VINGT-SEPTIÈME LEÇON
Elimination des médicaments (suite).
Influence des masses, applications pratiques, de la forme sous laquelle se fait rélimination, état intact, état plus ou moins transformé.
MEssiEims,
11 faut que je tous parle maintenanl de l'influence dés masses sur la rapidité de rélimination* Lorsqu'il s'agit de substances hétérogènes^ c'esf^à-dire qui ne sont pas analogues à celles de l'économie» une très petite dose peut, à la rigueur, être tolérée ; elle passe pour ainsi dire inaperçue. Supposez 10 centigrammes, d'iodure de potassium, il n'y aura ni aceroissement de la sécrétion rénale, ni apparition d'iodure : dans eette sécrétion ; mais an furet à mesure que la quantité de Ui substance augmente, vous voyez s'accroître la rébellion des organes, qui s' en emparent pour la rejeteravec une grande énergie. Et alors vous voyez l'apparition presque instaU' tinée des substances actives dans les produits de sécrétion. Cesl ainsi que, lorsque vous introduisez un gramme d'iodure de potassium, c'est presque instantanément, au bout de trois, quatre minutes, qu'on le trouve dans la sécrétion urinaire. Par conséquent, vous voyez là une influence considérable de k part de la dose, relativement à la tolérance de l'économie. Eh Ua, e'est ce qui vous explique pourquoi, étant donnée dose considérable d'une substance introduite à la fois Vorganisme, vous voyez dans les premiers moments, disons dans les premières heures, des quantités conudérables de cette substance être éliminées, tandis qu'au contraire ce fui restera sera éliminé dans un nombre d'heures bien plus
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considérable. Vous aurez vu s'éliminer la moitié de Tiodure dans les trois ou quatre premières heures; la seconde moiliê ne le sera que dans les 24 heures suivantes.
Donnez du sulfate de quinine; beaucoup de médecins donnent 0'',50 à la fois. Lorsque ces doses élevées ont été introduites, Tapparition dans les urines se fait au bout de 20 minutes, et il en passe beaucoup dans les quatre ou cinq premières heures; puis l'élimination se ralentit, et enfin, le troisième jour, on rencontre une certaine quantité d'alcaloïde dans les urines; mais on constate qu'elle est très minime, ei que l'élimination se prolonge d'une manière qui n'aurait pi< été prévue, si on n'avait pas su la loi qui veul que l'élimination soit d'autant plus rapide que la masse qui sature Téconomie est plus considérable.
Les substances homogènes, de leur côté, peuvent être tolérées en assez grande quantité ; ce n'est que lorsqu'elles arrivent à être en quantités énormes, qu'elles commencent à être éliminées. On peut injecter beaucoup de chlorure d^' sodium sans qu'il manifeste sa présence par un excès de chlorure dans les urines, mais il arrive un moment où cet excès se traduira par le passage d'une plus grande quaniilé dans les urines.
Il en est de même pour le sucre. Vous savez ce qui ^ passe pour les gens prédisposés au diabète : s'ils mangent une quantité modérée de sucre, il n'y aura pas de retentissement notable sur la sécrétion urinaire; si au contraire ils mangent beaucoup de matières sucrées, ce sei*a le contraire. De même pour les albuminuriques : si, par exeraplc> ils mangent, comme l'a fait Cl. Bernard, dduze œufs durs, il' pisseront de l'albumine. De même, ceux qui mangent des bonbons en grande quantité peuvent devenir diabétiques momen-
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tanés. Mais, je le répète, ce n'est que dans les conditioDS où la dose de substances homogènes est énorme, qu'on la voit passer dans les sécrétions avec plus ou moins de rapidité.
Les conséquences pratiques de tout ce que je vous ai dit relativement à la quantité de principes actifs ingérés à titre médicamenteux, peuvent en somme se résumer de la manière suivante :
Si vousvoulez déterminer des eflets topiques sur les émonctoires, il faut employer des substances qui soient très différentes de celles de l'économie et les employer à hautes doses à la fois.
Si vous voulez, au contraire, produire des effets diffusés, et surtout des effets altérants, c'est-à-dire si vous voulez modifier d'une manière lente, soutenue, l'économie vivante, il faut employer des substances aussi voisines que possible des substances normales, en quantités très faibles, répétées et soutenues.
A la rigueur, avec des substances hétérogènes employées i doses très minimes, vous pouvez obtenir la tolérance et produire des effets métatrophiques, de même qu'avec des doses très massives d'une substance homogène vous pouvez déterminer des effets topiques sur les émonctoires. Mais la réunion de ces deux conditions : substance hétérc^ne et dose massive pour produire des effets topiques, substance homogène et dose très petite pour produire des effets diffusés et altérants, voilà les conditions qu'il faut tâcher de réaliser. Etjon pourrait vous en donner des exemples démonstratifs.
Voici, je suppose, le mercure. Si vous l'employez sous forme d'iodure de mercure, vous produirez nécessairement des effets de sortie considérables ; il donne lieu très habituel-
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^ement du côté des glandes salivaires, de la bouche el des gencÎTes, à des phénomènes de stomatite. Au contraire, le chlorure de mercure est une substance inoffensive pour la bouche, et qui ne donne pas lieu à ces phénomènes de sortie ^que produit le mercure métallique. Vous voyez qu'il y a M "des applications intéressantes à faire.
De môme, vous savez tous quel est l'avantage des caox minérales pour produire ces effets lents, mais profonds, ces modifications du genre de celles que produisent les altérants. Ce sont les eaux minérales qui vous donnent le plus facilement tous ces phénomènes de changements trophiques. A la suite de la cachexie palustre vous avez recours aux eaux minérales, c'est-à-dire à des solutions qui ne renferment pas de grandes proportions de principes actib, pour qu'à la longue elles déterminent des phénomènes généraux très considérables et très profonds. Je me borne à ces considérations, qui me paraissent suffisantes pour faire bien <x>mprendre l'importance des distinctions que nous avons établies.
A propos des voies d'élimination, j'avais passé en revue les sels neutres, les métaux, les matières grasses, les résines, les acides, et je vous avais montré que, selon les indications de la physiologie, on pouvait deviner leur voie de sortie. Je n'avais plus, pour terminer cette énumération, i vous parler que des substances gâteuses ou au moins volatiles, des gaz et des vapeurs.
Quelles sont les voies d'élimination que vous pouvez assigner d'avance aux substances volatiles, gazeuses? Ces voies d'élimination sont tout indiquées : ce sont celles par lesquelles s'échappent les substances de même sorte, c'est4dhne les voies respiratoires d'un côté, les glandes sudoripares