ÉLIMIMATIOH BES MÉDICAMBUTS. tt
de Tauire ; ces annexes de Fappareil respiratoire donnant issae non senlement à des substances yolatiles, comme les acides gras, mais même à de l'hydrogène sulfuré, à de Tacide caiixmique.
Eàk même temps ces glandes prennent & Tatmosphërç les gai qui le composent, et en particulier l'oxygène, qui sert «isuite à alimenter la comlNistion respiratoire. Je ne dis pas ^e ce phénomtoe soit immense, mais il est notable. C'est par ces deux issues que tout sortir les substances volatiles et gazeuses.
Ainsi l'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré et phosphore et ses dérivés, les essences fluides, de même que les cam* phres proprement dits, celles des labiées et des composées, l'Uoool et une foule d'autres substances qui sont également volatiles, l'éther et beaucoup d'anesthésiqves, les alcaloïdes volatils : voilà des substances qui s'éliminent particulière* aerni par la voie respiratoire et par la voie cutanée, ou du moîiispar une partie des glandes de la peau. Je le répète, Fetpérience tous montre cela ; mais la règle que nous avons formulée vous aurait permis d'annoncer que c'était là la double voie que suivaient les matières gazeuses ou volatiles.
FUsons quelques applications thérapeutiques. Si vous fwdei exciter la sécrétion urinaire, à quoi aurez -vous reooursT à des substances volatiles, gazeuses? Non ; mais vmiB savez par où passent l'urée et tous les sels neutres, 4tL même les substances salifiables, les addes capables de prendre au passage de la soude pour devenir des sels; telle I\urie elle-même et la cantharidine.Ges substances-là passerOBi par les voies urinaires, et par conséquent ce sont eHes qui vous serviront à exciter la sécrétion des glandes rénales.
440 ÉLlMiNATION DtHS MÉDICAMENTS. (Vingl^pUème
Pour cxciler la sécrélion biliaire vous aurez recours à des résines. Ainsi la plupart des résines sont des substances drastiques et passent par le foie; une fois là, elles provoquent la sécrétion biliaire. De même les mélalloïdes» les
métaux. Je vous ai cilé encore tout récemment des expé-
riences nouvelles qui mettent en relief ce caractère des métalloïdes et de Tarsenic en particulier, qui est très voisin des métaux et qui se distingue à peine de Tantimoine. Voilà les substances qui, en effet, provoquent le plus énergiquement la sécrétion biliaire.
La sécrétion salivaire sera provoquée par les sels neutres : le chlorate de potasse.
La sécrétion sudorale? D'avance vous recommandei les substances volatiles. Par conséquent, lorsque dans les substances alimentaires il se rencontrera des acides gras, comme dans le fromage, il y aura une excitation de la peau. C'est assez vous dire que ce genre d'aliments devra être évité toute les fois que vous aurez aifaire à des affections cutanées irritatives. De même aussi vous pouvez employer des substances gazeuses proprement dites.
Vous exciterez la sécrétion lactée par les féculents, le sucre, les corps gras, les aromates môme; c'est par là que s'éliminent les substances de cet ordre, et le lait lui-même doit souvent une partie de ses qualités à l'arôme qu'il présente ; cela est tellement vrai, que des laits excellents au point de vue de leur composition chimique microscopique sont souvent mal tolérés par les enfants dans un ceilain nombre de cas, et des laits en apparence moins bons, moins riches, mais beaux au point de vue de la forme et de la petitesse des globules, pourront être bien tolérés s'ils présentent m arôme particulier.
leçon! ÉLIMINATION DES MËDiCAMËNTS. 441
Vous voyez qu'il y a des règles qui deviennent de plus en plus évidentes et plus importantes.
Je suppose que vous ayez le dessein de moditier un catarrhe des voies respiratoires et Tétat d'irritation qui peut exister de ce côté dans un certain nombre d'affections. Eh bien, à quoi aurez-vous recours? A des substances aromatiqoeSy mais volatiles. Ainsi vous emploierez des essences, et parmi les essences vous ferez choix de celles qui ne sont pas résinifiables. Ici, il y a quelque chose d'intéressant à vous dire ; c'est que les essences qui ne sont pas résinifiables, ce sont des essences qui probablement sont oxygénées. Ainsi prenez les camphres : ils ne s'oxydent pas, ils sont oxygénés. 11 y a des camphres fluides, tels que l'huile essentielle de cajeput, tels que l'essence d'eucalyptus. Ces essences, qui sont oxygénées, ne s'oxydent pas ou presque pas, et alors elles passent presque tout entières par les voies respira* toires. Et si vous avez à agir sur ces voies, c'est à elles que vous aurez recours.
Les autres essences ne se brûlent pas complètement, mais elles se brûlent en grande partie, et surtout l'essence de térébenthine et le baume du Canada. Ces essences-là se résiniiient avec une extrême rapidité, de même que celle de c<^)ahu. Aussi ne sont-elles bonnes que pour les voies urinaires.
Si vous avez affaire à des troubles de la sensibilité des foies respiratoires, si vous voulez modifier une toux, à quelle espèce de stupéfiants aurez-vous recours? Vous devrez donner la préférence aux stupéfiants volatils, qui auront une action sur le système nerveux et une action au moment de leur élimination. Aussi les alcaloïdes fournis par les ombellifères sont-ils préférables aux autres, parce
ut ÉLIMINATION DES MÊDICIHBIITS. IVingt-sepUèM
qu'ils jouissent d une faculté de volatilisation plus grande. Aussi vous voyez quels bienfûts on a retirés du sirop de belladone dans la coqueluche : il agit beaucoup plus que le sirop de morphine. Voyez aussi quds bons résultais donnent les plantes de la famille des ombellifères, telles que la Phellandrie aquatique, qui a pu être considérée par Sandnt comme une sorte de panacée des affections de poitrine : c^est un modificateur de la sensibilité morbide dans ces cas.
Je vous en dirai autant de la conine et de la conidne, le jour où nous aurons de bons produits analogues i ceux de Christ ison.
Voulez-vous agir sur un catarrhe des voies urinairest vous avez recours i des substances analogues, mais ayint des qualités différentes. Ainsi vous emploierez précisément toutes les essences qui se résinifient très vite et qui, passant à rétat d'oxyde et se combinant avec les acides, devieanent de véritables sels ; vous les administrerea de préiërencs, parce qu'elles passeront en grande quantité par les vaîei urinaines. C'est pour cela que le copahu jouit d'une si grande efficacité contre le catarrhe de la vessie ou de l'urètre. C'est pour cela que le baume du Canada est aussi un si boa moyen ; tandis que vous n'avez presque rien, dans ces cas« avec l'eucalyptus, l'essence de myrthe, non plus qu'avec les autres essences qu'on peut appeler des camphres fluides.
Si vous voulez agir par des moyens de stupéfaction, vous aurez recours plutôt à des alcaloïdes fixes qu'à des alcaloïdes volatils, à la morphine plutôt qu'à l'atropine ou aox alcaloïdes des ombelliféres.
Un mot sur les changements que subissent les substances médicamenteuses à la traversée des émonctoires. Ces changements sont peu connus. Il est très probable qu'une partie
toçM.] ÉLIMINATION DKS MÉDICAMENT^. 443
de ceux qu'on supposait autrefois avoir lieu dans le sang se produisent, ou dans la trame organique^ ou à la traversée des émonctoires. Mais nous ne pouvons que le supposer; cela n'est pas démontré.
Au moment où une substance s'échappe du sang pour pénétrer dans les organes d'élimination, alors elle se sépare de Talbumine. Voilà une première modification. Il arrive «assi que dans ces sécrétions, où elles sont mêlées à d'autres «obstances normales, elles rencontrent des acides qui les meitent en liberté — exactement comme l'acide phosphoriqfue met en liberté l'acide urique; c'est ce qui arrive pour un certain nombre de substances éliminées par les Toies rénales. Lorsque des substances sont ccmstituées par des métalloïdes n'ayant pas une grande affinité pour les bases, il peut en résulter la mise en liberté de ces métal- Mdes, et c'est ce qui fait que lorsque des malades prennent de riodure ou du bromure de potassium, le médecin qui a Podorat très fin peut le reconnaître. Le même fait se passe dttK les pommades faites d'axonge et d'iode ; elles deviensem brunes et exhalent l'odeur d'iode. Dans la respiration, c'est l'acide carbonique qui met l'iode en liberté, de manière à déterminer une odeur d'iode très évidente pour les odorats délicats.
Maisje vousaidit que les substances suivaient une voie qai était déterminée d'avance, et que cette voie était en rap-* port avec celles que suivaient les substances analogues ou sttnblables. 11 y a des circonstances dans lesquelles cette règle subit des exeptions très notables : des substances qui avaient l'habitude de suivre une certaine direction ne la snhrent plus, et d'autres sont forcées de se rendre dans osflains émonctoires où on ne s'attend plus à les trouver.
l\i ÉLIMINATION DES MiÉDlCAMC^iTS. iVia(et.tq4jniK
Ce soDt là des faits 1res intéressanls, dont je coaaais un certain nombre d'exemples. Très probablement ces lails s<ml plus nombreux qu'on ne le suppose aujourd*bui, puisqu ily en a que je découvre encore de temps en temps.
J'ai montré que le bromhydrate de quinine ne donne pis lieu aux mêmes pliénomènes d^intoxicalion, d'ivresse quinique que le sulfate de quinine, et il est infiniment probable qu'il ne suit pas la voie du nerf acoustique. Partant de cette observation, des médecins étrangers, en Angleterre et à Vienne, ont eu l'idée de donner concurremment avec le sulfate de quinine de l'acide bromhydrique en dissolution; el ils ont remarqué que sous l'influence de cette présence de l'acide bromhydrique dans l'économie, bien qu'il n'ait pas été combiné avec la quinine, les phénomènes d'ivresse quinique qu'on observe habituellement ne se présentent pas : comme si l'acide avait mis son veto et empêché le sulbte de produire tous les phénomènes de la maladie de Ménière. Voilà un fait qui serait très curieux, s'il se vérifiait; mais je mets un grand point d'interrogation, parce que je ne suis pas encore parvenu à établir la réalité de ce phénomène. Il parait évident à quelques praticiens étrangers, mais en gé* néral nous nous fions plus à nous-mêmes; cest ce qui fait que je mets ici une certaine réserve.
Mais voici d'autres exemples : il est certain que la présence du camphre dans la circulation empêche la canlharidine de produire ses cflets ordinaires sur l'appareil urinaire. C'est-à-dire que si on administre du camphre à l'intérieur, il y aura moins de ces phénomènes de cantharidisme réno* vésicai qu'il n'y en a dans des conditions différentes. Voili ce que rcxpérience a démontré. Mais je ne veux pas dire que le camphre appliqué sur un vésicatoire soit un bon moyen.
leçon.] ÉLIMINATION D£S MÉDICAMENTS. 445
C'est bien, si vous voulez, un moyen d'empêcher le cantharidisme, mais c'est parce que le camphre ainsi employé s'oppose à l'action de la canlharidine, et que, plus on met de camphre, moins le vésicatoire prend. Je vous détourne donc tout à fait de l'idée d'employer le camphre en application sur la surface de l'emplâtre vésicant. Mais c'est tout autre chose lorsqu'on introduit le camphre par la voie stomacale ou pulmonaire : là, alors, c'est un moyen excellent.
On se demande comment il se Tait que le camphre s'oppose au passage de la cantharidine dans les urines; c'est que probablement il se fait une sorte de combinaison entre le camphre et le principe actif de la cantharide; or, le camphre ne passe pas par les reins. Ainsi on en introduit des quantités considérables et on n'en retrouve pas du tout dans les voies urinaires. Au contraire, il s'exhale par les voies respiratoires, par les glandes sudorifères. Mais comme il ne traverse pas les reins, il s'oppose à ce que d'autres substances avec lesquelles il s'est associé les traversent. Ici vous pourrez encore, je dois vous le dire, mettre un point d'interrogation sur l'interprétation du phénomène.
Mais voici un autre fait d'un ordre différent et qui est très intéressant. Vous donnez à un sujet du fer, sous une forme quelconque : vous lui donnez un sel de fer soluble avec des acides végétaux, des acides minéraux, du perchlorure de fer, du tartrate ferrico-potassique ; vous ne trouvez trace de fer ai dans les glandes salivaires, ni dans les produits de leur sécrétion. Au contraire: vous savez que la voie première dans laquelle s'engage l'iodure de potassium, c'est la voie des glandes salivaifes; il passe aussi par les urines. Eh bien, chose curieuse, quand vous associez le fer à Tiode, que vous donnez de l'iodure de fer, ou quand vous donnez une solu-
446 ÉLIMINATION DE8 MÊDICAMKIITS. (Vingt-««plièae
lion ferrugineuse associée à de l'iodure de potassium, voos trouvez du fer dans la salive. L'iode a forcé le fer à passer par là. Ces faits sont très intéressants» ils sonl peu connus : c'est à Tayenir et à vous qu'il appartient de cherdier dans celte direction. Je vous ai donné quelques exemples, ils sont suffisants pour vous montrer la réalité des bits; 9 semble que s'ils étaient mieux connus, plus nombreux, s'ib pouvaient être catégorisés, si l'interprétation [que j'essaye était juste, on pourrait savoir d'avance comment il faudrait associer les substances pour les forcer à passer pir telle voie qu'on voudrait et pour leur interdire à Toccasion leurs voies normales. Vous voyez qu'il y aurait intérêt réeli la connaissance de ces faits nouveaux.
Les substances sont éliminées en quantité plus ou moins considérable, mais jamais on ne les retrouve intégralement dans les émonctoûres ou dans les produits de sécrétioo. Ordinairement il en manque une certaine quantité. Cela tientil à l'imperfection de nos moyens pour retrouver les substances actives, ou bien à ce qu'une portion de la substance est détruite dans l'intérieur de l'organisme? Les deux dioses existent.
Il est très difficile de retrouver des substances même minérales dans les produits de sécrétion. Nous savons qa'D passe un peu de mercure et un peu de plomb dans les urines ; cependant il y a un certain n<Hnbre de chimiste qui, s'étant livrés & l'analyse de ces sécrétions pour y retrouver une quantité plus ou moins notable des métau qu'ils savaient avoir été introduits, ne sont pw parvenus à en démontrer l'existence. Par conséquent on ne peut pas étudier la forme sous laquelle s'éliminent ces substances. Hais il y a quelque chose qui s'impose, œ sont les lois de la piqf-
leç».) ÊLmiICÀTlON DES HÊDlCAMKlfTSw 447
sic^e ; or eUes eiigent qu'une certaine partie des principes introduits soit altérée, modifiée et même plus ou moins eemplètement détruite.
Yoici quelles sont les trob divisions principales que noœ offrent ks iait& à eet égard.
Lorsque nous avons affaire i des combinaisons très stables, à des substances minérales particulièrement, quelquefois nème i des sobstances organiques, ou bien lorsque les affinités scHit exirèmement faibles, la substance peut passer alisolumenfr inaltérée. Elle est retrouvée telle.
Un autre cas : si les combinaisons sont très instables, si nous avons affinre à des substances organiques plutôt qu'à des substances minérales, si les affinités sont très puissantes, il arrivera au contraire que la pins grande partie de cette substance pourra être altérée, modifiée de différantes façons ou même plus on moins complètement détruite.
Enfin, il y a le cas intermédiaire, où, avec un certain degré d'affinité, la substance pourra être en partie altérée el se retrouver en partie inaltérée et telle qu'elle avait été introduite.
Je m'en vais passer en revue les différentes catégories qui se rapportent à ces trcns groupes.
D'abord, je vais vous parler des substances qui passent en entier et {presque intactes. Ce sont les carbonates, les nitrates, les sulfates, les silicates de potasse ou de soude, c'est-à-dire les sels alcalins. Ces sels passent absolument inallérés. Le sulfate de protoxyde de fer passe complètement inaltéré, contrakrement à ce que vous pourriez croire, tandis que le sulfate de peroxyde de fer se réduit Le ferrocyannre jaune de potassium passe inaltéré, le cyanure rouge passe à rétat de cyanure jaune. Le sulfocyanure passe inaltéré,
us ÉLIMINATION D£S MÉDICAMENTS. [Vingt-septièice
Falun, les chlorures, les bromures, les iodures aussi. 11 y a même des substances organiques qui passent inaltérées : ainsi les principes colorants de Tindigo, de la rhubarbe, de la gomme-gutte, les résines des conifères» des térébenthacées, des légumineuses, ainsi la résine de copahu. Les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, phospborique passenl également inaltérés.
Il y a même des substances organiques, des alcaloïdes, qui jouissent de la singulière propriété de pouvoir passer sans s'altérer dans l'économie, de pouvoir se retrouver à peu près en totalité. L'expérience n'a pas été faite d'une manière scientifique, mais vous allez voir que cependant ce que nous apprenons par les récits des voyageurs et des médecins est suffisamment caractéristique. Il y a des substances qui s'altèrent si peu, que les produits de sécrétion des sujets qui ont été soumis à l'action de ces alcaloïdes reproduisent les effets de ces mêmes alcaloïdes. Ainsi vous connaissez tous probablement la fausse oronge, qui est couverte de moucbi^tures blanches à sa surface.
Cette fausse oronge, sur laquelle on a fait de très nombreuses expériences, renferme un alcaloïde qui est un poison énergique. J'en ai cependant mangé, parce que je voulais savoir ceque tout cela faisait; mais je dois dire que, dans certains cas, j'ai constaté des effets gastro-intestinaux désagréables.) C'est en même temps une substance inébriante par excellence, qui donne une ivresse comparable à celle de l'alcool ou à celle du tabac. Dans les pays déshérités, tels que les contrées les plus septentrionales de l'ancien continent, c'està-dire en Sibérie et jusque du côté des Kouriles, il y a là de vastes étendues de pays dans lesquelles manquent les substances qui peuvent enivrer et dans lesquelles la fausse oronge
IlÉusai
Ittçon.) ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS. 449
•considérée comme quelque chose de délicieux. Dans ces -jMiys on emploie la fausse oronge pour se griser. Toutes ^ifes peuplades de l'ancien continent mangent et préparent ^fÊÔCke liqueur dans laquelle se trouve celte substance en quanh^Sàé considérable. Mais voici où commence le caractère ^<itrange du fait qui a été raconté par des observateurs dignes ^^jfie foi. C'est que, quand un de ces hommes s'est grisé avec ' fausse oronge et qu'il vient à rendre un liquide qui en est iprégné, il ne manque pas de se trouver à côté de lui un e amateur qui ramasse ce fluide tout chaud et qui se grise ^ec. Il paraîtrait même qu'il y aurait plusieurs générations^ nt ainsi l'une après Tauire, partageant le plaisir sans ir partagé la peine, c'est-à-dire sans avoir pris soin de Jhbriquer la fameuse liqueur enivrante. Ces faits, constatés ^ -fér des voyageurs, sont 1res intéressants à notre point de vue, ^^Vest-à-dire au point de vue de la fixité inébranlable de cerplnnes substances, même de nature organique , qui non seulL|raienl traversent l'économie sans y avoir à peu près rien ;iussé de leur matière, puisque ce qui a enivré l'un peut ^ fnivrer l'autre, mais encore sans y avoir subi d'altération. ; 1 ' n y a d'autres substances qui, à la traversée de l'organisme^ liabîssent une modification partielle, et en partie aussi lnortent inaltérées. Puis enfin, il y a une troisième catégorie l lée substances qui sont en grande partie décomposées et détraites. Seulement, il importe de distinguer ici, parmi les nodifications que subissent les substances, deux groupes : Tantôt elles subissent simplement des modifications isomériques, comme je vous l'ai dit relativement à la quinine, qui sort à l'état de quinidine ou quinicine ; tantôt il y a ces différentes modifications que j'ai décrites à l'occasion : ces combinaisons avec des corps nouveaux, ces copulations, lorsque
GUBLER» Thérapeutique. -^
4ft0 ftLlMlf^ATION DES H2MCA.IIE1IT8. fVingt-seplîéaie
^es acides sont formés aux dépens d'une essence, par ^exemple du glycol. Il y a ensuite lesdédoublements, leeréduetions proprement dites, qui ne sont que des dédoubtements -eifectués aux dépens de 1 -oxygène. La quinine, par exemple, pendant combien de temps n'a- l-on pas cru qu'elle ne subissait aucune altération, et qu'on pouvait la retrouver en Lota- Jilé ! Je laisse de côté ces faits pour m'arrêter aux oxydations. iCes 'Oxydations amènent, par une progression plus ou moins 'rapide, la substance de Tétat le plus inférieur d'oxydation jusqu'à rétat le plus avancé, c'est-à-dire jusqu'à la transformation d'une substance organique en eau et en acide ^carbonique. De même, je vous dirai que quand il >'.igit »par exemple, de l'hydrogène, cela le conduit jusqu'à devenir •de racide suTfureux et de l'eau. Ce sont ces dernières alté- ;rations-là qui nous intéressent dans ce moment-ci, puisqu'elles amènent la destruction de la substance.
Je vous disais qu'il y avait des substances qui sabtssûent partiellement cette altération, et d'autres en totalité. Voici, par exemple, des substances qui sortent en partie brûlées et ^n ^rtie intactes : ce sont les essences, qui sont des hydrogènes ^carbonés. Celles qui soivt à la fois constituées parades carbures d'hydrogène et de l'oxygène appartiennent platàl à la précédente catégorie; elles résistent tellement, qn^ca (pourrait les retrouver presque en tolaHfté. Les essences sulfurées s'altèrent assez facilement : le soufre «'oxyde, les essences s'oxydent de leur cdté, et elles sortent en grande ^partie altérées et détruites. Les essences fournies par les asperges sont des essences qui partiellemeiit brûlent, partiellement résistent ; on peut en dire autant même de Thoile d'amandes douces. Le tanin est encore dans ce cas : c'est un glycoside ; il produit d*abord de l'acide gallique, là il devieit
leçon.) ÊLIMINATIOIf DES MÉDICAMENTS. 451
de Tacide pyrogallique; l'eau de Javelle s'oxyde partiellement. Je vous citerai dans cette classe l'alcool.
Vous savez qu'on a beaucoup différé sur la destinée qu'il subissait. D'abord, jadis, on admettait qu'il brûlait et devenait finalement de l'eau et de l'acide carbonique. Hais sont venus Maurice Perrin, Lallemand, etc., qui ont déclaré que l'alcool traversait l'économie sans s'altérer, qu'on le retrouvait, et que par conséquent tout ce qu'on avait era était une pure illusion. Il faut distinguer deux cas. n mérite d*être placé dans la série intermédiaire. Les conditions de son altération et de sa persistance sont finales à comprendre. Si vous introduisez très peu d'alcool, il ne passe pas inaltéré. Jamais vous ne verrez l'haleine de quelqu'un qui a bu très peu de vin embaumer l'acétone on i'akléhyde. Par conséquent , de petites quantités d^alcool introduites dans un organisme normal brûlent, disparaissent; au contraire, si vous introduisez des proportions considérables, il sort en grande partie inaltéré : c'est alors qu'on pourrait faire brûler une lampe avec l'alcool de l'haleine ; mais ce sont là des conditions qui sont loin de Tadministra- 4ion hygiénique ou thérapeutique.