LANDE
Leçon 1 INDICATIONS PRATIQUES. 179
beaucoup plus active sur les substances tenues en dissolulion dans Teau.
Dans quel ordre faudrait-il échelonner les différentes substances qui peuvent être mises en contact avec la périphérie cutanée?
Les indications pratiques sont les suivantes : les solutions des principes actifs empruntés aux rè;rnes minéral ou orjranique, les solutions faites à Taide de Teau ne doivent pas être confiées à l'absorption cutanée, h moins qu'elles ne renferment des substances très actives, telles que Tacidc acétique^ou Tacide chlorhydrique ; mais ici il y a une substance éminemment active au point de vue cliimiquc, et ce ne sont pas là les conditions dans lesquelles, en général, les malades se trouvent placés.
Par conséquent, je le répète, hormis ces conditions, il ne feut pas confier à la peau Tabsorplion de substances en dissolution dans l'eau.
On peut cependant confier à la peau l'absorption des substances qui sont volatiles : par exemple il n'est pas rare qu'on applique à la périphérie du corps une solution de morphine, de nicotine ; dans ces condition^ il peut se faire une absorption, puisqu'il y a volatilisation de la substance organique; qu'elle passe par les voies respiratoires ou par les glandes sudoripares, elle peut pénétrer dans l'économie.
II n'y a rien à attendre non plus de ces mille moyens employés qui sont censés avoir donné de bons résultats : ninsi caLnplasmes plus ou moins oharp'*s do substances narcotiques, lotions, fomentations, bains loraux, tout cola ne peut donner que des résultats à peu prcs népatifs, cl j'en dirai presque autant des bains généraux. Kl cila «si ini|»n! tant, parce que, à chaque instant, vous prescrivez drs
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bains avec arséniate ou carbonate de soude, ou bien des bains d'eaux minérales naturelles, toujours avec la pensée qu'une absorption plus ou moins active s^ effectuera et que les principes actifs qui s'y trouvent vont produire leurs effets, comme si vous les aviez introduits par les voies digeslives« Voilà l'erreur commune, erreur que tendraient à maintenir les expériences faites^à Strasbourg et dans d'autres lieux. Je ne puis pas adhérer à cette manière de voir, et ici je me trouve d'accord avec des autorités nombreuses, et en particulier avec presque toute la Société d'hydrologie médicale, dans laquelle une commission a été nommée et qui est arrivée aux conclusions que je formule en ce moment : à savoir, que dans les bains il n'y a pas d'absorption, et qu'il est illusoire d'y compter. Aussi vous dirai-je avec Scoutetteq qu'il ne faut point prescrire de bains arsenicaux avec la croyance que vous obtiendrez des résultats généraux, à moins, dob-je ajouter, que vous n'ayez affaire à des femmes ou à des sujets affectés de maladies cutanées plus ou moins intenses aa point de vue anatomique, et ayant modifié une partie plus ou moins considérable de la périphérie, de manière à y rendre l'absorption possible.
Je m'explique. Vous avez par exemple un sujet affecté d'ecz<'>ma. Est-ce que sa peau est intacte? c'est comme s'il avait un vésicatoire. Dans ces conditions-là, il absorbera à merveille, et même défiez-vous, car si vous mettez des quantités trop considérables de principes actifs dans son bain, vous pourrez avoir des intoxications.
Vous pourrez aussi avoir des phénomènes d'absorption manifeste chez les femmes, et j\ajouterai tout de suite plutôt chez certaines femmes, celles qui ont des surfaces muqueuses considérables, dcb {^landes et des petites lèvres très déve*
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loppées. Cette surface n'est pas à dédaignery elle est assez considérable pour pouvoir servir à absorber des principes actifs.
Il faut donc faire quelques petites réserves, relativement aux absorptions qui peuvent se faire, d'une façon normale chez les femmes et accidentelle chez les sujets affectes de maladies cutanées. Mais, pour en revenir aux bains arsenicaux, je tiens a vous dire que chez les sujets affeetés de rhumatisme noueux, Tabsorption ne s'effectue que par la peau plus ou moins dépourvue de son épiderme normal.
Quant aux substances dissoutes dans les corps gras, elles peuvent continuer à être employées, en ne comptant ])as trop sur leur absorption et sur leur diffusion, et en ayant soin de favoriser cette absorption au moyen de frictions répétées, prolongées, rendant les couches profondes plus perméables aux substances actives. C'esl là ce qui constitue une méthode que l'on a voulu substituer à toutes les autres.
 ces procédés mécaniques se joignent les sinapismes et tous les moyens de rubéfaction.
Quant aux gaz et aux principes volatils, je n*ai qu'à confirmer ce que je vous disais tout à l'heure, relativement à la facilité de leur absorption. C'est pour cela que de l'extrait de belladone appliqué sur le ventre a donné des effets très marqués sur les yeux, alors que rien ne pouvait faire supposer que la main du malade l'y eût transporté. Des compresses de chloroforme produisent aussi des effets, lorsqu'on les recouvre d'un tissu imperméable pour empêcher l'évaporation.
Elles ont non seulement un effet irritant, topÂqi premier instant, mais une action consécutive éminei
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calmante et qui indique que le chloroforme a pénétré dans la région, probablement par absorption.
C'est pour cela que vous pouvez conseiller des bains d'acide carbonique. Ainsi à Saint-Alban, àKissingen ces bains exercent une influence marquée sur la périphérie cutanée. L'acide carbonique détermine d'abord un picotement très perceptible, puis une diminution de la sensibilité en rapport avec l'asphyxie locale.
C'est encore en raison de cette possibilité de l'absorptimi des substances volatiles et gazeuses, que nous utilisoos si souvent les fumigations sèches, sulfureuses, arsenicales, mer* curielles. Ces dernières ont repris dans ces derniers temps une importance qu'elles avaient perdue. Autrefois c'était un des moyens les plus employés contre les accidents syphilitiquei secondaires, mais on y avait renoncé à cause de leurs diflicultés. On y revient aujourd'hui. Elles ne deviendroal certainement pas une méthode générale, mais il y t des circonstances dans lesquelles il est difficile d'employer la voie stomacale.
Vous trouvez des gens chez lesquels l'estomac est en révolte; d'autres qui ont de la diarrhée sit6t que vous leur donnez une pilule. Dans ces cas-là, même en associant le mercure aux aromatiques, on n'arrive pas à empêcher ks accidents. Vous comprenez que les sujets étant déjfi déglebulisés, il ne faut pas les laisser s'effondrer sous l'influeoee du remède. Dans ces conditions-là, les fumigations rendent de grands services. On faisait autrefois des fumigations de cinabre, on en fait aujourd'hui de calomel; je crois que ces deux moyens sontbons, même quand les lésions n'occupent pas la peau, à plus forte raison dans ce dernier cas. C'est pour cela que l'on est revenu aux frictions mercurielles qui
Lccon.1 AVANTAGES ET INCONYÉMK>T>. IKI
étaicnl la méthode exclusive d'un co&iaiu uombre de praliciens du siècle dernier. Elles rendent de ^i*ands services, épargnent les voies dîgestives, et produisent des elTets d'une instantanéité et d^une intensité remarquahles : il suDU quelquefois d'une friction pour déterminer des phénomènes d^hydrargyrism'e et modifier la syphilis; c'est, je le répète, an bon moyen qui revient de plus en plus en faveur. Gependanty celui-ci, pas plus que les autres, ne reniplacei'a Tusage des préparations mercurielles.
Lorsque nons avons à faire pénétrer par la peau des snbslances qui ne sont pas gazeuses, ou bien qui sont gazeuses et qui cependant demandent elles-mêmes h rencontrer les pores de la peau lai'gement béants, il faut user de certains artiGces. Il faudra employer les moyens que j'ai signalés comme propres à diminuer Timperméabilité de répidenne. On emploiera aussi les lavages avec des substances alcooliques.
En résumé, quels sont les inconvénients et les avantaj^s de la méthode cutanée? Les inconvénients sont ceux-ci : ce sont souvent des movens difficiles à manier. Il est certainement pins commode de prendre une pilule qu'un bain; de plus, quand on emploie des pommades, elles ont une odeur désagréable et sont grasses.
Mais les avantages sont souvent considérables, ce sont des moyens d'épargner les voies dîgestives, d'a<>:ir vue dans un certain nombre de cas et d'une manière sûre, ainsi que nous le voyons tous les jours dans la syphilis.