‹ Cours de therapeutiqueChapitre 44 sur 58 · VINGT-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME LEÇON

Elimination des médicaments.

Variabilité de séjour des diTerses substances dans Torganisnie, cAosti ^i celle variabilité, rapidité variable d*éliini nation, choix d'élimination f:ii' par les médicaments.

Messieurs,

11 n'est pas facile de comprendre pourquoi les diflérentes substances demeurent si longtemps dans réconomie. Il y ^ cependant un certain nombre de circonstances à invoquai pour expliquer ce séjour.

D'abord il est évident que plus la substance pénètre profondément dans l'organisme, plus son séjour se prolonfîen Si c'est une substance volatile, s'adressant aux {^lobules, il est clair que rechange incessant des gaz dans Tinlérieur i^ Torganisme va faire que ces substances vont se sépaiei assez rapidement et par conséquent disparaître de réc-nomie.

C'est ce qui arrive en général, même pour l'oxyde i^ carbone, à moins qu'il ne tue. Quand sa proportion estasse' faible, au bout d'un certain nombre d'heures, dans une atmosphère renouvelée, les phénomènes dus à son inlrodiution se dissipent.

Si, au contraire, les substances s'introduisent dans It? interstices organiques sans prendre part à la formation àc tissus, elles sont encore très sujettes à être reprises par k travail d'absorption, et elles disparaissent assez vile.

Celles qui restent plus longtemps sont celles qui pén* trent dans les éléments histologiques eux-mêmes, c'esl-â-

ÉLIMINATION DBS MÉDICAMENTS. 421

dire dans la substance fondamenlalc de ces éléments. Dans ces conditions-là, la durée du séjour est beaucoup plus considérable.

A quoi tient celte durée de séjour dans ce dernier cas? Cela tient-il à la longévité des éléments histologiques? 11 est difficile d'être fixé à cet égard. Nous savons que certains élé ments ne résistent pas longtemps. On voit chez le fœtus les globules, qui étaient en proportion considérable, disparaître très rapidement. C'est une affaire de AS heures pour voir les chiffres s'abaisser de 900000 à 600000. Je sais bien que là ce sont des conditions différentes de l'état normal, maisenfm nous savons d'autre part que les globules ne vivent pas très longtemps.

Mais évidemment les éléments histologiques solides doivent vivre beaucoup ])lus longtemps, et il est infiniment probable que c'est là une des conditions qui font que les substances médicamenteuses ou toxiques font un séjour si long dans l'économie.

Il est très probable aussi que le degré de solubilité ou d'insolubilité d'une substance a une influence marquée sur la prolongation de son séiour.

Nous venons de voir que les substances métalliques ont un séjour presque infini. Ainsi les gens qui »ont soumis au nitrate d'argent ne blanchissent jamais, et vivent souvent des lustres en consei'vant la même coloration. Vous n'avez qu'à prendre un intermédiaire entre cet état d'insolubilité absolue et Tétiit de solubilité très grande : si vous avez une demi-solubilité, il est clair que vous avez une difficulté assez grande au retour de la matière dans la circulation. C'est probablement ainsi qu'agit Tiodure de potassium, qui a été recommandé par Natalis Guillol

4S2 £i.lMi1fAT10f( DES MÊDlCAMfiirra. [Vingt-sixièin<^

et Melsens, pour ramemer dans la circiibilio& «ne proporiioD énorme d'arsenic aloars que depuis filusiesrs gouns oeUe subslance avait disparu des émonctoires. Probablement il&vmde la solubilité du produit arseuical, qui petit alors dire éliminé.

Cepeudaoi il y a une autre raaniàre d'îeleiqpréter les phénomènes : riodure de(>otassium Jouit de la {irQ|)rîété nemnquabk de favoriser le mouvement de déouiritîoB, de diminuer les engorfeiuônls, d'empàclior les hypertrophies, de «réduire les hyperplasies. C'est ainsi que Tiodure de poiasaium rend de si grands services dus toutes kes i^eciioiifiliypeq^laskiiies et dans raSbciion hyperplasique par exceUe»oe, c'asl-àdire dans la syphilis à la troisièfoe période. J-ai pensé q»e riodure de potassium, servant à désintégrer les sulistaooes médicamenteuses, devait élre considéré oamme activant la dén4itri(ion,lavorisant le tourbillon nolritif et rendant disponibles lesdéchets de la nutrition des éléments hialologiques, ('/esl-à-dire les substances régresrives que vous coonaisses, aux dépens desquelles se produisent Tacide unique el Tupée, et, on même temps, les matières minérales qui en ont lail partie pendant un temps plus ou moins long.

Il y a donc une manière physiologique et une manière nhiuiique d'interpréter cette action de l'iodure deipotassium; mais je vous les propose Tune et l'autre avec toutes aortes de réserves, attendu qu'il n'y a pas moyen de fonder l'une ou l'autre de ces manières de voir survies bases expérimealale^. Ce que N. Guiliot et Melsens 4Mit vu, c'est ce que leut le monde voit : la réintroduction dans les voies d'élifwaatiOQ des médicaments ; mais il y a dei» interprétations possibles : celle qu'ils ont donnée, et celleque je vous propose.

Maintenaftt, il y a un autre poiat ée vue que nous «devons (Mcaminer. Nous venons de parlei* de la dMrée du sé$e9èri i

y « .SMâai à At idearandei* /pourqaoi Les «ubstanoes appa« i-fttâsent tes .ânes si rapidement dans Jes àmonoloii«e&, es anires «i Uu^divement.

GommenUurrive-t'^tl qu'une anbstanoc bvrée àtllabsoTptîon -ilans la'Vt«»e'Ou l'ealomac. apparaisse quelquefois au bout •de irois minuftes »dans da salive <ou dans l'uriiïe, tanéis •qu'une autre anoltca ma itemps très lang, comme un jcmr 4>n éè heures avanl de «c nu>ntrer. Celle précocité ou certe lenteur d'apparilian tdes subslanoes médicamenlanses tient à 'plusieurs circenalaaaces. D'abord le siège même du eéjour dn'est pas sans énfluence. i\ est olair que .n une substîinf e rdoit .acAomplir aa (destinée seulement dans rintérieur des «éléments faislologiques et pénétrer dans ces éléments, ëtle ne pourra apparalti^ qu'au bout d'un temps assez long. iiak quand les subslanoes s'arrêtent pour ainsi dirre à l'en- *Jrée, «quand telles une font que *cîrculer ou pénétrer dans 4es ■milles du tûau cellulaiKe on des înterslioes cellulaires des 4îfl6U8, alors (On comprend moins faoïlement pourquoi les «nés apparaissent si vile et les autres d'une manière relativement si lente.

il y a deux OHises principales qui gouvernent oes phéno- «Mnes de pnécooité ou de lenteur d'apparition : la première ide ees causes, «'f»t la Holéiwice que présente l'organisme i^pour la substance, et la seconde, c'est la quantité de*eeVle substance présente àia fois dans l'orgairisme.

La tolérance est tm rapport avec <la nature tle la "subrstnnce, 0I nous idians nous expliquer lilndessus. «Ce n'est pas idesaiMture miaéraile ou végétale qu'il s'agit; c'est de sa «ature lu)mogàne au hétérogène par rapport à l'organi^ne. Ainsi Fourcroy, le premier, a dit (je pense que c'est le premier, car cela xomottie assez iain 4M>ui* <qu'oa le siq^pose)

424 ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. [Yinfl-âxième

que les sels à base de soude doivent êlre mieux acceptés par Torganisme, parce qu'ils sont partout en grande abondance. J'ai moi-même écrit (je demande la permission de mériter, cela remonte assez loin pour que ce soit de l'histoire): i On peul poser, en règle générale, que les médicaments sont rejetés avec d'autant plus de rapidité, qu'ils s'éloignent davanlige des principes constituants de l'organisme. Ainsi les sels de potasse, plus hétérogènes dans le sang, sont bien inoin> tolérés que ceux de soude, qui sont plus tôt rejetés au dehors *. » Gela est d'une netteté absolue. Ce que j écrivais à cette époque s'est trouvé vérifié d'une manière admirable et des expériences sur les animaux, comme i'e< observations sur les hommes, sont venues démontrer la vérité de cette proposition. Ainsi, notre grand physiologiste CL Bernard a fait voir que les sels de soude sont infiniment mieux tolérés que les sels de potasse. Et ces expériences, reprises par un grand nombre de physiologistes et de chimistes, onl fait voir que c'était là un fait général s'appliquant aux sel> de soude, chez toutes les espèces animales sur lesquelles se pratiquent les expériences de laboratoire.

Ce même fait de toxicité des sels de potasse a été mis en évidence par différents chimistes, et Guldmann a de pla> montré que les sels de potasse ralentissent et affaiblissent progressivement les contractions cardiaques. C'est pour cela que Ton a dit qu'ils étaient des poisons musculaires.

Mais c'est là une manière d'exprimer le fait sans Tiolerprêter. II faut savoir pourquoi il en est ainsi. Eh bien, c'est parce qu'il y a de la potasse dans les muscles et qu'ils la font converger de leur côté. Elle finit par s'y trouver en quan-

1. Gobler, Commentaires thérapeutiques du Codex, 2« édition; Paris, 1874.

laçon.1 ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. iS5

tité si considérable, qu'il en résuite une véritable surcharge s*opposanl à la nutrition et à la dénutrition régulières des muscles.

Les mêmes faits peuvent être vus pour d'autres substances ; c'est ainsi que les chlorures sont mieux tolérés que les bromures, et ceux-ci que les iodures. C'est toujours pour la même raison : il y a du chlorure de sodium en abondance dans l'organisme ; au contraire, le brome n'y existe point, ou guères ; il en est de même de l'iode. Je ne dis pas qu'il soit impossible de trouver ces corps élémentaires dans l'organisme animal, et certainement on en trouverait d'autant plus qu'on ferait usage de végétaux qui en contiendraient davantage, caries minéraux de l'organisme n'expriment pas autre chose que sa manière de se nourrir. Je suis convaincu que si, dans une planète, il y avait du manganèse et des habitants, ceux-ci renfermeraient plus de manganèse que de fer; or dans la nôtre on trouve du fer : les sels de fer sont donc mieux tolérés que les sels de cuivre. Maintenant il y a un fait bien autrement curieux et intéressant pour le physiologiste et le thérapeutisle, c'est que la glycose urinaire est bien mieux tolérée que le sucre de raisin. Il y a làdessus des expériences très instructives et qui ouvrent la ▼oie à beaucoup d'autres éludes, relativement à l'aclion des médicaments et des poisons, relativement aussi à la manière dont on doit en comprendre l'étude au point de vue chimique.

Ainsi ces deux sucres : sucre de raisin et sucre de diabète, sont identiques pour les chimistes; ils sont constitués par du carbone et de l'hydrogène dans les mêmes proportions. Eh bien, tandis que Cl. Bernard, injectant du sucre de diabète diez un chien de haute taille et observant ce qui se passait du

4â6 J&LLMil'MATlOM iDEft 'MÊOtCAHfiHTiS. [VingtsiMK

coté des ivoiefi u»maipes, ne vit rien ^ippcrraHre «ians IWint, au conlraire, lorequ'il injeota âO grammes €le:8U(nre de raisii ù ce même chien, il le vit inslanlanémenl devenir diabétique, on ce sens qu'il y avait du fiiicre doxbs Turioe. GeUe «q)élience a été répétée, variée, et a «toujouro daoné le ntbat mullat. Il est. évident que le^ucre de. diabète estfMHir.aii» •dire toléré oommeiun élément nornial, . tandis que ik %n(iït de raiâin est un corps étranger. Vous voyez que la ioléraoer ou rintolérance pour une substance s'expliquent tparThomogcnéilé ou rhélérogénéilé vis^à-vis de TorganisBoe qui reçoit cette substance.

Comment s'explique cette élimination plus <m iboiq^

rapide, à part les influences qui sont analogues à celles i|ui

I régissent la durée du séjour? Voici les .phénomènes élmtJt

' laires auxquels se réduisent les. modifications offertes parte?

I différentes substances. Les faits sont de trois ordres.

II y a, comme vous venez de le voir., absence de la substafli' I introduite dans l'organisme dansies isécrétions, ou, au coq-

I traire, il y a apparition. Ce sont là deux phénomènes al)^o-

lument opposés qui se montrent souvent quand la toléiw^ est extrême, ou que l'intolérance est très forte.

Ou bien il y a simplemenlapparitioii.plns ou moins rapi^ de la substance. Ainsi, tantôt la substance luanque, elle oi ù rétat latent, larvé, dans l'économie : rien^dans Jes secittions, aucune modiIication.ne.la révèle; ou bien -elle appai^ et alors plus ou moins rapidement. Et, outre qu'elleappa»! plus ou moins rapidement, elle exerce aussi sur les org^''' sécréteurs .une excitation plus ou moins vive. Voilà un auLi^e ^phénomène qui se montre «dans *1^ ^

ditions dont il s'agit : c'est lunc excitation |>lus ou iHûtf vive d'un organe sécréteur, qui se traduit jpar iypéréiuH!*

leçon.! £LtliniATI«« D£€ N4br|€A«l£KT&« é27

par hypersécrétion. £n.d'aulpes iei^sies, iefisubatoneee iHimdoîtes dans l'économie, élimiBées, penvetniidélieriiimer, ou uae Bécrélkm très exagérée, ou, uu contraire, ne i^roduii^ presque aucun effet sur la sécrétion de Tocgane.

Troisième phénomène : l'élimination se fait dan6.Qn temps pius en moins court.

Je vais vous donner des exemples de ces dilTérents cas.

Pour oe qui est de la non-apiparilion ou de rappaiûtion rapide, je vous ai parlé du sucre de 4iabète ou -de raisin, substances en apparence somblaMes et en réalité fort diffepentes pour un organ-isme vivant, c'est-à-dire que, malgi^é iour même composition, elles •eiUt une dyBaraisationxiiffércnle.

Voici des exemples de rapidité plus ou moins grande d'apparition dams les sécrétions : il y a des corps qui apparaissent au bout de trois ou quatre minutes, tels que l'iodure ée polassium. Ainsi, 4ans des expériences faites sur la ie, non pas saine, parce qu'alors elle n'al>soii)e pas,

is «n mauvais éiat, ayant des ulcéRaiions, étant par eoDséqueflit dans d'excellentes conditions pour absorber^ dans les expéiiences de Ségailas, de Demarquay, on a vu riodure4e potassium, injecté dans la vessie, apparaître ^au bout de Ijrois minutes ^ans la salive. Par conséquent, «i MHS tenea oonipte de cette nécessité qu'il faut une muoniile pnu* 'ifii'ane molécule parcoure le cercle circulatoire, voufi voyez que l'absorption s'est effectuée avec une exliême rapidité. Quatre, cinq minutes, c'est im délai qu il n'est pas 1res rare de rencontrer, même quand on introduit la subrtirr dans l'estomac.

4ie bromure de potassium s'élimine fd(^ un peu moifis rapidement^ iO, di, 15 minutes. Et remarquez que ce sont

iig ÉLIMINATION DES MÊDICAMBNTS. IViogt-siiièine

deux sels bien semblables; mais ils difTèrent entre eux doq pas par leurs facultés dialysables, non pas par leur consutulion — c^csl toujours du potassium et un métalloïde; il y en a un qui est plus hétérogène que Tautre.

Le chlorate de potasse s'élimine avec plus de lenteur que le bromure de potassium, cependant il faut dire que ce n'est pas constant ; souvent celui-ci est plus lent.

Maintenant, les sels correspondants, à base de soude, s'éliminent d'une manière notablement plus lente. Ainsi, si vous prenez l'ioduie de sodium, le bromure de sodium, ils s'éliminent dans un délai double de celui de Tiodurede potassium. Il en est de môme pour le carbonate de soude comparé au carbonate de potasse.

Il y a tout de suite des conséquences pratiques à déduire de ces faits. Si vous voulez exercer une action topique sur les émonctoires,à quoi aurez-vous recours? A des sels de soude ou de potasse? à une subsUince voisine de celles qui <?onl normales dans l'économie, ou différente? Vous aurez évidemment recours à une substance hétérogène, et par conséquent aux sels de potasse, si vous avez à faire choix entre les sels de potasse ou de soude. En effet, voyez ce qui se passe pour les diurétiques : nitivite de potasse, silicate de potasse; le bromure de potassium lui-même est un diurétique que j'ai utilisé dans l'oxymel diurétique de Beaujon et qui est destiné à une certaine catégorie de sujets, chez qui les reins sont irritables. Ces sels de potasse sont plus diurétiques que les sels de soude correspondants.

On a employé le nitrate de soude, l'acétate de soude; ce seraient là des diurétiques à bon marché, mais ils ne valent pas le nitrate de potasse. Voici le bicarbonate de potasse comparé au bicarbonate de soude : le premier est bien

leçoo.l ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. 429

diurélique. Si vous prenez même des eaux qui renferment une proportion considéi*able de carbonate de soude avec peu de potasse, elles seront plus diurétiques que d'autres qui renfermeront la somme des deux sels, mais surtout du bicarbonate de soude. Si, par exemple, vous prenez de Teau de Vais, renfermant 5 ou 6 grammes de bicarbonate de soude, elle sera moins diurétique que Teau de Vichy, qui renferme 5 ou 6 grammes de bicarbonate de soude et 0»^,50 de bicarbonate de potasse. Si vous voulez alcaliniser rapidement les urines, c'est à un sel de potasse que vous donnerez la préférence, parce que ce qui fait que le sel passe plus vile, excite davantage la sécrétion urinaire, fait aussi que ce sel se trouve à la fois en plus grande quantité dans Torgane qui élimine, et par conséquent dans les urines. C'est donc un moyen d'alcaliniser les urines.

Quelque chose d'analogue peut être dit du chlorate de potasse comparé au chlorate de soude; il est fâcheux qu'il soit si peu soluble. Le chlorate de soude présente un degré de solubilité considérable eu égard à son congénère, mais il ne produit pas les mêmes effets, sur la stomatite mercurielle et surtout sur la stomatite ulcéro-membrancusé, qui est si rapidement modifiée par le chlorate de potasse. 11 ne produit pas les mêmes effets, parce qu'il s'élimine avec une grande lenteur; pour qu'il produisît une action modificatrice aussi considérable que le chlorate de potasse, il faudrait que l'on en introduisit une dose considérable.

Si, au contraire, vous voulez exercer une action modificatrice profonde sur l'organisme, si vous voulez produire des effets dits altérants, que j'ai appelés métatrophiqucs, alors c'est l'inverse qu'il faudra faire : il ne faudra pas avoir recours à des substances hétérogènes, qui, pour ainsi dire,

mett^iH en létM^llion rorg.misme. qoi, à canse (le leur future doivent «Hre imiiiéc)iai€fiieBi plMainées; il faut alors donner plutôt la préféren<!e aux sels de soude sur les seb do pot^j^se, toutes les fois que vous pouvez le fiaûre. Il faut, en touC eab, introduire dans rur^ranisnie les connposés qui s'éloi*rnent le moins des éléments vivants. Alors vous aurez à i^taMir Téehelle inverse relativenient aux îodures^ chlomres, bromures, et à donn«,'r de préférence des chlorure* pour introduire une substance métalli<|ue, plutôt qm es l'iodiire. Si vous voulez obtenir des effets de dénutrition, activer le Donrbillon nutritif, des effets de sortie, alors c est aux iodures qu'il faut avoir recours.

fjfielle est In durée de réliinination de ces différentes substances, les unes homogènes, les autres hétérogènes? De iTiêine que les substances hétérofcènes apparaissent plus vile, de même elles sont plus rapidement éliniinées. ùi sont là deux choses i\m vont de pair. Par exemple, si nous prenons Tiodiire de potassium, qui est plus hétéroprène qu€ le bromure, e'esl en quelques heures que tout est éliminé, et c'est dans un nombre d'heures plus considérable que le broniure se trouvei'a presque éliminé complètement^ (fc manière î\ ce qu'il soit difficile d'en démontrer Texislence. Kors(|u'il s'agit de chlorate de potasse qui se transforme parliellement en chtoiure de poLassium, il ne Ëittt pas moins de Mf à 48 heures pour rélimination.

Mais il y a une chose bien singulière daAs l'histoire de^ médicaments, c'est la direction à peu près constante que suit chacuTT d'eux. Pourquoi un médicamenÉ suit^il à peu près invariablement une voie d'élimination toujoui^s la môme? celui-ci l'appareil respiratoire, celui-là rap|)areil biliaire? Pendant Mogtemps on s'est contenté de constater

r.) ÉLIMIIf^AT ON DES MÉDICABtfilfT^ 431

le fait droite maniève empirique. J^ai pensé qii^on* pouraii introduire une nottmi' physiologique, qui jette un jour vrai* ment très vif sur lous ces phénomènes, qui étaient irèsdiffieîles i interpréter, et j'ai rermi'qué ceci : C'est que les élénienta<iui sont introduits du dehoi^s dans l'organisme suivent la voie de leurs semblables, ou du moins de leui's analogues^ lorsqu'il n'y a que des analogues. Je vais vous montrer que cène Yoe 96 vérifie daus tous les cas particuliers et qu'elle vous permet de prévoir quelle est F issue par laquelle s'éehappera un élément médicamenteux quelconque que VOQ8 aurez introduit.

SI vous voulez bien, nous allons passer en revue lesprincibles séoi'éiions.

Taici la salive et lé suc pancréatique : ils renferment des sels neutres, un peu de chlorure de sodium et un peu do soude.

La bile renferme de la soude, elle renferme des corps gras en assez grand nombre, la graisse habituelle de nos aliments, car on y trouve de Tacide margarique, oléique, sans compteit tes diiTérentes substances propres à la bile, acides choléique, choliqiie et beaucoup d'autres. 11 y a aussi Ja choleslérine ; iï y a des matières résinoïdes, une substance pigmentairo douée de propriétés variées, tellement qu'on a pu la subdivtsei'ett un certain nombre d'espèces chimiques. L'hématmiine se retrouve souvent en quantité considérable dans les anciens kystes du foie.

La sueur renferme beaucoup d'eau, d'acide carbonique, des acides giras volati;iSvde l'acide acétique; de plus, des sels nentres,. un peu d'urée, d'acide urique même, à l'occasion chez les gens qui en sont surchargés.

L'urine contient beaucoup d'eau, des sels neutres, des

An ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. [YingUsiùèffle

acides même libres, un peu de matière grasse dont j'ai démontré Texistence, et puis un pigment ferrugineux dans im certain nombre de cas.

Le lait renferme du sucre, des corps gras, des p^incipe^ minéraux ; sels neutres en grande quantité, une substance albuminoïde.

Reprenons ces différentes sécrétions et prenons à part les substances que nous avons l'occasion d'introduire daoi Torganisme. Nous introduisons souvent des alcaloïdes, dou5 introduisons des substances salifiables ou des sels neutres: par où vont s'éliminer ces substances? Un peu partout, puisque vous voyez que la plupart des sécrétions renferment do sels neutres ; par conséquent, les alcaloïdes salifiés passent uo peu partout. Cependant il y a des directions plus particuliè rement suivies par différentes séries d'alcaloïdes.

Ceux qui sont fixes passent davantage par les reins, ceii^ qui sont volatils, par les voies respiratoires.

Ainsi la conine et les alcaloïdes des ombellifères passant par les voies respiratoires.

Si vous voulez avoir l'action de la substance au nionuDt où elle sort de l'économie, il est mieux de jeter dans la circulation des substances volatiles, dont les voies respiratoire sont le chemin tout naturel.

Bien que les sels neutres s'éliminent partout, il y a cependant des voies qui leur sont plus largement ouvertes. par exemple, l'urine. Aussi les sels neutres passenl-il^ presque tous par là. Et j'assimilerai à ces sels neutres le> substances salifiées, telles que les résines; le cantharidate d' soude, qui se transforme en cantharidine, passe avec lessel? neutres par les voies urinaires, et produit ainsi les désonires que vous connaissez.

leçon.] ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. 483

Prenons maintenant pour exemples les métaux et les métalloïdes. Par où passeront-ils? Je vous ai montré qii*il n*y a que deux sécrétions qui renferment du fer à Télat normal, et le fer est le seul métal normal. Il est probable cependant que si on employait des kilogrammes de manganèse ou de cuivre on en trouverait dans le sang, mais nous n'en savons rien. Les métaux suivront donc la voie des urines et de la bile, de la bile en particulier, parce que dans la bile il y a encore plus de pigment ferrugineux que dans Turine.

Voyez comme cette règle générale est utile, comme elle allège votre mémoire, en même temps qu'elle frappe votre esprit.

Faisons une application à l'arsenic.' 11 s'échappe surtout par la bile, tellement que, quand il n'y en a à peu près nulle part» c'est là qu'il faut le chercher, et non seulement dans le parenchyme hépatique, mais aussi dans le flux bilieux. Et ce fait a été mis en évidence par les expériences faites dans le laboratoire de la faculté par MM. Laborde et Bonnefoy. Je le répète, lorsque l'on introduit de petites quantités d'arsenic diez un animal, il ne faut pas le chercher ailleurs que dans la bile. Vous voyez qu'il est très important de connaître cette règle, qui subit bien quelques exeptions; maisces exeplions elles-mêmes ont encore leur origine dans d'autres règles, ainsi que je m'efforcerai de vous le démontrer.

Les matières grasses sortent aussi par la bile, les mamelles, les glandes sébacées, et même un peu par l'urine.

Les résines s'éliminent par la bile, où nous en trouvons beaucoup. El remarquez ceci : c'est qu'un grand nombre de résines sont des cholagogues. Un grand nombre sont des substances drastiques, parce qu'elles agissent sur la mcm-

GUBLRR. Thérapeutique. 28

iS4 ELIMIHATIOK DES MÉDICAMBNTS.

brane muqueuse du lube digestif et provoquent des phénomènes d'hypereriDÎe ; mais lorsque tous employai des doses peu considérables, lesquelles ne produisent des effets que longtemps après leur introduction dans les premières voies, elles le doivent à ce qu'elles ont été sécrétées par le foie, éliminées avec la bile, et sont venues ensuite produire leurs effets habituels.

Par où. s'éliminent les acides? Noos avons vu qu'il y a deux humeurs qui sont acides : c'est la sueur la principale au point de vue des acides, et Turine ensuite; donc, les acides s'éliminent par la sueur eC par Turine.

Ainsi» c'est une méthode vulgaire dans le nord et partout (le mode seul diffère) : tremper un fer rouge dans ime chope de bière ; ce fer produit une ékmllilâon qui laisse i la suite une bière aigre (j*en ai goèté : c'est désagréable, mais on considère cela comme dâicieax), qui, bue chaude, déUr mine une sueur abondante. Làod il yaduvînoD emploie du vin aigre.

N'est-il pas curieui de voir qu'à la (avenr des règles de la physiologie appliquée, on arrive i comprendra des pratiques vulgaires et dont rient les médecins lorsqu'ils ■'es eomprennent pas la ralaon. Vous n'es rirez plus^ mainlenani qie vous savez que l'acide acétique va s'éliminer par les glandes sudoriparea, exciter la sécrétion de ces mêmes gt^i^^ ^ j^ terminer de la démangeaison et des rougeurs.

Les acides s'éliminent également par les glandes rénales, de telle sorte qu'en inti'oduisant dans l'éconoime de Tacide phosphorique on peut augmenter l'acidité de TuriM efc ftire d'une urine neutre une urine acide.

Page 1