INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS. 3Û
deux kilogrammes de sang et même davantage, que les transfusions sont absolument nécessaires, et qu'il ne faut plus s'en rapporter aux efforts naturels. Aussi sur 93 transfusions pratiquées pour ce genre d'accidents on ne compte pas moins de 60 guérisons ches des femmes tellement épuisées qu'elles étaient moribondes, et que personne n'eût parié en leur &¥eur. C'est quelque chose que cela I
Quel est le moment où l'on doit agir, quels sont les indices auxqaels nous reconnaîtrons qu'il y a nécessité de pratiquer la transfusion sanguine? On peut bien parler de collapsus profond, de torpeur, de pouls petit, mais ce sont lA des choses vagues. Y a-t-il des points de repère plus précis, des signes indicateurs auxquels on puisse se fier davantage ? Malheureusement il n'y en a guère. Quand il s'agit des animaux, où Ton prend toutes les précautions pour se renseigner, la balance intervient sans cesse, il est facile d'établir la règle que voici : c'est que quand l'animal a perdu un 18' suivant quelques-uns, un 20* suivant Milne-Edwards, de son poids, alors on intervient. Mais si vous réfléchissez à ce que représente relativement à la quantité du sang ce IS"" du poids primitif de Tasimal, vous vendez qu'en admettant 5 kilog. de sang eu moyenne pour un homme de 60 kilog. , il aura perdu les S/o de la masse totale de son sang ou bien les i/o si on t'arrête an 90*. Les 4/5 du sang, c'est énorme, il ne resterait phis alors dans l'économie qu'un seul kilogramme de sang ! En effet, c'est i peu près là l'évaluation à laquelle on peut arriver par d'autres considérations que je vais indiquer. Mais iilhiurtosem^t, on ne sait pas quel était, au commenoe- ■WBt de sa perte, le poids d'une femme, de façon qu'on ne peut savoir la quantité du sang perdu; d'autant qu'il s'en égve partout, dass ks linges qu'il souille.
304 TRANSFUSION DU SANG. [Vioftième
Il y a un procédé qui sert à faire le diagnostic rétrospecliT de la situation. Voici ce qui se passe. Oo a injecté, par exemple, dans le cas de M. Brouardel (je prends celui-ci parce qu'on y a compté les globules), 150 'gr. de sang qui représentent 19 gr. de globules en tenant compte de la composition connue du sang, ce sang a suffi à élever du H*la proportion antérieure des globules, puisque deSâOOOOO nous sommes passés à 3500000; il y avait donc 190 gr. de globules en tout, puisque 19 gr. représentent le i1\ Eh bien, si le sang est à raison de 127 ou 130 gr. de globules pour 1000, nous trouvons qu'il ne devait y avoir chez le malade que 1^500 de sang. Mais il faut tenir compte de ce que les globules devaient être délayés dans une grande quantité de sérum dans le rapport indiqué entre 3 200 000 et le chiffre moyen 5000000. Il y avait donc environ 5/12 d'eaa dans le sang du malade, c'est-à-dire qu'il y aurait à ajouter à 1^500 que nous trouvons par le calcul, les 5/12, c'est-àdire 625 gr., ce qui nous donne 2^,125. Donc le sujef qui était dans des conditions si lâcheuses qu'on a cru la transfusion nécessaire, n'avait plus que les 2/5 de la quantité normale du sang. Vous voyez que par le calcul je suis arrivé au même chifTre que les expérimentateurs obsei*vant les animaux.
Il ressort de là qu'il y a lieu de faire la transfusion lorsque le sujet a perdu les 3/5 de la masse totale de son sang. Seulement, comme je vous le faisais remarquer, par malheur vous ne pouvez pas savoir avant d'avoir pratiqué la transfusion quelle est la quantité de sang qui reste en circulation. Si vous aviez à pratiquer des transfusions nouvelles, ce moyen serait bon.
J'en ai fini avec l'histoire de la transfusion. Elle vous a
leçon. I AVANTAGES DE LA TRANSFUSION. OUÔ
paru peut-être longue, mais le sujet est très important, et son importance estde jour en jour plus considérable. Us'esl fait autour d'elle un mouvement considérable. Aussi, en prenant en blocles transfusions effectuées même avec du sanj;^ défibriné, incapable de donner les résultats qu'on en espérail, bon, tout au plus, à réveiller un moment Torganisme, on voil que sur 270 cas de transfusion il y a eu au moins 150 succ^îs. Je me résumerai donc en concluant: que quand une méthode, qui est devenue facile à employer, exempte de véritables dangers, donne de pareils résultats dans des conditions où la mort est presque certaine, elle doit être recommander», el qu'il faut rendre hommage à ceux qui se sont efforcés de la propager.
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