉTHODE RESPIRATOIRE. — INHALATIONS. [Haitièae
malades bénéficient. Naturellement, il ne faut pas que ces rameaux soient trop abondants : vous en comprcDez les inconvénients; car, je vous Tai déjà dit, toutes les vapeurs aromatiques sont anesthésiques, tous les hydrogènes carlK)nés produisent des eiïels non pas identiques, mai» analogues, tellement que l'inhalation prolongée de l*odear d'essence de térébenthine peut donner lieu à des accidenli comparables à ceux d'un empoisonnement. Par conséquent, il est clair qu'il ne faut pas, sous le prétexte de diminuer ni catarrhe bronchique, donner lieu à des faits d^em[K>isonnement; mais quelques branches de pin, d'eucalyptus dans une chambre, cela peut être utile.
Il y a des climats ou ces odeurs rendent des services. Ainsi A rcachon doit beaucoup aux forêts de pins, qui sont à la portée de tous les habitants temporaires de ceUe localité, où l'on va inhaler ces vapeurs d'essence de térébenthine.
On emploie aussi la fumée fournie par la combustion de plantes plus ou moins narcotiques. C'est ici qu'il Ciut voos parler de ce que vous connaissez tous sous le nom de cigarettes de datum^ de belladone. Il y a aussi des cigarettes d'ordre composé. Mais il faut d'abord savoir si ces cigarettes peuvent exhaler des substances actives ou si ces substances ne seraient pas par hasard bi^ulées instantanément. Eh bien, quand il s'agit de cigarettes de datura ou de belladone, il étiit évident par avance qu'il devait se trouver dans la fumée de ces substances des alcaloïdes capables d'agir, attendu que ces alcaloïdes sont volatiles. Qu'une partie soit détruite, je l'accorde, mais une autre partie devait échapper el le volatiliser. En eiïet, la volatilisation porte sur une asses forte proportion des principes actifs pour qu'il en résulte des pbé-
Leçon.] INHALATIONS D'OPIUM. 125
nomën*îs assez marqués. Vous savez que ce moyen est très usité dans la cure de Faslhme.
On peut aussi, dans les mêmes cas, employer les produits gazeux qui résultent de la combustion du papier niiré. On pourrait également employer Tamadou imprégné de nitre. Nicolas Presi a le premier employé du papier imprégné de nitrate de potasse qu'il faisait brûler sous le nez des gens asthmatiques. Ce moyen réussit souvent dans les cas où les cigarettes de datura échouent. Il est par conséquent bon à retenir.
Mais qu'est-ce qui agit dans ce cas? car on peut se dedemander comment du nitrate de potasse qui brûle peut avoir une action quelconque. Est-ce Tacide carbonique ? estce le protoxyde d'azote? est-ce l'oxygène qui est actif? 11 est probable qu'il y a un peu de tout cela, mais que c'est l'oxygène et le protoxyde d'azote qui amènent les phénomènes marqués par la cessation de l'accès.
Il y a des inhalations beaucoup plus usitées surtout dans certaines régions de l'Orient, ce sont les inhalations d'opium. Vous savez combien l'usage de la fumée d'opium s'est répandu en Chine et en Orient et quelles circonstances d'origine mercantile ont poussé à cette consommation. Il s'est trouvé un médecin français qui a eu l'idée d'utiliser ce procédé. M. Armand a fait construire pour cela une espèce de colonne ressemblant à une pipe, dont le fourneau de forme globuleuse est fait de terre poreuse. Sur ce fourneau on fait brûler de l'extrait d'opium et on aspire la fumée par le tuyau. Ces inhalations peuvent avoir leur utilité dans plusieurs circonstances, en raison de la rapidité avec laquelle se produisent les effets anesthésiques. Dans des cas de dyspnée intense j'ai vu se produire un calme pour ainsi dire subit.
l26 MÉTHODE RESPIRATOIRE. — INHALATIONS. [Hoilitec
L'inhalation de trois ou quatre bouffées de cette fumée qui comprend presque tous les alcaloïdes de ropium et surtout beaucoup de morphine, comme Ta montré Réveil, suffit a produire des effets considérables, et, en général, assez marqués pour amener le narcotisme des premières ?oies.
Je ne voudrais pas soutenir que ce procédé fût très facile à manier; mais il était nécessaire de vous en parler pour vous faire comprendre que la combustion ne détruit pas les alcaloïdes, et que même les choses nuisibles peuvent servir au bien lorsqu'on les emploie d'une certaine façon.
J'arrive maintenant à vous dire un mot de l'emploi de ces vapeurs d'hydrogènes carbonés, plus ou moins modifiées, qui constituent les anesthésiques proprement dits, auxquels se joint le protoxyde d'azote.
Je ne fais que vous indiquer ces inhalations que nous connaissez tous parfaitement. Il y a des inhalations de gaz proprement dits qui sont aussi fréquemment usités : le gaz carboniquej Vaxote^ Vair comprimé, V oxygène. Il y a un grand nombre de sources qui dégagent une quantité énorme de gaz et qui sont toujours bouillonnantes, tellement qu'à distance il semblerait qu'elles fussent chaudes. Parmi ces sources il y en a beaucoup qui doivent ce caractère d'ébullition constante au dégagement d'acide carbonique (Vichy, Vais). Un grand nombre de sources étrangères (Kissingen) sont dans le même cas. On a employé cet acide non seulement pour faire des sortes de bains plus ou moins circonscrits, dans lesquels la tête reste au dehors, mais aussi pour foires des inhalations. Elles calment certains cas d'éréthisme des voies respiratoires. Mais l'acide carbonique n'a pas répondu aux idées qu'on s'était faites; c'est un mauvais anesthésique. Du reste les applications externes qu'on en
Leçon.] INHALATIONS D'AZOTE. 127
a faites n'ont pas toute la valeur qu'on leur attribuait. Il y a des sources qui ont l'air de renfermer le même gaz, mais qui ne contiennent que de l'azote peut-être à l'état d'entozone. L'illusion est telle qu'un industriel a fait une rude épreuve en croyant capter de l'acide carbonique qui n'était que de l'azote, de sorte qu'il ne put s'en servir. Cet azote dégagé par certaines eaux minérales n'est pas inutile et certains malades retirent un grand bénéfice à le respirer. En effet, vous comprenez que lorsqu'une grande quantité d'azote se dégage, il diminue la proportion d'oxygène de l'atmosphère, et par conséquent les conditions d'éréthisme qui résultent d'une combustion plus ou moins exagérée.